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Pourquoi le prix de l’essence ne baisse-t-il pas, alors que les cours du pétrole sont en chute? Le BRENT est à son plus bas en 27 mois, en baisse d’environ 15 % depuis un an. Pourtant, le prix de l’essence demeure au même niveau qu’il y a un an. En fait, à Montréal, la moyenne des 52 dernières semaines, à 1,40 $ le litre, est plus élevée que le prix moyen des deux dernières années, à environ 1,37 $. Et ce matin, certaines stations affichaient 1,47 $ le litre.

Comme nous en avons discuté ensemble à quelques reprises, le prix du pétrole compte pour 45 % de votre litre de carburant. Les taxes représentent 35 %. Le reste, environ 20 %, ce sont les marges de raffinage et de détail. Et ces deux dernières composantes expliquent en partie le coût toujours élevé de l’essence. Ce matin, selon la Régie de l’énergie, la marge de raffinage était évaluée à 17 cents sur le litre d’essence vendue, comparativement à une moyenne de 8 cents depuis un an. Ce matin aussi, la marge du détaillant montréalais était de 10,6 cents, alors que la moyenne est de 6,3 cents.

Mais, il y a un autre facteur qui explique que le prix moyen ne baisse pas. Au-delà des variations quotidiennes des marges des détaillants, il y a un élément fondamental dans le prix de notre litre d’essence qu’on oublie : le dollar canadien. La faiblesse du dollar canadien a un impact majeur sur le prix du litre d’essence que vous consommez ces jours-ci.

Il y a un an, le dollar canadien était à 97 cents US alors que le baril de pétrole BRENT se vendait entre 102 et 110 $. Aujourd’hui, notre dollar est à 89 cents US, alors que le pétrole se négocie à 95 $.

Et donc…

Il y a un an, le 1er octobre 2013, le prix du BRENT était de 102,09 $ US le baril. Avec un dollar canadien à 96,78 cents US, il en coûtait alors 105,49 $ une fois la conversion faite.

Aujourd’hui, 1er octobre 2014, le prix du BRENT est de 95,78 $ US le baril. Avec un dollar canadien à 89,29 cents US, il en coûte ainsi 107,27 $ canadiens pour acheter un baril de BRENT.

Donc, la chute du dollar canadien annule totalement la baisse du prix du pétrole. Même qu’il en coûte plus cher d’acheter aujourd’hui du pétrole à 95 $ le baril qu’il y a un an à 102 $ le baril.

Alors, il y a une dynamique de marché qui favorise la hausse des prix du raffinage en ce moment, surtout aux États-Unis. Et il y a la réalité, qu’on a souvent décrite, qui permet aux détaillants de jouer avec leurs marges quotidiennes, peu importe les facteurs fondamentaux. Mais, il y a un élément majeur qui pénalise l’automobiliste québécois ces jours-ci : la chute du dollar canadien. C’est important parce que pendant ce temps, aux États-Unis, le prix moyen de l’essence est à son plus bas depuis février dernier.

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Source : Régie de l’énergie du Québec

Le vrai problème du Plan Nord

Mercredi 24 septembre 2014 à 14 h 23 | | Pour me joindre

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Sur le plan politique, il est de bon ton de dire que le Plan Nord est mort avec l’arrivée du Parti québécois au pouvoir et qu’il vient de ressusciter avec le retour des libéraux. C’est un peu plus complexe que cela dans la réalité. Oui, le vocable « Plan Nord » a été abandonné par le gouvernement Marois, mais le développement du Nord ne s’est pas arrêté pour autant. On ne peut pas exclure l’impact des décisions d’un gouvernement sur le développement économique, mais dans ce cas-ci, une bonne partie du problème est ailleurs. Mais vraiment ailleurs.

