Billets classés sous la catégorie « Éducation »

editions.lapresse.camediafiler_public20150219communique_finvachessacrees_v2.pdf - Google Chrome« Les Québécois souhaitent naturellement voir leurs revenus croître, et cela est légitime. Par contre, dès qu’une personne réussit, elle devient souvent l’objet de méfiance et de jalousie. On veut bien que les entreprises réussissent et créent des emplois, mais en même temps, on entretient des préjugés envers leurs propriétaires ou leurs dirigeants. Ces préjugés bien enracinés s’expliquent pour une bonne part par la méconnaissance du fonctionnement de l’économie. Combien de fois ai-je constaté que des personnes, pourtant intelligentes, sont convaincues que si une entreprise fait un gain, ou « fait de l’argent » en langage populaire, quelqu’un d’autre subit une perte. Comme s’il s’agissait de vases communicants et qu’automatiquement quelqu’un doit être lésé. »

- Claude Castonguay, La fin des vaches sacrées

Claude Castonguay aura 86 ans dans un peu plus de deux mois. L’ex-ministre demeure actif, réfléchit aux enjeux sociaux, politiques, économiques du Québec, des régimes de retraite aux réformes en santé en passant par la création de la richesse et les inégalités sociales.

Il publie aujourd’hui un nouvel ouvrage : La fin des vaches sacrées, réflexions sur l’avenir du Québec aux Éditions La Presse. Il revient avec ses propositions en matière de santé et réaffirme la nécessité, selon lui, d’adopter une forme de REER obligatoire pour améliorer la protection des aînés à la retraite.

Mais, il va plus loin, il ratisse plus large.

Culture de dépendance

Il invite les Québécois à appuyer sur l’accélérateur du changement afin de se libérer d’une forme de « culture de dépendance » envers l’État qui subsiste, selon lui, depuis trop longtemps. « Collectivement, nous nous sommes habitués à un certain confort, écrit-il. Si nous voulons développer notre plein potentiel, le succès doit être valorisé. L’époque où seuls les pauvres allaient au ciel est chose du passé. Quand allons-nous enfin tourner la page? »

Il demande, en fait, à tout le monde de faire un effort. Il invite le gouvernement Couillard à faire appel à la concertation, comme les Scandinaves savent le faire. Et il est d’avis aussi que les syndicats doivent mettre de l’eau dans leur vin. Selon lui, « les syndicats sont les plus dogmatiques. Ils ont convaincu une bonne partie de la population qu’ils sont les défenseurs de l’intérêt public contre les méchants néolibéraux et les employeurs en qui on ne peut avoir confiance. […] Nous sommes devenus une société corporatiste tellement structurée que le gouvernement ne peut agir sans provoquer des levées de boucliers, au besoin, des manifestations dans la rue ».

Climat généralisé de morosité

Claude Castonguay nous dit qu’il y a en ce moment au Québec, « un climat généralisé de morosité, d’incertitude et de cynisme […] Heureusement, dit-il, une majorité de Québécois ressentent un profond besoin de changement même s’il existe des divergences quant aux orientations à prendre et aux mesures qui s’imposent ». Comme à la fin des années 50 quand sont apparus les premiers pas de la Révolution tranquille.

Cela dit, tout au long de la lecture, on constate plus d’inquiétude que d’espoir chez Claude Castonguay. « Il faut être conscient que nous présentons une image d’instabilité, affirme l’ex-ministre, et, à l’occasion, d’hostilité à l’endroit des milieux d’affaires et des investisseurs. La tenue possible d’un troisième référendum, les manifestations violentes du printemps érable, le saccage de la salle du conseil municipal de Montréal en présence de policiers passifs et le désastreux projet de charte des valeurs sont autant d’événements qui donnent l’image d’un climat social en effervescence et d’un milieu hautement instable. »

Claude Castonguay écrit aussi que nous consommons trop et que les écarts de richesse sont une plaie qui ne fait que grandir : « Le monde n’a jamais été aussi riche, mais également jamais aussi peu solidaire. »

Le ministre qui s’inspire de l’URSS

En plus de se surprendre de voir le gouvernement Couillard favoriser « l’austérité et la ligne dure », Claude Castonguay s’en prend également à Gaétan Barrette, le ministre de la Santé du Québec qui, « avec son style particulier », a proposé des projets de loi qui « s’inspirent des régimes de pays comme la Chine et l’URSS. Ils procèdent d’une pensée autoritaire hiérarchique, une orientation vouée à l’échec ».

