Blogue de Gérald Fillion

Paradis fiscaux : le prix à payer

vendredi 4 septembre 2015 à 15 h 29 | | Pour me joindre

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prixoapidC’est avec bonheur que j’ai reçu la nouvelle de mes patrons que nous allions présenter une soirée spéciale sur les paradis fiscaux sur les ondes d’ICI Radio-Canada Télé. Samedi soir à 19 h (HAE), ce rendez-vous exceptionnel, que vous ne pouvez pas rater, commencera par une table ronde suivie du film Le prix à payer et ensuite de nouveau la table ronde.

Je sais que l’enjeu des paradis fiscaux vous préoccupe. Je reçois beaucoup de messages à ce sujet. Avec raison, puisque les gouvernements éprouvent de plus en plus de difficulté à trouver de nouveaux revenus fiscaux et à équilibrer leur budget. Par conséquent, les charges fiscales augmentent, le financement des services publics est réduit, les États abandonnent certaines missions, autrefois jugées essentielles.

Quand on exige d’une partie de la population des sacrifices, que les gens doivent se serrer la ceinture en acceptant des mesures d’austérité, il n’est pas étonnant d’assister à des mouvements de colère et de frustration de la part de ceux qui subissent ces compressions. C’est entre 20 000 et 30 000 milliards de dollars qui se trouvent dans les paradis fiscaux du monde, selon différentes estimations. C’est au moins 10 fois l’économie du Canada! Imaginez ce qu’on pourrait faire avec autant d’argent!

Dans son livre La crise fiscale qui vient, qui a inspiré le film qu’on présente samedi soir, la fiscaliste Brigitte Alepin rappelle qu’un « fardeau fiscal trop lourd a été un élément déclencheur important de guerres civiles, voire de guerres entre États ». Elle ajoute qu’un « régime d’imposition, perçu comme injuste, peut entraîner la révolte des contribuables ».

Or, non seulement les paradis fiscaux privent les États d’importants revenus, mais les pays et les régions du monde sont entrés dans une véritable concurrence fiscale pour attirer des entreprises, des investissements et des emplois. « À force de réduire les taux d’imposition des sociétés, écrit Brigitte Alepin, les États n’auront plus assez de revenus pour assumer les dépenses minimales qui leur incombent. »

Résultat, selon l’auteure : « Des milliards s’accumulent à l’abri de l’impôt dans les paradis fiscaux et la classe moyenne continue de renflouer les caisses de l’État, appauvries par ce manque à gagner. »

Les choses s’améliorent, affirment les experts. On se dirige tranquillement vers l’établissement de processus d’échanges d’informations automatiques entre les États-Unis d’ici 2017 et 2018. Mais est-ce suffisant? La transparence fiscale préconisée par l’OCDE n’est-elle que le début du parcours qui doit nous permettre d’arriver à récupérer les sommes qui devraient se retrouver dans les coffres de l’État pour fournir les services publics attendus par les populations?

Soyez là samedi soir à 19 h (HAE), c’est important!

Nos invités sont les fiscalistes Brigitte Alepin et Alain Deneault, l’ex-banquier Léon Courville, la juge Louise Otis (présidente du tribunal administratif de l’OCDE) et la productrice du film, Nathalie Barton.