Billets classés sous la catégorie « Économie Québec – Canada »

Bilan 2014 de l’économie

Vendredi 19 décembre 2014 à 16 h 50 | | Pour me joindre

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Cette année se termine sur un événement qui n’était pas prévu, qui est finalement, à mon avis, l’événement économique de l’année. Les prix du pétrole ont chuté de moitié, et bien malin celui qui saura prévoir la fin de cette chute et la remontée des cours. On produit trop de pétrole sur cette planète pour répondre à une demande qui croît moins rapidement que la production. Et ceux qui occupent les premiers rôles dans le grand ballet pétrolier mondial n’ont pas l’intention de jouer les acteurs de soutien. L’Arabie saoudite est entrée dans une guerre de prix avec les Américains : les Saoudiens ne vont pas réduire leur exploitation parce que les États-Unis augmentent la production de pétrole de schiste à vitesse grand V!

C’est une mauvaise nouvelle pour le Canada qui compte sur ses ressources pour s’enrichir. Qui, pensez-vous, va réduire sa production dans la foulée de la chute des prix du pétrole? L’Arabie saoudite a besoin de son pétrole, mais peut vivre avec une chute importante des cours. Les États-Unis sont devenus indépendants du point de vue énergétique et ont l’intention d’augmenter leurs exportations de pétrole. Mais le pétrole de schiste coûte cher à produire. Tout comme les sables bitumineux de l’Alberta, qui ont besoin d’un pétrole à 70 et 80 $ pour atteindre la rentabilité.

En même temps, la chute du pétrole va stimuler l’économie puisque les prix de l’essence sont en glissade. Cette chute représente une baisse d’impôt de plusieurs centaines de milliards de dollars dans les pays développés, y compris chez nous. Avec la reprise américaine qui semble prend racine, la baisse du prix de l’essence et du dollar canadien pourrait stimuler les économies de l’Ontario, du Québec et du Nouveau-Brunswick.

Sur le plan environnemental, la reprise économique et la chute des prix du pétrole viennent réduire l’impact négatif des prix élevés sur la consommation d’énergie fossile et l’achat de gros véhicules polluants. Le « signal du prix » est souvent considéré par les économistes comme la meilleure façon de changer les comportements.

PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS DE 2014 

Le top 5 – économie – monde

  1. Chute de 50 % des cours du pétrole;
  2. Fin de l’intervention exceptionnelle de la Réserve fédérale;
  3. Décélération de l’économie chinoise;
  4. Russie : conflit avec l’Ukraine, sanctions économiques, chute du rouble, récession;
  5. Quasi-récession en Allemagne : la croissance européenne est anémique.

Le top 10 – économie – Québec, Canada

  1. La chute du pétrole affecte les finances publiques de l’Alberta, de Terre-Neuve et du gouvernement du Canada, mais va stimuler les économies centrales;
  2. Chute du dollar canadien : impact positif pour les exportateurs et les provinces manufacturières – impact négatif pour les importations;
  3. Annonce du projet Énergie Est, projet de 12 milliards de dollars de TransCanada – projet suspendu en décembre pour analyser la nouvelle classification des bélugas du Saint-Laurent, maintenant considérés comme en voie de disparition;
  4. Baisse d’impôt pour les 4 millions de familles biparentales au Canada;
  5. La réduction de la taille de l’État par le nouveau gouvernement Couillard au Québec : réformes, suppressions de postes, hausse de tarifs, révision des régimes de retraite;
  6. Bombardier supprime 1700 emplois, dont 1100 au Québec ; année 2015 importante pour l’avenir de l’entreprise ;
  7. Burger King achète Tim Hortons, transaction de 12 milliards de dollars, siège social en Ontario;
  8. L’Espagnole Repsol offre 8,3 milliards de dollars (15 milliards de dollars en incluant la dette) pour acheter la Canadienne Talisman; ce ne sera probablement pas la seule transaction;
  9. Démission en février et décès en avril de Jim Flaherty, ministre des Finances du Canada de 2006 à 2014;
  10. Québec injecte 115 millions de dollars dans deux projets totalisant 190 millions de dollars avec Pétrolia et Junex, notamment pour explorer l’île d’Anticosti.

PERSONNALITÉS MARQUANTES DE L’ANNÉE

Martin Coiteux : peu connu du public, cet économiste, que nous recevions à l’occasion à RDI économie, est devenu l’homme de la restructuration de l’appareil de l’État : coupes dans les dépenses, réduction des effectifs, révision des façons de faire. L’homme de la rigueur pour les uns, l’homme de l’austérité pour les autres.

Geoff Molson :  le succès de son entreprise (son équipe) n’est plus à faire. Le Canadien de Montréal vaut maintenant 1 milliard $. Tous les matchs sont joués à guichets fermés. Le Canadien a aussi signé un contrat de diffusion de ses matchs avec Rogers, contrat de 5,2 milliards de dollars pour 12 ans.