En retour, il exprime un avis favorable à l’enjeu qui a été évoqué récemment par le ministre de l’Énergie, Pierre Arcand, celui d’augmenter les tarifs d’électricité. « Si les tarifs étaient les mêmes qu’en Ontario, affirme Claude Castonguay, on a calculé qu’il en résulterait des revenus additionnels pour le gouvernement de l’ordre de trois à quatre milliards de dollars. L’ensemble des Québécois bénéficierait de ces revenus additionnels. »

Nuages à Ottawa, soleil à Québec!

Vendredi 30 janvier 2015 à 15 h 02 | | Pour me joindre

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Le gouvernement Couillard peut dire merci à la bonne Providence! La péréquation augmente, les taux d’intérêt baissent, le prix de l’essence recule, le dollar canadien dégringole, la croissance américaine est solide.

Au final, les finances publiques du Québec en profitent. Les revenus augmentent. Pour les sept premiers mois de l’année, les revenus des impôts des particuliers ont augmenté de 3,3 %, les revenus des taxes à la consommation ont monté de 3,4 % et ceux provenant des impôts des sociétés ont bondi de 10,6 %.

Résultat : le gouvernement affiche, avant les versements au Fonds des générations, un surplus de 227 millions de dollars pour les sept premiers mois de son exercice 2014-2015, comparativement à un déficit de 860 millions de dollars au cours de la même période en 2013-2014. Il faut dire que les mesures d’austérité appliquées à Québec contribuent également à ce surplus. La hausse des dépenses de programmes a été contenue à 1,3 % seulement avec des hausses de dépenses de seulement 2,4 % en santé et services sociaux et 1,3 % en éducation et culture. Ces deux missions gouvernementales représentent 75 % des dépenses de programmes.

soleilAu rythme où vont les choses, Québec pourrait afficher un déficit moins important que ce qui est prévu cette année à un peu plus de 1 milliard de dollars. Les coûts d’intérêt ont baissé de 150 millions au cours des sept premiers mois de l’année ,même si l’endettement du Québec a augmenté.

Et les revenus de taxation grimpent plus rapidement qu’attendu. L’occasion économique qui se présente au Québec, avec la chute du dollar, du pétrole et des taux d’intérêt, pourrait générer des revenus encore plus élevés d’ici la fin de l’exercice.

Honnêtement, malgré les inquiétudes maintes fois répétées sur les finances du Québec, sur un budget de 100 milliards de dollars, le Québec est pratiquement à l’équilibre budgétaire. Et je pense que c’est important d’appuyer encore sur le fait que la conjoncture économique favorise le Québec, une occasion que le gouvernement Couillard pourrait saisir en misant sur des mesures d’accélération économique : investissements, exportations, création d’emplois.

Politique d’austérité à Ottawa

Pendant ce temps, à Ottawa, la marge de manœuvre du gouvernement fédéral rétrécit. Comme on l’a clairement constaté en 2008, le gouvernement Harper s’automutile en réduisant sa capacité de réaction à coup de baisse de taxes et d’impôts. Aujourd’hui, après avoir promis longtemps que l’équilibre budgétaire arriverait en 2015, le gouvernement doit trouver des solutions pour respecter son engagement.

Avec la réduction des impôts offerte à 4 millions de ménages en novembre dernier, le gouvernement fédéral sera obligé de piger dans sa réserve de 3 milliards de dollars pour combler une partie du manque à gagner pétrolier et arriver au déficit zéro en 2015-2016.

nuagesL’économie a ralenti en novembre, baisse de 0,2 % du PIB. Et le déficit pour les huit premiers mois de l’exercice 2014-2015 est à 3,3 milliards de dollars. Cela dit, les revenus augmentent toujours, les coûts d’intérêt sont en baisse, alors que les dépenses du gouvernement baissent. La politique d’austérité mise en œuvre il y a trois ans n’est pas terminée : les dépenses de programmes sont en baisse de 2 % depuis le début de l’exercice.

Les rôles sont inversés : les nuages s’amoncellent à Ottawa, tandis que le soleil commence à briller au Québec. Et il n’y a pas un météorologue qui l’avait prévu!

Dangereuses inégalités

Lundi 19 janvier 2015 à 19 h 15 | | Pour me joindre

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L’un des endroits dans le monde occidental où les inégalités  sont les plus faibles, c’est au Québec. L’explication est assez simple : le Québec s’est bâti un tissu social étendu pour réduire la souffrance, l’exclusion et améliorer le sort du plus grand nombre de ses citoyens. Ça s’est fait par une intervention massive de l’État dans l’économie et des impôts élevés. On aime ou on n’aime pas ce modèle, mais il est factuel de dire qu’il a contribué à maintenir un niveau d’inégalités parmi les plus bas d’Occident.

