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Régimes de retraite : mise au point

Mercredi 27 août 2014 à 12 h 52 | | Pour me joindre

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Si vous suivez RDI économie et si vous lisez ce blogue régulièrement, vous savez que notre souci est de vous livrer une information factuelle, expliquée et rigoureuse. Depuis deux semaines, on vous a présenté plusieurs points de vue sur l’enjeu des régimes de retraite et nous avons abordé le sujet sous plusieurs angles. Je vous ai dit, ici, que le projet de loi numéro 3 n’avait pas que pour seul objectif d’assurer la « pérennité » des régimes municipaux, mais aussi de soulager les finances des municipalités. On vous a présenté des chiffres qui parlent : la capitalisation de la plupart des régimes s’améliore, près de la moitié sont à plus de 85 %. Cela dit, le poids des pensions à verser ne cesse de grandir par rapport aux revenus des municipalités.

Tout n’est pas noir, tout n’est pas blanc dans ce dossier.

Puis, mardi, à la demande de plusieurs téléspectateurs et internautes, nous avons présenté une comparaison entre la retraite d’un pompier, d’un fonctionnaire et d’un travailleur autonome. Certains nous ont accusés de biaiser l’information, de colporter des préjugés. L’agence de relations publiques qui assure les communications de l’Association des pompiers de Montréal a communiqué avec nous durant l’émission de mardi soir pour nous dire qu’on se basait sur des généralités qui alimentent les préjugés, et qu’on a finalement coupé court à l’analyse.

Ces accusations m’obligent à expliquer notre démarche :

  • Nous avons voulu comparer des pommes avec des pommes. Nous partons du fait qu’un pompier peut prendre une retraite anticipée après 25 ans de service. Et nous avons voulu faire une comparaison avec la situation d’un fonctionnaire de l’État québécois et d’un travailleur autonome ou un travailleur sans régime, qui travaille le même nombre d’années, au même salaire.
  • Nous sommes partis d’une hypothèse, ce qui n’est pas une norme ou une généralité. Nous avons pris le même exemple que Stéphanie Grammond de La Presse en juin dernier : un pompier qui entre au service des incendies de Montréal à 21 ans peut prendre sa retraite à 46 ans et toucher une pleine pension.
  • Au départ, la rémunération est de 35 000 $ par année. Au bout de 25 ans, nous sommes à 70 000 $.
  • Une spécialiste du placement — Hélène Gagné, assistée de l’actuaire Carolyn Martel — a calculé un rendement réaliste et est venue expliquer qu’un pompier qui prend sa retraite à 46 ans aura 850 000 $ devant lui pour sa retraite, financée à 75 % par la municipalité et à 25 % par l’employé. Un fonctionnaire aura 350 000 $, un travailleur sans régime qui investit 18 % de son salaire dans un REER chaque année pendant 25 ans aura 383 000 $.
  • On aurait pu prendre une entrée au travail à 25 ans et une retraite à 50 ans. Le résultat proportionnel aurait été sensiblement le même. Mais l’enjeu n’est pas là. L’objectif était de reproduire les mêmes termes pour un fonctionnaire et un travailleur autonome et de faire des comparaisons qui tiennent la route.

Certains verront dans les résultats une disproportion qui avantage trop les pompiers. D’autres verront plutôt une inégalité qu’il faut corriger en améliorant le sort de ceux et celles qui n’ont pas de régime de retraite. Peu importe votre opinion, l’objectif de notre équipe est clair et sans intérêt particulier : voici des faits, qui sont rigoureux. À vous de juger de l’enjeu.

Tout porte à croire que la chaîne américaine Burger King veut acheter la Canadienne Tim Hortons et installer son siège social en Ontario pour des raisons fiscales. Le taux moyen d’imposition des entreprises est de 40 % aux États-Unis. Il est aujourd’hui de 26,5 % en moyenne au Canada (15 % + l’impôt moyen des provinces). Et, comme plusieurs autres entreprises américaines depuis deux ans, Burger King semble vouloir utiliser la stratégie de l’inversion fiscale pour améliorer son sort.