Et, péquistes ou libéraux, le problème est encore le même aujourd’hui : le marché est en déclin, les prix baissent, les entreprises hésitent. C’était vrai en 2013. C’est encore le cas cette année. Le premier ministre Philippe Couillard a d’excellentes raisons de miser sur le développement du Nord et d’aller en parler à des investisseurs à New York. Mais, dans le contexte économique actuel, le gouvernement devra être très généreux en avantages fiscaux pour stimuler les investissements. Et, comme on le sait, Québec ne semble pas très enclin à faire des cadeaux à des entreprises en ce moment.

Le marché est à son plus bas en cinq ans. Pourquoi? Parce que la Chine ralentit. La deuxième économie mondiale ne croît plus à 9 ou 10 % par année. Elle est plus près de la barre de 7 %, et les récents signaux économiques en provenance de Pékin laissent croire à un ralentissement de la demande.

Prenez l’or et le fer, deux minéraux développés au Québec. L’or a chuté en 2013, a remonté légèrement en 2014 et est maintenant reparti à la baisse depuis le début de l’été.

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Ce tableau de Bloomberg illustre l’évolution de l’indice des ressources, le prix du pétrole BRENT et le prix du fer. La tendance est nettement à la baisse :

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Le test de la réalité, c’est les chiffres du marché. On peut bien dire qu’on relance le Plan Nord. Si la demande n’est pas au rendez-vous, si les prix culbutent, les promesses auront du mal à décoller. À moins que le gouvernement Couillard sorte le chéquier!

La devise, l’Écosse et le Québec

Mardi 9 septembre 2014 à 16 h 46 | | Pour me joindre

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Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, répète qu’il ne veut pas d’union monétaire avec une Écosse indépendante. Ça ne marcherait pas, selon lui. Une union monétaire est incompatible avec la souveraineté de l’Écosse. Un tel projet nécessite un accord  de libre-échange, une union bancaire et un filet fiscal solide, de l’avis de l’ancien gouverneur de la Banque du Canada.

Il va plus loin. Regardez ce qui se passe dans la zone euro, dit-il, pour constater combien le projet d’une union monétaire est difficile. Mark Carney, on a compris, n’est pas en faveur de l’indépendance de l’Écosse et ne croit pas qu’un nouveau pays nommé Écosse pourrait utiliser facilement la livre sterling. On imagine qu’une Écosse indépendante aurait le droit de négocier avec la livre sterling, mais à quel prix si elle n’a pas de pouvoirs monétaires?

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Mark Carney exprime sa position dans un contexte de plus en plus tendu, alors que l’option du oui gagne du terrain dans les sondages en Écosse. Une enquête réalisée il y a quelques jours donne l’option favorable à l’indépendance en avance par 2 points. C’est très serré.

Loin d’Édimbourg et de Londres, et loin d’un nouveau référendum sur la souveraineté du Québec, l’économiste Serge Coulombe, professeur à l’Université d’Ottawa, publie un texte favorable à la création d’un dollar québécois dans un éventuel Québec souverain. Et lui aussi, dans un contexte bien différent, est d’avis que l’expérience de la zone euro doit nourrir la réflexion de ceux et celles qui croient à l’indépendance du Québec.

1552221-gf« L’expérience européenne récente, écrit Serge Coulombe dans Le Québec économique 2013-2014, tend à montrer que les pays qui ont laissé à une tierce partie le pouvoir de créer leur monnaie ont beaucoup perdu sur le plan de la stabilisation économique. »

Depuis la publication d’une étude sur l’utilisation du dollar canadien dans un Québec souverain, en 1978, par l’économiste Benard Fortin, il s’est passé deux choses, dit Serge Coulombe : la zone euro et l’essor pétrolier de l’ouest du Canada. Le dollar canadien est aujourd’hui très lié à l’évolution des cours du pétrole. Et la hausse du prix du pétrole a entraîné une majoration du dollar canadien qui a nui considérablement aux exportations du Québec.