Le pouvoir citoyen : l’opposition de groupes environnementaux, de groupes citoyens et même des milieux d’affaires ont eu raison, de toute évidence, du projet de terminal pétrolier à Cacouna. Sur tous les aspects, le projet de TransCanada est dénoncé. Il n’est pas impossible, en retour, que TransCanada propose un nouveau tracé pour son pipeline et un nouveau site pour son terminal pétrolier. Le même pouvoir citoyen semble avoir eu raison du gaz de schiste. Non seulement un moratoire est en cours, mais le dernier rapport en lice, celui du BAPE, conclut au rejet de cette filière énergétique : il n’y a pas d’acceptabilité sociale, les risques sont élevés et la rentabilité économique mettra plusieurs décennies à se réaliser.

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Jim Flaherty

Jim Flaherty : quelques semaines avant de mourir, Jim Flaherty a déposé son 10e et dernier budget le 10 février. Il a préparé le retour au déficit zéro qui sera officiellement annoncé dans le budget 2015-2016 de son successeur, Joe Oliver. Il a aussi bousillé la promesse conservatrice, le lendemain de son budget, qui était celle de permettre le fractionnement de revenus pour les familles. Plusieurs ajustements et d’autres mesures ont été nécessaires pour rendre ce fractionnement acceptable politiquement, alors qu’une seule famille sur 10 peut en profiter.

Vladimir Poutine : l’intervention russe en Ukraine a poussé les pays occidentaux à imposer des sanctions commerciales contre Moscou. Avec la chute du pétrole, le pays a plongé en récession, le rouble s’est écroulé, la Russie est aux prises en ce moment avec une stagflation : récession et forte inflation. Le président russe a-t-il perdu la maîtrise de son pays? Comment va-t-il relever l’économie russe?

Jack Ma: c’est le fondateur d’Alibaba, géant chinois du commerce électronique, utilisé par le tiers des Chinois. Son entrée en bourse sur Wall Street en septembre est la plus importante de l’histoire des marchés, valeur de 25 milliards de dollars. Jack Ma a 50 ans, il est l’un des hommes les plus riches du monde. Il est l’une des personnalités de l’année du magazine Time.

Thomas Piketty : il est rare qu’un livre d’économie fasse autant parler, surtout aux États-Unis. De surcroît, un livre de 700 pages, écrit par un Français, socialiste, sur un sujet qui fâche chez les Américains : les inégalités. Son livre a été salué, puis critiqué. Le capital au 21e siècle fait partie des livres importants publiés sur les écarts de richesse.

La fin du gaz de schiste?

Mercredi 17 décembre 2014 à 12 h 13 | | Pour me joindre

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En février 2011, un premier rapport du BAPE sur les gaz de schiste concluait qu’il n’y avait pas assez de connaissances scientifiques pour déterminer quels étaient les risques associés à l’exploitation du gaz de schiste. Afin d’obtenir une plus grande acceptabilité sociale, le rapport suggérait au gouvernement de se servir des Conférences régionales des élus (CRE) pour mettre en place un comité de concertation. Le gouvernement Couillard est en train, en ce moment, d’abolir cet outil.

En janvier 2014, le Comité de l’évaluation environnementale stratégique sur le gaz de schiste a déposé son rapport d’évaluation sur cette filière. Le Comité a fait le constat que plusieurs questions demeuraient toujours sans réponse, notamment sur « la santé des personnes, leur sécurité ainsi que leur qualité de vie […] La filière du gaz de schiste est sujette à un manque d’acceptabilité sociale.

Sur le plan de l’environnement, on appréhende plusieurs impacts environnementaux, dont au premier chef la contamination de l’eau et des sols, un bilan négatif de GES ainsi que les fuites de gaz liés à l’utilisation de la technique de fracturation. Du côté économique, le prix très bas du gaz naturel sur les marchés nord-américains compromet la pertinence économique du développement de la filière du gaz de schiste et la possibilité de procéder à une redistribution juste et équitable de la plus-value tirée de l’exploitation ».

Et, voilà que le 15 décembre 2014, un autre rapport du BAPE arrive à la conclusion qu’il ne serait pas approprié d’exploiter le gaz de schiste au Québec. Le BAPE affirme que « l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste dans les basses-terres du Saint-Laurent pourraient générer des impacts majeurs sur les communautés d’accueil : détérioration de la qualité de l’air, augmentation du bruit, de la circulation routière et de la pollution lumineuse, diminution de la valeur des propriétés situées à proximité des plateformes de forage, impacts sur les paysages, risques d’accidents technologiques, impacts sociaux et impacts sur la santé.

Les activités de l’industrie pourraient également entraîner des conséquences sur la qualité de l’environnement, en particulier sur la qualité des eaux de surface et des eaux souterraines, sur les aires protégées et les milieux humides, et entraîner la fragmentation des milieux forestiers. Les émissions de gaz à effet de serre associées aux activités de l’industrie pourraient contribuer aux changements climatiques. Finalement, la présence des activités d’exploration pourrait entraîner des effets négatifs sur certains secteurs économiques des régions d’accueil, tels que les secteurs agricole, touristique et agrotouristique ».

Expertise rare, riche et fouillée

Trois rapports arrivent à une conclusion fondamentale : l’exploitation du gaz de schiste est risquée, les retombées économiques sont peu probables et l’acceptabilité sociale n’est pas au rendez-vous. Au même moment, le Nouveau-Brunswick et l’État de New York évaluent la possibilité d’imposer un moratoire sur le développement de cette filière. Et le premier ministre du Québec Philippe Couillard semble avoir fait son lit à la lecture des 3 rapports et a décidé de fermer le dossier mardi soir en entrevue au Téléjournal.