L’inversion fiscale consiste pour une entreprise à acheter une société étrangère, à installer son siège social dans le pays de l’entreprise achetée pour lui permettre de profiter de taux d’impôt plus bas. Plusieurs analystes sont d’avis que c’est l’intention première de Burger King en négociant une transaction avec Tim Hortons.

Les entreprises cherchent continuellement des façons d’augmenter leurs revenus, leurs profits, leurs marges. Dans le cas d’une entreprise en bourse, la pression est forte. Il faut continuellement chercher des façons de valoriser l’avoir des actionnaires. Burger King n’agit pas différemment des autres sociétés dans cette affaire. Et quels sont les moyens dont l’entreprise dispose pour améliorer sa situation?

Depuis le début de 2012, au moins 21 entreprises américaines ont annoncé ou conclu des transactions dans le but de déménager leur siège social et de réduire leur facture fiscale. C’est considérable, et l’affaire est devenue un enjeu d’État. Le président des États-Unis, Barack Obama, demande au Congrès d’agir et de légiférer pour réduire l’attrait de l’inversion fiscale pour les entreprises.

Cette histoire nous rappelle la saga des fiducies de revenus il y a quelques années au Canada. En transformant une société à actions en une fiducie de revenus, les sociétés pouvaient ainsi réduire l’impôt à payer. Le gouvernement a dû corriger la situation pour mettre fin à ces opérations d’évitement fiscal qui étaient, il faut le dire, entièrement légales. Mais la brèche fiscale était béante et il fallait agir.

Nous sommes dans un cas de figure semblable, mais cette fois aux États-Unis. Une entreprise, qui voit à son strict intérêt financier, va jusqu’à s’installer dans un autre pays. Le gouvernement américain doit-il intervenir? Et le Canada peut-il laisser un géant américain acheter un « fleuron » canadien simplement parce qu’il choisit d’installer son siège social en sol canadien?

 

Régimes : loin du dialogue de sourds

Vendredi 22 août 2014 à 11 h 32 | | Pour me joindre

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Je vais vous dire franchement que la commission parlementaire à Québec ne nous a pas appris grand-chose cette semaine. Ce débat est nécessaire, mais j’ai l’impression qu’on a assisté davantage à un dialogue de sourds qu’à la construction commune d’un projet de loi sur les régimes municipaux qui pourrait obtenir une adhésion plus large sans nécessairement être totalement consensuelle.

En marge de la commission, on a tenté à RDI économie de déchiffrer les éléments fondamentaux qui touchent la question des régimes municipaux. On n’est pas meilleurs que les autres, on essaie simplement de comprendre les enjeux, les points de vue et d’explorer quelques solutions. On l’a fait notamment avec l’ex-ministre Claude Castonguay, le professeur Vincent Morin et l’économiste Michel Lizée.

3 choses à retenir de ces discussions :

Selon Claude Castonguay, l’idée même d’imposer une négociation balisée sur les régimes municipaux est vouée à l’échec. À son avis, il aurait fallu favoriser une médiation pour en arriver à des consensus, qui auraient permis de construire un projet de loi et d’avancer, tous ensemble, dans la bonne direction. La décision du gouvernement favorise l’affrontement selon lui. Les syndicats se rebiffent, le climat social se détériore. C’est inquiétant, nous a expliqué Claude Castonguay lundi dernier.

Qu’en pensez-vous?

Le professeur Vincent Morin, de l’UQAC, nous a fait parvenir des chiffres qui mettent en perspectives l’état de santé des régimes de retraite et leur poids dans les finances des municipalités. Nous constatons deux choses.

