Billets classés sous la catégorie « Finances personnelles »

Payez-vous trop d’impôt?

Vendredi 28 mars 2014 à 12 h 59 | | Pour me joindre

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  • Payez-vous trop d’impôt?
  • Saviez-vous qu’avoir des enfants au Québec, c’est une bonne affaire?
  • Saviez-vous aussi qu’une personne qui ne gagne que 5000 ou 10 000 $ par année a tout intérêt à produire une déclaration de revenus?
  • Est-ce que le fisc en demande trop aux entrepreneurs?
  • Quels sont les meilleurs logiciels d’impôt?
  • L’impôt des successions : des changements sont en cours, le saviez-vous?
  • C’est quoi, le fractionnement de revenus?
  • Est-ce qu’on verse trop de crédits d’impôt au Québec?
  • Le crédit d’impôt pour frais de scolarité est passé de 20 à 8 %, le saviez-vous?

Voilà plusieurs des questions qu’on va se poser lundi dans une édition spéciale de RDI économie qui sera diffusée en direct des locaux de l’ESG-UQAM entre 18 h et 19 h (HAE). Notez bien l’heure : lundi, RDI économie dure une heure et commence à 18 h!

Nous serons aussi en direct de l’ESG-UQAM pour présenter Calcul électoral à 16 h 25 avec Liza Frulla, Rémy Trudel, Denise Verreault et Stéphane Leblanc.

Alors, je vous invite en fin de semaine à nous poser des questions en lien avec ce billet. Avez-vous une question sur vos impôts ou sur les sujets évoqués?

Je ne vous apprendrai pas que l’hiver dans lequel nous sommes toujours plongés en cette fin mars va nous avoir coûté plus cher que d’habitude! Qu’on chauffe à l’électricité, au mazout, au gaz, au bois, on a tous remarqué qu’il fallait en faire un peu plus pour éviter de grelotter cette année! Ce coût supplémentaire n’était pas prévu par la majorité des ménages au portefeuille serré. L’impact de cet hiver froid est donc perceptible pour bien des gens.

Selon l’Union des consommateurs, pour une maison de 93 mètres carrés (1000 pieds carrés), les coûts en électricité sont habituellement de 1794 $ par année. L’impact de l’hiver froid signifie une hausse d’environ 10 % selon l’organisme cette année, ce qui veut dire une augmentation moyenne de 179 $ par ménage pour un total de 1973 $.

Avant même de calculer l’impact de l’hiver rigoureux sur la facture d’électricité, il faut dire que ça coûte plus cher au Québec de se chauffer qu’en Ontario ou en Colombie-Britannique, selon l’Union des consommateurs, qui évalue les coûts suivants pour une maison de 93 mètres carrés :

  • Sept-Îles : 1982 $
  • Québec : 1794 $
  • Montréal : 1690 $
  • Ontario : 1646 $
  • Colombie-Britannique : 1432 $

Rénovez!

Une façon de réduire ses coûts de chauffage, c’est de rénover et d’installer des systèmes écoénergétiques.

Il est très populaire pour les gouvernements d’offrir des crédits d’impôt à la rénovation. Généralement, on fait ça pour stimuler une économie qui ralentit ou qui est en récession. Ce n’est pas le cas au Québec, nous ne sommes pas en décroissance. Malgré cela, le Parti québécois a cru bon offrir un nouveau crédit à la rénovation l’automne dernier et le Part libéral a une proposition pour les Québécois en cette matière s’il prend le pouvoir le 7 avril prochain.

Ainsi, le PLQ propose un crédit à la rénovation domiciliaire de 20 % sur les projets de travaux de rénovation de plus de 3000 $ jusqu’à une remise maximale de 2500 $. Si vous dépensez 10 000 $, vous pourriez obtenir 20 % de 10 000 $, c’est-à-dire 2000 $. Ce programme serait en vigueur jusqu’au 31 décembre 2016 et s’adresserait aux propriétaires de maisons de 1 à 3 logements ainsi qu’aux propriétaires de maison intergénérationnelle. Tous les travaux de rénovation à la résidence seraient admissibles.

