Billets classés sous la catégorie « Économie internationale »

La victoire de la gauche en Grèce ramène à l’avant-plan deux enjeux qui font toujours débat et sur lesquels il n’y a pas de consensus : l’austérité et l’euro.

Dans le cas de l’austérité, les Grecs ont accepté six années de restrictions, de compressions et de chômage, de récession et de réduction du pouvoir d’achat parce que leur gouvernement a accepté (ou n’a pas eu le choix d’accepter) des mesures d’austérité : privatisations, réduction des salaires et des retraites, mises à pied de travailleurs dans la fonction publique, réductions de service, etc. Après toutes ces années de douleur, qui n’ont pas empêché un accroissement important de la dette, les citoyens grecs tentent une nouvelle avenue.

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Le parti Syriza propose de renégocier la dette et des mesures pour améliorer le sort des contribuables grecs. Il n’est pas impossible que la légitimité de la dette soit remise en cause. La gauche considère qu’une partie de la dette est illégitime parce qu’elle est attribuable aux dictatures passées, à la fraude fiscale et à des dépenses publiques inconsidérées faites avant les Jeux olympiques d’Athènes en 2004.

Dans les circonstances, une partie de la dette grecque devrait être effacée. Il est clair que l’Union européenne (UE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale d’Europe (BCE) vont s’opposer férocement à toute tentative d’effacement de la dette ou à un défaut de paiement qui entraînerait, dans les faits, une faillite du pays.

Sortie de la zone euro?

Selon les analystes géopolitiques de la Financière Banque Nationale, Pierre Fournier et Angelo Katsoras, « il est difficile de voir comment on va trouver un terrain d’entente » entre la Grèce et les membres de la BCE, de l’UE et du FMI. À leur avis, l’Union européenne pourrait, au mieux, accepter de prolonger la durée des emprunts consentis à la Grèce et abaisser leurs taux d’intérêt.

Il sera difficile pour la Grèce de retrouver la prospérité à l’intérieur de la zone euro, selon les experts, sans rayer une partie importante de sa dette. Et la crainte encore, c’est la contagion du contexte grec aux autres pays en difficulté, qui pourraient aussi demander une radiation de dette. Le marasme économique qui perdure en plusieurs endroits pourrait entraîner l’élection d’autres partis situés plus aux extrêmes, anti-euro ou anti-austérité.

Le nouveau premier ministre Alexis Tsipras a réclamé dans les mois passés une conférence européenne sur la dette afin de renégocier les termes de la dette du pays et peut-être envisager une radiation d’une partie de cet endettement. Les dirigeants européens ont exprimé une ouverture polie, mais sans grande conviction.

Selon l’économiste Joseph Stiglitz, qui a reçu dans le passé le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en hommage à Alfred Nobel, rien n’a autant divisé l’Europe que la création d’une nouvelle zone monétaire. S’ils croient à l’euro, les pays de la zone doivent repenser leurs politiques et donner de l’air à la Grèce.

« La Grèce a fait quelques erreurs, a dit Joseph Stiglitz sur les ondes de CNBC. Mais l’Europe en a aussi fait de bien plus importantes. La médecine [imposée à la Grèce notamment] était un poison. Elle a mené à un accroissement de la dette et à un ralentissement de l’économie. »

Joseph Stiglitz affirme que le problème de la zone euro, ce n’est pas la Grèce, mais l’Allemagne. Berlin doit réaliser, selon lui, que l’éclatement de la zone euro lui coûterait cher. Si l’Allemagne réintroduisait le mark, la valeur de sa devise grimperait au détriment de ses exportations, part très importante de l’économie allemande.

La Grèce émerge

Le pays est en train d’émerger de la récession, tandis que le gouvernement a augmenté sensiblement ses dépenses en 2014. Le PIB est revenu au vert dans les derniers trimestres. C’est sur cet élan qu’Antonis Samaras a tenté de gagner l’élection de dimanche. C’est sur cet élan aussi que le nouveau premier ministre Alexis Tsipras veut renégocier les termes de la dette de son pays.

Une fois de plus, la Grèce, l’UE, la BCE, le FMI et l’Allemagne doivent se regarder dans le miroir et trouver des solutions réalistes pour améliorer le sort des citoyens européens. Y arriveront-ils?

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Dangereuses inégalités

Lundi 19 janvier 2015 à 19 h 15 | | Pour me joindre

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L’un des endroits dans le monde occidental où les inégalités  sont les plus faibles, c’est au Québec. L’explication est assez simple : le Québec s’est bâti un tissu social étendu pour réduire la souffrance, l’exclusion et améliorer le sort du plus grand nombre de ses citoyens. Ça s’est fait par une intervention massive de l’État dans l’économie et des impôts élevés. On aime ou on n’aime pas ce modèle, mais il est factuel de dire qu’il a contribué à maintenir un niveau d’inégalités parmi les plus bas d’Occident.

Ce modèle n’est pas celui des États-Unis, du Royaume-Uni et d’une bonne partie des pays de l’OCDE. Et c’est ce qui explique pourquoi les inégalités de richesse ne cessent de croître. Oxfam calcule, dans une étude publiée aujourd’hui, que les 1 % les mieux nantis détiendront une plus grande part de la richesse mondiale que le reste de la population mondiale en 2016. Et un total de 80 individus détiendront plus de richesse que la moitié de la population planétaire, soit 3,5 milliards de personnes, les 50 % les moins riches.

