Billets classés sous la catégorie « Environnement »

Carbone : un pas de géant!

Lundi 13 avril 2015 à 13 h 23 | | Pour me joindre

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La décision de l’Ontario de se joindre à la bourse du carbone est un moment important pour l’environnement au Canada. Alors que le gouvernement fédéral ose demander des comptes sur les questions environnementales aux provinces, l’Ontario choisit le camp de l’action en adhérant à la bourse du carbone lancée par la Californie et le Québec.

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Que ce soit sous forme de taxation, d’échange de crédits ou de permis d’émissions, il faut savoir que la tarification du carbone est une tendance de plus en plus lourde dans le monde. Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, l’interdiction brutale est rare et difficile à appliquer. Une réduction graduelle, ordonnée, encadrée semble être la voie de l’avenir malgré certaines expériences difficiles.

Les détracteurs de la bourse du carbone disent souvent que le marché du CO2 est une solution trop facile et trop simple pour les entreprises qui polluent en masse, ou qu’il s’agit là d’un autre moyen de nous taxer encore et encore, de nous faire cracher les dollars qu’on a gagnés durement pour nourrir un État vorace et inassouvissable. Le nez collé au tableau de bord, il leur est difficile d’imaginer l’impact réel de la tarification du carbone.

Oui, cette bourse fait grimper le prix de l’essence. C’est ce qui s’est passé en début d’année. De nouveaux secteurs de l’économie québécoise sont maintenant soumis au marché du carbone, notamment les distributeurs de carburant qui refilent la facture aux automobilistes. Mais cette bourse existe pour stimuler les entreprises, encadrer les émissions de gaz à effet de serre et ultimement les réduire. La bourse du carbone a deux grands objectifs :

  • exercer une pression financière sur les grands émetteurs afin qu’ils réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre, en investissant dans des énergies renouvelables, des technologies vertes, en modifiant leurs moyens de production;
  • et encourager la recherche et le développement de nouvelles énergies, de technologies de captage du carbone, le démarrage d’entreprises vouées au développement durable.

En plafonnant les émissions et en réduisant ce plafond d’année en année, les grands émetteurs devront payer plus cher pour polluer ou encore réduire leurs émissions pour alléger cette facture. Les entreprises qui ne dépassent pas leur plafond pourront, elles, vendre le CO2 non utilisés aux émetteurs qui dépassent la limite permise. Ces entreprises pourront engendrer des revenus supplémentaires, investir dans des énergies et technologies vertes.

Avec l’Ontario qui entre maintenant dans le marché du carbone, c’est environ 75 % des Canadiens qui vivront dans des provinces où le CO2 n’est plus gratuit. En mettant un prix sur les émissions de gaz à effet de serre, les entreprises sentiront une vraie pression sur leurs activités et pourront dorénavant mieux gérer leur rapport à l’environnement.

C’est important de comprendre qu’un marché est efficace si les acteurs en cause s’y engagent. C’est un grand pas que celui de voir l’Ontario adhérer à ce système. L’Ontario est le plus grand pollueur du Canada après l’Alberta. Mais il faudra encore plus. L’Alberta justement doit inclure un plus grand nombre d’émetteurs dans sa couverture carbone actuelle. Et les grands émetteurs américains sont attendus et souhaités dans ce marché.

Parce que dans la réalité, le seul et unique objectif qui doit animer ces efforts, c’est de réduire notre empreinte sur l’environnement.

Jean Tremblay

Greenpeace est responsable d’une partie des malheurs de l’entreprise Produits forestiers Résolu au Lac-Saint-Jean si on se fie aux propos du maire de Saguenay. Jean Tremblay craint le pire pour la suite des choses et, dans une sortie très médiatisée, le maire ne mâche pas ses mots.

« On s’en vient avec des beaux projets à Saguenay : la liquéfaction du gaz naturel, Ariane Phosphate, Blackrock. Ils vont tout nous bloquer, je vous le dis. On n’aura plus d’emplois dans la région. Ces gens-là [Greenpeace] sont en train de nous mener par le bout du nez. Alors, je vous demande, les syndicats, les travailleurs : mobilisons-nous contre Greenpeace et les intellectuels de ce monde. Greenpeace, inquiétez-vous pas, ils vont continuer de se promener en bateau un peu partout. Mais,qu’ils nous laissent la paix au Québec! On sait très bien ce que c’est l’environnement et on a un très grand respect pour la nature. Mais on veut aussi se développer. Et on veut que nos travailleurs aient de l’emploi. » - Jean Tremblay, maire de Saguenay

Si le maire Tremblay s’en prend de cette façon à Greenpeace, c’est parce que l’entreprise Produits forestiers Résolu rend partiellement responsable le groupe environnementaliste de la fermeture de la machine numéro 9 de son usine d’Alma. La chute du marché du papier et les coûts de la fibre sont aussi mentionnés comme sources des problèmes pour Résolu. Mais Greenpeace, aux yeux de Résolu, mène des « campagnes de désinformation » qui nuisent à ses activités.

