Billets publiés le 25 septembre 2015

La Chine dans le camp des solutions

vendredi 25 septembre 2015 à 16 h 10 | | Pour me joindre

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La Chine annonce la création d’une bourse du carbone en 2017. C’est une avancée exceptionnelle — tous en conviendront — pour la planète. C’est un grand pas dans la bonne direction en vue de la réunion de Paris en décembre sur le climat, qui doit permettre d’arriver à un accord global de réduction des gaz à effet de serre (GES). Cet accord doit permettre de limiter la hausse de la température mondiale à 2 degrés Celsius d’ici la fin du siècle.

Aujourd’hui, la Chine est le premier émetteur de GES de la planète, devant les États-Unis. Le message envoyé par Pékin, c’est que la Chine fera dorénavant partie de la solution. Allons-nous atteindre les cibles pour éviter le pire? Rien n’est moins sûr. Mais la Chine a choisi le bon camp : celui de la prévisibilité économique, celui qui permet de calculer les coûts et les bénéfices et de participer à la réduction des gaz à effet de serre.

Budget carbone

Le chercheur Hugo Séguin nous a livré une démonstration éclairante sur la nécessaire « décarbonisation » de notre économie dans le cadre de notre rubrique Prospectives lundi dernier. Pour éviter de réchauffer la planète de plus de 2 degrés, selon le scénario sur lequel on travaille, la planète ne doit pas émettre plus de 2900 milliards de tonnes de GES. Depuis le début de l’ère industrielle, nous sommes aux deux tiers de ce « budget carbone » mondial, nous a expliqué Hugo Séguin. Et au rythme actuel, nous allons épuiser ce budget d’ici 2040.

De là l’urgence d’agir! « C’est un peu comme si vous étiez en train de remplir une baignoire. Et on se dit : « OK, c’est quoi la capacité totale de la baignoire avant qu’elle ne déborde? » On est aux deux tiers de la baignoire  », affirme Hugo Séguin. Et le robinet est toujours bien ouvert : le monde émet environ 35 milliards de tonnes de GES par année dans l’atmosphère, ce qui vient dérégler le climat. C’est un peu plus de 60 % de ces GES qui sont des carburants fossiles, du carbone qu’on brûle pour faire de l’électricité, de la chaleur et pour le transport.

Québec, Ontario, Colombie-Britannique

Au Canada, la Colombie-Britannique taxe le carbone alors qu’au Québec, on mise sur un marché du carbone, qui permet l’achat et l’échange de crédits de carbone. La réduction des gaz à effet de serre dans ce système est gérée par le gouvernement, qui réduit chaque année les émissions totales permises de GES. L’Ontario est sur le point d’adhérer à ce système d’échange.

Les libéraux proposent d’établir des cibles de réduction de gaz à effet de serre pour l’ensemble du Canada et d’aider au financement des initiatives provinciales. Les néo-démocrates ont plutôt l’objectif de créer un marché du carbone pour l’ensemble du pays, un marché qui pourrait remplacer ce qui existe déjà au Québec et en Colombie-Britannique. Le Parti conservateur n’adhère ni à l’un ni à l’autre des systèmes.

Un choix financier et économique

En 2015, un chef d’entreprise, un entrepreneur ou un épargnant ne peut plus ignorer la question environnementale dans ses choix financiers et économiques. Comme l’expliquait Hugo Séguin à RDI économie, le carbone est de plus en plus taxé : 60 provinces, États ou pays dans le monde, soit 22 % du PIB, ont adopté une taxe carbone ou un marché d’échange de permis d’émission. De plus, les technologies énergétiques sont de plus en plus concurrentielles, ce qui menace le modèle d’affaires des producteurs d’énergie fossile. Aussi, les projets polluants sont de plus en plus compliqués à mettre en place en raison de mouvements populaires et de réglementations politiques plus lourdes et complexes.

Ainsi, l’espoir d’un accord à Paris, qui sera bon pour l’environnement (et donc l’économie), grandit un peu plus aujourd’hui.