Pour lui, maintenir le dollar canadien après un vote pour l’indépendance du Québec serait néfaste. « En quittant la fédération canadienne et en gardant le dollar canadien, le Québec n’aurait plus accès aux bienfaits découlant de la distribution du boum des ressources par le mécanisme du fédéralisme fiscal, mais conserverait une pétro-monnaie. »

En faisant abstraction de toutes positions politiques, cette réflexion de Serge Coulombe est intéressante. Elle rejoint celle de Mark Carney finalement, bien qu’elle n’est probablement pas animée des mêmes intentions. Il est intéressant de constater que ni l’Écosse ni le Québec de Pauline Marois, le printemps dernier, n’envisageaient la création d’une nouvelle monnaie. Ont-ils bien étudié la question?

Le problème de la retraite au Canada

Lundi 1 septembre 2014 à 6 h 46 | | Pour me joindre

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Le Canada fait partie des pays où les régimes publics remplacent le moins le revenu de travail à la retraite. Selon l’OCDE, la pension de vieillesse, le supplément de revenu garanti et les rentes de la RRQ ou du RPC représentent environ 39 % du revenu de travail d’une personne de 65 ans et plus. La moyenne des 30 pays de l’OCDE est de 59 %. L’écart est considérable.

Pour voir ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici

Si vous n’avez pas de régime d’employeur, ce qui est le cas de plus de 60 % des travailleurs au Canada, vous devez absolument avoir mis un peu d’argent de côté durant votre vie active pour espérer maintenir votre niveau de vie à la retraite. Les experts évaluent qu’il faut viser un revenu équivalent à 70 % de votre revenu de travail annuel pour espérer bien vivre. Autrement dit, si votre revenu annuel de travail était de 50 000 $, il vous faut planifier un revenu de retraite d’au moins 35 000 $.

Pour y arriver, vous pouvez compter sur la sécurité de la vieillesse (moins de 7000 $ par année) et les rentes auxquelles vous avez cotisé au cours de votre vie de travail par le truchement de la RRQ ou du RPC (maximum de 12 500 $ par année). Le reste doit être comblé par un revenu provenant d’un régime complémentaire de retraite ou un REER. Si vous n’y arrivez pas et que votre revenu ne dépasse pas 16 000 $ annuellement, vous aurez droit au SRG, le supplément de revenu garanti (9000 $ maximum par année). Au Canada, une personne de 65 ans et plus sur trois a besoin du SRG. Au Québec, c’est une personne de 65 ans et plus sur deux.

Pour regarder ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici

Que faire pour améliorer le sort des retraités et des futurs retraités?

  • À votre avis, faut-il bonifier le Régime des rentes du Québec et le Régime de pensions du Canada, quitte à ce qu’il faille cotiser davantage annuellement? L’Ontario a décidé de créer son régime des rentes qui viendra ajouter une somme supplémentaire aux rentes du Régime de pensions du Canada. Est-ce que l’Ontario est l’exemple à suivre?
  • Faut-il rendre le REER obligatoire, créer une sorte d’épargne obligatoire pour s’assurer que les gens auront suffisamment de revenus à la retraite?
  • Ou faut-il laisser la situation telle quelle en tentant de miser sur une meilleure éducation à l’épargne, même si beaucoup de gens affirment avoir de trop bas revenus pour arriver à épargner?

Qu’en pensez-vous?

L’inquiétant ralentissement

Vendredi 29 août 2014 à 11 h 54 | | Pour me joindre

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Les récentes données sur l’emploi et le PIB soulèvent des inquiétudes sur la solidité de l’économie québécoise. Le gouvernement Couillard doit déjà revoir ses chiffres. On évoque la possibilité de présenter un minibudget à l’automne pour mettre à jour les prévisions et mettre en oeuvre les mesures de révision demandées aux comités sur la fiscalité et les programmes.

Alors qu’on apprend que le gouvernement procède à des compressions au ministère de la Faune, l’austérité est-elle appropriée dans un contexte de faible croissance du PIB et de l’emploi?