  • Les dernières années ont permis à plusieurs régimes de remonter un peu la pente en matière de capitalisation, mais il y a encore du chemin à faire. Nous sommes passés d’un taux de capitalisation général pour les municipalités de 102 % en 2007 à 82 % en 2011. Nous étions à 84 % en 2012 et, pour les huit plus grandes villes du Québec (nous n’avons pas toutes les données) en 2013, à 85 %.
  • Cela dit, si la santé des régimes s’améliore, leur importance dans les finances publiques augmente. Ainsi, les charges des fonds de pension représentaient 3,4 % des revenus des municipalités en 2007. Elles étaient aux alentours de 8 % en 2011 et 2012. À 10 % en 2013 pour les grandes municipalités. On peut se demander alors si la finalité du projet de loi 3 est, d’abord, de soulager les finances des municipalités et, ensuite, d’assurer la pérennité des régimes.

Qu’en pensez-vous?

Puis, l’économiste Michel Lizée est venu nous expliquer l’évolution des choses depuis 50 ans. Il faut se rappeler, a-t-il dit, qu’en 1963, 1964 et 1965, au moment où on créait le Régime des rentes du Québec, les entreprises ont demandé à l’État de les laisser mettre en place leurs propres régimes d’employeurs. C’était là une façon d’attirer les travailleurs. Cette promesse a été remplie pendant deux décennies. Avec l’effondrement d’une partie du secteur manufacturier, fortement syndiqué, une bonne quantité de régimes ont disparu. Aujourd’hui, nous a expliqué Michel Lizée, les entreprises ne veulent plus prendre en charge les retraites de leurs travailleurs. La balle est renvoyée à l’État. L’explication est plus longue (voir et entendre la vidéo).

Qu’en pensez-vous?

Merci de votre contribution généreuse à ce blogue et à notre nouvelle page Facebook, que je vous invite à aimer : www.facebook.com/rdieconomie

Les chiffres de 7 régimes municipaux

Mercredi 20 août 2014 à 15 h 53 | | Pour me joindre

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Pendant que la commission parlementaire sur le projet de loi 3 se poursuit à Québec, voici l’évolution du taux de capitalisation de sept régimes de retraite municipaux. Les données nous ont été fournies par le professeur Vincent Morin de l’UQAC.

Le taux de capitalisation, c’est le niveau d’argent disponible pour respecter les engagements du régime à un moment précis. Ainsi, si on dit qu’un régime a un taux de capitalisation de 85 %, c’est donc dire que pour chaque dollar d’engagement envers les retraités, il y a une somme de 85 ¢ qui est disponible dans le régime.

Pour voir l’illustration sur votre appareil mobile, cliquez ici

On parle et on va encore beaucoup parler des régimes de retraite dans les prochaines semaines au Québec. C’est mercredi que s’amorce la commission parlementaire sur le projet de loi numéro 3, « Loi favorisant la santé financière et la pérennité des régimes de retraite à prestations déterminées du secteur municipal ».

L’enjeu est important et suscite de vifs débats en ce moment. Les employés municipaux défendent leur droit à la « libre négociation » avec les municipalités, alors que le gouvernement cherche à établir de nouvelles règles. La population, elle, est divisée. Plusieurs rappellent que les régimes de retraite sont de la rémunération différée. D’autres sont d’avis que ces régimes sont trop généreux pour les travailleurs municipaux et que les municipalités n’ont jamais eu de véritable pouvoir de force devant les syndicats.

Dans ce contexte, allons au-delà des slogans, des accusations et des préjugés. Je vous propose de faire le point sur ce qu’il faut savoir avant de se lancer dans l’étude du projet de loi numéro 3.

1- D’abord, il faut comprendre que ce projet de loi va plus loin que la « santé financière et la pérennité des régimes ». En plafonnant les cotisations, le gouvernement cherche aussi à soulager les finances des municipalités. Et, en visant aussi les régimes en excellente santé financière, le gouvernement cherche bien plus à modifier les règles qu’à régler un problème de solvabilité.

2- Qu’est-ce que le taux de capitalisation d’un régime de retraite? C’est l’argent qui est disponible en ce moment pour respecter les engagements futurs du régime. Autrement dit, si on parle d’un taux de 85 %, ça veut dire que pour chaque dollar qu’on sait qu’on devra verser aux retraités, il y a présentement 85 ¢ dans la caisse (en valeur d’aujourd’hui). C’est une photo instantanée de la situation actuelle.