Tendance dangereuse

Ce constat ne vous surprendra probablement pas. Mais je pense que ce qu’on apprend aujourd’hui est encore plus important que ce qui nous est généralement révélé. Le graphique qui suit, regardez-le un instant. Il exprime une tendance dangereuse qui vient ajouter aux inquiétudes et aux conséquences néfastes provoquées par la montée des inégalités.

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Vous voyez que de 2000 à 2010, la richesse des 50 % les moins nantis a progressé, sauf durant la période de la crise financière. La croissance de la richesse des 50 % les moins nantis a suivi la tendance des 80 personnes les plus riches de la planète. Ainsi, la richesse des 50 % les moins nantis est passée d’environ 600 milliards de dollars en 2002 à 2500 milliards de dollars en 2010. Au même moment, la richesse des 80 personnes les mieux nanties de la planète a progressé également, avec une pause en 2008, pour atteindre 1500 milliards en 2010.

Mais, depuis 2010, les courbes se déchaînent : la richesse des 50 % les moins nantis chute, alors que celle des 80 personnes les plus riches grandit. En 2014, les 50 % les moins riches possédaient moins que les 80 individus les mieux nantis. Ainsi, la théorie entretenue par ceux qui croient au ruissellement de la richesse, fortement contestée, ne tient pas : les riches qui s’enrichissent n’améliorent pas le sort de ceux qui sont moins choyés. Ce graphique montre un effet contraire : une baisse de richesse pour les 50 % les moins riches, alors que les 80 individus les mieux nantis profitent pleinement de la reprise des marchés financiers depuis 2009.

La croisée des chemins

Ce graphique, qui extrapole une projection pour les prochaines années, illustre une même tendance. La part de la richesse mondiale qui revient aux 1 % les mieux nantis grandit, alors que la part qui sera détenue par les 99 % de la population va décroître.

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La grande explication repose dans le fait que les marchés ont bondi depuis 2009 après la crise financière. D’ailleurs, la seule façon qu’on a trouvé de réduire les inégalités, mis à part les impôts élevés des années 40, ce sont les crises financières qui sont venues gruger la valeur des richesses des mieux nantis. C’est ce qui s’est passé en 2008. En période de croissance toutefois, les riches s’enrichissent très rapidement parce que ce sont eux qui ont accès aux marchés et qui détiennent une bonne part des actifs mondiaux.

Les marchés financiers créent de la richesse pour les plus riches. Ce sont des politiques d’éducation et de santé publiques qui vont aider les plus pauvres de notre société. Les marchés financiers ont un apport plus que modeste pour les moins bien nantis.

L’impact des inégalités est multiple et il a été démontré, expliqué des centaines de fois par quantité d’économistes réputés, à commencer par Thomas Piketty et Joseph Stiglitz. L’une des conséquences les plus inquiétantes, et c’est l’OCDE qui l’a récemment expliqué, ce sont les troubles sociaux qu’engendrent les écarts de richesse. Le manque d’accès à l’éducation, le rejet social, une faible qualité de vie sont des contributeurs importants à la criminalité, la violence et certainement au terrorisme.

Des réserves

Cette analyse n’est pas partagée par tous les économistes. L’Institut économique de Montréal (IEDM) a publié plusieurs textes pour réfuter les conclusions de rapports portant sur les inégalités. En 2012, l’économiste Yanick Labrie écrivait qu’on devrait s’intéresser davantage aux mesures de consommation que de revenus, plus révélatrices selon lui, de l’état de santé économique des ménages. En regard de la consommation, les écarts sont moins grands selon l’IEDM.

En débat à RDI économie, Vincent Geloso, également économiste associé à l’IEDM, a émis des réserves sur la validité des données utilisées par Oxfam, affirmant que ces informations sous-estimaient la richesse réelle des plus pauvres de la planète.

Éducation d’abord

Améliorer le sort des moins nantis, c’est miser sur l’éducation et la santé certainement. Mais plusieurs économistes sont d’avis que le moyen le plus simple de réduire les écarts de richesse, c’est de taxer les riches, taxer les entreprises, taxer le capital. Il semble bien que le président Obama veuille aller vers cette option. Il annoncerait dans son discours sur l’état de l’Union mardi soir qu’il faut augmenter les impôts des plus riches pour réduire l’impôt de la classe moyenne.

Qu’en pensez-vous?

Bombardier en difficulté?

Jeudi 15 janvier 2015 à 14 h 56 | | Pour me joindre

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Que se passe-t-il à Bombardier? L’entreprise vient d’annoncer des compressions de 1000 emplois au Mexique et aux États-Unis et la suspension de tout un programme d’avions, celui des avions d’affaires Learjet 85. Ce matin, lors de la conférence téléphonique portant sur ces compressions, les analystes financiers ont exprimé beaucoup d’inquiétudes sur le niveau de liquidités de Bombardier.

Les dirigeants de l’entreprise, qui annonçaient une troisième vague de compressions en un an, ont dû répondre à de multiples questions sur les capacités financières de Bombardier.