Voici deux graphiques, qui parlent :

 

Tout porte à croire que la chaîne américaine Burger King veut acheter la Canadienne Tim Hortons et installer son siège social en Ontario pour des raisons fiscales. Le taux moyen d’imposition des entreprises est de 40 % aux États-Unis. Il est aujourd’hui de 26,5 % en moyenne au Canada (15 % + l’impôt moyen des provinces). Et, comme plusieurs autres entreprises américaines depuis deux ans, Burger King semble vouloir utiliser la stratégie de l’inversion fiscale pour améliorer son sort.

L’inversion fiscale consiste pour une entreprise à acheter une société étrangère, à installer son siège social dans le pays de l’entreprise achetée pour lui permettre de profiter de taux d’impôt plus bas. Plusieurs analystes sont d’avis que c’est l’intention première de Burger King en négociant une transaction avec Tim Hortons.

Les entreprises cherchent continuellement des façons d’augmenter leurs revenus, leurs profits, leurs marges. Dans le cas d’une entreprise en bourse, la pression est forte. Il faut continuellement chercher des façons de valoriser l’avoir des actionnaires. Burger King n’agit pas différemment des autres sociétés dans cette affaire. Et quels sont les moyens dont l’entreprise dispose pour améliorer sa situation?

Depuis le début de 2012, au moins 21 entreprises américaines ont annoncé ou conclu des transactions dans le but de déménager leur siège social et de réduire leur facture fiscale. C’est considérable, et l’affaire est devenue un enjeu d’État. Le président des États-Unis, Barack Obama, demande au Congrès d’agir et de légiférer pour réduire l’attrait de l’inversion fiscale pour les entreprises.

Cette histoire nous rappelle la saga des fiducies de revenus il y a quelques années au Canada. En transformant une société à actions en une fiducie de revenus, les sociétés pouvaient ainsi réduire l’impôt à payer. Le gouvernement a dû corriger la situation pour mettre fin à ces opérations d’évitement fiscal qui étaient, il faut le dire, entièrement légales. Mais la brèche fiscale était béante et il fallait agir.

Nous sommes dans un cas de figure semblable, mais cette fois aux États-Unis. Une entreprise, qui voit à son strict intérêt financier, va jusqu’à s’installer dans un autre pays. Le gouvernement américain doit-il intervenir? Et le Canada peut-il laisser un géant américain acheter un « fleuron » canadien simplement parce qu’il choisit d’installer son siège social en sol canadien?

 

Voilà, c’est la Banque mondiale qui l’affirme. Les gens dans le déni devront encore se chercher des arguments. Cette institution, qui n’est pas reconnue pour vouer un culte aveugle à Marx, Keynes ou Krugman, nous dit que de lutter contre les changements climatiques, ce sera bon pour l’économie!

Une étude publiée lundi par la Banque mondiale vient s’ajouter au tonitruant consensus scientifique sur les changements climatiques, alors que 97 % des études en reconnaissent l’existence.

« Les coûts grandissants de la dégradation environnementale dans plusieurs pays en développement menacent de plus en plus les objectifs de la Banque mondiale, qui sont ceux de réduire la pauvreté et de mieux répartir la prospérité », peut-on lire dans le rapport.

Selon une étude récente, 5,7 % du PIB de l’Inde en 2009 a été perdu dans la dégradation environnementale, avec environ 3,3 % attribuable aux émissions polluantes atmosphériques. En Chine, l’importante pollution de l’air étouffe le développement socioéconomique régional.

La Banque mondiale évoque trois études de cas portant sur les impacts de politiques législatives et fiscales qui seraient adoptées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour y arriver, l’étude évoque des politiques en matière de transport et d’efficacité énergétique industrielle, électronique et immobilière. Ces études portent sur six régions : les États-Unis, la Chine, l’Union européenne, l’Inde, le Mexique et le Brésil.

Ainsi, ces politiques permettraient d’ajouter de 1800 à 2600 milliards de dollars au PIB annuel mondial en 2030. Environ 94 000 naissances prématurées liées à la pollution de l’air seraient évitées. Ces politiques pourraient également éviter la production de 8,5 milliards de tonnes métriques de CO2 et permettraient l’économie de 16 milliards de kWh d’énergie. C’est comme si on enlevait de la route deux milliards d’automobiles!

