Blogue de Gérald Fillion

Produire plus, consommer moins?

Mardi 28 octobre 2014 à 12 h 21 | | Pour me joindre

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Le pétrole est un enjeu de taille dans ce pays, et les Québécois sont appelés à débattre de la question du pétrole à plusieurs niveaux :

  • Veut-on produire du pétrole au Québec?
  • Veut-on laisser passer le pétrole des sables bitumineux sur le territoire du Québec, dans le Saint-Laurent, en plus d’en consommer un peu au passage?
  • Et comment réduire notre consommation de pétrole?

À plusieurs reprises, nous avons discuté ici ensemble de l’enjeu économique le plus important de notre époque : l’écologie. Nous savons trois choses : nous avons du pétrole, nous avons encore besoin de pétrole, mais nous devons réduire notre consommation d’énergies fossiles afin de réduire notre empreinte écologique. C’est simple, c’est logique, c’est économique.

Sur le troisième point, dans une étude fouillée et documentée, le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ) fait des propositions qui visent à réduire notre consommation de pétrole. Il faut instaurer, selon eux, trois choses :

  1. Offrir un avantage financier à acheter une voiture dont la consommation d’essence est sous la moyenne et imposer un désavantage financier – une sorte de taxe ou de pénalité  – si vous achetez un gros véhicule.
  2. Développer le transport en commun et le rendre attrayant, une solution qui nécessite des convictions politiques importantes, de l’audace et de la ténacité.
  3. Électrifier de 1 à 3 % des véhicules en 2020.

Si le Québec se dotait d’un tel plan de match, le RNCREQ calcule que le Québec pourrait éviter de payer au moins 20 milliards de dollars en coûts d’essence et en véhicules importés de 2015 à 2020. Cette réduction entraînerait des investissements et des dépenses ailleurs dans l’économie  et la création de 130 000 emplois sur 5 ans.

Une baisse de la consommation de pétrole permettrait également au Québec de réduire son déficit commercial, amplifié par la facture pétrolière. La réduction serait d’au moins 5 milliards de dollars selon un scénario « modéré » en 2020.

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Enfin, la réduction de la consommation de pétrole permettrait au gouvernement du Québec de dégager des recettes totales de 300 millions de dollars sur  la période 2015-2020.

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L’étude ne quantifie pas le coût associé à la mise en œuvre des politiques nécessaires à la réduction de consommation de pétrole. On s’intéresse ici aux bénéfices potentiels de telles mesures. Qu’en pensez-vous? Est-ce que ces solutions sont les bonnes?