Ce modèle n’est pas celui des États-Unis, du Royaume-Uni et d’une bonne partie des pays de l’OCDE. Et c’est ce qui explique pourquoi les inégalités de richesse ne cessent de croître. Oxfam calcule, dans une étude publiée aujourd’hui, que les 1 % les mieux nantis détiendront une plus grande part de la richesse mondiale que le reste de la population mondiale en 2016. Et un total de 80 individus détiendront plus de richesse que la moitié de la population planétaire, soit 3,5 milliards de personnes, les 50 % les moins riches.

Tendance dangereuse

Ce constat ne vous surprendra probablement pas. Mais je pense que ce qu’on apprend aujourd’hui est encore plus important que ce qui nous est généralement révélé. Le graphique qui suit, regardez-le un instant. Il exprime une tendance dangereuse qui vient ajouter aux inquiétudes et aux conséquences néfastes provoquées par la montée des inégalités.

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Vous voyez que de 2000 à 2010, la richesse des 50 % les moins nantis a progressé, sauf durant la période de la crise financière. La croissance de la richesse des 50 % les moins nantis a suivi la tendance des 80 personnes les plus riches de la planète. Ainsi, la richesse des 50 % les moins nantis est passée d’environ 600 milliards de dollars en 2002 à 2500 milliards de dollars en 2010. Au même moment, la richesse des 80 personnes les mieux nanties de la planète a progressé également, avec une pause en 2008, pour atteindre 1500 milliards en 2010.

Mais, depuis 2010, les courbes se déchaînent : la richesse des 50 % les moins nantis chute, alors que celle des 80 personnes les plus riches grandit. En 2014, les 50 % les moins riches possédaient moins que les 80 individus les mieux nantis. Ainsi, la théorie entretenue par ceux qui croient au ruissellement de la richesse, fortement contestée, ne tient pas : les riches qui s’enrichissent n’améliorent pas le sort de ceux qui sont moins choyés. Ce graphique montre un effet contraire : une baisse de richesse pour les 50 % les moins riches, alors que les 80 individus les mieux nantis profitent pleinement de la reprise des marchés financiers depuis 2009.

La croisée des chemins

Ce graphique, qui extrapole une projection pour les prochaines années, illustre une même tendance. La part de la richesse mondiale qui revient aux 1 % les mieux nantis grandit, alors que la part qui sera détenue par les 99 % de la population va décroître.

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La grande explication repose dans le fait que les marchés ont bondi depuis 2009 après la crise financière. D’ailleurs, la seule façon qu’on a trouvé de réduire les inégalités, mis à part les impôts élevés des années 40, ce sont les crises financières qui sont venues gruger la valeur des richesses des mieux nantis. C’est ce qui s’est passé en 2008. En période de croissance toutefois, les riches s’enrichissent très rapidement parce que ce sont eux qui ont accès aux marchés et qui détiennent une bonne part des actifs mondiaux.

Les marchés financiers créent de la richesse pour les plus riches. Ce sont des politiques d’éducation et de santé publiques qui vont aider les plus pauvres de notre société. Les marchés financiers ont un apport plus que modeste pour les moins bien nantis.

L’impact des inégalités est multiple et il a été démontré, expliqué des centaines de fois par quantité d’économistes réputés, à commencer par Thomas Piketty et Joseph Stiglitz. L’une des conséquences les plus inquiétantes, et c’est l’OCDE qui l’a récemment expliqué, ce sont les troubles sociaux qu’engendrent les écarts de richesse. Le manque d’accès à l’éducation, le rejet social, une faible qualité de vie sont des contributeurs importants à la criminalité, la violence et certainement au terrorisme.

Des réserves

Cette analyse n’est pas partagée par tous les économistes. L’Institut économique de Montréal (IEDM) a publié plusieurs textes pour réfuter les conclusions de rapports portant sur les inégalités. En 2012, l’économiste Yanick Labrie écrivait qu’on devrait s’intéresser davantage aux mesures de consommation que de revenus, plus révélatrices selon lui, de l’état de santé économique des ménages. En regard de la consommation, les écarts sont moins grands selon l’IEDM.

En débat à RDI économie, Vincent Geloso, également économiste associé à l’IEDM, a émis des réserves sur la validité des données utilisées par Oxfam, affirmant que ces informations sous-estimaient la richesse réelle des plus pauvres de la planète.