3- Le gouvernement Marois considérait qu’en haut de 85 %, les régimes de retraite étaient en bonne santé. Dans le projet de loi péquiste, les régimes qu’on souhaitait réformer étaient ceux dont la capitalisation ne dépassait pas ce niveau de 85 %. Le gouvernement libéral vise tous les régimes, même ceux dont la capitalisation dépasse 100 %.

4- En détail, c’est 170 régimes qui sont visés. Sur les 154 dont les données sont disponibles, 45 % dépassent un taux de capitalisation de 85 % et 55 % sont sous ce niveau.

Pour regarder le graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici.

5- Le gouvernement, dans son projet de loi, assure que la rente de base est protégée pour les retraités actuels et futurs. Toutefois, si le régime n’est pas pleinement capitalisé, l’indexation est suspendue. Le tout sera rétabli si le régime revient en santé, mais on ne sait pas combien de temps ça peut prendre.

6- La formule du 50/50 (la moitié payée par l’employeur, l’autre moitié par l’employé) s’applique partout : sur les cotisations actuelles, sur les déficits des régimes, passés, actuels et futurs.

7- Les déficits passés doivent être payés par les retraités (par la suspension de l’indexation) et par les participants actuels à parts égales avec l’employeur. Selon l’actuaire Michel Saint-Germain, les travailleurs actuels vont payer environ 25-30 % des déficits passés si le projet de loi numéro 3 est adopté tel quel.

8- L’argent consacré annuellement au régime de retraite dans une municipalité ne pourra plus dépasser 18 % de la masse salariale (20 % pour les pompiers), donc 9 % employeur, 9 % employé. En ce moment, 61 régimes municipaux ont un coût moyen qui représente 22 % de la masse salariale.

9- Le projet de loi numéro 3 vise 122 000 participants, dont 50 000 retraités.

10- Les employés municipaux sont mieux payés que les employés de la fonction publique québécoise. Selon l’ISQ, « dans l’ensemble des emplois repères, l’administration québécoise accuse un retard salarial de 18,3 % par  rapport à l’administration municipale. [...] Dans l’ensemble des emplois repères, la rémunération globale (salaires et régimes de retraite) de l’administration québécoise est en retard de 37,9 % sur celle de l’administration municipale ».

Lac-Mégantic, l’an 1

Mercredi 2 juillet 2014 à 12 h 51 | | Pour me joindre

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Dans son tout nouveau commerce de la rue Papineau, Pierre Boulet me montre, accroché au mur, le calendrier de Claude Grenier, l’excellent photographe de Lac-Mégantic. Page après page, de beaux souvenirs du centre-ville qu’on a connu, mais c’est plus qu’un beau calendrier. C’est un document pour se rappeler et pour regarder vers l’avant. Ce calendrier commence le 6 juillet.

L’an 1 de la nouvelle Lac-Mégantic débute le 6 juillet 2014. Un dimanche. L’étape du premier anniversaire est un moment important pour les Méganticoises et les Méganticois qui poursuivent leur deuil. Mais c’est aussi l’amorce d’une année d’espoir. L’espoir de retrouver presque tous les commerces disparus. L’espoir de régler une fois pour toutes le rachat des 39 immeubles encore debout et de décider de leur avenir. L’espoir de retrouver les emplois perdus ou réduits à quelques heures par semaine. L’espoir de retrouver une fluidité totale de part et d’autre de la Chaudière. L’espoir de voir s’amorcer la reconstruction du secteur dévasté. L’espoir de retrouver la paix caractéristique de Lac-Mégantic dans l’unité, comme l’espère de tous ses vœux le curé de Sainte-Agnès, Steve Lemay.

