Blogue de Gérald Fillion

UberX : qu’attend le ministre Poëti?

Mardi 5 janvier 2016 à 11 h 30 | | Pour me joindre

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ubreDes gens s’insurgent contre les prix exorbitants du service UberX la veille du jour de l’An, de 5 à 9 fois le prix habituel. Le ministre Robert Poëti a même crié au « vol », demandant à la population de ne pas utiliser les services de transport Uber, jugés illégaux étant donné qu’il s’agit dans les faits d’un service de taxi offert sans obtenir les permis nécessaires.

Un appel à la cohérence s’impose. Bien des gens aiment ce service et ne se soucient guère de la réglementation qui encadre actuellement les services de taxi au Québec, les permis et les tarifs. Ils aiment ce service pour différentes raisons : c’est moins cher, c’est plus convivial, les voitures sont propres, etc. Mais, si vous aimez le service UberX, vous devez savoir que vous êtes obligés d’aimer aussi la possibilité de payer 65 $ pour un trajet de 5 km en période de pointe. Ça s’appelle l’offre et la demande. Quand l’offre de service est faible et que la demande est forte, les prix montent!

Vous voyez, le service fonctionne à l’écart de la réglementation balisée du monde du taxi, en contravention de la loi sur le taxi. Ainsi, en fonction de l’offre et de la demande, votre 5 km peut vous coûter 10 $ ou 65 $. Vous considérez que c’est exagéré? C’est votre droit . Le ministre est d’avis que c’est du vol? C’est son opinion! Mais, l’envers de la médaille d’UberX, c’est ça : la loi du marché à 3 heures du matin, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, frappe fort!

Un autre appel à la cohérence s’impose en ce début d’année. Quelqu’un peut-il nous expliquer pourquoi le service UberX fonctionne toujours alors que le gouvernement dit, depuis plus d’un an, qu’il est illégal? À quel moment le ministre Poëti va-t-il passer de la parole aux actes? Doit-on comprendre qu’Uber, avec les milliards de Google et de Goldman Sachs, est plus puissant que le gouvernement du Québec et ses lois? Et, dans les faits, ce mouvement, qui s’inscrit dans l’économie du partage ou l’économie collaborative, peut-il et doit-il être bloqué ou l’entreprise a-t-elle raison d’agir comme elle le fait pour faire bouger l’État?

Les façons de faire d’Uber sont controversées partout dans le monde. Mais, l’inaction face à Uber n’est pas la norme partout. En Allemagne, par exemple, pourquoi Uber a-t-il mis fin à ses services dans plusieurs villes au cours des derniers mois? La raison est simple : le rapport de force d’Uber et ses avantages pour les chauffeurs des taxis et les consommateurs ne sont pas les mêmes qu’en Amérique du Nord. On a constaté en Allemagne qu’Uber avait du mal à recruter des chauffeurs parce que les permis de taxis sont vendus à de faibles prix. Chez nous, ces permis coûtent cher. Le système actuel étouffe les chauffeurs de taxi et Uber tente d’en profiter en recrutant des chauffeurs et des clients sans se munir de permis.

D’un côté, le ministre dit qu’Uber vole la population. De l’autre, l’industrie du taxi dit être le « dindon de la farce. » Des moyens de pression sont en train de s’organiser. Il est plus que temps que Robert Poëti prenne les choses en mains.

Sur ces premiers mots de 2016 dans ce blogue, permettez-moi de vous souhaiter une bonne et heureuse année! Santé, bon temps et réussites pour vous. Merci de contribuer depuis maintenant 10 ans… oui, 10 ans déjà, à ce blogue! Merci sincèrement.