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Anticosti : que fera Philippe Couillard?

Jeudi 10 avril 2014 à 11 h 38 | | Pour me joindre

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Est-ce que le nouveau gouvernement Couillard pourrait annuler les ententes d’exploration de l’île d’Anticosti conclues et annoncées par le gouvernement Marois à la mi-février avec les entreprises privées Pétrolia, Corridor Ressources, Maurel & Prom et Junex?

Ce n’est pas clair pour deux raisons.

D’abord, il faut dire qu’il y a deux ententes dans ce dossier. Une première qui semble ferme avec Pétrolia, Corridor et Maurel & Prom sur la création d’une coentreprise qui va procéder à des travaux d’exploration. Ressources Québec détient 35 % de la coentreprise, les trois autres partenaires, 21,67 % chacun. L’autre accord est une entente de principe conclue avec Junex. Elle prévoit une prise de participation de 40 % par Ressources Québec et dans laquelle un autre partenaire doit être trouvé. On imagine que cette deuxième entente sera plus facile à rompre que la première.

Puis, deuxième chose : malgré les propos aigres-doux de Philippe Couillard en février sur le projet d’exploration de l’île d’Anticosti, on peut se demander si le nouveau gouvernement va vraiment se demander s’il faut annuler les ententes d’investissements à Anticosti.

En février, au moment de l’annonce du projet d’exploration pétrolière par Pauline Marois, Philippe Couillard s’est dit « favorable à l’exploitation des hydrocarbures de façon responsable », mais s’interrogeait sur les risques que l’État allait assumer du point de vue financier. « Il me semble qu’on fait entrer le contribuable sur le risque un peu trop tôt », disait-il. Un risque, toutefois, qui en vaut la peine nous disait la ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet à RDI économie.

On n’a pas le détail des ententes. L’expert en énergie Pierre-Olivier Pineau nous dit toutefois qu’il y a probablement des clauses de sortie si le gouvernement décide de jeter les ententes à la poubelle, mais avec des pénalités.

« Ce qui est certain, nous écrit Pierre-Olivier Pineau, c’est qu’après les 15-18 carottes prélevées cet été et les 3 forages avec fracturation de l’été 2015, le conseil d’administration de la nouvelle coentreprise décidera d’aller de l’avant ou non avec un programme d’exploration de confirmation du potentiel, qui mènerait à une découverte (prouvée) officielle, puis à un programme de développement. C’est à l’automne 2015 qu’une éventuelle sortie du projet serait naturelle. Évidemment, les 100 millions du gouvernement seraient dépensés à ce moment. Étant donné que les choses sont en marche et que les 100 millions du gouvernement ne sont pas si importants (dans l’absolu), ça m’étonnerait fort que le nouveau gouvernement change de plan. »

Alors, maintenant au pouvoir, Philippe Couillard nous dira-t-il que le risque en vaut la chandelle? Ou qu’il faut tout revoir?