Malgré cela, les chambres des commerces et les représentants patronaux demandent au premier ministre de poursuivre son analyse « dans une vision globale de création de richesse et de croissance de l’économie québécoise. » À leur avis, « le BAPE n’a pas l’expertise requise pour se prononcer sur ces questions » faisant abstraction des deux autres rapports publiés en 2011 et début 2014. Ces rapports ont été écrits par des gens provenant des secteurs de l’environnement, de l’énergie, de l’ingénierie, de la comptabilité, du milieu universitaire, de certains ministères du gouvernement, du monde municipal et j’en passe.

L’accusation des chambres de commerce et des associations patronales est insultante pour ces experts, elle est courte et simpliste. Il est rare de pouvoir compter sur une littérature aussi riche et fouillée sur un enjeu. La contribution des experts québécois à la compréhension des apports bénéfiques et des risques associés au gaz de schiste est exceptionnelle. On doit s’en réjouir.

Péréquation : un café par 2 semaines

Lundi 15 décembre 2014 à 14 h 52 | | Pour me joindre

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Il est populaire de tout mesurer en cafés ces jours-ci! La hausse des tarifs de garderie, la hausse du prix de l’essence, combien de cafés?

Alors, permettez-moi d’utiliser la même unité de mesure : la hausse des transferts fédéraux versés au Québec en 2015-2016 équivaut à un café par deux semaines! Oui, oui, un petit café deux sucres un lait par deux semaines. La réalité, c’est que les transferts fédéraux vont passer de 2390 $ par habitant en 2014-2015 à 2461 $ en 2015-2016. Hausse de 71 $ par habitant. Un café par deux semaines.

Explications

Les ministres des Finances des provinces et le ministre fédéral des Finances, Joe Oliver, se rencontrent à Ottawa, comme chaque année, pour faire le point sur les enjeux économiques et financiers importants du pays. La gestion des déficits est à l’ordre du jour, tout comme la chute des prix du pétrole.

Le ministre Oliver a aussi confirmé ce qui était déjà confirmé : les transferts aux provinces atteindront 67,9 milliards en 2015-2016. Comme si cet argent n’appartenait pas déjà aux Canadiens (ce sont nos impôts faut-il le rappeler), le ministre a choisi des formules qui nous laissent presque croire que le gouvernement Harper nous fait un cadeau de Noël.

Appréciez les mots choisis par le ministre Oliver dans son communiqué :

« Le gouvernement Harper fournit un soutien sans précédent aux provinces et aux territoires. »

« Grâce à ces transferts, le gouvernement fédéral donne aux provinces et aux territoires la capacité de fournir des services publics de grande qualité. »

« Je suis fier que le gouvernement ait haussé les transferts à des niveaux sans précédent. »

D’abord, ce n’est pas le gouvernement fédéral qui hausse les transferts. Ces sommes évoluent en fonction des ententes conclues sur la péréquation et les transferts fédéraux en santé et en éducation. Ces sommes sont indexées et sont prévues sur plusieurs années. La croissance économique et la croissance de la population justifient une hausse des transferts aux provinces. En principe, des records de transferts seront établis année après année, à moins que de nouvelles ententes soient conclues entre les provinces et le fédéral.

Deuxièmement, la péréquation est payée à même nos impôts fédéraux. Ce n’est pas les impôts albertains qui paient les programmes sociaux du Québec ou les investissements publics de l’Ontario. Ce sont les impôts des Canadiens payés au gouvernement fédéral.

Troisièmement, la péréquation est calculée PAR HABITANT, en fonction de la capacité fiscale de chaque province. Une moyenne des provinces est établie pour calculer la capacité fiscale. Les provinces sous cette moyenne ont une capacité à obtenir des revenus moins grande, alors que les provinces au-dessus de la moyenne ont une capacité fiscale plus élevée. Qui sont-elles? L’Alberta, la Saskatchewan, Terre-Neuve-et-Labrador et la Colombie-Britannique, des provinces qui bénéficient largement des revenus des ressources naturelles.

Advenant une chute prolongée des cours du pétrole, la capacité fiscale de ces provinces va probablement baisser, ce qui fera baisser la moyenne canadienne. Si la capacité de revenus des provinces bénéficiaires ne bouge pas, les transferts vont baisser. Cependant, si la baisse de l’essence génère une croissance économique plus forte en Ontario et au Québec, la capacité fiscale de ces deux provinces va augmenter, mais la capacité moyenne du Canada va aussi monter.

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Dernier point : j’ai entendu ce matin que la péréquation avait doublé au Québec depuis l’arrivée des conservateurs au pouvoir. C’est vrai, grâce à une hausse de 98 %. Les transferts totaux ont grimpé de 70 %. Et si on calcule par habitant, comme il est approprié de le faire pour avoir une plus juste mesure de la réalité, la hausse des transferts fédéraux a été de 55 % depuis 2005.