Les analystes de Cormark Securities expriment d’ailleurs de sérieuses inquiétudes sur l’état de santé de la société. Bombardier  a besoin d’un minimum de liquidités de 2 milliards de dollars pour fonctionner. Elle annonce qu’elle en détient pour 2,4 milliards de dollars avec une révision à la baisse pour la division aérospatiale. Comment Bombardier pourra-t-elle poursuivre le développement de la CSeries dans un corridor aussi serré, se demandent des analystes? Déjà, Bombardier affirme que certains objectifs ne seront pas atteints. On aura les détails au dévoilement des résultats le 12 février.

L’action a dégringolé de plus de 20 %, expression très claire de l’inquiétude qui grandit sur l’avenir de l’entreprise.

source : Bombardier

source : Bombardier

J’ai parlé à l’analyste Philippe Cauchi d’Info Aéro Québec, qui rappelle que le Learjet 85 est dans un segment d’avions en ralentissement, les avions de moins de 15 millions de dollars. On est passé, à Bombardier, de 133 livraisons en 2000 à 17 seulement au cours des trois premiers trimestres du dernier exercice.

Il ajoute que les retards dans le développement de la CSeries et la chute des cours du pétrole nuisent également à Bombardier. Les compagnies aériennes voient moins d’urgence à acheter des avions moins énergivores avec la baisse du prix du pétrole.

« Ce ne sont pas de bonnes nouvelles, me dit Isabelle Dostaler, spécialiste de l’aéronautique à l’Université Concordia. Les prochains mois pour Bombardier seront importants, il faudra suivre l’entreprise de près. Il faut comprendre tout de même que ce ne sont pas tous les petits fournisseurs aéronautiques du Québec qui sont dans la même situation. »

Bombardier perd de l’expertise en remerciant des employés. Cette entreprise est un fleuron de l’économie québécoise. La société a misé gros sur le programme de la CSeries avec le soutien continue des gouvernements. Il est plus que temps que ce programme-là s’envole et rapporte de l’argent à Bombardier.

Entre-temps, les suppressions d’emplois et les enjeux financiers laissent craindre le pire. Et, dans le contexte actuel où les gouvernements du Québec et du Canada veulent à tout prix atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016, il serait étonnant de voir l’État voler au secours de Bombardier.

La Caisse, providentielle!

Mardi 13 janvier 2015 à 18 h 56 | | Pour me joindre

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Pour stimuler l’économie et réduire son endettement, le gouvernement Couillard annonce une entente avec la Caisse de dépôt et placement. Elle permettra au « bas de laine des Québécois » d’investir et d’exploiter des projets d’infrastructures. Le nouveau rôle de la Caisse est un changement majeur dans l’évolution de cette institution : la Caisse deviendra propriétaire d’entreprises et gestionnaire de leurs activités.

Est-ce une bonne chose?

1- Bonne stratégie pour la Caisse?

La Caisse de dépôt a généré des rendements plus qu’intéressants avec son portefeuille d’infrastructures dans les dernières années : 17 % en moyenne par année depuis quatre ans, certaines années jusqu’à 25 %, notamment en 2010 et 2011. Qui suit de près le travail des grands investisseurs sait que les infrastructures suscitent un vif intérêt. La Caisse l’a compris depuis un bon moment en investissant dans différents projets au Royaume-Uni et en Australie, notamment.

Cela dit, la Caisse plonge les Québécois dans une prise de risque plus élevée. En assumant tous les risques associés aux projets d’infrastructures qui lui seront confiés, la Caisse s’expose davantage à des erreurs, des retards, des dépassements de coûts, des rendements décevants. Dans le cas du transport collectif, beaucoup de projets sont réputés non rentables. Est-ce que la plus-value foncière et une tarification raisonnable seront suffisants pour rentabiliser un investissement dans le train de l’ouest ou le SLR du pont Champlain?

On peut se poser des questions également sur la compétence de la Caisse en matière de gestion d’entreprises et particulièrement d’exploitation de projets de transport. La Caisse fait plus qu’investir à partir de maintenant : elle gère! Le PDG Michael Sabia est allé jusqu’à dire que ses trains seront à l’heure, que les projets seront dans les temps et les budgets. C’est une prédiction audacieuse, puisque la plupart de ces projets ont toujours coûté plus cher que prévu et certains ont été livrés plus tard que prévu.

2- Bon coup pour le gouvernement?

Le gouvernement espère stimuler l’économie du Québec en demandant à la Caisse de dépôt de mettre en œuvre des projets d’infrastructures. Ça va peut-être éventuellement aider à la croissance, mais disons que l’avantage réel du gouvernement, c’est qu’il va pouvoir réduire la croissance de son endettement. Les immobilisations représentent environ les deux tiers de l’endettement annuel supplémentaire du gouvernement. En refilant des projets et donc de l’endettement à la Caisse, le gouvernement pourra réduire sa dette et les intérêts à payer.

Le risque pour le gouvernement et pour la société québécoise, c’est de perdre le contrôle sur des projets d’infrastructures, qui sont en fait des services publics. Il est possible aussi que la Caisse soit tentée, un jour, de vendre certains projets parce qu’ils ne figureront plus dans ses objectifs. Le gouvernement a un droit de premier acheteur, mais il n’est pas impossible qu’une ligne de train ou une autoroute soit vendue éventuellement à des entreprises privées.

3- La solution à tous les problèmes?

