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Le coeur du Plan Nord s’effondre

Mercredi 19 novembre 2014 à 15 h 54 | | Pour me joindre

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Le Plan Nord, c’est quoi? C’est un potentiel énergétique majeur, c’est beaucoup de forêts, c’est aussi de l’or, du nickel, des terres rares notamment, mais c’est surtout du fer. Le Québec compte trois mines de fer sur la Côte-Nord et c’est, selon le ministère des Ressources naturelles, « la plus importante substance minérale produite au Québec en termes de valeur de production ». Et si les expéditions minières du Québec ont bondi de 2003 à 2011, c’est en bonne partie grâce au minerai de fer, dont l’utilisation mondiale est massive.

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Source : Index Mundi

Or, le prix du fer est en chute libre. Les cours ont baissé de près de 50 % depuis le début de l’année, et le propriétaire américain de la mine du lac Bloom au nord de Sept-Îles, Cliffs Natural Resources, vient d’annoncer son intention de se départir de ses activités dans l’est du Canada. Ça pourrait entraîner la fermeture de la mine du lac Bloom et la mise à pied de 600 personnes.

Le fer dégringole parce que l’offre augmente et que la demande ralentit, un vieux concept en économie. Pour la première fois depuis 2000, la consommation de fer en Chine devrait baisser cette année. La Chine représente 70 % de la demande mondiale en fer. Au même moment, la production de fer augmente, notamment en Australie. Les dernières données statistiques en Chine, sur la baisse des prix des maisons neuves depuis six mois, ont donné un coup de plus dans les jambes de l’industrie. Le prix a chuté de 7 % en deux jours.

Il est clair que les gouvernements ne peuvent pas baser leurs décisions sur les virages et revirements du marché. Mais le gouvernement Couillard doit réaliser que son objectif de générer des revenus en s’appuyant en grande partie sur le Plan Nord n’est pas réaliste à court et moyen termes. En fait, c’est le contraire qui est en train de se produire avec la décision de Cliffs Natural Resources. Le Nord pourrait bientôt perdre près de 600 emplois.

Le Québec doit miser sur une amélioration de la productivité des entreprises pour les rendre plus compétitives dans le marché nord-américain. Les exportations sont en hausse cette année, bonne nouvelle. Mais le travail de fond est fondamental pour permettre aux PME de profiter à long terme du rebond américain, tout en réduisant leur exposition aux fluctuations économiques internationales.

La flamme éteinte…

Vendredi 7 novembre 2014 à 12 h 39 | | Pour me joindre

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Il n’y a aucune source de réjouissance dans les chiffres sur l’emploi publiés pour le Québec en octobre. Rien ne laisse entrevoir une reprise du marché en ce moment. Depuis janvier 2013, l’emploi stagne. Et depuis janvier 2014, l’emploi chute. Brève reprise durant l’été, mais rien de solide. Le bilan depuis un an, c’est l’ajout de 70 000 emplois à temps partiel au Québec, mais la perte de 100 000 à temps plein. C’est très décevant.

Pendant ce temps, la croissance de l’emploi se poursuit en Ontario, et le total pour l’ensemble du Canada continue d’augmenter. Il s’est ajouté plus de 200 000 emplois au Canada cette année jusqu’à maintenant. L’Ontario  a gagné près de 120 000 emplois depuis décembre.

 

 

Que se passe-t-il au Québec? Qu’est-ce qui explique l’absence de vitalité du marché de l’emploi? Qu’est-il arrivé dans les derniers mois et les dernières années pour que le Québec cesse de créer des emplois? Je sais qu’ici, les discussions deviendront partisanes. C’est la faute aux péquistes, diront certains. D’autres vont ironiser  en disant que c’est « l’effet libéral ».