Pourquoi Greenpeace attaque-t-elle Résolu?

Greenpeace mène des campagnes publiques pour mettre en relief les pratiques jugées non acceptables en matière d’environnement. Dans le cas de la forêt, Greenpeace a mené une charge contre Best Buy, puisque l’entreprise maintenait son lien d’affaires avec Résolu, même si la société avait perdu sa certification environnementale FSC.

C’est trois certifications que Résolu a perdu à la fin de 2013, dont deux liées au Lac-Saint-Jean à propos du respect des droits des Autochtones et des pratiques en matière de protection de l’habitat du caribou forestier. Dans le premier cas, il y a un conflit entre les Cris et le gouvernement du Québec à propos de l’aménagement forestier qui serait contraire à l’entente Baril-Moses dans le cadre de la Paix des Braves. C’est une négociation Québec-Cris, selon Résolu, qui affirme ne pouvoir rien faire d’autres.

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Dans l’autre cas, sur le caribou forestier, le vérificateur Rainforest Alliance affirme que l’entreprise perturbe trop le territoire du caribou forestier et « n’a pas adapté suffisamment les mesures d’aménagement afin de renverser cette tendance ». Encore là, Résolu dit respecter les normes gouvernementales du Québec et accuse Rainforest Alliance de céder aux pressions de Greenpeace.

« On sait que lorsqu’il y a des vérifications, si vous avez des plaintes, vous avez tendance à interpréter les règles d’une façon très très très stricte pour ne pas avoir de problèmes, a dit Richard Garneau à RDI économie. […] Les pressions de Greenpeace sont le résultat de ce qui se passe au Lac-Saint-Jean. »

Qu’est-ce que la norme FSC, perdue au Lac-Saint-Jean par Résolu?

Le Forest Stewardship Council a été créé par des forestières, des syndicats, des gouvernements et des écologistes. C’est une entité qui a donc établi des principes et critères pour toute l’industrie, des normes qui sont suivies partout dans le monde. Ce ne sont pas les seules certifications existantes toutefois. Mais elles sont reconnues comme étant très crédibles au Canada avec des membres au conseil d’administration de FSC Canada, comme Domtar et Kruger.

Même que Résolu a été un contributeur important de FSC Canada au fil des années.

Les principes et critères du Forest Stewardship Council sont les suivants :

  • respecter toutes les lois et tous les traités internationaux;
  • maintenir ou améliorer les conditions des travailleurs et des communautés locales;
  • assurer la viabilité économique à long terme de la forêt;
  • reconnaître et respecter les droits autochtones;
  • maintenir la diversité biologique de la forêt.

Au Canada, les grandes banques comme la Scotia, RBC et la CIBC exigent la norme FSC dans leurs achats de papier. Même chose pour les éditeurs Penguin ou Scholastic, ou encore J.K. Rowling, auteure des livres Harry Potter. Rona, Home Depot, IKEA exigent aussi la norme FSC.

Les Québécois, dépossédés?

Jeudi 5 mars 2015 à 18 h 25 | | Pour me joindre

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depossessionLes Québécois ont-ils été dépossédés de leurs ressources qui habitent leurs terres et leurs cours d’eau? Ont-ils été spoliés, se sont-ils fait jouer un vilain tour par les entreprises privées et par des « technocrates » de l’État qui n’ont, au fil du temps, que cherché à avantager le secteur privé?

L’IRIS, dans un ouvrage qui paraît aujourd’hui, répond oui et tente de démontrer en quoi le Québec est victime d’une grande « dépossession ». C’est le titre du livre : Dépossession, une histoire économique du Québec contemporain publié aux Éditions Lux.

Les chercheurs de l’IRIS expliquent la dépossession par des redevances et des droits de coupe extrêmement faibles pour les minières et les forestières, des privilèges accordés au secteur privé pour exploiter les ressources naturelles du territoire, un État qui « demeure pleinement au service du secteur privé », qui « témoigne d’une générosité et d’une complaisance indéfectibles envers les entreprises minières », notamment.

En fait, mis à part Hydro-Québec qui « a certainement permis que les services publics québécois bénéficient financièrement de notre production énergétique », les autres tentatives de l’État visant à gérer, contrôler, exploiter les ressources ont été ratées. « La déception suscitée par les sociétés publiques au plan économique, écrit Laura Handal Caravantes dans le chapitre sur les mines, vient d’une insuffisance des ressources accordées par le gouvernement. »

En fait, la stratégie de l’État « consiste principalement à mettre des ressources financières à la disposition du système privé sous forme de prêts, d’actions, de capitalisations, de dépenses fiscales ou autres ». L’État se voit essentiellement comme un « accompagnateur ».

