Billets classés sous la catégorie « Bourse et marchés »

Climat : le coût de l’inaction

Mardi 15 avril 2014 à 11 h 25 | | Pour me joindre

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Est-ce que c’est la pression de l’argent qui provoquera la « révolution verte » finalement? Alors que, selon le GIEC, les pouvoirs publics ont lamentablement échoué sur le plan environnemental au cours des dernières années, c’est peut-être le marché qui viendra dicter la conduite à adopter pour en arriver à stopper la hausse des émissions de gaz à effet de serre et amorcer un renversement de la tendance.

Dans le dernier volet de son cinquième rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, qui fait la synthèse de 20 000 études et projections – oui, oui, 20 000! – en arrive à la conclusion que les puissances du monde n’ont pas accompli ce qu’il fallait pour affronter le défi du siècle : le réchauffement climatique. De 2000 à 2010, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 2,2 % sur la planète comparativement à 0,4 % au cours des trois décennies précédentes. Si rien n’est fait, ce qui est à peu près le cas en ce moment, la température moyenne de la Terre aura grimpé de 2 degrés en 2030. Dépassé ce seuil, tout est possible.

Quand on dit que c’est le marché qui pourrait véritablement sonner l’alarme, nous en avons eu une belle preuve lundi. L’équipe économique de la Banque TD a publié une étude qui constate que, depuis 30 ans, les catastrophes naturelles ont doublé au Canada en moyenne. Autrement dit, on dénombre une vingtaine de catastrophes naturelles par année au pays, la plupart liées à des phénomènes météo. Les changements climatiques ne sont pas étrangers à cette multiplication d’événements souvent meurtriers.

Au rythme où vont les choses, les catastrophes naturelles vont coûter à l’économie canadienne 5 milliards de dollars par année en moyenne en 2020. Cet argent reflète les pertes en infrastructures, les coûts pour le système de santé, la réduction de la productivité des entreprises et les pertes en heures travaillées.

En 2050, ces coûts seront de 4 à 9 fois plus importants : de 21 à 43 milliards de dollars par année. La TD en arrive donc à une conclusion toute simple. Il faut investir dans nos infrastructures pour les protéger, pour les adapter aux risques de catastrophes naturelles. Chaque dollar investi représente, selon l’analyse de la TD, un gain de 9 à 38 $ en dommages évités.

L’expert en questions climatiques Alain Webster, de l’Université de Sherbrooke, est d’avis en tous cas que c’est le monde économique, des entreprises, des banques, des assureurs, qui pourrait provoquer du mouvement. « J’ose espérer que oui, nous a dit Alain Webster lundi soir à RDI économie. Sur le volet environnemental et sur le volet social, on semble indifférent à cela. C’est évident que les catastrophes vont être importantes. Mais, en termes économiques, si on ne bouge pas tout de suite, ça va être très important. »

Malgré les projections pessimistes, malgré les milliers de pages du rapport du GIEC, la lumière rouge n’est pas encore allumée dans le monde de l’assurance selon Warren Buffett. Dans une entrevue à la chaîne CNBC, accordée début mars, il affirme que « les changements climatiques n’ont pas nui au marché des assurances ». Et il ne prévoit pas d’impact dans les trois ou cinq prochaines années. « Ça pourrait changer dans une dizaine d’années », précise-t-il.

Dans cette entrevue, M. Buffet et l’un des animateurs semblent relativiser l’importance de l’enjeu en affirmant que les États-Unis ont été plutôt épargnés par les ouragans depuis cinq ans.

Peut-on reporter encore de 5, 10, 20 ans les décisions en matière d’environnement et s’en remettre finalement au signal du marché?

Payez-vous trop d’impôt?