N’y a-t-il pas des explications un peu plus profondes et structurelles? Sans écarter l’effet des décisions politiques, sur lesquelles il est difficile d’aller sans se faire accuser de pencher d’un bord ou de l’autre, prenons le temps d’analyser certains facteurs et événements qui auraient eu un impact sur l’état de santé du marché de l’emploi depuis un an et demi :

  1. La chute des matières premières. Depuis le début de 2013, les prix des matières premières sont en baisse et plusieurs projets miniers ont ralenti leur développement ou reporté des projets. Que ce soit le « Nord pour tous » ou le « Plan Nord », la dégringolade des prix de l’or et du fer a un impact économique réel.
  2. Le Québec tarde à ressentir les effets de la reprise américaine. La croissance des États-Unis est de plus en plus solide. Les économistes de Desjardins écrivent ce matin qu’il « faudra peut-être attendre 2015 pour en voir les effets concrètement au Québec ».
  3. Le secteur privé en Ontario et dans l’ensemble du pays crée de l’emploi. Depuis un an, il s’est ajouté 140 000 emplois au Canada dans le privé, alors qu’au Québec on a perdu près de 50 000 emplois dans les entreprises privées. Pourquoi? Qu’est-ce qui explique la réticence du secteur privé à créer des emplois au Québec?
  4. Fondamentalement, nous en parlons souvent, la structure démographique du Québec change. Le taux d’activité, c’est-à-dire les gens qui travaillent et ceux qui cherchent de l’emploi par rapport à l’ensemble de la population de 15 ans et plus, baisse au Québec. Ce taux est passé de 65,3 % en janvier à 64,4 % en octobre. Beaucoup de gens partent à la retraite.
  5. Si on devait ajouter un aspect politique, on pourrait évoquer la présence d’un gouvernement minoritaire pendant 18 mois, la menace d’augmenter les impôts en septembre 2012 et, aujourd’hui, les mesures d’austérité du gouvernement qui s’accompagnent d’une réduction du soutien aux entreprises.

 

Difficile de montrer du doigt un, deux ou trois éléments précis. Une chose cependant qu’on peut dire, c’est que le climat de confiance doit être rétabli. Pourquoi une entreprise voudrait-elle investir au Québec, créer de l’emploi ici et vivre au Québec? Pourquoi un entrepreneur déciderait-il de se lancer dans un projet d’entreprise ou un projet d’économie sociale en ce moment au Québec?

Qu’est-ce qui stimule l’économie en ce moment, qu’est-ce qui donne le goût aux femmes et aux hommes du Québec d’aller de l’avant avec leurs projets, leurs innovations, leurs idées de grandeur? Qu’est-ce qui peut rallumer la flamme, dites?

Produire plus, consommer moins?

Mardi 28 octobre 2014 à 12 h 21 | | Pour me joindre

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Le pétrole est un enjeu de taille dans ce pays, et les Québécois sont appelés à débattre de la question du pétrole à plusieurs niveaux :

  • Veut-on produire du pétrole au Québec?
  • Veut-on laisser passer le pétrole des sables bitumineux sur le territoire du Québec, dans le Saint-Laurent, en plus d’en consommer un peu au passage?
  • Et comment réduire notre consommation de pétrole?

À plusieurs reprises, nous avons discuté ici ensemble de l’enjeu économique le plus important de notre époque : l’écologie. Nous savons trois choses : nous avons du pétrole, nous avons encore besoin de pétrole, mais nous devons réduire notre consommation d’énergies fossiles afin de réduire notre empreinte écologique. C’est simple, c’est logique, c’est économique.

Sur le troisième point, dans une étude fouillée et documentée, le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ) fait des propositions qui visent à réduire notre consommation de pétrole. Il faut instaurer, selon eux, trois choses :

  1. Offrir un avantage financier à acheter une voiture dont la consommation d’essence est sous la moyenne et imposer un désavantage financier – une sorte de taxe ou de pénalité  – si vous achetez un gros véhicule.
  2. Développer le transport en commun et le rendre attrayant, une solution qui nécessite des convictions politiques importantes, de l’audace et de la ténacité.
  3. Électrifier de 1 à 3 % des véhicules en 2020.