Dans le chapitre sur la forêt, le chercheur Pierre Dubois écrit qu’il « est clair que la logique que nous dénonçons en la qualifiant de dépossession est inscrite au cœur même du modèle d’affaires des entreprises forestières canadiennes […] Leurs priorités, ce sont les dividendes versés aux actionnaires ».

En agriculture, le Québec est passé d’un modèle de subsistance à un modèle qui tend à répondre aux besoins du marché. « Le type de gestion qui a été fait des mécanismes de régulation est indéniablement lié à une vision productiviste de l’agriculture, soucieuse de répondre aux exigences de standardisation et de rendement du marché », écrit Lyne Nantel.

Elle ajoute que ça « participe de la logique de dépossession […] qui prive progressivement les agriculteurs et agricultrices de toute emprise sur leurs pratiques. » Et, elle en vient à poser la question sur la possibilité d’étendre la mise en marché collective, qui existe pour le lait, les œufs, les poulets, « à l’ensemble des productions ».

La prochaine dépossession à l’ordre du jour, c’est la commercialisation de l’eau, selon l’IRIS. Le Québec en possède une quantité exceptionnelle et bien des gens d’affaires sont d’avis qu’on ne pourra pas se passer de cette manne. « Si un tel projet se concrétisait, écrit Martin Poirier, le Québec verrait s’effriter sa souveraineté sur l’eau et son peuple serait tranquillement, mais sûrement dépossédé de cette ressource. »

Ma première impression en lisant le livre, c’est que l’IRIS dénonce un système, celui du libéralisme économique, auquel le Québec n’a pas échappé. Le secteur privé est visé comme s’il n’était jamais en position de servir l’intérêt de l’ensemble des Québécois. Plusieurs auront du mal à considérer qu’une entreprise québécoise, dont le siège social est au Québec, qui emploient des Québécois et qui rapportent des emplois, des impôts et (un peu) de redevances à la société soient considérée comme étant un artisan pur de la dépossession.

L’IRIS parle de nationalisation dans le secteur minier, de syndicalisation dans la forêt, d’étendre aussi la gestion de l’offre à l’ensemble de l’agriculture. À contre-courant, l’Institut de gauche maintient le cap sur une transformation en profondeur de l’exploitation au Québec, transformation idéale pour les uns, farfelue pour les autres, qui n’est pas, dans la réalité, soyons francs, sur le point de se produire.

Du « BS corporatif », vraiment?

Jeudi 19 février 2015 à 13 h 37 | | Pour me joindre

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Doit-on soutenir financièrement des entreprises comme Bombardier et la cimenterie de Port-Daniel-Gascons? Si vous êtes contre l’intervention de l’État ou que vous considérez que le soutien aux entreprises, c’est une forme d’assistance sociale pour les compagnies – ce que certains nomment du « BS corporatif* »– vous n’êtes certainement pas d’accord avec les crédits d’impôt et les garanties de prêts qui ont été accordés dans le passé à Bombardier et dans les investissements effectués par Investissement Québec et la Caisse de dépôt dans le projet de la cimenterie du groupe McInnis en Gaspésie.

Vous pensez peut-être le contraire : l’État a un rôle à jouer dans l’économie et doit utiliser ses piliers pour stimuler les investissements et la création d’emplois, attirer, conserver des entreprises ici. Vous faites sans doute le calcul qu’il est plus rentable d’injecter des centaines de millions dans des projets porteurs pour en tirer des profits à long terme (emplois, impôts, taxes, etc.)

À peu près tous les gouvernements soutiennent leur économie, même ceux qui parlent sans cesse des « bienfaits » du libre marché. Ils le font parce qu’ils ont compris depuis longtemps que le seul marché ne peut pas combler tous les besoins et impératifs d’une société.

Le monde est complexe, certaines industries sont vulnérables aux cycles économiques et quantité d’entreprises n’auraient jamais pu éclore sans une prise de risque plus grande, ce que peuvent faire les investisseurs plus solides comme l’État et ses organismes d’investissements.

Un geste trop rapide pour Bombardier?

Malgré tout, il est normal de remettre en question certains investissements. Alors que Bombardier suscite de vives inquiétudes dans les milieux financiers, est-il prudent d’entendre le ministre de l’Économie, Jacques Daoust, promettre une aide de l’État si l’entreprise en fait la demande? En sommes-nous vraiment arrivés là?Et sur quoi se base le ministre pour aller aussi loin dans sa promesse?

Nous comprenons tous que Bombardier est un fleuron et qu’il est essentiel de maintenir ces emplois spécialisés au Québec. Mais, puisque l’État gère nos impôts, il y a un minimum de recherches et d’études à faire avant de se lancer dans une aventure qui promet, mais qui comporte sa part de risque. Le ministre pourrait nous informer sur ça.