La Caisse de dépôt ne va pas investir dans tous les projets, loin de là. L’institution doit prioriser son intérêt commercial. La Caisse ne va pas non plus injecter des millions et des milliards dans un projet si d’autres partenaires ne s’impliquent pas, notamment les gouvernements du Québec et du Canada.

Cela dit, la Caisse a les reins solides. Et sa capacité de financement est plus forte que bien des entreprises privées. En ce sens, la Caisse pourrait contribuer à la réalisation de certains projets, et cela pourrait se faire de façon plus rapide.

4- Est-ce que le mandat de la Caisse change?

Non! Mais il évolue. La Caisse a pour mandat de développer l’économie du Québec et d’afficher de bons rendements pour ses déposants. Il faut ajouter un nouvel objectif : celui d’exploiter et de gérer des entreprises. Des amendements législatifs seront d’ailleurs nécessaires pour permettre à la Caisse de posséder des entreprises et de les gérer.

Nous ne sommes pas dans la formule de partenariat public-privé où le gouvernement partage les projets avec des entreprises privées tout en casquant pour les risques. Ici, le gouvernement propose des projets à la Caisse, la Caisse en prend totalement possession, seule ou avec des partenaires. L’État établit les priorités. La Caisse réalise le projet. C’est un nouveau modèle, une forme de privatisation avec un partenaire privilégié : une instance publique, officiellement toujours indépendante du gouvernement.

Bilan 2014 de l’économie

Vendredi 19 décembre 2014 à 16 h 50 | | Pour me joindre

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Cette année se termine sur un événement qui n’était pas prévu, qui est finalement, à mon avis, l’événement économique de l’année. Les prix du pétrole ont chuté de moitié, et bien malin celui qui saura prévoir la fin de cette chute et la remontée des cours.

On produit trop de pétrole sur cette planète pour répondre à une demande qui croît moins rapidement que la production. Et ceux qui occupent les premiers rôles dans le grand ballet pétrolier mondial n’ont pas l’intention de jouer les acteurs de soutien.

L’Arabie saoudite est entrée dans une guerre de prix avec les Américains : les Saoudiens ne vont pas réduire leur exploitation parce que les États-Unis augmentent la production de pétrole de schiste à vitesse grand V!

C’est une mauvaise nouvelle pour le Canada, qui compte sur ses ressources pour s’enrichir. Qui, pensez-vous, va réduire sa production dans la foulée de la chute des prix du pétrole? L’Arabie saoudite a besoin de son pétrole, mais peut vivre avec une chute importante des cours. Les États-Unis sont devenus indépendants du point de vue énergétique et ont l’intention d’augmenter leurs exportations de pétrole. Mais le pétrole de schiste coûte cher à produire. Tout comme les sables bitumineux de l’Alberta, qui ont besoin d’un pétrole à 70 et 80 $ pour atteindre la rentabilité.

En même temps, la chute du pétrole va stimuler l’économie, puisque les prix de l’essence sont en glissade. Cette chute représente une baisse d’impôt de plusieurs centaines de milliards de dollars dans les pays développés, y compris chez nous. Avec la reprise américaine qui semble prendre racine, la baisse du prix de l’essence et du dollar canadien pourrait stimuler les économies de l’Ontario, du Québec et du Nouveau-Brunswick.

Sur le plan environnemental, la reprise économique et la chute des prix du pétrole viennent réduire l’impact négatif des prix élevés sur la consommation d’énergie fossile et l’achat de gros véhicules polluants. Le « signal du prix » est souvent considéré par les économistes comme la meilleure façon de changer les comportements.

PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS DE 2014 

Le top 5 – économie – monde

  1. Chute de 50 % des cours du pétrole
  2. Fin de l’intervention exceptionnelle de la Réserve fédérale
  3. Décélération de l’économie chinoise
  4. Russie : conflit avec l’Ukraine, sanctions économiques, chute du rouble, récession
  5. Quasi-récession en Allemagne : la croissance européenne est anémique

Le top 10 – économie – Québec, Canada

  1. La chute du pétrole affecte les finances publiques de l’Alberta, de Terre-Neuve et du gouvernement du Canada, mais va stimuler les économies centrales
  2. Chute du dollar canadien : impact positif pour les exportateurs et les provinces manufacturières – impact négatif pour les importations
  3. Annonce du projet Énergie Est, projet de 12 milliards de dollars de TransCanada – projet suspendu en décembre pour analyser la nouvelle classification des bélugas du Saint-Laurent, maintenant considérés comme en voie de disparition
  4. Baisse d’impôt pour les 4 millions de familles biparentales au Canada
  5. La réduction de la taille de l’État par le nouveau gouvernement Couillard au Québec : réformes, suppressions de postes, hausse de tarifs, révision des régimes de retraite
  6. Bombardier supprime 1700 emplois, dont 1100 au Québec, année 2015 importante pour l’avenir de l’entreprise
  7. Burger King achète Tim Hortons, transaction de 12 milliards de dollars, siège social en Ontario;
  8. L’Espagnole Repsol offre 8,3 milliards de dollars (15 milliards de dollars en incluant la dette) pour acheter la canadienne Talisman, ce ne sera probablement pas la seule transaction
  9. Démission en février et décès en avril de Jim Flaherty, ministre des Finances du Canada de 2006 à 2014
  10. Québec injecte 115 millions de dollars dans deux projets totalisant 190 millions de dollars avec Pétrolia et Junex, notamment pour explorer l’île d’Anticosti.