Si le Québec se dotait d’un tel plan de match, le RNCREQ calcule que le Québec pourrait éviter de payer au moins 20 milliards de dollars en coûts d’essence et en véhicules importés de 2015 à 2020. Cette réduction entraînerait des investissements et des dépenses ailleurs dans l’économie  et la création de 130 000 emplois sur 5 ans.

Une baisse de la consommation de pétrole permettrait également au Québec de réduire son déficit commercial, amplifié par la facture pétrolière. La réduction serait d’au moins 5 milliards de dollars selon un scénario « modéré » en 2020.

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Enfin, la réduction de la consommation de pétrole permettrait au gouvernement du Québec de dégager des recettes totales de 300 millions de dollars sur  la période 2015-2020.

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L’étude ne quantifie pas le coût associé à la mise en œuvre des politiques nécessaires à la réduction de consommation de pétrole. On s’intéresse ici aux bénéfices potentiels de telles mesures. Qu’en pensez-vous? Est-ce que ces solutions sont les bonnes?

La social-démocratie en 2014

Vendredi 17 octobre 2014 à 15 h 46 | | Pour me joindre

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Les Scandinaves ont des charges fiscales plus élevées qu’au Québec et, pourtant, ils sont plus riches et moins inégalitaires. Le modèle social-démocrate fonctionne bien en Suède et au Danemark notamment, un modèle qu’a choisi aussi le Québec, mais qui connaît aujourd’hui des ratés.

Dans un livre très instructif, Social-démocratie 2.0, publié aux Presses de l’Université de Montréal, les professeurs Stéphane Paquin et Pier-Luc Lévesque expliquent ce que le Québec devrait faire pour améliorer son modèle social-démocrate et rejoindre le niveau de vie des Scandinaves. Les réformes évoquées sont majeures. Elles nécessitent une forte volonté politique, mais aussi une meilleure cohésion et solidarité sociale.

Les rapprochements entre les pays scandinaves et nordiques et le Québec sont évidents. En voici trois :

  • Le taux de syndicalisation en Suède, en Finlande et au Danemark est de 70 %, alors qu’il est de 40 % au Québec, de 17 % en moyenne dans les pays de l’OCDE;
  • « Le pays développé dont les taxes sont les plus élevées du monde en fonction de la taille de son économie est le Danemark », soit 48 % du PIB. C’est 38 % du PIB au Québec, 31 % pour le Canada;
  • Frais de scolarité? Nuls dans les pays scandinaves, alors que le Québec a les frais les plus bas au Canada.

Donc, selon Stéphane Paquin, « les pays scandinaves ont fait la démonstration sans équivoque qu’il est possible d’avoir une main-d’œuvre très syndiquée, un État qui taxe beaucoup et de très généreux programmes sociaux, ainsi que des dépenses publiques élevées, tout en connaissant une croissance économique supérieure à celle des pays néolibéraux comme les États-Unis ou le Canada. Et ce, tout en maintenant des niveaux d’égalités sociales inégalés dans le monde ».

Il souligne également que « le modèle social-démocrate (Suède, Finlande, Danemark) exporte plus en pourcentage du PIB que le modèle néolibéral (États-Unis, Canada, Grande-Bretagne) et que les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Mieux encore, les pays sociaux-démocrates sont en surplus de leurs soldes commerciaux presque sans discontinuer depuis 20 ans. »

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Les différents auteurs déconstruisent les mythes et les a priori qui sont entretenus sur l’orientation idéologique des pays sociaux-démocrates. Les chercheurs Bo Rothstein et Sven Steinmo écrivent que « les États-providence sociaux-démocrates sont remarquablement « pro-marché ». Ils combinent donc une attitude positive à l’égard du libre-échange et de la libre entreprise avec le constat qu’une économie de marché efficace doit également être encadrée par certaines régulations publiques ».