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Pas de subvention à Port-Daniel-Gascons

Dans le dossier de Port-Daniel-Gascons, c’est le gouvernement Marois qui a donné le signal de départ, un dossier repris par le gouvernement Couillard après une valse-hésitation. Ici, l’objectif, c’est de créer des emplois en Gaspésie. Et de saisir l’occasion de servir de nouveaux marchés d’exportation par la voie maritime.

Le projet bénéficie d’une clause grand-père, puisqu’il a été approuvé dans les années 90. Il n’a pas à être soumis à l’évaluation du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement. Et pour s’assurer que la cour ne vienne pas renverser cette situation, le gouvernement du Québec a décidé d’adopter une loi qui vise à sécuriser – cimenter pourrait-on dire – le projet de Port-Daniel-Gascons.

Il est important de comprendre que dans cette affaire, il n’y a pas de subvention. Investissement Québec, la Caisse de dépôt et la famille Beaudoin-Bombardier investissent 500 millions de dollars en capital dans le projet. Nous sommes actionnaires. Et puis, un syndicat bancaire et Investissement Québec prêtent 600 millions de dollars aux promoteurs. Donc, des intérêts nous seront payés. On ne donne pas d’argent en crédit d’impôt ou en subvention directe.

Il y a des risques, c’est clair, sur les plans financier, économique et écologique. Mais il y a un marché potentiel important pour cette cimenterie québécoise : les projets d’infrastructures américains, surtout ceux de la côte atlantique qui visent à protéger les villes de l’Est des ouragans, de plus en plus nombreux, de plus en plus violents.

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La grande question qui se pose dans le dossier de Port-Daniel-Gascons, elle est écologique. L’entreprise a beau se targuer d’avoir installé des technologies exceptionnelles qui vont réduire l’intensité de ses émissions de gaz à effet de serre. Il n’en demeure pas moins que ce site sera à terme le plus grand émetteur de CO2 du Québec, émission possible dans le pire des cas de 1,76 million de tonnes annuellement.

Est-ce bien raisonnable? Est-ce que le retour sur investissement pour la société québécoise viendra compenser cette charge supplémentaire dans les émissions de gaz à effet de serre?

Il y a plusieurs dimensions à ces enjeux. Ce n’est pas tout blanc, ce n’est pas tout noir. C’est encore une fois très nuancé. Il y a des emplois, des régions, des milieux qui sont en jeu. L’État a un rôle à jouer. Mais, jusqu’à quel point mesure-t-il bien les risques?

* L’expression « BS corporatif » est fautive. BS signifie bien-être social qu’on nomme aujourd’hui aide sociale. Et le mot corporatif est employé de la mauvaise façon, c’est un anglicisme dans ce cas-ci.

Approche comptable

Mardi 10 février 2015 à 12 h 18 | | Pour me joindre

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Si vous doutiez de la philosophie qui anime le gouvernement Couillard, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs est venu préciser les choses lundi soir à RDI économie. Dans le cas du ministère de la Faune à tout le moins, la rentabilité doit être au rendez-vous.

L’approche comptable, celle qui doit permettre d’équilibrer dépenses et revenus, s’applique aussi à la Faune, un ministère qui a une vocation bien particulière, étant donné son expertise et son caractère scientifique.

Le ministère de la Faune doit résorber son déficit, nous a expliqué Laurent Lessard. Et c’est pour atteindre l’équilibre budgétaire à l’intérieur même de cette division du ministère qu’il dirige que Laurent Lessard justifie les compressions annoncées jusqu’à maintenant.

Le Devoir rapporte justement ce matin qu’une centaine de postes auront été supprimés au ministère de la Faune, des compressions nécessaires aux yeux du ministre parce que la section forêt de son ministère paie en ce moment le manque à gagner de la section faune.

Résultat : au-delà de toutes les inquiétudes portant sur la recherche, la surveillance, la connaissance quant aux écosystèmes fauniques, le ministre applique un discours comptable.« Quand je regarde le ministère, sur les 400-450 qui sont des agents de protection, et 400 autres qui sont au service du ministère, j’ai 153 contractuels. Il faut quand même que je me questionne pourquoi c’est comme ça. La mission première repose sur des personnes qui ne sont pas des permanents. Donc, moi, je pense que c’est sain d’analyser ça. »

Il ajoute qu’il « n’appartient pas seulement aux chasseurs et aux pêcheurs de payer la mission ». À la rentrée parlementaire mardi matin à Québec, il a déclaré qu’avant d’aller d’augmenter les permis, il veut faire le tour des dépenses du ministère.

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« Nous sommes profondément atterrés », a déclaré Richard Perron, le président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec. Ça ressemble aux coupes du gouvernement Harper dans la science, selon lui. Jeudi dernier, à RDI économie toujours, le biologiste retraité du ministère de la Faune Pierre Dumont allait dans le même sens, affirmant qu’une expertise scientifique coupée peut prendre de 50 à 100 ans à reconstruire.