PERSONNALITÉS MARQUANTES DE L’ANNÉE

Martin Coiteux : Peu connu du public, cet économiste, que nous recevions à l’occasion à RDI économie, est devenu l’homme de la restructuration de l’appareil de l’État : coupes dans les dépenses, réduction des effectifs, révision des façons de faire. L’homme de la rigueur pour les uns, l’homme de l’austérité pour les autres.

Geoff Molson :  Le succès de son entreprise (et de son équipe) n’est plus à faire. Le Canadien de Montréal vaut maintenant 1 milliard de dollars. Tous les matchs sont joués à guichets fermés. Le Canadien a aussi signé un contrat de diffusion de ses matchs avec Rogers, contrat de 5,2 milliards de dollars pour 12 ans.

Le pouvoir citoyen : L’opposition de groupes environnementaux, de groupes citoyens et même des milieux d’affaires ont eu raison, de toute évidence, du projet de terminal pétrolier à Cacouna. Sur tous les aspects, le projet de TransCanada est dénoncé. Il n’est pas impossible, en retour, que TransCanada propose un nouveau tracé pour son pipeline et un nouveau site pour son terminal pétrolier. Le même pouvoir citoyen semble avoir eu raison du gaz de schiste. Non seulement un moratoire est en cours, mais le dernier rapport en lice, celui du BAPE, conclut au rejet de cette filière énergétique : il n’y a pas d’acceptabilité sociale, les risques sont élevés et la rentabilité économique mettra plusieurs décennies à se réaliser.

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Jim Flaherty

Jim Flaherty : Quelques semaines avant de mourir, Jim Flaherty a déposé son 10e et dernier budget le 10 février. Il a préparé le retour au déficit zéro qui sera officiellement annoncé dans le budget 2015-2016 de son successeur, Joe Oliver. Il a aussi bousillé la promesse des conservateurs, le lendemain de son budget, qui était celle de permettre le fractionnement de revenus pour les familles. Plusieurs ajustements et d’autres mesures ont été nécessaires pour rendre ce fractionnement acceptable politiquement, alors qu’une seule famille sur 10 peut en profiter.

Vladimir Poutine : L’intervention russe en Ukraine a poussé les pays occidentaux à imposer des sanctions commerciales contre Moscou. Avec la chute du pétrole, le pays a plongé en récession et le rouble s’est écroulé. La Russie est aux prises en ce moment avec une stagflation : récession et forte inflation. Le président russe a-t-il perdu la maîtrise de son pays? Comment va-t-il relever l’économie russe?

Jack Ma: C’est le fondateur d’Alibaba, géant chinois du commerce électronique, utilisé par le tiers des Chinois. Son entrée en bourse sur Wall Street en septembre est la plus importante de l’histoire des marchés, valeur de 25 milliards de dollars. Jack Ma a 50 ans et est l’un des hommes les plus riches du monde. Il est l’une des personnalités de l’année du magazine Time.

Thomas Piketty : Il est rare qu’un livre d’économie fasse autant parler, surtout aux États-Unis. De surcroît, un livre de 700 pages, écrit par un Français, socialiste, sur un sujet qui fâche chez les Américains : les inégalités. Son livre a été salué, puis critiqué. Le capital au 21e siècle fait partie des livres importants publiés sur les écarts de richesse.

Pétrole : gagnants et perdants

Lundi 1 décembre 2014 à 13 h 58 | | Pour me joindre

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L’effondrement des prix du pétrole a pris un peu tout le monde par surprise. Depuis le mois de juin, le constat est clair : la production augmente plus rapidement que la demande. Les États-Unis produisent de plus en plus de pétrole de schiste, les conflits géopolitiques ne ralentissent pas l’offre de pétrole et l’Arabie saoudite offre son pétrole au rabais pour maintenir ses parts de marché.

Le baril, qui était à 115 $ en juin, est à moins de 70 $ aujourd’hui. Et le président du conseil d’administration de Canadian Natural Resources, Murray Edwards, craint une chute jusqu’à 30 ou 40 $. Il rappelle que le prix du pétrole est tombé à 35 $ en 2008 durant la dernière récession. L’industrie est dans une impasse : l’OPEP refuse de réduire sa production dans le but de pousser les Américains à ralentir leur développement pétrolier.

Jusqu’où l’effondrement va-t-il se poursuivre? Et pendant combien de temps encore?

La péréquation 

D’abord, vous êtes nombreux à me demander si la chute du pétrole va venir réduire les paiements de péréquation pour le Québec. Il faut comprendre qu’il n’y a pas de lien direct entre les revenus de l’Alberta et les programmes du Québec. La péréquation est un programme fédéral qui prend sa source dans le fonds consolidé qui, lui, est nourri de nos impôts et nos taxes. La péréquation s’établit en fonction de la capacité fiscale des 10 provinces, c’est-à-dire la possibilité pour une province de toucher des revenus. L’Alberta est bien sûr la province qui détient la capacité fiscale la plus importante. Si sa capacité baisse, la moyenne des 10 provinces va baisser. Ainsi, les paiements de péréquation aux 6 provinces bénéficiaires pourraient être réduits. Mais, si en même temps, la capacité fiscale de l’Ontario augmente, la moyenne canadienne pourrait peut-être demeurer au même niveau.