Voici la hausse en pourcentage des transferts fédéraux par habitant dans les provinces canadiennes depuis 10 ans :

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Les maisons, le pétrole et le PIB

Vendredi 12 décembre 2014 à 14 h 29 | | Pour me joindre

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Il ne faut pas crier au loup pour rien et alarmer la population. Mais la Banque du Canada a quand même choisi de publier les résultats d’une étude cette semaine qui nous apprend que les prix des maisons sont surévalués de 10 à 30 % au pays. Les bas taux d’intérêt ont poussé les Canadiens à s’endetter largement pour investir dans l’immobilier. Et parce que la demande était forte, certains marchés ont connu des hausses marquées du prix des maisons.

Le seul fait que la Banque du Canada sorte sur la place publique, avec un point de presse du gouverneur Stephen Poloz en prime, prouve le sérieux de la situation. Les plus pessimistes se demanderont à quel moment la bulle immobilière va éclater au Canada. Les plus optimistes nous rappelleront que la croissance économique se poursuit et que les risques hypothécaires sont franchement moins importants au Canada que ce qu’on a vu aux États-Unis.

Stephen Poloz a quand même précisé que le ralentissement immobilier au Canada devrait se faire en douceur si la croissance économique se poursuit. Mais un choc, une récession, une forte hausse des taux d’intérêt pourraient entraîner un basculement.

Ce qui est frappant dans le rapport de la Banque du Canada, c’est de voir combien les ménages sont endettés au Canada et que certains sont très endettés. Regardez ce graphique : 12 % des ménages au pays détiennent 40 % de la dette totale. C’est considérable. Ces ménages ont une dette qui représente plus de 250 % de leur revenu disponible. En tenant compte de l’hypothèque, pour chaque 100 $ de revenus disponibles, ces ménages ont une dette de plus de 250 $.

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Cet autre graphique montre bien que la dette des ménages s’est envolée depuis 2004, et que l’écart entre cette dette et le prix des maisons a grandi à partir de 2007-2008.

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Le risque est réel, même s’il ne faut pas se montrer alarmiste. Et avec la chute du pétrole, il y a fort à parier que la Banque du Canada sera encore plus prudente avant d’augmenter ses taux d’intérêt. Après une croissance de plus de 4 % par année dans les dernières années, la hausse du PIB de l’Alberta va tomber à 2,7 % en 2015 et à 2,3 % en 2016 selon la RBC, à peine un peu plus que le Québec. L’économie canadienne, le marché de l’emploi, le marché immobilier et les finances publiques pourraient en souffrir sérieusement.

La réalité sur les surplus

Mercredi 10 décembre 2014 à 16 h 00 | | Pour me joindre

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Hydro-Québec doit payer environ 150 millions de dollars par année à TransCanada pour que sa centrale thermique de Bécancour demeure fermée. C’est ainsi depuis 2008 parce qu’Hydro-Québec n’a pas besoin de cette énergie.

Dans un contexte où les prix du gaz sont faibles, payer 150 millions par année coûte sans doute moins cher à la société d’État. Cela dit, avec le paiement de 2015, ça va donc faire huit ans que la collectivité québécoise doit payer pour quelque chose qui ne produit rien, une somme cumulée de 1,2 milliard de dollars. L’approvisionnement de cette centrale équivaut à 4,3 TWh d’électricité.

Selon l’expert indépendant en matière d’énergie Jean-François Blain, quand on parle des surplus d’approvisionnement en électricité au Québec, il faut ajouter ces 4,3 TWh aux surplus officiels établis par Hydro-Québec Distribution, qui sont évalués à 6,6 TWh pour 2015.

Selon lui, il faut également ajouter les 2 TWh non utilisés par Hydro-Québec Distribution dans le cadre d’une entente conclue avec Hydro-Québec Production. Ainsi, Jean-François Blain évalue que le surplus de 2015 en approvisionnement d’électricité au Québec n’est pas que de 6,6 TWh. Il est de 12,9 TWh, en tenant compte de Bécancour et de l’entente avec Hydro-Québec Production.

Le ministère des Ressources naturelles nous dit que l’expert Blain se trompe. On ne doit pas ajouter la production de Bécancour, même si Hydro-Québec doit payer 150 millions de dollars par année pour cette production inexistante. Et il ne faut pas non plus s’en faire avec les 2 TWh non utilisés. « Il n’y a pas de pénalité à ne pas prendre livraison de toute l’énergie disponible dans le cadre du contrat avec Hydro-Québec Production », nous écrit Guillaume Demers, conseiller du ministre Pierre Arcand. « Il n’y a pas de pénalité non plus lorsqu’Hydro-Québec ne prend pas possession de toute l’électricité patrimoniale disponible. »

Consommation et exportation

Le professeur Pierre-Olivier Pineau, spécialiste des questions énergétiques associé à HEC Montréal, confirme qu’Hydro-Québec n’est pas obligée d’utiliser toute l’énergie patrimoniale, dont le coût avoisine les 3 ¢ le kWh. En retour, Hydro-Québec « est tenue d’acheter l’éolien et les autres sources plus cher avant le patrimonial », des sources qui peuvent coûter 9 ou 10 ¢ le kWh dans certains cas. Résultat : « Cela se traduit malheureusement pour les consommateurs par une facture plus élevée », nous écrit Pierre-Olivier Pineau.