C’est vrai qu’il est sain d’assurer l’efficacité d’un ministère. Et, dans un cadre de rigueur budgétaire, il n’est pas étonnant que des demandes de compressions soient faites également au ministère de la Faune.

Est-ce raisonnable de procéder ainsi? Est-il approprié d’appliquer la règle du déficit zéro à tous les ministères? Une approche comptable est-elle pertinente quand il est question de recherche scientifique, si essentielle à la compréhension de notre monde?

On ne peut pas baser une stratégie sur des variations à court terme. Mais on ne peut pas ignorer les effets de la chute des prix du pétrole sur un projet comme celui de TransCanada, qui veut construire l’oléoduc Énergie Est entre l’Alberta et l’Est du Canada. Les cours du pétrole ont chuté de plus de 50 % depuis six mois et on ne sait pas combien de temps va durer cette chute et jusqu’à quand les prix vont demeurer à de faibles niveaux, comme c’est le cas actuellement.

La plupart des analystes sont d’avis que cette situation est temporaire, mais qu’elle pourrait durer tout de même plusieurs mois, peut-être quelques années. Il faudra du temps pour que la production ralentisse véritablement aux États-Unis et que l’offre corresponde mieux à la demande mondiale en pétrole.

petorrrelkeLes pétrolières canadiennes ont besoin d’un prix d’au moins 60 $ le baril pour rentabiliser les projets des sables bitumineux. Ce n’est plus le cas, depuis plusieurs mois déjà. Dans les circonstances, de nombreuses pétrolières réduisent leurs investissements, suppriment des emplois, reportent à plus tard des projets.

Reporter le projet Énergie Est?

On peut se demander si TransCanada n’est pas en train de reconsidérer son investissement dans Énergie Est à la lumière des derniers événements dans le marché. La révision de son projet de terminal pétrolier à Cacouna, officiellement pour protéger les milieux marins, coïncide avec l’effondrement du marché. En même temps, ce projet d’oléoduc est structurant, à long terme, pour l’entreprise. Honnêtement, il serait très étonnant que TransCanada recule. Disons que le contexte actuel n’est pas très porteur pour la pétrolière, qui doit étudier de près toutes ses options.

Fini, l’avantage du prix…

Par ailleurs, vu du Québec et du strict point de vue économique, quel est l’intérêt de favoriser le projet Énergie Est? Est-ce que les arguments qui poussent le gouvernement Couillard à favoriser ce projet tiennent encore? L’argument économique principal pour dire oui à ce projet a toujours été de dire que d’acheter notre pétrole du Canada va coûter moins cher que de l’importer.

Ce n’est plus vrai. L’écart de prix entre Londres et New York, qui existait il y a deux ans, a disparu. Les prix sont maintenant égaux entre les deux marchés, à 48 $US. Le Québec importe son pétrole d’Algérie, de la mer du Nord notamment, dont les prix sont alignés sur le Brent londonien. Le Québec a payé cher ce pétrole dans les dernières années en raison des troubles géopolitiques qui gonflaient le prix international, mais l’écart défavorable s’est estompé.

L’impact du dollar canadien

Si l’Alberta pouvait nous envoyer du pétrole, il coûterait aujourd’hui le même prix que celui qu’on paie en Algérie. La chute du dollar canadien rend tout de même un peu plus cher l’achat du pétrole étranger, mais la chute des cours est telle que la facture d’acquisition est tout de même en baisse. Il faut s’attendre également, avec une remontée progressive des cours du pétrole, à une remontée également du dollar canadien.

Par ailleurs, nous savons que le passage de l’oléoduc sur le territoire du Québec ne permettra pas au gouvernement ni aux municipalités de tirer des redevances particulières.

Je ne dis pas qu’il faut faire ou ne pas faire ce projet. Il y a beaucoup de choses à soupeser sur les plans environnemental, social et économique. Il est important de mettre fin immédiatement à un argument qui n’a jamais vraiment tenu la route pour favoriser ce projet : celui du prix. En ouvrant un débouché dans l’Est pour le pétrole de l’Ouest, le prix canadien va rejoindre le prix international, un prix aujourd’hui équivalent au prix américain.

La fin du gaz de schiste?

Mercredi 17 décembre 2014 à 12 h 13 | | Pour me joindre

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En février 2011, un premier rapport du BAPE sur les gaz de schiste concluait qu’il n’y avait pas assez de connaissances scientifiques pour déterminer quels étaient les risques associés à l’exploitation du gaz de schiste. Afin d’obtenir une plus grande acceptabilité sociale, le rapport suggérait au gouvernement de se servir des Conférences régionales des élus (CRE) pour mettre en place un comité de concertation. Le gouvernement Couillard est en train, en ce moment, d’abolir cet outil.