Éducation d’abord

Améliorer le sort des moins nantis, c’est miser sur l’éducation et la santé certainement. Mais plusieurs économistes sont d’avis que le moyen le plus simple de réduire les écarts de richesse, c’est de taxer les riches, taxer les entreprises, taxer le capital. Il semble bien que le président Obama veuille aller vers cette option. Il annoncerait dans son discours sur l’état de l’Union mardi soir qu’il faut augmenter les impôts des plus riches pour réduire l’impôt de la classe moyenne.

Qu’en pensez-vous?

Péréquation : un café par 2 semaines

Lundi 15 décembre 2014 à 14 h 52 | | Pour me joindre

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Il est populaire de tout mesurer en cafés ces jours-ci! La hausse des tarifs de garderie, la hausse du prix de l’essence, combien de cafés?

Alors, permettez-moi d’utiliser la même unité de mesure : la hausse des transferts fédéraux versés au Québec en 2015-2016 équivaut à un café par deux semaines! Oui, oui, un petit café deux sucres un lait par deux semaines. La réalité, c’est que les transferts fédéraux vont passer de 2390 $ par habitant en 2014-2015 à 2461 $ en 2015-2016. Hausse de 71 $ par habitant. Un café par deux semaines.

Explications

Les ministres des Finances des provinces et le ministre fédéral des Finances, Joe Oliver, se rencontrent à Ottawa, comme chaque année, pour faire le point sur les enjeux économiques et financiers importants du pays. La gestion des déficits est à l’ordre du jour, tout comme la chute des prix du pétrole.

Le ministre Oliver a aussi confirmé ce qui était déjà confirmé : les transferts aux provinces atteindront 67,9 milliards en 2015-2016. Comme si cet argent n’appartenait pas déjà aux Canadiens (ce sont nos impôts faut-il le rappeler), le ministre a choisi des formules qui nous laissent presque croire que le gouvernement Harper nous fait un cadeau de Noël.

Appréciez les mots choisis par le ministre Oliver dans son communiqué :

« Le gouvernement Harper fournit un soutien sans précédent aux provinces et aux territoires. »

« Grâce à ces transferts, le gouvernement fédéral donne aux provinces et aux territoires la capacité de fournir des services publics de grande qualité. »

« Je suis fier que le gouvernement ait haussé les transferts à des niveaux sans précédent. »

D’abord, ce n’est pas le gouvernement fédéral qui hausse les transferts. Ces sommes évoluent en fonction des ententes conclues sur la péréquation et les transferts fédéraux en santé et en éducation. Ces sommes sont indexées et sont prévues sur plusieurs années. La croissance économique et la croissance de la population justifient une hausse des transferts aux provinces. En principe, des records de transferts seront établis année après année, à moins que de nouvelles ententes soient conclues entre les provinces et le fédéral.

Deuxièmement, la péréquation est payée à même nos impôts fédéraux. Ce n’est pas les impôts albertains qui paient les programmes sociaux du Québec ou les investissements publics de l’Ontario. Ce sont les impôts des Canadiens payés au gouvernement fédéral.

Troisièmement, la péréquation est calculée PAR HABITANT, en fonction de la capacité fiscale de chaque province. Une moyenne des provinces est établie pour calculer la capacité fiscale. Les provinces sous cette moyenne ont une capacité à obtenir des revenus moins grande, alors que les provinces au-dessus de la moyenne ont une capacité fiscale plus élevée. Qui sont-elles? L’Alberta, la Saskatchewan, Terre-Neuve-et-Labrador et la Colombie-Britannique, des provinces qui bénéficient largement des revenus des ressources naturelles.

Advenant une chute prolongée des cours du pétrole, la capacité fiscale de ces provinces va probablement baisser, ce qui fera baisser la moyenne canadienne. Si la capacité de revenus des provinces bénéficiaires ne bouge pas, les transferts vont baisser. Cependant, si la baisse de l’essence génère une croissance économique plus forte en Ontario et au Québec, la capacité fiscale de ces deux provinces va augmenter, mais la capacité moyenne du Canada va aussi monter.

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Dernier point : j’ai entendu ce matin que la péréquation avait doublé au Québec depuis l’arrivée des conservateurs au pouvoir. C’est vrai, grâce à une hausse de 98 %. Les transferts totaux ont grimpé de 70 %. Et si on calcule par habitant, comme il est approprié de le faire pour avoir une plus juste mesure de la réalité, la hausse des transferts fédéraux a été de 55 % depuis 2005.