Jean-François Blain nous écrit également que « même s’il n’y a pas de pénalité financière pour le report d’une partie des livraisons du contrat cyclable [avec Hydro-Québec Production], le fait d’utiliser d’autres approvisionnements post-patrimoniaux (éoliens par exemple), à un coût de plus de 10 ¢ le kWh, plutôt que l’énergie du contrat cyclable provenant d’Hydro-Québec Production, à un coût d’environ 7 ¢ le kWh, occasionne un surcoût pour les clients d’Hydro-Québec Distribution ».

En retour, « chaque fois qu’Hydro-Québec décide de ne pas acheter de l’énergie patrimoniale à 3 ¢ le kWh parce qu’elle n’en a pas besoin, cela libère de l’énergie pour les exportations, nous écrit Pierre-Olivier Pineau. Avec des prix moyens de 4,4 $ le kWh en 2013, Hydro-Québec Production fait des profits avec ces exportations, davantage que ce qu’elle aurait fait en vendant à 3 ¢ aux Québécois ». Cet expert dit s’inquiéter davantage des surplus engendrés par la mise en service progressive de La Romaine et par les commandes de projets éoliens, de biomasse et de centrales hydrauliques.

Finis, les surplus?

Le 11 novembre dernier, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, affirmait ceci : « Mettez une aluminerie de plus au Québec, mettez une mine importante de plus au Québec, il n’y a plus de surplus. »

Selon Jean-François Blain, un gros projet d’aluminerie nécessiterait une utilisation d’environ 500 MW, et donc un approvisionnement de 3,9 TWh, dans un contexte où l’aluminerie fonctionnerait à 90 % de sa capacité, la mesure utilisée dans le secteur industriel. Le Ministère nous parle plutôt d’une aluminerie qui pourrait utiliser 700 MW d’électricité, à 99 % d’utilisation, pour un total d’approvisionnement de 6,1 TWh.

Jean-Thomas Bernard, autre expert en matière d’énergie et professeur à l’Université d’Ottawa, estime que si une aluminerie s’installe au Québec, elle sera là pour une durée d’au moins 20 ans. Or, en 2027, en principe, il ne devrait plus y avoir de surplus d’électricité. Donc, il faudra développer encore davantage d’électricité, selon Jean-Thomas Bernard, si une aluminerie s’ajoute. On ne développe pas à 3-4 ¢ le kWh, nous dit-il dans une entrevue téléphonique. On développe en ce moment à environ 9 ¢ le kWh pour l’éolien. Si le coût total de production est de 1,98 ¢ le kWh au Québec, la nouvelle électricité fabriquée, elle, est bien plus chère!

Alors, trois conclusions :

  1. Aucun projet de 500 MW ou de 700 MW ne semble pointer à l’horizon pour l’instant afin de combler partiellement les surplus d’électricité du Québec.
  2. Il faudrait une aluminerie de 750 MW à 850 MW pour éliminer complètement les 6,6 TWh de surplus en 2015. Alouette est à 895 MW après deux phases d’expansion.
  3. Si le ministère des Ressources naturelles juge qu’on ne peut inclure les 4,3 TWh de la centrale thermique de Bécancour dans les surplus d’Hydro-Québec, il n’en demeure pas moins que ça nous coûte, collectivement, 150 millions par année.

Voici l’entrevue réalisée lundi avec Jean-François Blain à RDI économie. C’est avec plaisir que je ferai de la place pour une entrevue avec le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, s’il accepte de venir nous voir!

 

Consommez-vous trop?

Lundi 8 décembre 2014 à 13 h 02 | | Pour me joindre

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La question se pose. En fait, la question est cruciale. Nous vivons dans une société de consommation, de surconsommation, une société endettée, mais riche en même temps. Notre économie s’appuie, en très grande partie, sur la consommation. Si on réduit notre consommation, l’économie ralentit et le chômage augmente. Si on l’augmente, l’économie roule plus vite, il se crée de la richesse et des emplois. Mais l’endettement augmente aussi,  notre environnement est sacrifié toujours un peu plus. Quel est donc le juste milieu?

Qu’est-ce qu’une consommation acceptable, une consommation qui permet à tout un chacun de profiter des richesses de notre société, qui permet à l’épicier de bien vivre et d’embaucher des travailleurs, qui permet à l’entrepreneur de trouver preneurs pour ses produits innovants, qui permet au fonctionnaire de garder son emploi parce que l’État s’enrichit et peut maintenir ses programmes?

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La question se pose, elle est cruciale. Elle est philosophique, elle ne trouve pas de réponse rapidement. On ne se « revire » pas sur un 10 cents quand il est question de notre niveau de vie! En attendant, je vous propose de trouver des réponses à certaines questions que vous vous posez peut-être à quelques jours de Noël.

Est-ce une bonne idée d’offrir une tablette électronique à un enfant de 5 ans?

Comment résister à la pression sociale qui vient parfois des amis et des parents des amis de vos enfants?

Peut-on faire les choses autrement, peut-on donner autrement? Du temps, un repas, un article confectionné par soi-même, un cadeau d’artisanat, un produit culturel local?

Et si vous en avez les moyens, sans être milliardaire (!), comment ne pas se ruiner si vous voyagez durant le temps des fêtes?

Est-ce un bon calcul d’aller magasiner aux États-Unis?

Et, parce que c’est toujours bien populaire de consulter le guide des jouets, quels sont les bons jouets et ceux qui sont à éviter?