Si le Parti libéral prend le pouvoir, ce crédit serait applicable après celui qui a été mis en place par le Parti québécois l’automne dernier. Le crédit ÉcoRénov est de 20 % sur les frais engendrés par des travaux de rénovation verte. Les premiers 2500 $ de travaux ne sont pas admissibles au crédit d’impôt. Ensuite, c’est 20 % de la somme dépensée. Donc, si vous dépensez 10 000 $, vous avez droit à 20 % de 7500 $, c’est-à-dire une remise de 1500 $.

Ce programme est plus restrictif, mais plus généreux. Vous pouvez obtenir en remise jusqu’à 10 000 $. Il se termine le 1er novembre prochain. Il est disponible pour les propriétaires d’une maison principale ou d’un chalet et vise des travaux particuliers, notamment l’isolation thermique, le remplacement de portes et de fenêtres, le remplacement d’un climatiseur, l’aménagement d’un toit végétalisé, la construction d’une fosse septique, etc. Les dépenses recevables incluent le coût des permis, le coût des études, des matériaux et des services fournis par l’entrepreneur.

Et c’est bon pour l’économie selon les experts. Un programme de rénovation domiciliaire avait été instauré au Québec en 2009. Pour 200 millions en crédits d’impôt, des travaux de plus de 2,4 milliards ont été effectués.

Si j’étais à la place de Philippe Couillard, Françoise David, François Legault et Pauline Marois, je récupérerais un vieux truc de la communication politique : un programme en 5 points simples et clairs. Un programme économique en 5 points, qui pourrait avoir l’air de ceci :

  1. Améliorer la productivité et les exportations.
  2. Établir un plan réaliste pour faire face au vieillissement de la population.
  3. Lancer un signal aux familles, aux consommateurs, aux contribuables.
  4. Créer de la richesse tout en réduisant les inégalités.
  5. Assurer une retraite décente à l’ensemble de la population.

En fait, ces 5 points représentent, je pense, les défis économiques du Québec, ceux dont les partis devraient parler et qu’ils vont probablement aborder. Ce sont des enjeux fondamentaux, qui exigent des engagements à long terme. Les politiciens, qui solliciteront votre vote le 7 avril prochain, en sont-ils capables?

Améliorer la productivité et les exportations

La productivité, c’est le niveau de production par heure travaillée. Ce n’est pas travailler plus pour moins. C’est travailler mieux, avec des technologies utiles, avancées, qui permettent d’être plus efficace. Qui a un plan pour améliorer la productivité et aider les entreprises à produire et exporter davantage? Le Québec importe plus qu’il n’exporte. Et le déficit ne fait que grandir. Qui a un projet à long terme pour améliorer ce bilan?

Regardez ces chiffres de HEC Montréal. L’apport à l’économie par heure travaillée au Québec est plus faible qu’ailleurs.

Productivité du travail – 2012

PIB/nombre d’heures travaillées

  • Norvège : 106,24 $
  • France : 72,97 $
  • États-Unis : 72,62 $
  • Allemagne : 71,47 $
  • Canada : 59,56 $
  • Québec : 54,95 $
  • Japon : 49,17 $

source : HEC

Établir un plan réaliste pour faire face au vieillissement de la population

Pour la première fois en plusieurs décennies, il y aura plus de sorties que d’entrées dans la catégorie des 15-64 ans. C’est clair : la population vieillit, la population active va baisser, les coûts de santé ne cesseront d’augmenter. Et donc, la soutenabilité des finances publiques est en jeu. Alors, que faire?

Faut-il générer plus de richesse, plus de revenus, pour éponger les coûts qui augmentent? Est-il possible de trouver de nouvelles sources d’efficacité dans l’appareil public? Ou faut-il penser à revoir le panier de services offerts à la population?

D’autres chiffres, ceux de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques :

Nombre de personnes de 15-64 ans pour chaque personne de 65 ans et plus :

  • 1971 : 9,4
  • 2013 : 4,1
  • 2050 : 2,1

source : Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques

Lancer un signal aux familles, aux consommateurs, aux contribuables

Les Québécois paient beaucoup d’impôts et de taxes. Mais, en retour, ils ont de généreux services et des programmes uniques comme les garderies à tarif réduit, l’assurance médicaments, les congés parentaux, etc.

