Blogue de Gérald Fillion

Des messages clairs, un ton assumé

vendredi 13 juin 2014 à 14 h 00 | | Pour me joindre

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Le ton est donné. Le nouveau gouvernement de Philippe Couillard va tout faire pour réduire ses pressions financières. Le message est clair et assumé. Ce n’était pas aussi limpide en campagne électorale, il faut le dire, mais le Parti libéral prévoyait tout de même dans son cadre financier des compressions de 1,3 milliard de dollars sur deux ans. Au bout du compte, dans la réalité, les économies et les « efforts » seront probablement plus importants. On fera le décompte dans les prochaines années.

En attendant, les premières décisions ne trompent pas. Jeudi, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a déposé un projet de loi sur les régimes de retraite municipaux qui a pris les syndicats par surprise. Le gouvernement demande aux travailleurs de contribuer davantage à leur caisse de retraite et de combler, à partage égal, les déficits avec les municipalités. Québec plafonne également les cotisations aux régimes de retraite à 18 % de la masse salariale et demande aux retraités de renoncer à un acquis, celui de l’indexation des rentes qui s’applique pour la moitié d’entre eux.

« C’est une déclaration de guerre », a tonné Marc Ranger, du SCFP. « Les mots sont forts », a répondu le ministre Moreau, justifiant son projet de loi par « la responsabilité de l’État ». Un affrontement très net s’annonce entre les travailleurs syndiqués et le gouvernement. On est déjà loin du « dialogue social » annoncé par le premier ministre Couillard.

Québec a envoyé d’autres messages plus tôt dans la semaine avec l’annonce de ses deux commissions : une sur la révision des programmes, une autre sur une réforme de la fiscalité. Dans ce dernier cas, c’est Luc Godbout qui va diriger un groupe d’experts. Le fiscaliste de l’Université de Sherbrooke a souvent exprimé le souhait que la fiscalité soit repensée au Québec. Il n’est pas le seul. L’ancien chef du Bloc québécois Gilles Duceppe a lancé un appel semblable il y a quelques années.

Le président du Conseil du Trésor Martin Coiteux

On verra les résultats de cette commission, qui prévoient des réajustements de charges fiscales. Certaines monteront, d’autres baisseront. Chose certaine, on va tenter de simplifier la grille fiscale. On verra. En attendant, la composition de l’équipe de la commission sur la révision des programmes et les mots choisis par le président du Conseil du Trésor Martin Coiteux expriment clairement les visées du gouvernement.

D’abord, la commission, qui sera dirigée par l’ex-ministre Lucienne Robillard, fera appel à deux économistes qui ont souvent dénoncé la présence trop importante du gouvernement dans l’économie. Ces gens sont Claude Montmarquette et Robert Gagné. Leur nomination nous fait comprendre qu’on ira plus loin que de réviser ou repenser les programmes. Il est clair que certains seront supprimés. À juste titre, peut-être. On verra.

Martin Coiteux indique d’ailleurs, dans son communiqué, que « les travaux de la commission devront permettre au gouvernement de statuer sur l’opportunité d’éliminer certains programmes, de réduire leur portée ou de les repositionner et d’être en mesure de les évaluer de façon continue ».

Ce communiqué est important. Le gouvernement veut notamment :

  • « recentrer l’action de l’État dans des programmes prioritaires, et là où les besoins sont les plus criants »;
  • « remettre en question certaines façons de faire »;
  • « que le mode de financement des programmes [soit]adéquat et cohérent avec la capacité réelle de payer des citoyens ».

Le ton est donné. Le message est clair. Le gouvernement veut réduire les pressions financières sur l’État et ses structures, cherche à repenser son intervention dans l’économie et travaille à réduire la taille de l’État. Jusqu’où ira-t-il? Et qu’en pensez-vous?