Pour revenir lentement mais sûrement vers une certaine normalité, il faut finir par répondre aux questions qui demeurent en suspens :

  • Que fait-on des immeubles encore en place, rue Frontenac? À quand le déblocage financier de Québec à ce propos ,alors que bien des gens attendaient une annonce avant le début de l’été?
  • Est-ce que le ministère de la Sécurité publique du Québec entend accélérer toutes les approbations attendues par les commerçants qui sont prêts à relancer leurs activités dans les condos commerciaux?
  • À quand le plan d’aménagement final pour le centre-ville? Qu’est-ce qui, dans ce plan, va rassembler les gens de Lac-Mégantic, va attirer de nouvelles familles et de nouveaux investissements?
  • À quand une décision sur une voie de contournement et le début de tels travaux? À quand la première réunion du comité d’étude sur la voie de contournement?
  • Le pétrole va-t-il repasser au centre-ville avant la construction d’une voie de contournement?

Comme Pierre Boulet, Yannick Gagné, le propriétaire du Musi-Café en pleine construction, veut regarder vers l’avant. « Mes années vont maintenant commencer le 6 juillet, m’a-t-il dit il y a quelques jours. Ce ne sera plus le 1er janvier, ce sera le 6 juillet. » Derrière lui, la tragédie. Devant lui, la construction, l’espoir, le désir profond de vivre et de revoir du beau monde venir s’amuser entre ses murs.

Pour y arriver toutefois, ne serait-il pas venu le temps de donner aux gens de Lac-Mégantic toutes les réponses attendues et réclamées, des réponses claires, des engagements fermes et des décisions assumées qui viendront atténuer les craintes, les incertitudes, les colères?

RDI ÉCONOMIE – Lac-Mégantic, la reconstruction : jeudi 3 juillet à 18 h et samedi 5 juillet à 11 h (HAE), ICI RDI

En direct dimanche matin, 6 juillet, la messe commémorative en souvenir des victimes, ICI RDI.

Je vous souhaite un bon été! Je vous retrouve bientôt.

Le RVER est bien de son temps.

Le Régime volontaire d’épargne retraite est un nouvel outil pour les Québécois, employés et travailleurs autonomes, qui veulent mettre un peu d’argent de côté pour leurs vieux jours! Mais quand je dis qu’il est de son temps, c’est parce qu’il n’est pas très engageant et on peut se demander s’il vient vraiment régler les problèmes de revenus de retraite des Québécois. Il n’est que volontaire : l’employeur peut cotiser ou ne pas cotiser, l’employé peut cotiser ou ne pas cotiser.

Au bout de l’équation, ce nouvel outil viendra-t-il véritablement améliorer le sort des Québécois à la retraite?

Ceux qui n’ont pas les moyens d’épargner le feront-ils parce que leur employeur leur offre maintenant un RVER?

Et les moins bien nantis qui mettent un peu d’argent dans un RVER, verront-ils leur supplément de revenu garanti être coupé lorsqu’ils vont retirer l’argent de leur régime volontaire?

Ceux qui pourraient cotiser le feront-ils, tout à coup, parce qu’un outil volontaire leur est proposé? On ne le sait pas vraiment, mais on peut imaginer que, dans 5 ou 10 ans, on aura encore un nombre élevé de Québécois sans régime de retraite.

S’il y a une chose qui est positive, c’est que les petites entreprises seront dorénavant sensibilisées à l’importance d’offrir une couverture pour la retraite à leurs employés.

Il y a quelques années, l’ancien ministre Claude Castonguay a proposé qu’on instaure un REER obligatoire pour faire en sorte que les gens épargnent pour leur retraite et pour soulager les régimes publics. D’autres ont suggéré qu’on cotise davantage à la Régie des rentes du Québec pour doubler les prestations et donc assurer des jours plus confortables aux retraités.

Ces deux solutions ont leurs avantages et leurs inconvénients. Elles ont le mérite d’ancrer dans le réel l’amélioration de la retraite des Québécois.

L’option du RVER est peut-être plus facile à instaurer, puisque la charge est légère pour les entreprises et l’administration est confiée à des institutions financières. Mais va-t-elle sensiblement améliorer les choses?