Ils ajoutent que les programmes universels « semblent plus en mesure d’assurer une redistribution de la richesse que les systèmes d’aide ciblée que l’on trouve dans de nombreux pays ». Ils affirment aussi que « pour que le projet social-démocrate soit viable, il est essentiel de conserver un État-providence général et de ne pas adapter de politiques pour les plus vulnérables ».

Sur ce point, le fiscaliste Luc Godbout, qui dirige en ce moment un comité de révision de la fiscalité au Québec, explique, avec Suzie St-Cerny, que le Québec utilise moins la taxe à la consommation que les pays scandinaves. Et il pose la question : « Se pourrait-il que […] les pays scandinaves structurent leur fiscalité de manière plus intelligente? » Il ajoute que les pays scandinaves « appliquent des taux d’imposition sur les profits des sociétés plus faibles que le Québec et que la moyenne des pays de l’OCDE » et qu’ils « imposent moins les dividendes que le Québec ».

Il prend la Suède en exemple en affirmant que le pays « articule sa politique fiscale en tenant compte du faire que surtaxer le profit, l’investissement et l’accumulation de capital n’est pas une bonne manière de favoriser la création d’emploi et de richesse […] La fiscalité suédoise intègre le fait qu’ultimement ce sont les individus qui supportent le poids de la fiscalité. Ainsi donc, elle met davantage à contribution les individus les plus susceptibles de profiter des services publics ou des programmes sociaux ».

Les Québécois veulent-ils bonifier leur modèle en s’inspirant du succès scandinave? Ou en ont-ils soupé de l’universalité des programmes et des charges fiscales élevées? Qu’en pensez-vous?

L’Arabie saoudite n’est plus le meneur mondial incontesté du pétrole. La Russie produit 10,6 millions de barils par jour, les États-Unis sont à 8,8 millions. Et, entre les deux, l’Arabie saoudite produit en ce moment 9,7 millions de barils par jour. Est-ce pour retrouver sa première place sur la planète pétrole qu’elle fait actuellement pression pour faire chuter les cours et nuire ainsi aux producteurs de pétrole de schiste des États-Unis? Ou est-ce pour maintenir à distance l’Iran et la Russie que l’Arabie saoudite, de connivence avec les Américains, fait pression sur les cours du pétrole en ce moment?

La théorie du complot est proche, les analyses et suppositions se multiplient, mais disons simplement que les mesures prises par l’Arabie saoudite au cours des dernières semaines contribuent à la baisse de plus de 25 % des prix du pétrole à New York et à Londres.

On rapporte que l’Arabie saoudite offre son pétrole au rabais aux pays d’Asie en retour de contrats de longue durée et d’une augmentation des exportations saoudiennes. L’Arabie saoudite, qui est assise sur les plus importantes réserves conventionnelles de pétrole du monde, peut vivre avec un prix à la baisse, étant donné le plus faible coût de production du pétrole traditionnel. Le maintien, voire l’augmentation d’une offre excédentaire par l’Arabie saoudite, fait mal à tous les pays producteurs de pétrole dont les seuils de rentabilité sont plus élevés.

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Base pétrolière d’Aramco à Al Khurais en Arabie saoudite (archives) Photo : AFP/MARWAN NAAMANI

Il faut dire que les États-Unis ne cessent d’augmenter leur production grâce au développement de la technologie de fracturation, qui permet l’extraction du pétrole de schiste au Texas et dans le Dakota du Nord. Ils ouvrent également leur marché à l’exportation de pétrole, du jamais vu en quatre décennies. Les Américains pourraient exporter jusqu’à 1 million de barils par jour d’ici la fin de l’année.

La hausse de production en Irak, en Iran et en Libye contribue aussi à une offre qui grimpe plus rapidement que la demande. La croissance de cette demande n’atteint même pas 1 %, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Cette dernière vient de réviser à la baisse ses prévisions de croissance de la demande pour 2014 et 2015, au moment où les économies de la Chine, de l’Allemagne, du Japon et de la Russie ralentissent.