Voilà quelques questions que nous allons aborder mardi soir à 18 h (HNE), notez bien l’heure, à l’occasion d’une édition spéciale de RDI économie sur les ondes d’ICI RDI. Nous aurons des reportages, des entrevues, des explications, des réactions. Nous aurons aussi besoin de vous. Joignez-vous à la discussion en répondant sur ce blogue ou sur facebook.com/rdieconomie aux  questions suivantes :

Que donnez-vous à Noël?

Combien dépensez-vous?

Avez-vous des trucs pour éviter de trop dépenser?

5,8 milliards, un déficit inventé?

Jeudi 4 décembre 2014 à 16 h 39 | | Pour me joindre

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Dans son budget déposé le 20 février dernier, l’ex-ministre des Finances Nicolas Marceau prévoyait une croissance des dépenses de programmes de 2 % pour 2014-2015 après des hausses de 1,2 % en 2012-2013 et de 2,5 % en 2013-2014. Il prévoyait un déficit de 2,5 milliards de dollars pour 2013-2014, de 1,75 milliard en 2014-2015 et le déficit zéro pour 2015-2016.

Dans la réalité, la croissance des dépenses a été de 3,3 % l’an passé et le déficit a atteint 2,8 milliards de dollars.

Aujourd’hui, c’est le Parti libéral qui est au pouvoir. Le gouvernement Couillard prévoit une croissance des dépenses de programmes de 2,1 % cette année et un déficit de 2,35 milliards de dollars avant le retour à l’équilibre budgétaire en 2015-2016 avec une croissance très modeste des dépenses de 0,7 %.

Entre les projections du Parti québécois en février et celles du Parti libéral en ce moment, il y a quelques différences, mais elles ne sont pas énormes. Au final, le déficit prévu par le PQ en 2013-2014 est plus important de 300 millions de dollars, ce qui est une goutte d’eau dans un budget de 100 milliards.

Et que ce soit le gouvernement Marois ou le gouvernement Couillard, le défi a toujours été le même : comment fait-on pour contrôler les dépenses au Québec?

Le PQ a bouclé l’exercice 2012-2013 par une croissance limitée à seulement 1,2 %, du jamais vu depuis les années  1990. Le PLQ veut aller plus loin, à seulement 0,7 % l’an prochain. Y arrivera-t-il?

www.finances.gouv.qc.cadocumentsAutresfrAUTFR_lepointAut2014_TabGraph.pdf - Google Chrome

 

« Un peu d’invention »

Une fois qu’on a revu ces données et ces projections, pourquoi Martin Coiteux et Carlos Leitao ne cessent-ils pas de répéter depuis huit mois que le déficit à enrayer est de plus de 5,8 milliards cette année et de 7,3 milliards l’an prochain? Ces chiffres n’existent pas dans la réalité. Ce sont des projections qui sont faites et qui sont utilisées dans la communication politique du gouvernement Couillard parce que le gouvernement Marois n’a pas publié son budget de dépenses avant de déclencher des élections l’hiver dernier.

Le compte est resté ouvert, la calculatrice abandonnée sur la table, tout le monde est sorti de la pièce pour aller faire campagne et ce sont de nouvelles personnes qui sont entrées dans le local après l’élection.

Puisque les comptes n’étaient pas encore terminés, puisque les réponses aux demandes des ministères n’avaient pas encore été données, puisque les révisions de programmes n’avaient pas été amorcées ou terminées, puisque certaines annonces n’avaient pas encore été « budgétées », le nouveau gouvernement s’est emparé des chiffres du compte des dépenses au moment où les ministres du gouvernement Marois ont laissé leur table de travail pour partir en élections. Et ce sont ces chiffres qui servent aujourd’hui de base à leur communication pour expliquer les compressions budgétaires à faire.

Le déficit envisagé de 5,868 milliards de dollars en 2014-2015 s’appuie donc sur une croissance des dépenses de programmes d’au moins 7,1 % si on se fie aux calculs du vérificateur général dans son rapport publié début juin.

Le PQ prévoyait 2 %, je vous le rappelle et le PLQ, maintenant au pouvoir, prévoit 2,1 %. Donc, personne n’a jamais projeté une hausse des dépenses de plus de 7 %. Ni le PQ ni le PLQ. Et si le Parti québécois avait repris le pouvoir le 7 avril, il aurait eu à faire des choix. Il aurait eu à dire non à plusieurs ministères pour en arriver à respecter sa projection.

Et c’est ce que doit faire le président du Conseil du Trésor d’ailleurs tous les ans : faire des choix, arbitrer, rejeter, accepter, négocier, décider.

Le problème du PQ, c’est qu’il a laissé le programme des crédits budgétaires en plan avant de partir en élections. Mais le problème du PLQ, c’est qu’il base toute sa communication sur les mesures d’austérité en s’appuyant sur des chiffres « exagérés » et ponctués d’un « petit peu d’invention », selon l’économiste Jean-Michel Cousineau, en entrevue mardi soir à RDI Économie.

Autant le gouvernement Marois aurait gagné en transparence en publiant les crédits avant de décréter des élections, autant le gouvernement Couillard gagnerait en pertinence en parlant des vrais chiffres plutôt que d’exagérer la réalité budgétaire.