Faut-il repenser la fiscalité au Québec?

Faut-il baisser les impôts, baisser les taxes?

Ou, au contraire, faut-il poursuivre la hausse de la taxation des mieux nantis?

Et pour les entreprises, doit-on repenser également la fiscalité?

Nos finances publiques permettent-elles de proposer un allègement fiscal aux individus et aux entreprises? En avons-nous les moyens?

Créer de la richesse tout en réduisant les inégalités

Créer de la richesse est un concept bien relatif. Qu’est-ce que ça veut dire exactement? Est-ce que c’est d’exploiter les ressources du Québec? De baisser les impôts afin que les consommateurs aient plus d’argent à dépenser? D’investir dans l’économie du Québec à l’aide d’incitatifs fiscaux?

Il sera intéressant de lire les propositions des partis pour créer de la richesse. Et comment vont-ils faire pour que l’ensemble de la population profite de cette création de richesse? Nos sociétés occidentales se sont beaucoup enrichies depuis 35 ans, mais les inégalités ont considérablement grandi en parallèle. Est-ce que cette création de richesse est la bonne?

Le Québec est considéré comme l’un des endroits en Amérique du Nord parmi les moins inégalitaires et où la qualité de vie est particulièrement élevée. Comment conserver ces palmes tout en augmentant la richesse des individus, des entreprises et de la collectivité?

Assurer une retraite décente à l’ensemble de la population

Près de la moitié des personnes de 65 ans et plus ont besoin du supplément de revenu garanti pour arriver à joindre les deux bouts. C’est un signal de pauvreté. Pourquoi? Parce que le Canada est l’un des endroits dans les pays avancés où le remplacement du revenu de travail est le plus faible à la retraite.

Environ le tiers des gens n’ont pas de REER ou d’épargne pour la retraite. Et quatre travailleurs sur cinq dans le secteur privé n’ont pas de régime de retraite complémentaire.

Deux enjeux sur cette question :

  1. Comment améliorer la protection des personnes à la retraite? REER obligatoire? RRQ plus généreux, donc hausse des cotisations?
  2. Et jusqu’où doit-on repenser la capitalisation des régimes de retraite à prestations déterminées? Faut-il poursuivre dans la voie annoncée, qui est celle de demander aux travailleurs du secteur public de contribuer à 50 % de leur régime de retraite et d’abaisser ainsi la contribution de l’employeur? Vaut-il mieux partager les risques?

Le défi de cette élection ne réside pas dans des mesures à court terme, qui pourraient s’apparenter à des bonbons électoraux. Les Québécois attendent des propositions réalistes, structurantes, innovantes. Pour y arriver, il faudra du courage.

Bitcoin : est-ce fait pour vous?

Mercredi 5 février 2014 à 18 h 26 | | Pour me joindre

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Vous faites peut-être partie de ces gens qui aiment bien se lancer dans l’inconnu et dans l’aventure, sensibles aux mondes sans limite, sans cadre, sans entrave. Je le lis, je l’entends et je le perçois ce désir chez certains d’aimer et de croire en une nouvelle monnaie, une cryptomonnaie, enfouie dans les méandres du web, sans contrôle d’une banque centrale ou d’un gouvernement aux mains longues.

Voici à quoi ressemble le premier distributeur de bitcoins à Ottawa.À écouter les adeptes du bitcoin, nous avons enfin accès à une devise qui appartient véritablement aux utilisateurs. C’est l’offre et la demande pure qui est en action, les frais de transaction sont presque absents, vous n’avez qu’à vous ouvrir un compte, acheter des bitcoins et vous procurer des biens et des produits là où la devise est acceptée.

Les avantages d’une telle devise sont réels. Mais, attention! Dans l’inconnu et dans l’aventure, il y a le risque, la spéculation et la possibilité de perdre beaucoup d’argent. Vous pourriez en gagner aussi… mais vous pourriez en perdre pas mal! Un bitcoin vaut un peu plus de 800 $US aujourd’hui. En août, le cours de la devise était de 100 $. On est monté à 1100 $ en décembre, avant de dégringoler de moitié puis de remonter un peu par la suite.