Ainsi, les paiements de péréquation versés à une province comme le Québec dépendent de sa propre capacité fiscale et de la moyenne canadienne. Les deux peuvent bouger et c’est pour cette raison qu’il est impossible de prévoir une hausse ou une baisse de la péréquation à la suite de la chute du pétrole.

 

Les gagnants 

  1. Les consommateurs : Le prix de l’essence est en baisse. Il est passé d’une moyenne de 144,6 ¢ le litre d’ordinaire fin avril au Québec à une moyenne de 120,8 ¢ fin novembre. C’est une baisse de 16 %. Le recul est moins important que la baisse de plus de 35 % du prix du pétrole, en raison de la baisse du dollar canadien, qui rend le coût du pétrole importé plus cher, des marges de raffinage qui ont augmenté et du coût fixe de plusieurs taxes gouvernementales.
  2. Le secteur manufacturier et les industries consommatrices de pétrole : La baisse des prix de l’énergie, jumelée à la baisse du dollar canadien, donne une marge de manœuvre à plusieurs entreprises du secteur de la fabrication et pour celles aussi qui misent sur l’exportation de leurs produits. Desjardins affirmait dans une étude récente qu’en plus du secteur manufacturier, les industries minières devraient en profiter, tout comme l’agriculture et la forêt. Sur la scène internationale, les compagnies aériennes vont bénéficier largement de la chute du prix du carburant.
  3. Les banques centrales : D’un coup, une certaine marge de manœuvre se dégage pour les banques centrales qui doivent contrôler l’inflation. L’injection massive d’argent dans l’économie depuis 2008 fait craindre une poussée d’inflation. La chute du pétrole et de l’essence pourrait permettre aux banques centrales de souffler et de maintenir les taux d’intérêt à de faibles niveaux pour une plus longue durée.

Les perdants

  1. Les banques centrales : Par contre, le niveau d’inflation est déjà très bas en Europe, aux États-Unis et au Japon. La chute des prix énergétiques pourrait amener l’inflation à 0 ou mener carrément à la déflation.
  2. Les producteurs de pétrole : Les entreprises qui font de l’extraction de pétrole sont nécessairement les grandes perdantes de la chute du prix, particulièrement celles qui misent sur le développement de projets difficiles, coûteux, polluants et dangereux. On pense au pétrole de schiste, au pétrole des sables bitumineux et aux projets en mer. En retour, les projets qui sont jugés porteurs à long terme, comme les oléoducs, ne seront probablement pas suspendus ou abandonnés dans la foulée de la chute récente des cours.
  3. Les gouvernements de pays producteurs : Les rentrées d’impôts et les redevances versées aux gouvernements de pays producteurs de pétrole vont baisser de façon importante. Le Canada évaluait récemment la perte financière à 2,5 milliards de dollars annuellement. Les cours du pétrole ont poursuivi leur chute depuis cette évaluation faite au début du mois de novembre. Terre-Neuve-et-Labrador, dont le tiers des revenus est lié au pétrole, a annoncé un gel de dépenses et d’embauches. L’Alberta a revu à la baisse sa prévision de surplus pour 2014-2015. L’Alberta s’appuie maintenant sur une projection de prix de 65 à 75 $US le baril. Ailleurs dans le monde, les pays où le coût de production est élevé expriment de fortes inquiétudes. C’est le cas du Venezuela notamment.
  4. L’environnement : Les statistiques nous font déjà voir un accroissement des ventes de camions, camionnettes et VUS avec la croissance économique qui est plus forte aux États-Unis et les prix de l’essence qui baissent.  Le signal des prix énergétiques élevés, qui aident à réduire les émissions de gaz à effet de serre, est en train de disparaître.

Plusieurs analystes affirment que la clé se trouve entre les mains des Américains. Comme l’illustre ce graphique préparé par Wood Mackenzie, la grande majorité des projets de pétrole de schiste coûte aujourd’hui plus cher que le prix actuel de marché du pétrole.

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Sources : New York Times, The National Post, AFP, Wood Mackenzie.

Et si on « travaillait » sur les revenus?

Mercredi 26 novembre 2014 à 14 h 06 | | Pour me joindre

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Et si on parlait des revenus?

Sachez qu’il y a de l’espoir! Les exportations sont en hausse (de 12 % depuis le début de l’année) et la chute du dollar canadien (à 88 ¢US) et des prix du pétrole (à moins de 80 $US) devraient profiter à l’économie du Québec. En fait, selon les économistes de Desjardins, « le Québec, le Manitoba, l’Ontario et la Colombie-Britannique se retrouvent parmi les plus grands bénéficiaires » de la baisse du huard et du pétrole. En retour, les provinces dont les économies s’appuient en bonne partie sur le pétrole, comme l’Alberta et Terre-Neuve-et-Labrador, vont souffrir de la chute des cours d’environ 30 % depuis juin dernier.

Plusieurs industries consomment beaucoup de pétrole, notamment le secteur minier, les entreprises de fabrication, tout le transport bien sûr, ainsi que l’agriculture et la forêt. Ce sont tous des secteurs qui font partie de l’économie du Québec. Or, le prix du pétrole a été multiplié par 4 depuis 15 ans. Le graphique suivant illustre combien la hausse du pétrole est venue toucher les marges bénéficiaires de milliers d’entreprises. Les industries qui consomment beaucoup de pétrole et de gaz au Canada ont vu leur marge d’exploitation stagner à environ 8 %. Pour les autres industries, ces marges sont passées de 6 à 16 % de 1997 à 2013.