Notre monde s’améliore-t-il?

Vendredi 27 juin 2014 à 15 h 24 | | Pour me joindre

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Près de 10 ans après la fermeture du magasin Walmart de Jonquière, les travailleurs syndiqués qui ont perdu leur emploi ont finalement eu gain de cause en Cour suprême. Le plus haut tribunal du pays ordonne qu’une compensation financière soit versée aux employés congédiés. Un arbitre devra trancher, puisque les travailleurs ne peuvent pas être réintégrés à leur milieu de travail : le magasin n’existe plus. Mais ils ont droit à une réparation.

La bataille a été longue pour arriver à ce résultat. Et cette affaire est importante. Au-delà de la bataille judiciaire et de l’argent qui est en jeu, une réalité semble apparaître : celle de la précarisation des travailleurs.

Aujourd’hui, après des décennies de syndicalisation, de législations sur le travail et la maladie et de protections et avantages multiples (des congés parentaux aux garderies à faibles coûts, en passant par l’assurance médicaments et l’assurance-emploi), le sort du travailleur est-il en train de s’aggraver?

Arrêtons-nous un instant. Mettons de côté nos convictions profondes et posons-nous la question : notre société s’améliore-t-elle? Je sais, c’est une grande question, j’en conviens! Et ce n’est pas dans un blogue qu’on va régler ça aujourd’hui! Mais, quand même, je vous invite à réfléchir à cette question avec moi.

On s’est donné un système socioéconomique qui s’appuie sur l’épanouissement des travailleurs et sur la croissance économique. Aujourd’hui, d’ailleurs, je tiens à le rappeler : nous faisons partie du 1 % planétaire! Nous sommes, au Québec, comme dans l’ensemble du Canada, parmi les plus riches de la planète. Ça se reflète d’ailleurs dans l’indice sur la qualité de vie de l’OCDE : nous sommes parmi les plus privilégiés du monde. Nous avons un système d’éducation de qualité, nous avons l’accès universel à un système de santé parmi les meilleurs malgré certains défauts.

Sommes-nous en train de détricoter cette structure qu’on a tenté de bâtir depuis un demi-siècle?

Prenez le dossier de la retraite. De quoi parle-t-on? On ne parle pas de la majorité des gens qui n’ont pas de régime de retraite. On ne parle pas de la faiblesse de la sécurité de la vieillesse et des rentes publiques pour les personnes de 65 ans et plus. On ne semble pas chercher à améliorer le sort général des retraités et des futurs retraités. On restructure les régimes existants et on cherche des solutions pour se sortir des régimes à prestations déterminées. On parle maintenant de prestations cibles, un régime plus flexible.

Prenez aussi les annonces dans le secteur des médias et du journalisme. Ce monde est en pleine transformation. Mais, au cœur de cette restructuration, les artisans doivent composer avec des conditions de travail plus difficiles. Il y a de moins en moins de postes permanents, bien protégés et bardés d’avantages sociaux. Il y a de plus en plus de pigistes, de contrats à courte durée, d’incertitudes et d’attentes. Ça, c’est la réalité.

Le monde des affaires réclame plus de « flexibilité ». En fin de compte, les entreprises s’enrichissent, le taux de chômage baisse, la croissance du PIB se poursuit. Mais la qualité des emplois et des milieux de vie, qui s’en occupe? Qui fait ce calcul? Derrière les données sur l’emploi à temps plein, l’emploi à temps partiel et le travail autonome, qui s’assure de l’état d’esprit des travailleurs, chose qui peut avoir un impact réel sur la productivité? On parle d’humains ici, pas de machines. Des humains dont les salaires stagnent depuis des décennies, dans un monde où les inégalités de richesse augmentent toujours.