Au Canada, pendant ce temps, les producteurs de l’Alberta commencent à réfléchir à leurs options. Selon l’AIE, le quart des nouveaux projets dans les sables bitumineux pourraient être compromis si le pétrole chute sous les 80 $ le baril pour une période prolongée. Les projets déjà en développement ne seraient pas en danger. Le prix minimum de rentabilité pour ces projets est de 63,50 $US le baril en moyenne. Mais les projets qui sont dans les cartons sont beaucoup plus coûteux, avec un seuil de rentabilité qui se situe entre 85 et 115 $US le baril.

Orage boursier en vue?

Mardi 14 octobre 2014 à 16 h 56 | | Pour me joindre

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Par un petit dimanche de septembre, il y a trois semaines, le ministre des Finances de la Chine, Lou Jiwei, a déclaré à la presse que son gouvernement n’avait pas l’intention de modifier ses politiques en réaction à une donnée économique en particulier. La croissance de la production industrielle est moins forte que par le passé. C’est la plus faible en Chine depuis décembre 2008, et tous les opérateurs de marché s’en inquiètent.

Depuis cette déclaration chinoise, l’indice de référence aux États-Unis, le Standard and Poors 500, a perdu 7 % de sa valeur. Depuis son sommet le 3 septembre dernier, le TSX à Toronto a perdu près de 10,5 % de sa valeur, officiellement en correction.

Ce qui se passe en Chine a un effet majeur sur les marchés boursiers. Mais ce n’est pas le seul. Une succession d’événements explique l’incertitude actuelle en bourse. Et la Chine a possiblement servi de déclencheur à un ralentissement de la croissance des bourses.

Voici ce que vous devez savoir en cinq points :

  1. Les cours du pétrole sont en baisse depuis juin dernier, alors que l’offre semble dépasser une demande qui ralentit. Les États-Unis pourraient commencer à exporter de leur pétrole. La Libye recommence à produire normalement du pétrole. Et la Chine ralentit;
  2. La Chine, justement, a révisé à la baisse ses projections de croissance économique en septembre, indiquant du même coup qu’elle n’allait pas intervenir pour stimuler davantage son économie;
  3. L’Europe, et au premier chef l’Allemagne, s’approche d’une récession en raison notamment du conflit en cours avec la Russie dans le dossier de l’Ukraine;
  4. L’Europe et le Japon pourraient baisser leur taux d’intérêt, alors que les États-Unis semblent s’approcher d’une hausse en 2015, ce qui favorise la montée du dollar américain. Cette hausse du dollar rend moins intéressants les investissements dans les ressources comme le pétrole, qui sont négociées en dollars américains;
  5. Différents événements géopolitiques créent des tensions continues : le groupe armé État islamique, Russie-Ukraine, Ebola, etc.

Petrole-BRENTLe FMI a donc révisé à la baisse ses prévisions de croissance économique mondiale. Cela a poussé sa directrice, Christine Lagarde, à déclarer que nous entrons dans une zone de croissance économique médiocre. Il s’agit d’événements extérieurs au Canada, a tenu à spécifier le ministre fédéral des Finances, Joe Oliver. Mais ils ont néanmoins un impact sur l’économie canadienne et sur les marchés boursiers canadiens.

Le marché canadien réagit fortement aux attentes de croissance et de demande mondiales. Ce marché est lié aux métaux et aux ressources. Et il est donc sensible aux fluctuations économiques. Le marché américain réagit aussi aux marchés des ressources, mais également à la stimulation de la Réserve fédérale, aux données économiques fondamentales de l’économie américaine et aux résultats des entreprises.

Dans les circonstances, il est possible que le marché canadien réagisse plus négativement aux incertitudes mondiales liées à la Chine, l’Europe et les prix de l’énergie. D’ailleurs, le marché canadien est déjà entré dans la zone qui est considérée comme étant une correction : baisse de plus de 10 % depuis le dernier sommet.