Le dollar canadien évolue au gré de l’offre et de la demande sur les marchés financiers. C’est une devise forte, stable, dont les billets et la monnaie sont émis par une banque centrale, qui peut agir pour agir pour soutenir le dollar canadien si le besoin s’en faisait sentir. Les investisseurs comme les utilisateurs ont confiance en cette devise.

Le bitcoin évolue aussi au gré de l’offre et de la demande, mais son échange se fait sans intermédiaire et sans contrôle d’une banque centrale. L’émission de monnaie s’arrêtera à 21 millions de bitcoin, quelque part probablement autour de 2020. Son avenir repose également sur la confiance des investisseurs et utilisateurs. Si, du jour au lendemain, une crise éclate, la valeur de la devise peut tomber à 0. Et mourir tout simplement!

Donc, si vous possédez des bitcoins et que sa valeur tombe, vous perdrez votre investissement dans cette devise. Il n’y a pas de protection : pas d’assurance dépôt, pas de fonds d’indemnisation. Rien. Vous êtes seul dans le grand univers du web avec vos bitcoins, qui peuvent grandir ou disparaître. Vous le savez, j’espère?

Cela dit, est-ce bien différent de la bourse? Oui et non. Oui, parce qu’une action s’appuie sur une propriété réelle : celle d’une part dans une entreprise existante. Et ce ne l’est pas en ce sens que l’investissement en bourse est aussi une aventure risquée. L’ancien patron de Desjardins Claude Béland nous a déjà dit à RDI économie qu’il était quand même incroyable qu’on ait réussi au fil du temps à convaincre des gens aux moyens modestes de mettre leur argent à risque en bourse!

En fait, la mise en garde doit être bien plus large : toute prise de risque peut vous faire gagner beaucoup d’argent… mais peut aussi vous faire perdre un bon magot. Vous êtes prévenus.

Pas de résolution? Vraiment?

Mardi 7 janvier 2014 à 14 h 49 | | Pour me joindre

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Chers fidèles à ce blogue, je tiens d’abord à vous remercier sincèrement de lire, de partager, de commenter les billets publiés ici depuis 2006. Vos commentaires, vos questions et les échanges que nous avons me sont devenus essentiels. Pourquoi? Parce que je peux ainsi rester connecté sur les réflexions des gens pour qui on travaille ici à Radio-Canada et aussi parce que ce blogue m’aide à structurer ma pensée, ma recherche, ma préparation. Entre le blogue, RDI économie et mes interventions à la télé et à la radio, il doit y avoir un fil conducteur efficace. C’est souvent ici, dans ce blogue, que ça commence ou que ça se termine!

J’ai à peu près tout débranché durant le temps des fêtes. Pas de bulletin de nouvelles. Pas de journaux, pas d’Internet. De la glace partout, trois pannes de courant, une  grande panne d’Internet (toujours pas réglée d’ailleurs), j’ai à peine capté quelques infos à la radio en auto ou encore en jetant un petit coup d’œil furtif sur un journal tout près de la caisse au magasin général du village. J’ai lu quelques livres, j’ai chauffé le foyer en masse, j’ai joué au scrabble (j’ai gagné deux fois, mais j’ai perdu plusieurs fois), entre amis, en famille. J’ai regardé les branches de mes pins éclater sous la glace, un saule pleureur se briser en deux, trois bouleaux plier comme une perche. On s’est enfilé quelques épisodes de Dexter 8 et j’ai choppé un virus début janvier.

Je ne sais pas trop pourquoi je vous raconte tout ça, ce n’est pas trop mon habitude. Mais il me semble que ça nous change un peu des finances publiques, des taux d’intérêt, des questions de pétrole ou de crédit d’impôt, vous ne trouvez pas?

Pas de résolution non plus pour 2014. Parce que ça ne tient jamais très longtemps. Et parce qu’une résolution, à mon avis, ça peut se prendre à n’importe quel moment de l’année et ça doit s’installer dans notre mode de vie. Épargner (aux 2 semaines). Arrêter de fumer (je ne fume pas!). Faire de l’exercice (tous les jours… ou presque!). Devenir végétarien (pas pour moi!). Etc.