En janvier 2014, le Comité de l’évaluation environnementale stratégique sur le gaz de schiste a déposé son rapport d’évaluation sur cette filière. Le Comité a fait le constat que plusieurs questions demeuraient toujours sans réponse, notamment sur « la santé des personnes, leur sécurité ainsi que leur qualité de vie […] La filière du gaz de schiste est sujette à un manque d’acceptabilité sociale.

Sur le plan de l’environnement, on appréhende plusieurs impacts environnementaux, dont au premier chef la contamination de l’eau et des sols, un bilan négatif de GES ainsi que les fuites de gaz liés à l’utilisation de la technique de fracturation. Du côté économique, le prix très bas du gaz naturel sur les marchés nord-américains compromet la pertinence économique du développement de la filière du gaz de schiste et la possibilité de procéder à une redistribution juste et équitable de la plus-value tirée de l’exploitation ».

Et, voilà que le 15 décembre 2014, un autre rapport du BAPE arrive à la conclusion qu’il ne serait pas approprié d’exploiter le gaz de schiste au Québec. Le BAPE affirme que « l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste dans les basses-terres du Saint-Laurent pourraient générer des impacts majeurs sur les communautés d’accueil : détérioration de la qualité de l’air, augmentation du bruit, de la circulation routière et de la pollution lumineuse, diminution de la valeur des propriétés situées à proximité des plateformes de forage, impacts sur les paysages, risques d’accidents technologiques, impacts sociaux et impacts sur la santé.

Les activités de l’industrie pourraient également entraîner des conséquences sur la qualité de l’environnement, en particulier sur la qualité des eaux de surface et des eaux souterraines, sur les aires protégées et les milieux humides, et entraîner la fragmentation des milieux forestiers. Les émissions de gaz à effet de serre associées aux activités de l’industrie pourraient contribuer aux changements climatiques. Finalement, la présence des activités d’exploration pourrait entraîner des effets négatifs sur certains secteurs économiques des régions d’accueil, tels que les secteurs agricole, touristique et agrotouristique ».

Expertise rare, riche et fouillée

Trois rapports arrivent à une conclusion fondamentale : l’exploitation du gaz de schiste est risquée, les retombées économiques sont peu probables et l’acceptabilité sociale n’est pas au rendez-vous. Au même moment, le Nouveau-Brunswick et l’État de New York évaluent la possibilité d’imposer un moratoire sur le développement de cette filière. Et le premier ministre du Québec Philippe Couillard semble avoir fait son lit à la lecture des 3 rapports et a décidé de fermer le dossier mardi soir en entrevue au Téléjournal.

Malgré cela, les chambres des commerces et les représentants patronaux demandent au premier ministre de poursuivre son analyse « dans une vision globale de création de richesse et de croissance de l’économie québécoise. » À leur avis, « le BAPE n’a pas l’expertise requise pour se prononcer sur ces questions » faisant abstraction des deux autres rapports publiés en 2011 et début 2014. Ces rapports ont été écrits par des gens provenant des secteurs de l’environnement, de l’énergie, de l’ingénierie, de la comptabilité, du milieu universitaire, de certains ministères du gouvernement, du monde municipal et j’en passe.

L’accusation des chambres de commerce et des associations patronales est insultante pour ces experts, elle est courte et simpliste. Il est rare de pouvoir compter sur une littérature aussi riche et fouillée sur un enjeu. La contribution des experts québécois à la compréhension des apports bénéfiques et des risques associés au gaz de schiste est exceptionnelle. On doit s’en réjouir.

Pétrole : gagnants et perdants

Lundi 1 décembre 2014 à 13 h 58 | | Pour me joindre

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L’effondrement des prix du pétrole a pris un peu tout le monde par surprise. Depuis le mois de juin, le constat est clair : la production augmente plus rapidement que la demande. Les États-Unis produisent de plus en plus de pétrole de schiste, les conflits géopolitiques ne ralentissent pas l’offre de pétrole et l’Arabie saoudite offre son pétrole au rabais pour maintenir ses parts de marché.

Le baril, qui était à 115 $ en juin, est à moins de 70 $ aujourd’hui. Et le président du conseil d’administration de Canadian Natural Resources, Murray Edwards, craint une chute jusqu’à 30 ou 40 $. Il rappelle que le prix du pétrole est tombé à 35 $ en 2008 durant la dernière récession. L’industrie est dans une impasse : l’OPEP refuse de réduire sa production dans le but de pousser les Américains à ralentir leur développement pétrolier.

Jusqu’où l’effondrement va-t-il se poursuivre? Et pendant combien de temps encore?