S&P / TSX

depuis 1 an : +8,9 %

depuis le début de l’année : +3 %

depuis le sommet (3 sept.) : -10,5 %

 

Le pouvoir des médias sociaux

Jeudi 9 octobre 2014 à 12 h 43 | | Pour me joindre

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Ce n’est pas nouveau, mais cet exemple est spectaculaire : Lego met fin à son association d’affaires avec Shell à la suite d’une campagne menée sur le web par l’organisme militant Greenpeace. La vidéo met en scène une maquette de briquettes Lego, dont certaines affichent le logo de la pétrolière, et qui se retrouvent submergées d’une matière visqueuse, épaisse, noire, qui est présentée comme étant du pétrole.

On comprend le message de Greenpeace, qui nous invite à signer une pétition. Lego expose les enfants à une entreprise qui pollue en exploitant une énergie fossile, notamment dans l’Arctique. Plus de un million de personnes ont signé la pétition, et Lego vient d’annoncer la fin de son association avec Shell. L’impact de la campagne en ligne du groupe environnemental aura été dévastateur.

La relation entre les entreprises était vieille d’un demi-siècle. Dans un communiqué, Jorgen Vig Knudstrop, le PDG du Groupe Lego, affirme que l’intérêt de son entreprise, c’est de « laisser un impact positif dans la société et sur cette planète que nous allons léguer à nos enfants ».  Lego dénonce la stratégie de Greenpeace, mais en arrive à la conclusion que l’entreprise « ne va pas renouveler le contrat de copromotion conclu avec Shell lorsque l’entente actuelle se terminera ».

Lego est d’avis que Greenpeace devrait viser directement et seulement Shell, sans mettre en cause une autre entreprise, comme Lego, et les enfants. « Les attentes de nos actionnaires sont élevées sur notre façon de gérer notre entreprise. Les nôtres aussi. Et nous ne sommes pas d’accord avec les stratégies utilisées par Greenpeace qui peuvent provoquer une mauvaise compréhension chez nos actionnaires sur la gestion de nos activités. »

Lego, une société danoise vieille de 82 ans, est détenue par des actionnaires privés.

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Dans un communiqué, Greenpeace affirme que Lego a cédé à la « pression populaire » et qu’il s’agit «d’un très grand coup pour Shell. La société a désespérément besoin de partenaires comme Lego pour lui donner une apparence respectable ».

S’il fallait trouver un autre exemple de la force des médias sociaux, en voici un particulièrement révélateur. Lego et Shell sont associés depuis les années 60. Du pétrole, nous en consommons, nous allons encore en consommer. Nous savons toutefois qu’il y a une transition énergétique qui doit se faire pour réduire notre impact écologique. Greenpeace, un groupe de pression, lance une campagne marquante sur le web, Lego prend panique, craint pour sa réputation, et annonce la fin de son association avec Shell.

Alors, selon vous, la campagne de Greenpeace représente-t-elle de la diffamation envers Shell et Lego? Ou est-ce plutôt la représentation d’un nouveau pouvoir dans notre société, celui des médias sociaux, que les entreprises doivent savoir gérer afin de protéger leur réputation?

Pourquoi le prix de l’essence ne baisse-t-il pas, alors que les cours du pétrole sont en chute? Le Brent est à son plus bas en 27 mois, en baisse d’environ 15 % depuis un an. Pourtant, le prix de l’essence demeure au même niveau qu’il y a un an. En fait, à Montréal, la moyenne des 52 dernières semaines, à 1,40 $ le litre, est plus élevée que le prix moyen des deux dernières années, à environ 1,37 $. Et mercredi matin, certaines stations affichaient 1,47 $ le litre.