Vendredi 28 mars 2014 à 12 h 59 | | Pour me joindre

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  • Payez-vous trop d’impôt?
  • Saviez-vous qu’avoir des enfants au Québec, c’est une bonne affaire?
  • Saviez-vous aussi qu’une personne qui ne gagne que 5000 ou 10 000 $ par année a tout intérêt à produire une déclaration de revenus?
  • Est-ce que le fisc en demande trop aux entrepreneurs?
  • Quels sont les meilleurs logiciels d’impôt?
  • L’impôt des successions : des changements sont en cours, le saviez-vous?
  • C’est quoi, le fractionnement de revenus?
  • Est-ce qu’on verse trop de crédits d’impôt au Québec?
  • Le crédit d’impôt pour frais de scolarité est passé de 20 à 8 %, le saviez-vous?

Voilà plusieurs des questions qu’on va se poser lundi dans une édition spéciale de RDI économie qui sera diffusée en direct des locaux de l’ESG-UQAM entre 18 h et 19 h (HAE). Notez bien l’heure : lundi, RDI économie dure une heure et commence à 18 h!

Nous serons aussi en direct de l’ESG-UQAM pour présenter Calcul électoral à 16 h 25 avec Liza Frulla, Rémy Trudel, Denise Verreault et Stéphane Leblanc.

Alors, je vous invite en fin de semaine à nous poser des questions en lien avec ce billet. Avez-vous une question sur vos impôts ou sur les sujets évoqués?

Je ne vous apprendrai pas que l’hiver dans lequel nous sommes toujours plongés en cette fin mars va nous avoir coûté plus cher que d’habitude! Qu’on chauffe à l’électricité, au mazout, au gaz, au bois, on a tous remarqué qu’il fallait en faire un peu plus pour éviter de grelotter cette année! Ce coût supplémentaire n’était pas prévu par la majorité des ménages au portefeuille serré. L’impact de cet hiver froid est donc perceptible pour bien des gens.

Selon l’Union des consommateurs, pour une maison de 93 mètres carrés (1000 pieds carrés), les coûts en électricité sont habituellement de 1794 $ par année. L’impact de l’hiver froid signifie une hausse d’environ 10 % selon l’organisme cette année, ce qui veut dire une augmentation moyenne de 179 $ par ménage pour un total de 1973 $.

Avant même de calculer l’impact de l’hiver rigoureux sur la facture d’électricité, il faut dire que ça coûte plus cher au Québec de se chauffer qu’en Ontario ou en Colombie-Britannique, selon l’Union des consommateurs, qui évalue les coûts suivants pour une maison de 93 mètres carrés :

  • Sept-Îles : 1982 $
  • Québec : 1794 $
  • Montréal : 1690 $
  • Ontario : 1646 $
  • Colombie-Britannique : 1432 $

Rénovez!

Une façon de réduire ses coûts de chauffage, c’est de rénover et d’installer des systèmes écoénergétiques.

Il est très populaire pour les gouvernements d’offrir des crédits d’impôt à la rénovation. Généralement, on fait ça pour stimuler une économie qui ralentit ou qui est en récession. Ce n’est pas le cas au Québec, nous ne sommes pas en décroissance. Malgré cela, le Parti québécois a cru bon offrir un nouveau crédit à la rénovation l’automne dernier et le Part libéral a une proposition pour les Québécois en cette matière s’il prend le pouvoir le 7 avril prochain.

Ainsi, le PLQ propose un crédit à la rénovation domiciliaire de 20 % sur les projets de travaux de rénovation de plus de 3000 $ jusqu’à une remise maximale de 2500 $. Si vous dépensez 10 000 $, vous pourriez obtenir 20 % de 10 000 $, c’est-à-dire 2000 $. Ce programme serait en vigueur jusqu’au 31 décembre 2016 et s’adresserait aux propriétaires de maisons de 1 à 3 logements ainsi qu’aux propriétaires de maison intergénérationnelle. Tous les travaux de rénovation à la résidence seraient admissibles.