Voici la hausse en pourcentage des transferts fédéraux par habitant dans les provinces canadiennes depuis 10 ans :

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Consommez-vous trop?

Lundi 8 décembre 2014 à 13 h 02 | | Pour me joindre

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La question se pose. En fait, la question est cruciale. Nous vivons dans une société de consommation, de surconsommation, une société endettée, mais riche en même temps. Notre économie s’appuie, en très grande partie, sur la consommation. Si on réduit notre consommation, l’économie ralentit et le chômage augmente. Si on l’augmente, l’économie roule plus vite, il se crée de la richesse et des emplois. Mais l’endettement augmente aussi,  notre environnement est sacrifié toujours un peu plus. Quel est donc le juste milieu?

Qu’est-ce qu’une consommation acceptable, une consommation qui permet à tout un chacun de profiter des richesses de notre société, qui permet à l’épicier de bien vivre et d’embaucher des travailleurs, qui permet à l’entrepreneur de trouver preneurs pour ses produits innovants, qui permet au fonctionnaire de garder son emploi parce que l’État s’enrichit et peut maintenir ses programmes?

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La question se pose, elle est cruciale. Elle est philosophique, elle ne trouve pas de réponse rapidement. On ne se « revire » pas sur un 10 cents quand il est question de notre niveau de vie! En attendant, je vous propose de trouver des réponses à certaines questions que vous vous posez peut-être à quelques jours de Noël.

Est-ce une bonne idée d’offrir une tablette électronique à un enfant de 5 ans?

Comment résister à la pression sociale qui vient parfois des amis et des parents des amis de vos enfants?

Peut-on faire les choses autrement, peut-on donner autrement? Du temps, un repas, un article confectionné par soi-même, un cadeau d’artisanat, un produit culturel local?

Et si vous en avez les moyens, sans être milliardaire (!), comment ne pas se ruiner si vous voyagez durant le temps des fêtes?

Est-ce un bon calcul d’aller magasiner aux États-Unis?

Et, parce que c’est toujours bien populaire de consulter le guide des jouets, quels sont les bons jouets et ceux qui sont à éviter?

Voilà quelques questions que nous allons aborder mardi soir à 18 h (HNE), notez bien l’heure, à l’occasion d’une édition spéciale de RDI économie sur les ondes d’ICI RDI. Nous aurons des reportages, des entrevues, des explications, des réactions. Nous aurons aussi besoin de vous. Joignez-vous à la discussion en répondant sur ce blogue ou sur facebook.com/rdieconomie aux  questions suivantes :

Que donnez-vous à Noël?

Combien dépensez-vous?

Avez-vous des trucs pour éviter de trop dépenser?

Garderies : combien allez-vous payer?

Vendredi 28 novembre 2014 à 18 h 05 | | Pour me joindre

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J’aime beaucoup fouiller dans les chiffres, me plonger dans les statistiques et les rapports pour tenter d’en ressortir avec une explication claire et limpide. Mais, dans le dossier des garderies, j’abdique. Désolé. La nouvelle tarification des garderies est trop complexe pour vous dire clairement ce que ça signifie pour les familles du Québec. Le nouveau système crée des milliers de possibilités et vous n’allez pas payer la même chose que votre voisin ou votre belle-soeur.

En fait, jusqu’au 1er avril prochain, vous savez combien vont vous coûter les services de garde de vos enfants. C’est 7,30 $ par jour ou c’est le montant prévu par la garderie non subventionnée avec laquelle vous faites affaire et qui vous donne droit au crédit d’impôt pour frais de garde.

Mais, dès le 1er avril, vous allez payer 7,30 $ par jour, mais vous devrez fournir un montant supplémentaire dans vos impôts. Combien? Ah, voilà la bonne question!

Il faut prendre en compte plusieurs choses :

  1. Votre tarif de garderie sera dorénavant modulé en fonction de votre revenu familial brut : vous faites un peu plus d’argent, vous payez un peu plus d’impôt et un peu plus cher le tarif quotidien de votre garderie;
  2. La prestation fiscale pour enfants du gouvernement fédéral dépend de votre revenu;
  3. La déduction fédérale pour frais de garde va s’appliquer sur le tarif total nous dit le gouvernement du Québec, mais un accord doit être négocié avec Ottawa;
  4. Si vous envoyez votre enfant dans une garderie non subventionnée, vous aurez droit au crédit d’impôt pour frais de garde qui va varier en fonction de votre revenu, mais attention, en haut de 35 $, le crédit n’est pas bonifié;
  5. Le nouveau système rend très avantageux pour plusieurs familles le passage à une garderie non subventionnée, particulièrement pour les familles à revenus faibles.

