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Le cadre financier du Parti vert

vendredi 11 septembre 2015 à 15 h 58 | | Pour me joindre

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Le Parti vert nourrit des ambitions exceptionnelles s’il prend le pouvoir le 19 octobre prochain. La formation dirigée par Elizabeth May souhaite apporter des transformations à la fiscalité et à l’économie qui auraient des répercussions certaines sur les équilibres (ou déséquilibres!) connus de l’économie canadienne. Parmi les propositions les plus marquantes, on retient :

  • L’instauration d’une taxe carbone, que les verts nomment rente ou redevance sur le carbone, et qui ne rapporterait rien de moins que 22 milliards de dollars par année, dès cette année. Le Parti vert prévoit taxer chaque tonne d’équivalent CO2 émis au Canada à 30 $ la tonne ;
  • La hausse des impôts des entreprises : le taux passerait de 15 à 19 %, la mesure serait rétroactive au 1er avril dernier et rapporterait 7,5 milliards de dollars par année.

Ces sommes permettraient au Parti vert de financer toute une série d’initiatives vertes, notamment un programme de rénovation écologique des maisons, un programme de toitures solaires, une subvention pour la commercialisation de technologies vertes et des investissements dans les infrastructures.

De plus, l’argent dégagé par la taxe carbone et par la hausse d’impôt pour les entreprises permettraient au Parti vert de mettre en place d’autres mesures sociales dont la gratuité à l’université, une assurance-médicament pour tout le Canada et une couverture dentaire pour les enfants de milieux défavorisés.

Ce qui semble manquer à la plateforme des verts, c’est une analyse des effets économiques et financiers de certains changements importants. Et c’est pour cette raison qu’on peut se demander pourquoi le Parti vert tient tant à nous assurer de l’équilibre budgétaire dès cette année. Le projet des verts comporte des changements fondamentaux qui auraient des répercussions notables sur le fonctionnement habituel des entreprises et des citoyens.

Hausser les impôts des entreprises et imposer une taxation sur le carbone peuvent séduire plusieurs électeurs. Mais, dans les faits, n’importe quel économiste vous expliquerait qu’il y aura des répercussions à ces politiques : chute des investissements, perte d’emplois, départ d’entreprises, etc.

Si on le fait, peut-on le faire dès le lendemain de l’élection? Le Parti vert propose de mettre en place ces mesures rétroactivement au 1er avril dernier. On peut penser que le cadre financier est un outil de référence qui pourrait être adapté si les verts se retrouvaient à la tête de l’État canadien.

Cela dit, le Parti vert, et c’est dans la nature de son existence, attire notre attention sur l’enjeu économique le plus important de notre siècle : l’enjeu écologique. La transition n’est pas en cours au Canada, malgré plusieurs initiatives intéressantes. Même si nous avons encore besoin de pétrole, il est clair qu’il faut développer d’autres sources d’énergie renouvelables et réduire notre dépendance aux énergies fossiles.

LE PROGRAMME DES VERTS EN 5 POINTS 

  1. équilibre budgétaire en 2015-2016
  2. hausse d’impôt pour les particuliers avec l’abolition du fractionnement de revenu
  3. hausse d’impôt pour les entreprises
  4. instauration d’une taxe carbone
  5. assurance-médicament/couverture dentaire pour les enfants démunis/gratuité à l’université

 

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