Comme nous en avons discuté ensemble à quelques reprises, le prix du pétrole compte pour 45 % de votre litre de carburant. Les taxes représentent 35 %. Le reste, environ 20 %, ce sont les marges de raffinage et de détail. Et ces deux dernières composantes expliquent en partie le coût toujours élevé de l’essence.

Selon la Régie de l’énergie, la marge de raffinage était évaluée à 17 ¢ sur le litre d’essence vendue, comparativement à une moyenne de 8 ¢ depuis un an. Ce matin aussi, la marge du détaillant montréalais était de 10,6 ¢, alors que la moyenne est de 6,3 ¢.

Il y a un autre facteur qui explique pourquoi le prix moyen ne baisse pas. Au-delà des variations quotidiennes des marges des détaillants, il y a un élément fondamental dans le prix de notre litre d’essence qu’on oublie : le dollar canadien. La faiblesse du dollar canadien a un impact majeur sur le prix du litre d’essence que vous consommez ces jours-ci.

Il y a un an, le dollar canadien était à 97 ¢US, alors que le baril de pétrole Brent se vendait entre 102 et 110 $. Aujourd’hui, notre dollar est à 89 ¢US, alors que le pétrole se négocie à 95 $.

Et donc…

Il y a un an, le 1er octobre 2013, le prix du Brent était de 102,09 $US le baril. Avec un dollar canadien à 96,78 ¢US, il en coûtait alors 105,49 $ une fois la conversion faite.

Aujourd’hui, 1er octobre 2014, le prix du Brent est de 95,78 $US le baril. Avec un dollar canadien à 89,29 ¢US, il en coûte ainsi 107,27 $ canadiens pour acheter un baril de Brent.

La chute du dollar canadien annule totalement la baisse du prix du pétrole. Même qu’il en coûte plus cher d’acheter aujourd’hui du pétrole à 95 $ le baril qu’il y a un an à 102 $ le baril.

Alors, il y a une dynamique de marché qui favorise la hausse des prix du raffinage en ce moment, surtout aux États-Unis. Et il y a la réalité, qu’on a souvent décrite, qui permet aux détaillants de jouer avec leurs marges quotidiennes, peu importe les facteurs fondamentaux. Mais il y a un élément majeur qui pénalise l’automobiliste québécois ces jours-ci : la chute du dollar canadien. C’est important parce que pendant ce temps, aux États-Unis, le prix moyen de l’essence est à son plus bas depuis février dernier.

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Source : Régie de l’énergie du Québec

Le vrai problème du Plan Nord

Mercredi 24 septembre 2014 à 14 h 23 | | Pour me joindre

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Sur le plan politique, il est de bon ton de dire que le Plan Nord est mort avec l’arrivée du Parti québécois au pouvoir et qu’il vient de ressusciter avec le retour des libéraux. C’est un peu plus complexe que cela dans la réalité. Oui, le vocable « Plan Nord » a été abandonné par le gouvernement Marois, mais le développement du Nord ne s’est pas arrêté pour autant. On ne peut pas exclure l’impact des décisions d’un gouvernement sur le développement économique, mais dans ce cas-ci, une bonne partie du problème est ailleurs. Mais vraiment ailleurs.

Et, péquistes ou libéraux, le problème est encore le même aujourd’hui : le marché est en déclin, les prix baissent, les entreprises hésitent. C’était vrai en 2013. C’est encore le cas cette année. Le premier ministre Philippe Couillard a d’excellentes raisons de miser sur le développement du Nord et d’aller en parler à des investisseurs à New York. Mais, dans le contexte économique actuel, le gouvernement devra être très généreux en avantages fiscaux pour stimuler les investissements. Et, comme on le sait, Québec ne semble pas très enclin à faire des cadeaux à des entreprises en ce moment.

Le marché est à son plus bas en cinq ans. Pourquoi? Parce que la Chine ralentit. La deuxième économie mondiale ne croît plus à 9 ou 10 % par année. Elle est plus près de la barre de 7 %, et les récents signaux économiques en provenance de Pékin laissent croire à un ralentissement de la demande.