« À elles seules, ces politiques représenteraient 30 % de la réduction totale nécessaire en 2030 pour limiter l’élévation de la température de la planète de 2 degrés Celsius. »

En faisant écho à cette étude, le Guardian de Londres a choisi de publier une photo du premier ministre du Canada Stephen Harper, qui disait récemment qu’il était difficile d’imposer des restrictions pour des raisons environnementales, de crainte de nuire à la croissance de l’emploi et de l’économie. L’étude de la Banque mondiale pourrait lui inspirer de nouvelles réflexions sur cet enjeu.

À lire aussi : Les changements climatiques coûteront des milliards aux États-Unis.

Le Canada possède les réserves de pétrole les plus importantes du monde avec l’Arabie saoudite et le Venezuela. Ces réserves sont actuellement estimées à 175 milliards de barils, soit environ 75 ans de production au rythme prévu en 2030. C’est énorme! Et que vous soyez ou non pour le développement de cette énergie fossile, le Canada a fait le choix très clair de produire encore plus de pétrole à l’avenir.

La décision d’Ottawa sur le projet de pipeline Northern Gateway s’inscrit dans une stratégie tous azimuts visant un accroissement de la production et des exportations. La croissance de l’un ne va pas sans l’autre, de là la vaste offensive canadienne pour de multiples projets d’oléoducs, vers Kitimat puis Burnaby en Colombie-Britannique, vers le golfe du Mexique avec le projet Keystone XL, vers le Midwest américain, puis vers l’est du Canada, en passant par le Québec. On tire dans toutes les directions.

La production actuelle du Canada est de 3,5 millions de barils par jour. D’ici 15 ans, ce niveau de production devrait augmenter de plus de 80 % à 6,4 millions de barils par jour. En ce moment, 1 baril sur 4 est destiné à des raffineries canadiennes. Le reste est exporté aux États-Unis.

Le potentiel sur le marché canadien est intéressant, mais les pétrolières visent à augmenter leurs exportations vers les États-Unis, mais aussi vers l’Asie. En raison du manque de débouchés en ce moment, le pétrole canadien se vend environ 20 $ moins cher que le pétrole américain, dont le baril dépasse les 100 $.

L’Association canadienne des produits pétroliers a déterminé les marchés supplémentaires possibles pour le pétrole albertain, dans la mesure où des pipelines sont ajoutés :

  • 640 000 bpj : c’est ce qu’importent les raffineries du Québec et de l’Atlantique, c’est environ 90 % du pétrole raffiné dans l’est du pays;
  • 680 000 bpj : c’est l’ajout possible de pétrole que le Canada pourrait exporter vers les raffineries américaines du golfe du Mexique. En ce moment, ces installations raffinent 8 millions de barils par jour, dont 2 millions provenant de pétrole importé. L’association est d’avis que le Canada pourrait remplacer 680 000 barils par jour de ce pétrole importé;
  • 465 000 bpj : c’est le potentiel d’exportations pour les pétrolières canadiennes vers les raffineries du Midwest américain actuellement en rénovation pour transformer davantage de pétrole lourd;
  • 100 000 bpj : vers les raffineries les États de Washington et de Californie;
  • 100 000 bpj : vers les raffineries de la côte est américaine, qui ajouteraient à leur capacité.

À cela, le Canada vise aussi la Chine et l’Inde. En ce moment, la demande en pétrole importé des deux pays émergents les plus importants du monde est de 9,7 millions de barils par jour. Projection pour 2030? 17,7 millions! Le Canada veut une part du gâteau.

Stephen Harper a été très clair : « Aucun pays, quoi qu’ils en disent, ne veut entreprendre des actions sur le changement climatique qui détruiront les emplois et la croissance […] Nous sommes juste un peu plus francs à ce propos. »

Le premier ministre exprime une inquiétude réelle : la réduction des gaz à effet de serre (GES) pourrait-elle entraîner un ralentissement de l’économie? La question est légitime. Mais il faut se poser aussi une autre question : la hausse continue des GES, notamment par l’exploitation des sables bitumineux, pourrait-elle nuire davantage à l’économie dans 30 ans, dans 50 ans, dans 75 ans?