Alors, si vous faites 46 732 $ de revenus et que votre conjoint fait 52 347 $, vous affichez un revenu familial de 99 079 $. Votre tarif? 11,28 $ par jour par enfant ou 8,98 $ après les déductions et prestations du fédéral. Au privé, à 35 $ par jour, c’est 9,15 $ au final. À 34 $ par jour, c’est 8,50 $ toutefois. Mais, à 36 $ par jour, c’est 10,15 $.

Si vous faites 16 732 $ de revenus et que votre conjoint fait 82 347 $, vous affichez toujours un revenu familial de 99 079 $. Votre tarif? 11,33 $ par jour par enfant ou 9,63 $ après prestations et déductions. Au privé, à 35 $, c’est 10,93 $ par jour.

On continue?

Il y a plus simple. Allez sur le calculateur du gouvernement. Ce n’est pas seulement pratique, c’est essentiel pour être capable d’avoir une idée du nouveau coût des garderies : http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/Budget/outils/garde_francais.html

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L’effet des garderies et les femmes

Lundi 24 novembre 2014 à 13 h 07 | | Pour me joindre

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Ni le gouvernement Couillard ni la commission de révision des programmes dirigée par Lucienne Robillard n’ont analysé l’impact de la hausse et de la modulation des tarifs de garderie. Pourtant, ce programme, considéré comme étant une politique qui a favorisé la natalité et le travail des femmes depuis plus de 15 ans, va subir dans les prochains mois une réforme en profondeur.

Le gouvernement prévoit une hausse des impôts de 140 millions de dollars pour les parents du Québec. La commission Robillard propose de faire passer le tarif quotidien de 7,30 $ à 35 $ et de permettre à tous les parents d’utiliser le crédit d’impôt pour frais de garde.

Si l’impact de la politique n’est pas chiffré, son apport économique depuis plus de 15 ans semble faire consensus autour de la table de la commission de révision des programmes. Robert Gagné, Claude Montmarquette et les autres commissaires affirment que les garderies à 5 et 7 $ ont permis à des dizaines de milliers de femmes d’intégrer le marché du travail. Selon la commission Robillard, le programme des garderies à tarif réduit « a contribué directement à accroître la présence des femmes sur le marché du travail ». Directement, dit la commission!

Le président du Conseil du Trésor Martin Coiteux a probablement avalé son café de travers en prenant connaissance de cette position.

httpsrevisiondesprogrammes.gouv.qc.cafileadmindocumentsRAPPORT_PDF_version_finale.pdf - Google Chrome

Martin Coiteux fait partie des économistes qui ont catégoriquement réfuté les analyses, surtout celle d’avril 2012 écrite par Pierre Fortin, Luc Godbout et Suzie St-Cerny, qui faisaient un lien entre les garderies à tarif réduit et l’augmentation du taux d’activité des femmes.

Martin Coiteux écrivait le 18 avril 2012 dans La Presse que la méthodologie des auteurs était fautive et qu’il était impossible de prétendre que 70 000 femmes avaient eu accès au marché de l’emploi grâce au programme des garderies à faible coût. Je vous rappelle que Luc Godbout est le président de la commission sur la fiscalité, instaurée par le gouvernement Couillard.

L’économiste Pierre Fortin en a remis une couche vendredi en affirmant à RDI économie « qu’avec la Prestation universelle pour enfants qui vient d’augmenter au niveau fédéral, avec cette augmentation des frais qui sont à payer lorsque vous faites garder votre enfant au niveau provincial, que ça amène un certain nombre de femmes au retour à la maison ou qu’elles décident de ne pas aller sur le marché du travail. Et ça, c’est dangereux. Pourquoi? Parce que d’ici sept ans, leur mec va foutre le camp de la maison. Et si elles n’ont pas de travail, elles vont être prises à l’aide sociale ».

Selon Pierre Fortin, les garderies à tarif réduit ont aussi aidé à la réduction de 60 % des familles monoparentales dépendantes de l’aide sociale.

Cet aspect des choses n’est pas à négliger. Environ 70 % des conjointes ont des revenus moins élevés que les hommes. Un mariage sur deux finit en divorce. Et plus du tiers des couples vit en union libre.

L’atteinte de l’équilibre budgétaire est nécessaire, tout le monde est d’accord sur cet objectif. Mais à quel prix?