Si le Parti libéral prend le pouvoir, ce crédit serait applicable après celui qui a été mis en place par le Parti québécois l’automne dernier. Le crédit ÉcoRénov est de 20 % sur les frais engendrés par des travaux de rénovation verte. Les premiers 2500 $ de travaux ne sont pas admissibles au crédit d’impôt. Ensuite, c’est 20 % de la somme dépensée. Donc, si vous dépensez 10 000 $, vous avez droit à 20 % de 7500 $, c’est-à-dire une remise de 1500 $.

Ce programme est plus restrictif, mais plus généreux. Vous pouvez obtenir en remise jusqu’à 10 000 $. Il se termine le 1er novembre prochain. Il est disponible pour les propriétaires d’une maison principale ou d’un chalet et vise des travaux particuliers, notamment l’isolation thermique, le remplacement de portes et de fenêtres, le remplacement d’un climatiseur, l’aménagement d’un toit végétalisé, la construction d’une fosse septique, etc. Les dépenses recevables incluent le coût des permis, le coût des études, des matériaux et des services fournis par l’entrepreneur.

Et c’est bon pour l’économie selon les experts. Un programme de rénovation domiciliaire avait été instauré au Québec en 2009. Pour 200 millions en crédits d’impôt, des travaux de plus de 2,4 milliards ont été effectués.

PKP et les gens d’affaires

Mercredi 12 mars 2014 à 11 h 54 | | Pour me joindre

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Alexandre Taillefer

Depuis dimanche, peu de gens d’affaires se sont prononcés sur la venue en politique de Pierre Karl Péladeau. Dans les émissions Calcul électoral et RDI économie, nous avons interrogé lundi l’entrepreneur Alexandre Taillefer et mardi, le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc.

Alexandre Taillefer s’est montré dithyrambique. Pierre Karl Péladeau est un candidat de qualité, qu’il faut respecter et soutenir, selon lui. L’associé de XPND Capital a vendu son entreprise technologique à Pierre Karl Péladeau à la fin des années 90. Il a travaillé avec lui pendant plusieurs années et lui voue un grand respect.

Michel Leblanc

Dans le cas de Michel Leblanc, il faut, selon lui, saluer le courage de l’ancien patron de Québecor. « Bravo à M. Pierre Karl Péladeau, s’est-il exclamé sur nos ondes. Tous partis confondus, on veut que des gens d’affaires aillent en politique. » Selon lui, il ne faut pas pousser Pierre Karl Péladeau à vendre son bloc d’actions de Québecor. « Penser qu’un autre joueur à Montréal pourrait l’acquérir, a dit Michel Leblanc, je pense qu’il y a un danger (pour le maintien du siège social à Montréal). »

Ces commentaires publics sont positifs, mais une source m’indique avoir parlé à plusieurs gens d’affaires de Montréal qui se sont montrés mal à l’aise avec le projet de Pierre Karl Péladeau de se présenter avec le Parti québécois. Il n’y a pas beaucoup de souverainistes dans le monde des affaires, c’est connu. Si plusieurs se réjouissent à l’idée de voir PKP appliquer son style de gestion à la gouverne de l’État, d’autres s’inquiètent de la résurgence d’un possible référendum sur la souveraineté dans les prochaines années.

Cette crainte est palpable à Toronto. Le Globe and Mail rapportait mardi matin les propos d’analystes financiers qui notaient un écart grandissant entre les taux consentis sur les obligations long terme du Québec par rapport à ceux de l’Ontario. Selon ces analystes, un possible gouvernement majoritaire du Parti québécois jumelé à une « menace » référendaire expliquent cet écart qui commence lentement à grandir.

Bloomberg Canada s’interrogeait, pour sa part, sur la pertinence pour le gouvernement Harper de miser sur Vidéotron pour amener plus de concurrence dans le monde du sans fil au Canada. Le premier ministre appuie sa stratégie sur l’entreprise « d’un entrepreneur qui veut briser le pays », déplore Bloomberg.