Taxer le carbone, pas la richesse!

Mercredi 11 juin 2014 à 13 h 38 | | Pour me joindre

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Le Canada ne fait pas ce qui doit être fait en matière de politiques environnementales, selon l’OCDE. Dans un rapport publié en marge de la Conférence de Montréal, l’organisme expose clairement la faiblesse du gouvernement canadien sur le plan de la taxation du carbone. Comme nous l’a expliqué le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, dans une entrevue qui sera diffusée mercredi soir à 18 h 30 (HAE) à RDI économie, les gouvernements n’aiment pas parler de taxe parce que ce n’est pas très gagnant dans les urnes!

Or, sur 34 pays membres de l’OCDE, le Canada est en queue de peloton avec les États-Unis et le Mexique pour ce qui est de la taxation des émissions de gaz à effet de serre. L’OCDE recommande d’utiliser des « instruments économiques pour tarifer les émissions de carbone ». Idéalement, c’est une taxe carbone qui devrait être adoptée, selon Angel Gurria. Une bourse du carbone est aussi une possibilité, mais l’expérience n’a pas été très concluante jusqu’à maintenant en Europe, rappelle le secrétaire général de l’OCDE.

À RDI économie mardi soir, le professeur Pierre-Olivier Pineau est venu expliquer toutefois que ce marché d’unités de carbone avait du potentiel. Dans la mesure où plusieurs États et provinces devaient se joindre à un marché continental du carbone, l’objectif ultime, qui est celui d’abaisser nos émissions de gaz à effet de serre, pourrait être atteint. Le gouvernement du Québec participe à ce marché depuis janvier. La Californie aussi. Des enchères d’unités ont eu lieu en mai.

Le principe est simple : le gouvernement autorise l’émission d’un nombre précis d’unités de carbone. Ce nombre est appelé à baisser d’année en année, afin de réduire les émissions annuelles. Une entreprise qui émet des gaz à effet de serre à un niveau plus élevé que prévu doit acheter des unités dans le marché organisé. Dans ce même marché, des entreprises peu polluantes peuvent vendre leurs unités à celles qui en ont besoin.

Le Canada a promis de réduire ses émissions de GES de 17 % en 2020 par rapport au niveau de 2005, sans s’engager toutefois sur le plan international, car il s’est exclu du protocole de Kyoto.

Cela dit, si l’OCDE parle de taxe carbone aujourd’hui, il ne faut pas croire que l’organisme vient de tomber en amour avec les impôts et les charges fiscales. À une question sur les solutions proposées par l’économiste Thomas Piketty pour réduire les écarts de richesse, Angel Gurria a clairement dit que l’idée de taxer les patrimoines et les plus riches n’est pas très porteuse. L’OCDE mise sur la croissance inclusive, une croissance qui n’alimente pas les inégalités, mais qui améliore les perspectives pour tous quant à l’emploi, l’éducation et la santé.

Il faut taxer davantage la pollution, mais pas la richesse, nous dit donc l’OCDE. Qu’en pensez-vous?

Le Canada et les riches

Lundi 2 juin 2014 à 12 h 27 | | Pour me joindre

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Le Globe and Mail rapporte lundi matin que la rémunération totale des hauts dirigeants d’entreprises au Canada a augmenté pour une quatrième année de suite en 2013, une hausse de 11 %. Certains dirigeants ont touché des montants si élevés que certains pays du monde pourraient pratiquement en être jaloux.

La rémunération évaluée de Gerald Schwartz, grand patron d’Onex, donne le tournis. Il a obtenu l’an dernier une rétribution totalisant 88 millions de dollars. Combien? Oui, vous avez bien lu : 88 millions de dollars. C’est une hausse de 561 % par rapport à l’année précédente. Voici comment il arrive à ce montant.