La hausse des tarifs de garderie est, dans les faits, une hausse d’impôt pour les parents qui ont des enfants dans les centres de la petite enfance. Québec annonce le maintien du tarif quotidien à 7,30 $, mais il va augmenter le coût des garderies selon le revenu familial dans les déclarations de revenu des parents. Cette hausse ressemble à la contribution santé.

Explications.

L’ensemble des contribuables paie des impôts pour financer les services publics, comme la santé et le réseau des garderies à tarif réduit. Plus vous gagnez de l’argent, plus vous payez des impôts. Et la contribution des citoyens à des services publics (santé, éducation, garderies, etc.), qu’ils n’utilisent pas nécessairement, dépend de leur revenu.

En complément de l’impôt payé, le gouvernement Charest a introduit en 2010 une contribution santé de 200 $ par personne. Le gouvernement Marois a modifié la contribution santé pour la moduler en fonction du revenu de tous les Québécois, de 0 à 1000 $.

Aujourd’hui, on fait la même chose avec les coûts de garderies, en allant un peu plus loin encore, en demandant spécifiquement aux parents de payer ce qu’on pourrait appeler une nouvelle « contribution garderie » qui viendra s’ajouter aux tarifs quotidiens et à l’impôt payé. Le tarif au jour le jour demeure à 7,30 $, mais, au moment de préparer la déclaration de revenus, les parents devront payer une contribution supplémentaire en fonction de leurs revenus.

Jusqu’à 3300 $ par année

Ainsi, avec la nouvelle modulation du tarif, la « contribution garderie » pourrait atteindre 3300 $ par année pour une famille dont le revenu dépasse 150 000 $.  Le calcul est simple : à 20 $ par jour, 260 jours par année, les coûts de garderie sont de 5200 $. À 7,30 $, ils sont de 1898 $. La différence est de 3302 $. La déduction pour frais de garde d’enfants du gouvernement fédéral sera toujours disponible pour réduire les coûts de garderie.

Ainsi, après l’ajout d’un taux d’imposition et la hausse de la contribution santé par le gouvernement Marois, le gouvernement Couillard annonce bel et bien aujourd’hui une nouvelle hausse d’impôt pour une partie des familles québécoises.

Un mot sur l’universalité

Philippe Couillard affirme que l’universalité, c’est d’assurer un accès à des places en garderie à tarif réduit à toutes les familles, et non pas de faire payer le même tarif à tout le monde. D’abord, sur l’accès, il a raison, c’est une des composantes de l’universalité. Et l’objectif n’a jamais été atteint. Mais l’autre partie, celle du financement, est un élément fondamental de ce qu’est l’universalité.

Un programme public est universel quand il est payé par l’ensemble des contribuables en fonction de leur revenu. C’est le système de l’impôt. Il ne l’est plus si l’État opte pour une solution utilisateur-payeur, comme c’est le cas pour le permis de conduire. Introduire une modulation des coûts de garderie pour les parents seulement est une façon de tendre davantage vers le principe de l’utilisateur-payeur et de s’éloigner de l’universalité.

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Hausse de taxation pour les familles?

Mercredi 5 novembre 2014 à 14 h 04 | | Pour me joindre

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Pendant que le gouvernement fédéral annonce des baisses d’impôt pour les familles avec enfants, le gouvernement Couillard s’apprête à augmenter la taxation de ces mêmes familles au Québec. Le Devoir nous apprend dans son édition de mercredi matin que l’un des scénarios à l’étude prévoit une hausse des tarifs de garderie qui irait de 70 ¢ à 12,70 $ par enfant le 1er avril prochain, soit de 10 % à 174 %.

Le tarif actuel d’une journée dans une garderie subventionnée est de 7,30 $. Il passerait à 8 $ pour les familles dont le revenu total net ne dépasse pas 75 000 $ par année. Il serait ensuite modulé de 8 à 12 $ pour les revenus nets (donc après impôt) de 75 000 $ à 100 000 $. Le tarif quotidien varierait de 12 $ à 15 $ pour les ménages dont le revenu net se situe entre 100 000 $ et 150 000 $. Et il serait de 15 $ à 20 $ pour un revenu net de 150 000 $ à 200 000 $.

Analysons ce que nous révèle ce scénario.

Premièrement, ce document de travail à Québec expose, une fois de plus, le déséquilibre qui s’est dessiné entre plusieurs provinces et le fédéral. La situation budgétaire du gouvernement Harper ne cesse de s’améliorer, alors que celles des provinces comme l’Ontario et le Québec sont préoccupantes. Québec cherche des revenus, tandis qu’Ottawa commence à distribuer les cadeaux en vue des prochaines élections. Et le gouvernement fédéral peut compter sur une marge de manœuvre de plus en plus considérable pour le faire.