Prenez l’or et le fer, deux minéraux développés au Québec. L’or a chuté en 2013, a remonté légèrement en 2014 et est maintenant reparti à la baisse depuis le début de l’été.

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Ce tableau de Bloomberg illustre l’évolution de l’indice des ressources, le prix du pétrole BRENT et le prix du fer. La tendance est nettement à la baisse :

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Le test de la réalité, c’est les chiffres du marché. On peut bien dire qu’on relance le Plan Nord. Si la demande n’est pas au rendez-vous, si les prix culbutent, les promesses auront du mal à décoller. À moins que le gouvernement Couillard sorte le chéquier!

La devise, l’Écosse et le Québec

Mardi 9 septembre 2014 à 16 h 46 | | Pour me joindre

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Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, répète qu’il ne veut pas d’union monétaire avec une Écosse indépendante. Ça ne marcherait pas, selon lui. Une union monétaire est incompatible avec la souveraineté de l’Écosse. Un tel projet nécessite un accord  de libre-échange, une union bancaire et un filet fiscal solide, de l’avis de l’ancien gouverneur de la Banque du Canada.

Il va plus loin. Regardez ce qui se passe dans la zone euro, dit-il, pour constater combien le projet d’une union monétaire est difficile. Mark Carney, on a compris, n’est pas en faveur de l’indépendance de l’Écosse et ne croit pas qu’un nouveau pays nommé Écosse pourrait utiliser facilement la livre sterling. On imagine qu’une Écosse indépendante aurait le droit de négocier avec la livre sterling, mais à quel prix si elle n’a pas de pouvoirs monétaires?

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Mark Carney exprime sa position dans un contexte de plus en plus tendu, alors que l’option du oui gagne du terrain dans les sondages en Écosse. Une enquête réalisée il y a quelques jours donne l’option favorable à l’indépendance en avance par 2 points. C’est très serré.

Loin d’Édimbourg et de Londres, et loin d’un nouveau référendum sur la souveraineté du Québec, l’économiste Serge Coulombe, professeur à l’Université d’Ottawa, publie un texte favorable à la création d’un dollar québécois dans un éventuel Québec souverain. Et lui aussi, dans un contexte bien différent, est d’avis que l’expérience de la zone euro doit nourrir la réflexion de ceux et celles qui croient à l’indépendance du Québec.

1552221-gf« L’expérience européenne récente, écrit Serge Coulombe dans Le Québec économique 2013-2014, tend à montrer que les pays qui ont laissé à une tierce partie le pouvoir de créer leur monnaie ont beaucoup perdu sur le plan de la stabilisation économique. »

Depuis la publication d’une étude sur l’utilisation du dollar canadien dans un Québec souverain, en 1978, par l’économiste Benard Fortin, il s’est passé deux choses, dit Serge Coulombe : la zone euro et l’essor pétrolier de l’ouest du Canada. Le dollar canadien est aujourd’hui très lié à l’évolution des cours du pétrole. Et la hausse du prix du pétrole a entraîné une majoration du dollar canadien qui a nui considérablement aux exportations du Québec.

Pour lui, maintenir le dollar canadien après un vote pour l’indépendance du Québec serait néfaste. « En quittant la fédération canadienne et en gardant le dollar canadien, le Québec n’aurait plus accès aux bienfaits découlant de la distribution du boum des ressources par le mécanisme du fédéralisme fiscal, mais conserverait une pétro-monnaie. »

En faisant abstraction de toutes positions politiques, cette réflexion de Serge Coulombe est intéressante. Elle rejoint celle de Mark Carney finalement, bien qu’elle n’est probablement pas animée des mêmes intentions. Il est intéressant de constater que ni l’Écosse ni le Québec de Pauline Marois, le printemps dernier, n’envisageaient la création d’une nouvelle monnaie. Ont-ils bien étudié la question?