 

Et l’emploi, Monsieur Leitao?

Mardi 2 décembre 2014 à 19 h 59 | | Pour me joindre

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Comment expliquer que le gouvernement Couillard s’entête à alourdir le fardeau fiscal des contribuables et des entreprises, pendant que la croissance économique demeure faiblarde et que le Québec a perdu 100 000 emplois à temps plein depuis un an?

Le ministre des Finances Carlos Leitao avait prévu, durant la campagne électorale en mars, une croissance du PIB de 2,1 % en 2014. En juin, il a révisé sa projection à 1,8 %. Aujourd’hui, début décembre, la croissance de 2014 est évaluée maintenant à 1,6 %.

Le ministre a aussi révisé à la baisse sa projection pour 2015. Les entreprises hésitent à investir, le Plan Nord est miné par la chute des prix des métaux, les contribuables épargnent moins, s’endettent plus, mais heureusement les exportations bondissent grâce à la chute du dollar canadien et au rebond américain. Eh oui, on peut espérer une accélération de l’économie avec la baisse des prix de l’essence.

Mais c’est trop peu pour l’instant. L’économie du Québec a besoin de son secteur privé, a besoin de créer de la richesse, de la prospérité et des emplois. Avant de ralentir davantage, l’économie du Québec n’a-t-elle pas besoin d’un plan pour l’emploi de la part de son gouvernement?

Qu’en pensez-vous?

Le ministre Leitao était notre invité à RDI économie, regardez l’entrevue.

Pétrole : gagnants et perdants

Lundi 1 décembre 2014 à 13 h 58 | | Pour me joindre

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L’effondrement des prix du pétrole a pris un peu tout le monde par surprise. Depuis le mois de juin, le constat est clair : la production augmente plus rapidement que la demande. Les États-Unis produisent de plus en plus de pétrole de schiste, les conflits géopolitiques ne ralentissent pas l’offre de pétrole et l’Arabie saoudite offre son pétrole au rabais pour maintenir ses parts de marché.

Le baril, qui était à 115 $ en juin, est à moins de 70 $ aujourd’hui. Et le président du conseil d’administration de Canadian Natural Resources, Murray Edwards, craint une chute jusqu’à 30 ou 40 $. Il rappelle que le prix du pétrole est tombé à 35 $ en 2008 durant la dernière récession. L’industrie est dans une impasse : l’OPEP refuse de réduire sa production dans le but de pousser les Américains à ralentir leur développement pétrolier.

Jusqu’où l’effondrement va-t-il se poursuivre? Et pendant combien de temps encore?

La péréquation 

D’abord, vous êtes nombreux à me demander si la chute du pétrole va venir réduire les paiements de péréquation pour le Québec. Il faut comprendre qu’il n’y a pas de lien direct entre les revenus de l’Alberta et les programmes du Québec. La péréquation est un programme fédéral qui prend sa source dans le fonds consolidé qui, lui, est nourri de nos impôts et nos taxes. La péréquation s’établit en fonction de la capacité fiscale des 10 provinces, c’est-à-dire la possibilité pour une province de toucher des revenus. L’Alberta est bien sûr la province qui détient la capacité fiscale la plus importante. Si sa capacité baisse, la moyenne des 10 provinces va baisser. Ainsi, les paiements de péréquation aux 6 provinces bénéficiaires pourraient être réduits. Mais, si en même temps, la capacité fiscale de l’Ontario augmente, la moyenne canadienne pourrait peut-être demeurer au même niveau.

Ainsi, les paiements de péréquation versés à une province comme le Québec dépendent de sa propre capacité fiscale et de la moyenne canadienne. Les deux peuvent bouger et c’est pour cette raison qu’il est impossible de prévoir une hausse ou une baisse de la péréquation à la suite de la chute du pétrole.

 

Les gagnants 

  1. Les consommateurs : Le prix de l’essence est en baisse. Il est passé d’une moyenne de 144,6 ¢ le litre d’ordinaire fin avril au Québec à une moyenne de 120,8 ¢ fin novembre. C’est une baisse de 16 %. Le recul est moins important que la baisse de plus de 35 % du prix du pétrole, en raison de la baisse du dollar canadien, qui rend le coût du pétrole importé plus cher, des marges de raffinage qui ont augmenté et du coût fixe de plusieurs taxes gouvernementales.
  2. Le secteur manufacturier et les industries consommatrices de pétrole : La baisse des prix de l’énergie, jumelée à la baisse du dollar canadien, donne une marge de manœuvre à plusieurs entreprises du secteur de la fabrication et pour celles aussi qui misent sur l’exportation de leurs produits. Desjardins affirmait dans une étude récente qu’en plus du secteur manufacturier, les industries minières devraient en profiter, tout comme l’agriculture et la forêt. Sur la scène internationale, les compagnies aériennes vont bénéficier largement de la chute du prix du carburant.
  3. Les banques centrales : D’un coup, une certaine marge de manœuvre se dégage pour les banques centrales qui doivent contrôler l’inflation. L’injection massive d’argent dans l’économie depuis 2008 fait craindre une poussée d’inflation. La chute du pétrole et de l’essence pourrait permettre aux banques centrales de souffler et de maintenir les taux d’intérêt à de faibles niveaux pour une plus longue durée.