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La baisse des prix du pétrole représente donc un soulagement pour ces entreprises et pour le Québec tout entier d’ailleurs, qui importe pour 14 milliards de dollars de pétrole par année. Selon Desjardins, il faut ajouter que la baisse du dollar canadien devrait aider également à la stimulation des investissements des entreprises, en recul depuis 2010 au Canada. Environ 15 % du PIB du Québec s’appuie sur l’industrie manufacturière. Des coûts énergétiques plus faibles et un avantage plus grand sur la devise pourraient contribuer à la croissance du Québec.

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Le président du Conseil du Trésor Martin Coiteux est ferme : l’équilibre budgétaire doit être atteint en 2015-2016. Pour y arriver, il a annoncé plusieurs mesures d’austérité qui font dire à certains économistes que la croissance économique du Québec pourrait être ralentie. Une occasion semble poindre à l’horizon pour le Québec avec la baisse du dollar et du pétrole. N’est-ce pas l’occasion rêvée de « travailler » sur les revenus en stimulant, dynamisant, revigorant les entreprises et les secteurs à même de profiter de la situation? Plus de croissance économique, c’est plus d’investissements, plus d’impôts et de taxes pour le gouvernement, plus d’argent pour financer les programmes sociaux.

Le déficit du Québec pour les cinq premiers mois n’est que de 149 millions de dollars, en excluant les sommes versées au Fonds des générations. MM. Coiteux et Leitao, un peu plus de croissance économique, et l’équilibre budgétaire est à portée de main!

Le coeur du Plan Nord s’effondre

Mercredi 19 novembre 2014 à 15 h 54 | | Pour me joindre

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Le Plan Nord, c’est quoi? C’est un potentiel énergétique majeur, c’est beaucoup de forêts, c’est aussi de l’or, du nickel, des terres rares notamment, mais c’est surtout du fer. Le Québec compte trois mines de fer sur la Côte-Nord et c’est, selon le ministère des Ressources naturelles, « la plus importante substance minérale produite au Québec en termes de valeur de production ». Et si les expéditions minières du Québec ont bondi de 2003 à 2011, c’est en bonne partie grâce au minerai de fer, dont l’utilisation mondiale est massive.

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Source : Index Mundi

Or, le prix du fer est en chute libre. Les cours ont baissé de près de 50 % depuis le début de l’année, et le propriétaire américain de la mine du lac Bloom au nord de Sept-Îles, Cliffs Natural Resources, vient d’annoncer son intention de se départir de ses activités dans l’est du Canada. Ça pourrait entraîner la fermeture de la mine du lac Bloom et la mise à pied de 600 personnes.

Le fer dégringole parce que l’offre augmente et que la demande ralentit, un vieux concept en économie. Pour la première fois depuis 2000, la consommation de fer en Chine devrait baisser cette année. La Chine représente 70 % de la demande mondiale en fer. Au même moment, la production de fer augmente, notamment en Australie. Les dernières données statistiques en Chine, sur la baisse des prix des maisons neuves depuis six mois, ont donné un coup de plus dans les jambes de l’industrie. Le prix a chuté de 7 % en deux jours.

Il est clair que les gouvernements ne peuvent pas baser leurs décisions sur les virages et revirements du marché. Mais le gouvernement Couillard doit réaliser que son objectif de générer des revenus en s’appuyant en grande partie sur le Plan Nord n’est pas réaliste à court et moyen termes. En fait, c’est le contraire qui est en train de se produire avec la décision de Cliffs Natural Resources. Le Nord pourrait bientôt perdre près de 600 emplois.

Le Québec doit miser sur une amélioration de la productivité des entreprises pour les rendre plus compétitives dans le marché nord-américain. Les exportations sont en hausse cette année, bonne nouvelle. Mais le travail de fond est fondamental pour permettre aux PME de profiter à long terme du rebond américain, tout en réduisant leur exposition aux fluctuations économiques internationales.

La flamme éteinte…

Vendredi 7 novembre 2014 à 12 h 39 | | Pour me joindre

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Il n’y a aucune source de réjouissance dans les chiffres sur l’emploi publiés pour le Québec en octobre. Rien ne laisse entrevoir une reprise du marché en ce moment. Depuis janvier 2013, l’emploi stagne. Et depuis janvier 2014, l’emploi chute. Brève reprise durant l’été, mais rien de solide. Le bilan depuis un an, c’est l’ajout de 70 000 emplois à temps partiel au Québec, mais la perte de 100 000 à temps plein. C’est très décevant.

Pendant ce temps, la croissance de l’emploi se poursuit en Ontario, et le total pour l’ensemble du Canada continue d’augmenter. Il s’est ajouté plus de 200 000 emplois au Canada cette année jusqu’à maintenant. L’Ontario  a gagné près de 120 000 emplois depuis décembre.

 

 

Que se passe-t-il au Québec? Qu’est-ce qui explique l’absence de vitalité du marché de l’emploi? Qu’est-il arrivé dans les derniers mois et les dernières années pour que le Québec cesse de créer des emplois? Je sais qu’ici, les discussions deviendront partisanes. C’est la faute aux péquistes, diront certains. D’autres vont ironiser  en disant que c’est « l’effet libéral ».