D’ailleurs, plusieurs médias rapportent des cas de gens qui ont décidé de rompre leur abonnement avec Vidéotron à la suite de la décision de Pierre Karl Péladeau, information qui n’est pas confirmée par Québecor. Plusieurs nous demandent tout de même s’il y aura un coût économique pour Québecor à la décision de leur ancien patron de plonger en politique avec le Parti québécois.

Calcul électoral

Mardi 4 mars 2014 à 12 h 54 | | Pour me joindre

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Oh, quelle semaine!

Voilà, c’est parti, ou presque parti. Le Québec ira aux urnes le 7 avril prochain.

Je vous annonce trois choses :

1- Je vais vous présenter mercredi un bilan économique des 18 mois de mandat du gouvernement Marois.

2- Je vais vous présenter mercredi soir aux téléjournaux de 21 h et de 22 h ainsi que sur ce blogue d’ici la fin de la semaine les grands défis et enjeux économiques du Québec et de cette campagne.

3- Et puis, en plus de RDI économie tous les soirs à 18 h 30, j’aurai le plaisir d’animer un nouveau rendez-vous durant la campagne : Calcul électoral.

Cette émission sera diffusée du lundi au vendredi, dès le premier jour de la campagne, à 16 h 30 à l’antenne d’ICI RDI.

Pourquoi nommer cette émission ainsi? Parce qu’on va s’intéresser dans cette émission au calcul politique, mais aussi et surtout au calcul économique.

Est-ce que telle promesse est réaliste?

Quel est l’impact pour vous, contribuable, travailleur, citoyen?

Les chiffres qu’on vous présente sont-ils les bons?

On va déchiffrer les promesses, on va décoder les stratégies, on va expliquer les enjeux.

Et c’est pour ça qu’on aura d’anciens politiciens sur notre plateau, des économistes, des entrepreneurs, des gens de chiffres et d’expériences diverses.

Un rendez-vous dynamique et éclairant sur les enjeux économiques de la campagne avec Liza Frulla, Rémy Trudel, Rita Dionne-Marsolais ainsi que les entrepreneurs Alexandre Taillefer et Denise Verreault, les économistes Ianik Marcil et Youri Chassin, l’ancien pdg de Desjardins Claude Béland et l’avocat Paul Saint-Pierre-Plamondon.

L’objectif est de vérifier les promesses chiffrées de la campagne, d’explorer le pour et le contre et d’expliquer l’impact des mesures annoncées sur VOUS.

Qu’en pensez-vous?

Quelles sont vos questions? Quelles sont vos suggestions?

La Caisse : action, action, action!

Mercredi 26 février 2014 à 15 h 54 | | Pour me joindre

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La Caisse de dépôt et placement du Québec peut dire merci à l’enthousiasme des investisseurs qui ont misé gros sur les actions en 2013, en particulier aux États-Unis. Pour arriver à un gain de 13,1 %, un des meilleurs rendements de l’histoire de la Caisse, l’institution a pu compter sur ses investissements en actions :

+41,3 % dans les actions américaines;

+31,5 % dans les actions européennes, australiennes, asiatiques et de l’Extrême-Orient;

+32,2 % dans les actions mondiales;

+32,4 % dans un nouveau portefeuille nommé Actions Qualité mondiale.

Contrairement à ce que certains peuvent penser, les titres québécois, qui représentent le tiers du portefeuille d’actions canadiennes de la Caisse, sont payants : « L’indice Morningstar Québec Banque Nationale a affiché une performance de 32 % et a largement dépassé l’indice S&P/TSX qui s’est établi à 13 % en 2013. » Les titres québécois ont d’ailleurs permis à la Caisse d’enregistrer un rendement de 16,3 % dans les actions canadiennes, ce qui est plus élevé que l’indice S&P/TSX et que l’indice de référence, qui se situe à 14,8 %. Pour ceux qui veulent plus d’investissements au Québec, les résultats semblent porteurs!