Mais, quand même, si j’avais cinq résolutions à vous et à me proposer, je vous dirais ceci :

  1. Débrancher le téléphone cellulaire intelligent durant vos congés hebdomadaires : ce sera difficile de ne pas, tout de même, jeter des coups d’œil de temps à autre, mais vous le ferez moins souvent, vous serez moins dérangés, interpellés, perturbés!
  2. Mettez de l’argent de côté chaque semaine ou à chaque paie dès maintenant. L’économiste Jean-Luc Landry nous disait en début d’année qu’on devrait épargner 10 $ par semaine dès l’âge de 20 ans, 20 $ à 30 ans, 30 $ à 40 ans, 40 $ à 50 ans, 50 $ entre 60 et 70 ans.
  3. Faites-vous un budget. Vos dépenses, vos revenus sur des périodes comparables. Vous allez voir si vous avez une marge de manœuvre ou pourquoi vous n’arrivez pas!
  4. Remboursez vos dettes aux taux d’intérêt les plus élevés d’abord. Si vous n’êtes pas capable ou si vous n’êtes pas discipliné pour payer le solde de votre carte de crédit tous les mois, ne l’utilisez pas!
  5. Lisez. Informez-vous. Choisissez vos sources d’informations pour apprendre des choses, pour comprendre les enjeux. Il faut le faire, il faut sortir du bruit et du tourbillon pour revenir à l’essentiel, au fondamental, au plus important (c’est songé n’est-ce pas?)

Allez, bonne année!

Nos suggestions de livres

Mercredi 1 janvier 2014 à 12 h 25 | | Pour me joindre

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Chers amis!

Voici les suggestions de lecture de nos journalistes, diffusées dans notre édition spéciale RDI économie – résolutions 2014.

 

Andrée-Anne Saint-Arnaud

  • Economix par Michael Goodwin, illustrations de Dan E. Burr, Éditions Les Arènes, 2013, 304 pages
  • Dette : 5000 ans d’histoire par David Graeber, Éditions Les liens qui libèrent, 2013, 623 pages

Vincent Maisonneuve

  • Arrêtons d’avoir peur! : Insecticides, OGM, alimentation, pollution, radioactivité, énergie nucléaire, antennes de téléphones portables… Ne croyez pas les nouvelles alarmistes par Maurice Tubiana, Éditions Michel Lafon, 2012, 253 pages
  • L’Apocalypse n’est pas pour demain : pour en finir avec le catastrophisme par Bruno Tertrais, Éditions Denoël, 2011, 285 pages

 

Maxime Bertrand

  • Rebâtir l’avenir par Jacques Racine, Éditions Médiaspaul, 2013, 264 pages
  • Crise financière : pourquoi les gouvernements ne font rien par Jean-Michel Naulot, Éditions Seuil, 288 pages

 

Mathieu Dion

  • Freakonomics: A rogue economist explores the hidden side of everything par Steven D. Levitt et Stephen J. Dubner, Éditions HarperCollins, 2005, 336 pages (en français, Éditions Folio en 2007)
  • L’économie : les grands concepts expliqués par Collectif, Éditions Marcel Didier, 2013, 352 pages

 

Gérald Fillion

  • Créer et partager la prospérité : sortir l’économie canadienne de l’impasse par Diane Bellemare, préface de Claude Castonguay, Éditions Presses de l’Université du Québec, 2013, 252 pages
  • L’égalité, c’est mieux par Richard Wilkinson et Kate Pickett, préface de Claude Cossette, Éditions Écosociété, 384 pages

La carotte, le bâton et le huard

Vendredi 13 décembre 2013 à 15 h 06 | | Pour me joindre

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Malgré tous les avertissements, malgré le resserrement des règles hypothécaires et même si l’économie ralentit, les Canadiens continuent de s’endetter. Le niveau d’endettement des ménages monte moins rapidement que par le passé, mais il monte encore. Au troisième trimestre, ce taux est passé de 163,1 à 163,7 %. Autrement dit, pour chaque tranche de 100 $ de revenu disponible, les ménages ont une dette moyenne de 163,70 $, en incluant le crédit à la consommation et les dettes hypothécaires.