N’y a-t-il pas des explications un peu plus profondes et structurelles? Sans écarter l’effet des décisions politiques, sur lesquelles il est difficile d’aller sans se faire accuser de pencher d’un bord ou de l’autre, prenons le temps d’analyser certains facteurs et événements qui auraient eu un impact sur l’état de santé du marché de l’emploi depuis un an et demi :

  1. La chute des matières premières. Depuis le début de 2013, les prix des matières premières sont en baisse et plusieurs projets miniers ont ralenti leur développement ou reporté des projets. Que ce soit le « Nord pour tous » ou le « Plan Nord », la dégringolade des prix de l’or et du fer a un impact économique réel.
  2. Le Québec tarde à ressentir les effets de la reprise américaine. La croissance des États-Unis est de plus en plus solide. Les économistes de Desjardins écrivent ce matin qu’il « faudra peut-être attendre 2015 pour en voir les effets concrètement au Québec ».
  3. Le secteur privé en Ontario et dans l’ensemble du pays crée de l’emploi. Depuis un an, il s’est ajouté 140 000 emplois au Canada dans le privé, alors qu’au Québec on a perdu près de 50 000 emplois dans les entreprises privées. Pourquoi? Qu’est-ce qui explique la réticence du secteur privé à créer des emplois au Québec?
  4. Fondamentalement, nous en parlons souvent, la structure démographique du Québec change. Le taux d’activité, c’est-à-dire les gens qui travaillent et ceux qui cherchent de l’emploi par rapport à l’ensemble de la population de 15 ans et plus, baisse au Québec. Ce taux est passé de 65,3 % en janvier à 64,4 % en octobre. Beaucoup de gens partent à la retraite.
  5. Si on devait ajouter un aspect politique, on pourrait évoquer la présence d’un gouvernement minoritaire pendant 18 mois, la menace d’augmenter les impôts en septembre 2012 et, aujourd’hui, les mesures d’austérité du gouvernement qui s’accompagnent d’une réduction du soutien aux entreprises.

 

Difficile de montrer du doigt un, deux ou trois éléments précis. Une chose cependant qu’on peut dire, c’est que le climat de confiance doit être rétabli. Pourquoi une entreprise voudrait-elle investir au Québec, créer de l’emploi ici et vivre au Québec? Pourquoi un entrepreneur déciderait-il de se lancer dans un projet d’entreprise ou un projet d’économie sociale en ce moment au Québec?

Qu’est-ce qui stimule l’économie en ce moment, qu’est-ce qui donne le goût aux femmes et aux hommes du Québec d’aller de l’avant avec leurs projets, leurs innovations, leurs idées de grandeur? Qu’est-ce qui peut rallumer la flamme, dites?

Produire plus, consommer moins?

Mardi 28 octobre 2014 à 12 h 21 | | Pour me joindre

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Le pétrole est un enjeu de taille dans ce pays, et les Québécois sont appelés à débattre de la question du pétrole à plusieurs niveaux :

  • Veut-on produire du pétrole au Québec?
  • Veut-on laisser passer le pétrole des sables bitumineux sur le territoire du Québec, dans le Saint-Laurent, en plus d’en consommer un peu au passage?
  • Et comment réduire notre consommation de pétrole?

À plusieurs reprises, nous avons discuté ici ensemble de l’enjeu économique le plus important de notre époque : l’écologie. Nous savons trois choses : nous avons du pétrole, nous avons encore besoin de pétrole, mais nous devons réduire notre consommation d’énergies fossiles afin de réduire notre empreinte écologique. C’est simple, c’est logique, c’est économique.

Sur le troisième point, dans une étude fouillée et documentée, le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ) fait des propositions qui visent à réduire notre consommation de pétrole. Il faut instaurer, selon eux, trois choses :

  1. Offrir un avantage financier à acheter une voiture dont la consommation d’essence est sous la moyenne et imposer un désavantage financier – une sorte de taxe ou de pénalité  – si vous achetez un gros véhicule.
  2. Développer le transport en commun et le rendre attrayant, une solution qui nécessite des convictions politiques importantes, de l’audace et de la ténacité.
  3. Électrifier de 1 à 3 % des véhicules en 2020.

Si le Québec se dotait d’un tel plan de match, le RNCREQ calcule que le Québec pourrait éviter de payer au moins 20 milliards de dollars en coûts d’essence et en véhicules importés de 2015 à 2020. Cette réduction entraînerait des investissements et des dépenses ailleurs dans l’économie  et la création de 130 000 emplois sur 5 ans.

Une baisse de la consommation de pétrole permettrait également au Québec de réduire son déficit commercial, amplifié par la facture pétrolière. La réduction serait d’au moins 5 milliards de dollars selon un scénario « modéré » en 2020.

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Enfin, la réduction de la consommation de pétrole permettrait au gouvernement du Québec de dégager des recettes totales de 300 millions de dollars sur  la période 2015-2020.

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L’étude ne quantifie pas le coût associé à la mise en œuvre des politiques nécessaires à la réduction de consommation de pétrole. On s’intéresse ici aux bénéfices potentiels de telles mesures. Qu’en pensez-vous? Est-ce que ces solutions sont les bonnes?