Si la Caisse dépasse son indice de référence qui est à 12,6 %, il est sous la moyenne de l’indice RBC des régimes de retraite à prestations déterminées au Canada, à 14,2 %.

L’institution semble avoir été touchée par le résultat de son portefeuille d’infrastructures : +10,6 % par rapport à 22,6 % pour l’indice de référence. La Caisse explique que les autres régimes misent beaucoup sur des entreprises en bourse. Et comme on le sait, la bourse a très bien réussi en 2013.

Maintenant, à quoi va ressembler 2014?

Premièrement, il y a fort à parier que les actions ne pourront pas donner un rendement aussi positif. La loi de la moyenne veut que ce rendement soit moins bon. Mais peut-être que votre boule de cristal pourrait vous en dire davantage? Avec le resserrement de la politique monétaire aux États-Unis, les analystes s’attendent à un bilan moins spectaculaire pour les actions et à une remontée des taux obligataires, ce qui pourrait bien sûr nuire aussi au portefeuille d’obligations.

Aussi, la Caisse mise sur les marchés émergents et a décidé d’aller chercher plus d’expertise, de faire de la gestion active plutôt qu’indicielle dans ce segment. Il y a longtemps que Michael Sabia veut profiter de la progression des marchés émergents. Mièvres résultats jusqu’à maintenant :+4,0 % en 2013, +3,1 % en moyenne depuis quatre ans.

Les cinq années de Michael Sabia : 10 % en moyenne par année. Qu’en pensez-vous?

L'île d'Anticosti vue des airsEn injectant 115 millions de dollars dans deux projets d’exploration pétrolière de l’île d’Anticosti, le gouvernement du Québec décide d’assumer une grande partie du risque lié à de telles activités. Les deux projets, réalisés avec Pétrolia, Junex, Maurel et Prom ainsi que Corridor Resources, vont nécessiter des investissements totaux de 190 millions de dollars.

Le total de l’argent prévu par Québec est plus élevé que la valeur rassemblée de Junex et de Pétrolia en bourse. Le gouvernement Marois va là où le gouvernement Charest ne voulait pas aller. Les libéraux préféraient laisser le privé prendre les risques en retour de permis à très faibles coûts, sinon gratuits.

Il faut savoir que la phase d’exploration permettra trois choses : vérifier le type de pétrole disponible, vérifier la quantité et évaluer la rentabilité. Ce sont des étapes qui pourraient, à n’importe quel moment, amener les partenaires à ne pas investir dans l’exploitation. Et si le marché devait ralentir, comme c’est le cas dans les métaux en ce moment, il y a fort à parier que les projets d’investissements seraient mis sur la glace.

Québec prend en charge ses ressources sans en devenir tout à fait propriétaire. Québec met lui-même le pied sur l’accélérateur pour que les choses avancent et évoluent.

Mais à quel prix?

Qu’en pensez-vous?

Bitcoin : est-ce fait pour vous?

Mercredi 5 février 2014 à 18 h 26 | | Pour me joindre

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Vous faites peut-être partie de ces gens qui aiment bien se lancer dans l’inconnu et dans l’aventure, sensibles aux mondes sans limite, sans cadre, sans entrave. Je le lis, je l’entends et je le perçois ce désir chez certains d’aimer et de croire en une nouvelle monnaie, une cryptomonnaie, enfouie dans les méandres du web, sans contrôle d’une banque centrale ou d’un gouvernement aux mains longues.

Voici à quoi ressemble le premier distributeur de bitcoins à Ottawa.À écouter les adeptes du bitcoin, nous avons enfin accès à une devise qui appartient véritablement aux utilisateurs. C’est l’offre et la demande pure qui est en action, les frais de transaction sont presque absents, vous n’avez qu’à vous ouvrir un compte, acheter des bitcoins et vous procurer des biens et des produits là où la devise est acceptée.