Deuxièmement, le gouvernement du Québec continuerait de tendre vers l’option de l’utilisateur-payeur en introduisant une formule de modulation des tarifs en fonction des revenus.

Puis, troisièmement, le gouvernement pourrait se retrouver dans une situation de double taxation des parents s’il ne réduit pas les impôts des contribuables. Pourquoi? Parce que les Québécois paient déjà, dans leurs impôts, la subvention gouvernementale prévue pour le système de garderie. Si on augmente les tarifs, si la part des parents augmente dans le financement des garderies, est-ce à dire que la subvention gouvernementale payée à même nos impôts sera réduite? Donc que les impôts des parents vont baisser. Ce serait étonnant.

Nous l’avons expliqué dans un blogue en septembre : le financement des garderies se fait à 86,5 % par les impôts et à 13,5 % par les tarifs. On a calculé que 2,7 % des impôts vont à la subvention gouvernementale pour les garderies. Plus nos revenus augmentent, plus nos impôts augmentent, plus notre part au système de garderie augmente. La modulation existe déjà :

Deux questions :

  1. Voulons-nous passer à une double taxation des revenus des parents, dont les impôts prévus pour la subvention gouvernementale pour les garderies sont déjà modulés en fonction de leurs revenus, et qui devraient payer un tarif de garderie modulé aussi en fonction de leurs revenus?
  2. Voulons-nous taxer davantage les gens qui ont des enfants en augmentant et en modulant les tarifs?

Le pouvoir des médias sociaux

Jeudi 9 octobre 2014 à 12 h 43 | | Pour me joindre

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Ce n’est pas nouveau, mais cet exemple est spectaculaire : Lego met fin à son association d’affaires avec Shell à la suite d’une campagne menée sur le web par l’organisme militant Greenpeace. La vidéo met en scène une maquette de briquettes Lego, dont certaines affichent le logo de la pétrolière, et qui se retrouvent submergées d’une matière visqueuse, épaisse, noire, qui est présentée comme étant du pétrole.

On comprend le message de Greenpeace, qui nous invite à signer une pétition. Lego expose les enfants à une entreprise qui pollue en exploitant une énergie fossile, notamment dans l’Arctique. Plus de un million de personnes ont signé la pétition, et Lego vient d’annoncer la fin de son association avec Shell. L’impact de la campagne en ligne du groupe environnemental aura été dévastateur.

La relation entre les entreprises était vieille d’un demi-siècle. Dans un communiqué, Jorgen Vig Knudstrop, le PDG du Groupe Lego, affirme que l’intérêt de son entreprise, c’est de « laisser un impact positif dans la société et sur cette planète que nous allons léguer à nos enfants ».  Lego dénonce la stratégie de Greenpeace, mais en arrive à la conclusion que l’entreprise « ne va pas renouveler le contrat de copromotion conclu avec Shell lorsque l’entente actuelle se terminera ».

Lego est d’avis que Greenpeace devrait viser directement et seulement Shell, sans mettre en cause une autre entreprise, comme Lego, et les enfants. « Les attentes de nos actionnaires sont élevées sur notre façon de gérer notre entreprise. Les nôtres aussi. Et nous ne sommes pas d’accord avec les stratégies utilisées par Greenpeace qui peuvent provoquer une mauvaise compréhension chez nos actionnaires sur la gestion de nos activités. »

Lego, une société danoise vieille de 82 ans, est détenue par des actionnaires privés.

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Dans un communiqué, Greenpeace affirme que Lego a cédé à la « pression populaire » et qu’il s’agit «d’un très grand coup pour Shell. La société a désespérément besoin de partenaires comme Lego pour lui donner une apparence respectable ».

S’il fallait trouver un autre exemple de la force des médias sociaux, en voici un particulièrement révélateur. Lego et Shell sont associés depuis les années 60. Du pétrole, nous en consommons, nous allons encore en consommer. Nous savons toutefois qu’il y a une transition énergétique qui doit se faire pour réduire notre impact écologique. Greenpeace, un groupe de pression, lance une campagne marquante sur le web, Lego prend panique, craint pour sa réputation, et annonce la fin de son association avec Shell.

Alors, selon vous, la campagne de Greenpeace représente-t-elle de la diffamation envers Shell et Lego? Ou est-ce plutôt la représentation d’un nouveau pouvoir dans notre société, celui des médias sociaux, que les entreprises doivent savoir gérer afin de protéger leur réputation?