Blogue de Gérald Fillion

Volkswagen et la tromperie

mardi 22 septembre 2015 à 9 h 58 | | Pour me joindre

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Une erreur, une négligence, une incompétence, c’est un peu ce qui caractérise la plupart des rappels d’autos depuis des décennies. De mauvais calculs, un travail bâclé, un effet non mesuré, généralement les rappels d’autos causent du tort aux constructeurs d’autos, mais ne les poussent pas à la faillite.

Les problèmes de pédale d’accélération de Toyota, par exemple, ont fait très mal à l’entreprise, on s’en souvient bien. Mais on avait l’impression qu’il s’agissait d’un problème mécanique doublé d’une insouciance devant l’ampleur du problème, finalement dangereux et meurtrier.

Dans le cas de Volkswagen, nous entrons dans une nouvelle dimension. L’entreprise admet avoir installé sur ses populaires véhicules diesel un logiciel qui permettait d’améliorer de façon majeure la mesure des émissions polluantes.

Dans la réalité, les émissions seraient de 20 à 35 fois plus importantes que ce qui était indiqué aux automobilistes. Volkswagen savait ce qu’elle faisait : c’était planifié dans le but de berner le client. L’acte est intentionnel et Volkswagen a sciemment trompé le public.

Un geste perturbant

Comment redonner notre confiance à une entreprise qui nous a trompés? On ne parle pas d’erreur, d’incompétence, d’insouciance qui, dans tous les cas, sont très certainement choquantes, voire inacceptables. On parle ici d’une tromperie, d’une tricherie, d’une menterie.

Dans un monde où on cherche des solutions pour réduire notre empreinte carbone et où l’innovation joue un rôle de premier plan pour verdir l’économie, le geste de Volkswagen est perturbant.

D’autres constructeurs ont-ils utilisé le même stratagème? L’encadrement réglementaire est-il assez sévère pour vérifier la validité des informations qui sont transmises? Peut-on se fier aux données qui sont utilisées pour nous faire acheter un produit? Les fabricants d’autos font-ils partie de la solution? Ou veulent-ils demeurer du côté du problème, alors que les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports représentent un défi pour la planète?

Généralement, certaines entreprises utilisent des voies de contournement pour tenter de nous faire acheter leur produit. On ne nous trompe pas directement, mais le résultat est à peu près le même. Pour y arriver, on utilise le marketing qui, par ailleurs, n’est pas toujours négatif, loin de là. Mais, dans bien des cas, le marketing permet de vendre un frigo à un ours blanc.

Que doit faire le consommateur?

Prenez cette enquête dont nous a parlé ma collègue Anne-Louise Despatie lundi. Selon une étude réalisée par l’Université de Toronto, plus de la moitié de plusieurs milliers de produits étiquetés « sans gras », « faible en gras » ou « teneur réduite en gras trans » ne contiennent pas, dans la réalité, moins de gras! Même que certains produits contiennent plus de calories que le produit standard. Et parce qu’on nous dit que c’est léger, on a tendance à en manger plus!

Quand on me dit qu’il y a moins de gras dans mon biscuit et que la voiture que j’achète produit moins d’émissions polluantes que les autres, j’ai toutes les raisons du monde de croire que je fais un bon choix comme consommateur. Mais quand on joue avec ma crédulité ou qu’on me ment carrément, comment dois-je dois réagir? Comment, vous, consommateurs, réagissez-vous à ces arnaques, comment vous protégez-vous de ça, comment éviter le marketing qui nous tord l’intelligence ou la multinationale qui nous trompe?