Gerald W. Schwartz, PDG d’Onex, en 2013 :

  • Salaire de base : 1 339 611 $
  • Boni : 25 178 068 $
  • Options* : 61 399 347 $
  • Total : 87 917 026 $

Les autres dirigeants qui suivent dans le classement ne sont certainement pas à plaindre, bien que le plus proche concurrent de Gerald Schwartz à ce chapitre n’ait touché qu’une rémunération totale évaluée à 30 % de celle du patron d’Onex. En voici quelques-uns.

Les patrons les mieux rémunérés au Canada en 2013 :

  • Gerald W. Schwartz, Onex : 87 917 026 $
  • Nadir Mohamed, Rogers : 26 769 973 $
  • Michael M. Wilson, Agrium : 23 818 740 $

Le journal Les Affaires a réalisé aussi à la fin de la semaine dernière un classement des dirigeants les mieux rémunérés des sociétés québécoises en bourse. Le gestionnaire de portefeuille Carl Simard, de Médici, est allé plus loin en réalisant une étude de l’efficacité de ces différents dirigeants. Il a évalué le rendement du capital des investisseurs, la croissance des profits par action depuis quatre ans et les revenus du dernier exercice de l’entreprise en question.

Résultat : au jeu du rapport qualité-prix, les mieux payés ne sont pas les plus efficaces ou les plus « rentables ». Sur 45 patrons, voici les cinq mieux payés.

Les patrons les mieux rémunérés au Québec en 2013 :

  1. Jeffrey Orr, Financière Power : 11,2 millions de dollars (efficacité : 38e rang)
  2. George Cope, BCE : 11 millions de dollars (efficacité : 36e rang)
  3. Michael Roach, CGI : 8,8 millions de dollars (efficacité : 34e rang)
  4. Claude Mongeau, CN : 8,2 millions de dollars (efficacité : 31e rang)
  5. Alain Bouchard, Couche-Tard : 7,9 millions de dollars (efficacité : 32e rang)

Les faits sont têtus. Oui, les inégalités grandissent et, oui, les plus riches s’enrichissent. Et ce ne sont plus les groupes habituels qui s’en inquiètent ou seulement les économistes de gauche, c’est aussi l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques. Dans une étude publiée à la mi-mai, l’organisme expliquait combien les plus riches touchent une part « disproportionnée » de la croissance des revenus depuis 30 ans. Et le Canada fait partie des pays où la portion de revenus qui va aux 1 % les plus riches est parmi la plus élevée.

Part de la croissance obtenue par les 1 % les plus riches (de 1975 à 2007) :

  • États-Unis : 46,9 %
  • Canada : 37,3 %
  • Royaume-Uni : 24,3 %
  • Australie : 22,5 %
  • Danemark : 2,5 %

Selon l’OCDE, les charges fiscales des plus riches ont baissé pendant cette période. On est passé d’une moyenne de 70 % « dans la moitié des pays de l’OCDE dans les années 70 » à environ la moitié de ce niveau dans plusieurs pays aujourd’hui.

Il est important de préciser que ces données rassemblées ici n’ont pas pour objectif de critiquer la richesse ou les riches. Les statistiques qui sont publiées dans ce billet de blogue portent sur la concentration de la richesse.

Et ces constats nous ramènent aux travaux de l’économiste Thomas Piketty, auteur du livre Le Capital au XXIe siècle. Les inégalités tendent à grandir davantage. Dans la mesure où la croissance des pays riches est appelée à demeurer faible, les écarts de richesse représentent-ils une menace à la cohésion sociale? Doit-on taxer les revenus plus élevés pour réduire la croissance de la richesse entre les mains d’un petit groupe de gens? Ou faut-il se réjouir de cet enrichissement privé, le valoriser et y voir une réussite du modèle capitaliste?

 

*Options : produit dérivé dont le prix d’achat ou de vente est déterminé à l’avance et que le propriétaire peut acheter ou vendre quand bon lui semble.