Les avantages d’une telle devise sont réels. Mais, attention! Dans l’inconnu et dans l’aventure, il y a le risque, la spéculation et la possibilité de perdre beaucoup d’argent. Vous pourriez en gagner aussi… mais vous pourriez en perdre pas mal! Un bitcoin vaut un peu plus de 800 $US aujourd’hui. En août, le cours de la devise était de 100 $. On est monté à 1100 $ en décembre, avant de dégringoler de moitié puis de remonter un peu par la suite.

Le dollar canadien évolue au gré de l’offre et de la demande sur les marchés financiers. C’est une devise forte, stable, dont les billets et la monnaie sont émis par une banque centrale, qui peut agir pour agir pour soutenir le dollar canadien si le besoin s’en faisait sentir. Les investisseurs comme les utilisateurs ont confiance en cette devise.

Le bitcoin évolue aussi au gré de l’offre et de la demande, mais son échange se fait sans intermédiaire et sans contrôle d’une banque centrale. L’émission de monnaie s’arrêtera à 21 millions de bitcoin, quelque part probablement autour de 2020. Son avenir repose également sur la confiance des investisseurs et utilisateurs. Si, du jour au lendemain, une crise éclate, la valeur de la devise peut tomber à 0. Et mourir tout simplement!

Donc, si vous possédez des bitcoins et que sa valeur tombe, vous perdrez votre investissement dans cette devise. Il n’y a pas de protection : pas d’assurance dépôt, pas de fonds d’indemnisation. Rien. Vous êtes seul dans le grand univers du web avec vos bitcoins, qui peuvent grandir ou disparaître. Vous le savez, j’espère?

Cela dit, est-ce bien différent de la bourse? Oui et non. Oui, parce qu’une action s’appuie sur une propriété réelle : celle d’une part dans une entreprise existante. Et ce ne l’est pas en ce sens que l’investissement en bourse est aussi une aventure risquée. L’ancien patron de Desjardins Claude Béland nous a déjà dit à RDI économie qu’il était quand même incroyable qu’on ait réussi au fil du temps à convaincre des gens aux moyens modestes de mettre leur argent à risque en bourse!

En fait, la mise en garde doit être bien plus large : toute prise de risque peut vous faire gagner beaucoup d’argent… mais peut aussi vous faire perdre un bon magot. Vous êtes prévenus.

Chute boursière : que se passe-t-il?

Lundi 3 février 2014 à 16 h 55 | | Pour me joindre

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Ceux qui s’inquiètent au moindre mouvement de la bourse dorment mal ces jours-ci. Depuis la mi-janvier, un sentiment négatif anime les marchés du monde. Plusieurs sessions boursières se sont terminées avec des pertes de 1 à 3 %, des pertes à « trois chiffres » dans le cas du Dow Jones, c’est-à-dire des reculs de plus de 100 points. C’est arrivé au cours de cinq des huit dernières séances boursières pour l’indice des valeurs industrielles de Wall Street. Lundi, c’est une chute de 209 points à Toronto pour le TSX et de 326 pour le Dow Jones.

Depuis les derniers sommets en 2014 :

  • New York           – 5,9 %
  • Toronto               – 3,7 %
  • Paris                     – 5,6 %
  • Londres               – 5,8 %
  • Tokyo                   – 10,4 %

Soudainement, les grands investisseurs voient poindre à l’horizon un déséquilibre de taille. Selon plusieurs experts, qui se sont prononcés dans les derniers jours sur la chute des devises des pays émergents, plusieurs facteurs s’entrechoquent et alimentent les incertitudes :