Votre dette, c’est la menace principale dans l’économie canadienne selon plusieurs experts. Le FMI nous le dit souvent : le Canada s’expose à des jours difficiles si une bulle d’endettement se forme et éclate avec une éventuelle hausse des taux d’intérêt.

Dans les circonstances, la Banque du Canada peut difficilement envisager une baisse de taux d’intérêt pour stimuler l’économie. Mais elle ne peut pas non plus les monter compte tenu de la faible croissance du PIB et de l’inflation. C’est un exercice d’équilibrisme intense pour le nouveau gouverneur de la Banque du Canada.

Stephen Poloz, gouverneur de la Banque du Canada, et Gérald Fillion, à droiteD’ailleurs, en entrevue à RDI économie jeudi, Stephen Poloz a admis sans gêne que la banque centrale a joué un rôle dans l’embellie immobilière au pays. Une étude de la Deutsche Bank nous apprenait cette semaine que c’est au Canada que le marché est le plus surévalué dans le monde en raison de la hausse des prix à Toronto et à Vancouver principalement. « C’est vrai que c’est surévalué, a dit Stephen Poloz, mais c’est l’une des conséquences prévisibles de notre politique qui était celle d’avoir plus de dépenses des ménages pour contrebalancer le manque d’exportations durant la récession. »

Stephen Poloz a clairement changé la ligne directrice à la Banque du Canada, tandis que l’économie a montré des signes de faiblesse depuis l’été dernier. Sous Mark Carney, stratégie du bâton, on cherchait à freiner les élans de l’endettement en maintenant une menace de hausse de taux d’intérêt. Sous Stephen Poloz, stratégie de la carotte, on laisse poindre la possibilité de baisser les taux, ce qui a pour effet de faire chuter le dollar canadien.

La banque centrale tente de transférer une partie du soutien à l’économie du consommateur vers l’exportateur qui, en principe, devrait bénéficier d’une baisse du dollar canadien face au dollar américain.

Sur ce sujet-là aussi, Stephen Poloz ne passe pas par quatre chemins : « Nous sommes plus clairs, plus honnêtes, nous avons des incertitudes autour du taux d’inflation et de la trajectoire pour retourner à 2 %. » Et le marché capte le message!

Pour résumer, si Jim Flaherty ne réussit pas à ralentir l’endettement des Canadiens en resserrant les règles hypothécaires et si la Banque du Canada ne peut pas vraiment freiner la consommation, que reste-t-il? Le dollar canadien! Et c’est sur la devise que semble travailler la Banque du Canada pour tenter d’équilibrer et de consolider les sources de croissance pour l’économie canadienne.

Consommez-vous trop?

Lundi 9 décembre 2013 à 12 h 40 | | Pour me joindre

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C’est une période de l’année exigeante, avouons-le. Les fêtes, c’est une occasion de se rassembler, de se retrouver, de s’amuser, de faire plaisir aux autres, aux enfants d’abord. Mais c’est un moment de l’année où la pression de la consommation est très forte. On veut bien recevoir, on veut gâter nos proches, on veut acheter les cadeaux que réclament nos enfants. Comment garder le contrôle?

Endettement pendant la période des FêtesSi on veut éviter de s’endetter, il faut faire comme Nicolas Marceau : il faut travailler sur les revenus et les dépenses! Or, comme pour le ministre des Finances, si les revenus ne sont pas au rendez-vous, contrôlez vos dépenses! Comment? En faisant des choix, en magasinant sérieusement vos achats, en vous faisant un budget, en évitant de sombrer dans les bras enveloppants de la consommation. Facile à dire!

Oui, c’est vrai, facile à dire. D’autant que la publicité, le marketing, les soldes, les annonces de toutes parts nous interpellent et nous font saliver. Il est interdit de cibler les enfants dans les publicités. Mais nous ne sommes pas dupes. Les enfants captent quand même les messages! Et puisqu’ils n’ont pas la responsabilité de gérer le portefeuille, ils se sentent autorisés à s’occuper de la liste de cadeaux, n’est-ce pas?