Les perdants

  1. Les banques centrales : Par contre, le niveau d’inflation est déjà très bas en Europe, aux États-Unis et au Japon. La chute des prix énergétiques pourrait amener l’inflation à 0 ou mener carrément à la déflation.
  2. Les producteurs de pétrole : Les entreprises qui font de l’extraction de pétrole sont nécessairement les grandes perdantes de la chute du prix, particulièrement celles qui misent sur le développement de projets difficiles, coûteux, polluants et dangereux. On pense au pétrole de schiste, au pétrole des sables bitumineux et aux projets en mer. En retour, les projets qui sont jugés porteurs à long terme, comme les oléoducs, ne seront probablement pas suspendus ou abandonnés dans la foulée de la chute récente des cours.
  3. Les gouvernements de pays producteurs : Les rentrées d’impôts et les redevances versées aux gouvernements de pays producteurs de pétrole vont baisser de façon importante. Le Canada évaluait récemment la perte financière à 2,5 milliards de dollars annuellement. Les cours du pétrole ont poursuivi leur chute depuis cette évaluation faite au début du mois de novembre. Terre-Neuve-et-Labrador, dont le tiers des revenus est lié au pétrole, a annoncé un gel de dépenses et d’embauches. L’Alberta a revu à la baisse sa prévision de surplus pour 2014-2015. L’Alberta s’appuie maintenant sur une projection de prix de 65 à 75 $US le baril. Ailleurs dans le monde, les pays où le coût de production est élevé expriment de fortes inquiétudes. C’est le cas du Venezuela notamment.
  4. L’environnement : Les statistiques nous font déjà voir un accroissement des ventes de camions, camionnettes et VUS avec la croissance économique qui est plus forte aux États-Unis et les prix de l’essence qui baissent.  Le signal des prix énergétiques élevés, qui aident à réduire les émissions de gaz à effet de serre, est en train de disparaître.

Plusieurs analystes affirment que la clé se trouve entre les mains des Américains. Comme l’illustre ce graphique préparé par Wood Mackenzie, la grande majorité des projets de pétrole de schiste coûte aujourd’hui plus cher que le prix actuel de marché du pétrole.

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Sources : New York Times, The National Post, AFP, Wood Mackenzie.

Garderies : combien allez-vous payer?

Vendredi 28 novembre 2014 à 18 h 05 | | Pour me joindre

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J’aime beaucoup fouiller dans les chiffres, me plonger dans les statistiques et les rapports pour tenter d’en ressortir avec une explication claire et limpide. Mais, dans le dossier des garderies, j’abdique. Désolé. La nouvelle tarification des garderies est trop complexe pour vous dire clairement ce que ça signifie pour les familles du Québec. Le nouveau système crée des milliers de possibilités et vous n’allez pas payer la même chose que votre voisin ou votre belle-soeur.

En fait, jusqu’au 1er avril prochain, vous savez combien vont vous coûter les services de garde de vos enfants. C’est 7,30 $ par jour ou c’est le montant prévu par la garderie non subventionnée avec laquelle vous faites affaire et qui vous donne droit au crédit d’impôt pour frais de garde.

Mais, dès le 1er avril, vous allez payer 7,30 $ par jour, mais vous devrez fournir un montant supplémentaire dans vos impôts. Combien? Ah, voilà la bonne question!

Il faut prendre en compte plusieurs choses :

  1. Votre tarif de garderie sera dorénavant modulé en fonction de votre revenu familial brut : vous faites un peu plus d’argent, vous payez un peu plus d’impôt et un peu plus cher le tarif quotidien de votre garderie;
  2. La prestation fiscale pour enfants du gouvernement fédéral dépend de votre revenu;
  3. La déduction fédérale pour frais de garde va s’appliquer sur le tarif total nous dit le gouvernement du Québec, mais un accord doit être négocié avec Ottawa;
  4. Si vous envoyez votre enfant dans une garderie non subventionnée, vous aurez droit au crédit d’impôt pour frais de garde qui va varier en fonction de votre revenu, mais attention, en haut de 35 $, le crédit n’est pas bonifié;
  5. Le nouveau système rend très avantageux pour plusieurs familles le passage à une garderie non subventionnée, particulièrement pour les familles à revenus faibles.

Alors, si vous faites 46 732 $ de revenus et que votre conjoint fait 52 347 $, vous affichez un revenu familial de 99 079 $. Votre tarif? 11,28 $ par jour par enfant ou 8,98 $ après les déductions et prestations du fédéral. Au privé, à 35 $ par jour, c’est 9,15 $ au final. À 34 $ par jour, c’est 8,50 $ toutefois. Mais, à 36 $ par jour, c’est 10,15 $.

Si vous faites 16 732 $ de revenus et que votre conjoint fait 82 347 $, vous affichez toujours un revenu familial de 99 079 $. Votre tarif? 11,33 $ par jour par enfant ou 9,63 $ après prestations et déductions. Au privé, à 35 $, c’est 10,93 $ par jour.

On continue?

Il y a plus simple. Allez sur le calculateur du gouvernement. Ce n’est pas seulement pratique, c’est essentiel pour être capable d’avoir une idée du nouveau coût des garderies : http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/Budget/outils/garde_francais.html

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