Bien sûr, il faut s’adapter aux changements. Et bien sûr, avec l’ouverture des marchés, les grandes entreprises sont en mesure de réduire leurs coûts. Il faut faire preuve d’innovation, d’ingéniosité et de créativité pour maintenir certains emplois et pour éviter, au nom des coûts de main-d’œuvre et de production plus bas, de voir fermer des usines manufacturières. Mais cette réalité nous conduit-elle à un monde meilleur, prospère, riche et équitable? Est-ce qu’on s’améliore? Est-ce qu’on est plus heureux?

J’aimerais lire vos réponses.

Alors qu’on discute d’eau et de feu ces jours-ci, revenons sur le fond de la question : le gouvernement Couillard a-t-il raison de réformer en profondeur les régimes de retraite des employés municipaux, même ceux qui affichent actuellement des surplus?

Je vois et j’entends des employés furieux de voir le gouvernement changer les règles du jeu et remanier les promesses qui ont été faites. Je vois et j’entends aussi beaucoup de gens dire que les contribuables sans régime de retraite n’ont pas les moyens de régler les déficits et les rentes d’une classe de travailleurs « choyés ». Entre les deux positions affirmées, posons-nous quelques questions.

Le gouvernement réforme tous les régimes municipaux, y compris ceux qui sont en surplus. Ainsi, ce n’est pas seulement la question des déficits qui est en jeu, mais aussi la question du partage des cotisations et des risques. Le gouvernement a-t-il raison d’étendre sa réforme aux régimes de retraite municipaux qui sont en bonne santé? Si la réponse est oui, il faut soulager le contribuable, alors est-ce que ça signifie que les taxes municipales vont baisser? Ah! Bonne question!

Quel est le problème exactement? Est-ce le fait que quatre employés sur cinq dans le secteur public aient un régime de retraite? Ou est-ce le fait que la grande majorité des employés du secteur privé n’ont pas, eux, accès à ce « privilège »?

Au fait, est-ce un privilège d’avoir un régime de retraite? Ou est-ce qu’on devrait plutôt s’assurer que ce soit un droit pour tous? Près de la moitié des personnes âgées de 65 et plus vivent sous le seuil de la pauvreté parce qu’ils n’ont pas accès à des revenus de retraite autres que les soutiens publics. Le Canada est l’un des pays qui remplacent le moins les revenus de travail rendu à la retraite, selon une étude de l’OCDE.

Pas moins de 61 % des Québécois n’ont pas de régime de retraite à prestations ou à cotisations déterminées. Doit-on réduire les avantages de ceux et celles qui ont accès à un régime parce que la majorité n’a pas de régime de retraite? Ou devrait-on plutôt améliorer le sort des retraités et futurs retraités qui n’ont presque pas de moyens à 65 ans?

Pour attirer de bons travailleurs, les employeurs offrent des salaires et des conditions de travail. Parmi celles-ci : un bon régime de retraite est un avantage réel. Au fil du temps, des syndicats ont négocié un partage des cotisations au régime de retraite en fonction d’une foule de critères. Certaines associations ont réussi à obtenir que 70 ou 80 % des cotisations soient payées par l’employeur.

Pour les policiers de Montréal, par exemple, la cotisation de l’employé est de 24 %, celle de l’employeur, la Ville, est de 76 %. On a cru, à une certaine époque, que c’était un juste partage en raison des risques associés à des emplois comme policier ou pompier, des postes que les travailleurs doivent quitter plus rapidement que d’autres types d’emplois. Devrait-on revisiter l’histoire et les raisons qui ont poussé à négocier de telles ententes? Est-ce qu’on a fait cette réflexion?

A-t-on évalué l’impact sur l’économie d’une hausse des cotisations de travailleurs, d’une révision des bénéfices et d’une coupe dans l’indexation des rentes des retraités?

En retour, et je pose de nouveau la question, le soulagement annoncé sur les finances municipales entraînera-t-il une baisse des taxes pour les contribuables, ce qui aurait, en principe, un impact positif pour l’économie? En avons-nous l’assurance?