L’équipe économique de Radio-Canada a préparé une émission spéciale pour vous donner des conseils en matière de consommation. Cette émission se veut aussi une invitation à la réflexion sur la consommation et les pressions qui s’exercent sur nous.

RDI économie spéciale des fêtes (HNE)

  • Lundi 9 décembre 18 h, 23 h
  • Samedi 14 décembre 21 h 30
  • Dimanche 15 décembre 18 h
  • Dimanche 22 décembre 12 h 30

Les questions posées sont les suivantes:

  1. Les enfants reçoivent-ils trop de cadeaux?
  2. Les rabais du temps des fêtes sont-ils vraiment des rabais?
  3. Acheter tout préparé ou cuisiner?
  4. Que penser des commerces éphémères?
  5. Y a-t-il des économies à faire sur le web… et aux États-Unis?
  6. Que donner à ceux qui ont tout?

Rendez-vous avec nos invités et nos journalistes Vincent Maisonneuve, Maxime Bertrand, Mathieu Dion, Raphaël Bouvier-Auclair et Pascal Poinlane.

Et vous?

Que faites-vous pour garder le contrôle de la consommation dans le temps des fêtes?

Quels sont vos trucs, vos suggestions?

Dites-nous…

Baisse de taux en vue?

Mercredi 4 décembre 2013 à 13 h 27 | | Pour me joindre

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Mark Carney nous disait qu’une hausse de taux allait bientôt être nécessaire. Le nouveau gouverneur de la Banque du Canada Stephen Poloz laisse entendre le contraire. Une baisse de taux est de plus en plus possible. Probable? On ne peut pas le dire en ce moment. Mais, possible, certainement. Dans son dernier communiqué, la banque centrale affirme que « les risques à la baisse touchant l’inflation semblent plus grands ».

Ça fait trois ans que la Banque du Canada  maintient son taux directeur au même niveau, à 1 %. L’endettement des Canadiens continue d’augmenter, même si Ottawa a resserré à quatre reprises les règles hypothécaires. La croissance économique est modeste, bien qu’à court terme les nouvelles ont été meilleures avec une croissance annualisée de 2,7 % au troisième trimestre.

Surtout, l’inflation est extrêmement faible et ne cesse de décélérer. Nous approchons de la zone de déflation, c’est-à-dire une période assez longue de baisse des prix. Ce n’est pas le cas en ce moment, et il faudra du temps pour conclure que nous y sommes si ça devait être le cas. Il est clair qu’on ne veut pas se retrouver dans le marasme de la déflation, un malheur dont le Japon essaie encore de s’extirper 20 ans plus tard.

En octobre, la croissance des prix des biens et services sur 12 mois s’est limitée à 0,7 %. Nous étions à plus de 3,5 % il y a deux ans. Ce graphique exprime bien le ralentissement de la croissance des prix depuis 2011 au Canada :

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Qu’est-ce que ça veut dire?

  1. Si l’inflation est anémique, c’est parce que la demande n’est pas assez forte, que la croissance économique est faible et donc ne permet pas une hausse des prix.
  2. Pour stimuler l’inflation, donc l’économie, la Banque du Canada devrait dans les circonstances baisser ses taux d’intérêt. Est-ce une bonne idée?

Avec l’endettement qui est élevé et un marché immobilier qui n’a que très peu ralenti, la banque centrale devrait monter ses taux plutôt que de les baisser. Mais monter ses taux en ce moment aurait pour conséquence de ralentir une économie qui croît déjà lentement. Ça serait contre-productif dans un contexte de faible inflation.

Cela dit, la menace indirecte d’une baisse de taux a pour conséquence de faire chuter le dollar canadien. Le huard a commencé l’année au-dessus du niveau de parité avec le dollar américain. Il est aujourd’hui à 93 ¢US. Une baisse de taux, c’est une baisse de rendement sur les investissements au Canada. Le dollar canadien est directement touché, d’autant que le prix du pétrole est en baisse.