La péréquation 

D’abord, vous êtes nombreux à me demander si la chute du pétrole va venir réduire les paiements de péréquation pour le Québec. Il faut comprendre qu’il n’y a pas de lien direct entre les revenus de l’Alberta et les programmes du Québec. La péréquation est un programme fédéral qui prend sa source dans le fonds consolidé qui, lui, est nourri de nos impôts et nos taxes. La péréquation s’établit en fonction de la capacité fiscale des 10 provinces, c’est-à-dire la possibilité pour une province de toucher des revenus. L’Alberta est bien sûr la province qui détient la capacité fiscale la plus importante. Si sa capacité baisse, la moyenne des 10 provinces va baisser. Ainsi, les paiements de péréquation aux 6 provinces bénéficiaires pourraient être réduits. Mais, si en même temps, la capacité fiscale de l’Ontario augmente, la moyenne canadienne pourrait peut-être demeurer au même niveau.

Ainsi, les paiements de péréquation versés à une province comme le Québec dépendent de sa propre capacité fiscale et de la moyenne canadienne. Les deux peuvent bouger et c’est pour cette raison qu’il est impossible de prévoir une hausse ou une baisse de la péréquation à la suite de la chute du pétrole.

 

Les gagnants 

  1. Les consommateurs : Le prix de l’essence est en baisse. Il est passé d’une moyenne de 144,6 ¢ le litre d’ordinaire fin avril au Québec à une moyenne de 120,8 ¢ fin novembre. C’est une baisse de 16 %. Le recul est moins important que la baisse de plus de 35 % du prix du pétrole, en raison de la baisse du dollar canadien, qui rend le coût du pétrole importé plus cher, des marges de raffinage qui ont augmenté et du coût fixe de plusieurs taxes gouvernementales.
  2. Le secteur manufacturier et les industries consommatrices de pétrole : La baisse des prix de l’énergie, jumelée à la baisse du dollar canadien, donne une marge de manœuvre à plusieurs entreprises du secteur de la fabrication et pour celles aussi qui misent sur l’exportation de leurs produits. Desjardins affirmait dans une étude récente qu’en plus du secteur manufacturier, les industries minières devraient en profiter, tout comme l’agriculture et la forêt. Sur la scène internationale, les compagnies aériennes vont bénéficier largement de la chute du prix du carburant.
  3. Les banques centrales : D’un coup, une certaine marge de manœuvre se dégage pour les banques centrales qui doivent contrôler l’inflation. L’injection massive d’argent dans l’économie depuis 2008 fait craindre une poussée d’inflation. La chute du pétrole et de l’essence pourrait permettre aux banques centrales de souffler et de maintenir les taux d’intérêt à de faibles niveaux pour une plus longue durée.

Les perdants

  1. Les banques centrales : Par contre, le niveau d’inflation est déjà très bas en Europe, aux États-Unis et au Japon. La chute des prix énergétiques pourrait amener l’inflation à 0 ou mener carrément à la déflation.
  2. Les producteurs de pétrole : Les entreprises qui font de l’extraction de pétrole sont nécessairement les grandes perdantes de la chute du prix, particulièrement celles qui misent sur le développement de projets difficiles, coûteux, polluants et dangereux. On pense au pétrole de schiste, au pétrole des sables bitumineux et aux projets en mer. En retour, les projets qui sont jugés porteurs à long terme, comme les oléoducs, ne seront probablement pas suspendus ou abandonnés dans la foulée de la chute récente des cours.
  3. Les gouvernements de pays producteurs : Les rentrées d’impôts et les redevances versées aux gouvernements de pays producteurs de pétrole vont baisser de façon importante. Le Canada évaluait récemment la perte financière à 2,5 milliards de dollars annuellement. Les cours du pétrole ont poursuivi leur chute depuis cette évaluation faite au début du mois de novembre. Terre-Neuve-et-Labrador, dont le tiers des revenus est lié au pétrole, a annoncé un gel de dépenses et d’embauches. L’Alberta a revu à la baisse sa prévision de surplus pour 2014-2015. L’Alberta s’appuie maintenant sur une projection de prix de 65 à 75 $US le baril. Ailleurs dans le monde, les pays où le coût de production est élevé expriment de fortes inquiétudes. C’est le cas du Venezuela notamment.
  4. L’environnement : Les statistiques nous font déjà voir un accroissement des ventes de camions, camionnettes et VUS avec la croissance économique qui est plus forte aux États-Unis et les prix de l’essence qui baissent.  Le signal des prix énergétiques élevés, qui aident à réduire les émissions de gaz à effet de serre, est en train de disparaître.

Plusieurs analystes affirment que la clé se trouve entre les mains des Américains. Comme l’illustre ce graphique préparé par Wood Mackenzie, la grande majorité des projets de pétrole de schiste coûte aujourd’hui plus cher que le prix actuel de marché du pétrole.

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Sources : New York Times, The National Post, AFP, Wood Mackenzie.

Deux tableaux.