  1. La Réserve fédérale américaine (Fed) a décidé en décembre, puis une fois de plus en janvier, de réduire son intervention dans les marchés financiers. Ainsi, la Fed a annoncé une première réduction de 10 milliards de dollars, puis une autre la semaine dernière. Dès février, le rachat mensuel d’obligations et de bons du Trésor ne sera plus de 85 milliards de dollars, comme avant les fêtes, mais de 65 milliards. C’est encore beaucoup, mais c’est un signal d’un retour progressif à la normale et d’une éventuelle remontée des taux d’intérêt.
  2. Des troubles sociaux et politiques apparaissent dans plusieurs pays émergents, notamment l’Ukraine, la Turquie et la Thaïlande.
  3. L’inflation est galopante dans d’autres pays émergents, entre autres l’Argentine, l’Inde et la Russie, où les autorités économiques et les banques centrales ont du mal à stabiliser la situation.
  4. Les pays émergents ont profité, en grande partie, de l’injection massive de liquidités par la Réserve fédérale dans les marchés financiers. Beaucoup de grands investisseurs ont placé de l’argent dans les marchés émergents. Aujourd’hui, le retrait progressif de la Fed fait craindre un assèchement des liquidités disponibles pour ces marchés.
  5. La croissance de la Chine est plus faible qu’attendu.
  6. Les dernières données économiques aux États-Unis semblent avoir refroidi un peu les attentes de reprise en plus en plus solide chez nos voisins du sud.

Il y a d’autres explications. Mais, disons qu’en additionnant celles-ci, c’est assez pour semer un vent d’inquiétude qui fait grimper la volatilité en bourse. Les investisseurs semblent vouloir se réfugier dans le dollar américain, toujours la devise jugée la plus sûre dans le monde. La bourse, elle, plonge parce que les perspectives de croissance apparaissent tout à coup moins fortes.

Est-ce qu’une correction est en cours?

La reprise mondiale, qu’on voyait s’installer avec un peu plus d’emprise en 2014, est-elle déjà en train de s’essouffler?

Péréquation 101

Jeudi 30 janvier 2014 à 15 h 45 | | Pour me joindre

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Quand on comprend un tant soit peu le fonctionnement de la péréquation, on sait qu’elle est calculée par tête de pipe. Ainsi, parmi les provinces qui bénéficient de péréquation au Canada, le Québec en reçoit moins que l’Île-du-Prince-Édouard par habitant, mais en reçoit bien plus que la petite province insulaire au total. Pas étonnant, n’est-ce pas?

Voici le niveau de péréquation en 2014-2015 par province bénéficiaire :

  • Île-du-Prince-Édouard : 2481 $ par habitant / total de 360 millions $
  • Nouveau-Brunswick : 2206 $ par habitant / total de 1,666 milliard $
  • Nouvelle-Écosse : 1727 $ par habitant / total de 1,619 milliard $
  • Manitoba : 1367 $ par habitant / total de 1,75 milliard $
  • Québec : 1130 $ par habitant / total de 9,286 milliards $
  • Ontario : 146 $ par habitant / total de 1,988 milliard $

Quand le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales Denis Lebel dit que le Québec touche 55 % de la péréquation canadienne, il a raison. Sur 16,669 milliards de dollars versés en péréquation en 2014-2015, le Québec en recevra 9,286 milliards, soit 55,71 % du total.

Mais il faut mettre les chiffres en perspective : par habitant, l’histoire est différente. Et je vous rappelle que le calcul se fait par habitant. Ainsi, le Québec n’est pas la première province à bénéficier de la péréquation. C’est la 5e sur 6.

Ces données sont factuelles et ce sont ces informations qui peuvent nous aider à mieux comprendre l’état de santé financière du Québec. C’est une mise en perspective à partir d’un portrait complet. Est-ce que le Québec reçoit beaucoup d’argent en péréquation? Oui. Est-ce que ce montant devrait baisser? Je vous laisse répondre. Mais il est clair que si le Québec produisait plus de richesse, le montant de péréquation baisserait. Est-ce souhaitable?

La plupart des acteurs économiques et politiques disent que oui. Ils ont le droit de le penser et de le dire, mais, de grâce, si je peux me permettre : utilisez les données les plus factuelles, complètes et qui vont nous aider à mettre les éléments en perspective et dans leur contexte. Nous allons tous y gagner en compréhension.