Que va faire la Banque du Canada? Voici l’avis de quelques experts :

CIBC : La possibilité d’une baisse de taux augmente avec le communiqué d’aujourd’hui de la Banque du Canada. Mais il serait prématuré d’aller aussi loin. La baisse du dollar canadien devrait stimuler les exportations. La Banque du Canada devrait maintenir son taux directeur inchangé jusque dans la deuxième moitié de 2015.

Nomura : La Banque semble donner un peu plus d’importance, un penchant léger, aux inquiétudes sur la faible inflation. La Banque du Canada est en train de déplacer le curseur vers une baisse de taux. Possibilité d’une baisse de taux d’ici six mois : 30 %.

BMO : La Banque du Canada met un peu plus l’accent sur l’inflation. La situation l’inquiète clairement, mais ne va pas, pour l’instant, jusqu’à exprimer qu’elle pourrait réduire ses taux prochainement. Ça provoque une baisse du dollar canadien, ce qui doit certainement faire plaisir au gouverneur Poloz et à ses acolytes.

Desjardins : L’inflation très faible persiste. On comprend que la Banque du Canada pourrait patienter encore un peu plus avant de relever ses taux. Pas avant septembre 2015.

Nationale : La Banque du Canada semble avancer vers un discours qui pourrait laisser entendre qu’une baisse de taux est nécessaire. Si l’inflation baisse encore, la Banque n’aura pas le choix et devra baisser ses taux. Mais on n’est pas là. La baisse du dollar devrait aider les exportateurs et l’endettement des Canadiens demeure trop important.

 

« On va-tu magasiner aux States? »

Mercredi 20 novembre 2013 à 17 h 22 | | Pour me joindre

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Quand le dollar canadien valait environ 65 ¢US au début des années 2000, ça coûtait cher aller aux États-Unis! Aujourd’hui, avec un huard à parité – ou pas très loin – avec le billet vert, il est plus qu’intéressant pour les consommateurs d’aller faire un petit tour de temps en temps aux États-Unis pour faire quelques achats. Même en payant les taxes au retour, le gain sur un bon nombre de produits est important.

L’Association canadienne des détaillants de pneus du Canada s’attend à ce qu’une quantité notable de Canadiens aillent aux États-Unis pour acheter leurs pneus d’hiver cette année. Elle évalue que les pneus aux États-Unis sont 32 % moins chers qu’au Canada. C’est un écart considérable, difficile à expliquer. Et ça fait 40 ans que ça dure! Pourquoi est-ce encore le cas, maintenant que le dollar canadien vaut environ 95 ¢US?

La Banque du Canada répond que la situation est peut-être moins inquiétante que ce qu’on en dit. L’écart de prix entre les États-Unis et le Canada, sur un panier de 150 produits, est passé de 20 %  en 2007 à 9 % aujourd’hui. Autrement, depuis le retour du dollar canadien à parité avec le dollar américain, la situation ne cesse de s’améliorer.

Et dans un discours livré au Nouveau-Brunswick, le sous-gouverneur John Murray a déclaré que « s’il y a des inégalités importantes entre les prix, les raisons sous-jacentes peuvent en grande partie s’expliquer, et il ne faudrait pas en déduire que le marché déraille. » Il va plus loin : « Les forces du marché sont à l’œuvre et poussent généralement les prix et le taux de change dans la bonne direction. »

C’est très intéressant comme réponse parce que la Banque du Canada nous dit qu’elle fait confiance aux « forces du marché », ce qui en soit n’est pas une surprise. Mais qu’est-ce que les « forces du marché »? Bien, c’est vous. C’est vous, consommateurs, qui êtes responsables de la demande. Et c’est vous qui allez agir sur les prix au Canada si vous allez magasiner aux États-Unis! Si les grands détaillants d’ici sentent que la demande est moins forte pour des produits vendus plus chers que chez nos voisins du sud, ils vont réagir!

Dans son discours du Trône, le gouvernement Harper a dit qu’il allait prendre les mesures nécessaires pour réduire ce qu’il considère comme une « discrimination géographique ». Est-ce vraiment le cas? Et est-ce que le vrai pouvoir n’est pas, tout simplement, entre les mains des consommateurs?