Le premier illustre la marge de manœuvre exceptionnelle du gouvernement fédéral. Dire que la marge s’est amincie parce qu’Ottawa a révisé à la baisse sa prévision de surplus en 2015-2016, c’est faire fi des choix politiques qui sont faits par le gouvernement Harper. En baissant les impôts, Ottawa décide de se priver de 3 à 5 milliards de dollars de revenus par année. En excluant la baisse d’impôts annoncée pour les familles et les entreprises, et en excluant la réserve de 3 milliards de dollars inscrite au budget, le gouvernement fédéral est déjà en surplus et les excédents vont grandir encore dans les années à venir.

Pour mieux comprendre comment cette marge de manoeuvre s’est créée, grâce notamment aux compressions budgétaires engagées depuis 2012, voir mon billet précédent.

Le deuxième tableau illustre la situation budgétaire du Québec si le gouvernement cessait de verser une somme annuelle dans le Fonds des générations. Ce fonds a été constitué pour mettre des sommes de côté pour réduire la dette à long terme. C’est une forme d’équité intergénérationnelle. Cela dit, il a déjà été question de cesser de financer ce fonds afin de réduire immédiatement le déficit et éventuellement la dette. C’est un choix politique qui pourrait être fait. Si le gouvernement Couillard décidait de ne plus déposer d’argent dans le Fonds des générations, il serait pratiquement à l’équilibre budgétaire.

Le gouvernement du Québec a demandé à la commission Godbout de trouver 650 millions de dollars d’économies pour l’exercice 2015-2016 (prochain budget!). On comprend bien que la commission aurait pu être libérée de cette mission à court terme si le gouvernement avait décidé d’annuler ou de réduire les versements au Fonds des générations.

Certains considèrent que le gouvernement conservateur a volontairement réduit sa marge de manœuvre pour procéder à des compressions budgétaires qui relèvent davantage de l’idéologie que de la nécessité économique. En baissant les impôts des entreprises et la TPS, le gouvernement a réduit de plusieurs milliards de dollars ses recettes financières. Quand la récession a frappé, le parti au pouvoir n’avait plus de marge de manœuvre, a dû injecter des dizaines de milliards de dollars dans l’économie pour plonger le pays dans le déficit le plus important de son histoire en 2009.

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En même temps, le premier ministre Harper et le ministre des Finances Jim Flaherty, décédé en avril dernier, ont tissé patiemment la toile qui nous ramène aujourd’hui à l’équilibre budgétaire et à l’annonce de cadeaux fiscaux à quelques mois d’élections fédérales.

La parenthèse keynésienne de Stephen Harper – celle d’injecter un tas d’argent dans la stimulation de l’économie – a été intense, mais courte. Elle a rapidement fait place à un retour de la vision Harper de l’économie et des finances publiques : un contrôle serré des dépenses, des investissements déterminés au cas par cas et très orientés, un soutien indéfectible au secteur pétrolier, une réduction continue de l’encadrement environnemental et des réductions majeures dans les ministères et les sociétés d’État.

En ce sens, le budget le plus important a été déposé le 29 mars 2012. C’est dans ce budget que le gouvernement a annoncé un imposant plan de réduction des dépenses publiques sur trois ans.

Or, le point ultime de cet effort arrive en ce moment même. L’État est en train de terminer son programme de coupes budgétaires. L’exercice 2014-2015 est celui où les économies récurrentes atteignent la cible envisagée au printemps 2012, soit de 5,2 milliards de dollars.

Ainsi, pendant qu’on coupe, la croissance de l’économie se poursuit, modestement, mais de façon continue. La hausse du PIB dépasse en ce moment les 2 % en moyenne annualisée au Canada. Dans la dernière revue financière, le gouvernement Harper rapporte pour les cinq premiers mois de l’exercice 2014-2015 des chiffres qui expriment clairement l’avantageuse situation financière du pays :

Revenus : 108,2 milliards de dollars +4,2 %

  • impôts des particuliers : +4,3 %
  • impôts des entreprises : +7,7 %
  • TPS : +4,5 %

Dépenses : 109,4 milliards de dollars -1 %

  • Agriculture, agroalimentaire : -43 %
  • Affaires étrangères : -25 %
  • Sociétés d’État : -16 %
  • Emploi et développement social : -11 %

Dans un contexte économique incertain, les revenus montent de plus de 4 %, alors que les dépenses sont en baisse de 1 %. Ça s’appelle de l’austérité. Peut-on en convenir? On n’en parle pas parce que le pouvoir fédéral est moins proche du citoyen dans les services que le gouvernement d’une province. Il n’en demeure pas moins que le gouvernement Harper coupe dans ses dépenses, tandis que ses revenus bondissent.

Il y a des risques qui sont réels : les Canadiens sont endettés et il y a des bulles immobilières potentielles. Et il y a la chute des cours du pétrole qui pourrait sérieusement réduire les recettes du gouvernement fédéral.

En attendant, on peut apprécier ou dénoncer le plan de match budgétaire du gouvernement conservateur. Mais il y a une chose qui est réelle et indéniable : le plan de Stephen Harper est diablement efficace.