À RDI économie jeudi dernier, j’ai posé quelques-unes de ces questions au ministre des Affaires municipales Pierre Moreau, dont celle sur le problème plus global de la retraite des Québécois. Il n’a pas voulu s’étendre sur la question, préférant dire que son action, en ce moment, portait sur les régimes municipaux. Il y a sans doute de bonnes raisons de vouloir rééquilibrer les régimes qui touchent 122 000 travailleurs. Mais, franchement, ne serait-il pas venu le temps de penser aux 2,4 millions de Québécois qui n’ont pas de régime de retraite?

Quel avenir pour nos retraites?  Consultez notre dossier.

Le Canada possède les réserves de pétrole les plus importantes du monde avec l’Arabie saoudite et le Venezuela. Ces réserves sont actuellement estimées à 175 milliards de barils, soit environ 75 ans de production au rythme prévu en 2030. C’est énorme! Et que vous soyez ou non pour le développement de cette énergie fossile, le Canada a fait le choix très clair de produire encore plus de pétrole à l’avenir.

La décision d’Ottawa sur le projet de pipeline Northern Gateway s’inscrit dans une stratégie tous azimuts visant un accroissement de la production et des exportations. La croissance de l’un ne va pas sans l’autre, de là la vaste offensive canadienne pour de multiples projets d’oléoducs, vers Kitimat puis Burnaby en Colombie-Britannique, vers le golfe du Mexique avec le projet Keystone XL, vers le Midwest américain, puis vers l’est du Canada, en passant par le Québec. On tire dans toutes les directions.

La production actuelle du Canada est de 3,5 millions de barils par jour. D’ici 15 ans, ce niveau de production devrait augmenter de plus de 80 % à 6,4 millions de barils par jour. En ce moment, 1 baril sur 4 est destiné à des raffineries canadiennes. Le reste est exporté aux États-Unis.

Le potentiel sur le marché canadien est intéressant, mais les pétrolières visent à augmenter leurs exportations vers les États-Unis, mais aussi vers l’Asie. En raison du manque de débouchés en ce moment, le pétrole canadien se vend environ 20 $ moins cher que le pétrole américain, dont le baril dépasse les 100 $.

L’Association canadienne des produits pétroliers a déterminé les marchés supplémentaires possibles pour le pétrole albertain, dans la mesure où des pipelines sont ajoutés :

  • 640 000 bpj : c’est ce qu’importent les raffineries du Québec et de l’Atlantique, c’est environ 90 % du pétrole raffiné dans l’est du pays;
  • 680 000 bpj : c’est l’ajout possible de pétrole que le Canada pourrait exporter vers les raffineries américaines du golfe du Mexique. En ce moment, ces installations raffinent 8 millions de barils par jour, dont 2 millions provenant de pétrole importé. L’association est d’avis que le Canada pourrait remplacer 680 000 barils par jour de ce pétrole importé;
  • 465 000 bpj : c’est le potentiel d’exportations pour les pétrolières canadiennes vers les raffineries du Midwest américain actuellement en rénovation pour transformer davantage de pétrole lourd;
  • 100 000 bpj : vers les raffineries les États de Washington et de Californie;
  • 100 000 bpj : vers les raffineries de la côte est américaine, qui ajouteraient à leur capacité.

À cela, le Canada vise aussi la Chine et l’Inde. En ce moment, la demande en pétrole importé des deux pays émergents les plus importants du monde est de 9,7 millions de barils par jour. Projection pour 2030? 17,7 millions! Le Canada veut une part du gâteau.

Stephen Harper a été très clair : « Aucun pays, quoi qu’ils en disent, ne veut entreprendre des actions sur le changement climatique qui détruiront les emplois et la croissance […] Nous sommes juste un peu plus francs à ce propos. »

Le premier ministre exprime une inquiétude réelle : la réduction des gaz à effet de serre (GES) pourrait-elle entraîner un ralentissement de l’économie? La question est légitime. Mais il faut se poser aussi une autre question : la hausse continue des GES, notamment par l’exploitation des sables bitumineux, pourrait-elle nuire davantage à l’économie dans 30 ans, dans 50 ans, dans 75 ans?