Blogue de Gérald Fillion

Québec, état pétrolier?

Mardi 26 novembre 2013 à 13 h 36 | | Pour me joindre

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Dans 10 ans, en 2023, le Québec sera-t-il à la fois raffineur et producteur de pétrole en plus d’être un point de transit pour le transport de pétrole vers l’Europe, la côte Est et le sud des États-Unis? Si la tendance se maintient, la face du Québec en matière énergétique pourrait changer sérieusement au cours des prochaines années.

Le trajet de la ligne 9B d'EnbridgeEnbridge veut transporter le pétrole de l’Ouest vers le Québec et demande à l’Office national de l’Énergie, organisme fédéral, d’approuver l’inversion de l’oléoduc 9B entre Sarnia et Montréal.

TransCanada veut aussi transporter le pétrole vers l’Est, jusqu’au Nouveau-Brunswick en passant par le Québec. La société énergétique a le projet de transformer son port de Cacouna en port maritime pétrolier.

Puis, le gouvernement du Québec explore la possibilité d’exploiter le pétrole du gisement Old Harry dans le golfe du Saint-Laurent, le pétrole de la Gaspésie et celui enfoui dans la pierre de l’île d’Anticosti. On est loin de la première exploitation à grande échelle, mais Pauline Marois a exprimé un avis favorable dès son premier discours comme première ministre à l’Assemblée nationale en octobre 2012.

Du point de vue économique, le Québec aurait probablement raison d’exploiter son pétrole. La ressource se vend cher, la demande demeure en croissance et quand on regarde l’impact de l’exploitation sur les finances publiques de Terre-Neuve-et-Labrador, on ne peut que constater le succès engendré : Terre-Neuve s’est libérée de la péréquation en exploitant son pétrole.

Du point de vue environnemental, le Québec ne peut pas gagner avec le pétrole. Et c’est la question que je souhaite vous poser : le Québec serait-il en train de changer de camp s’il décidait d’exploiter son pétrole en plus d’encourager les projets d’Enbridge et de TransCanada?

La question est légitime. Bien sûr, les projets ne sont pas encore approuvés. Mais Québec tient une commission parlementaire sur la proposition d’Enbridge. Quel message sera envoyé par le gouvernement Marois? Enbridge n’a pas trop l’intention de tenir compte de l’avis de cette commission, semble-t-il, affirmant que la décision revient à l’Office national de l’Énergie. Il sera tout de même intéressant de connaître le vrai point de vue du gouvernement sur ce projet.

Le Québec importe son pétrole d’Algérie, un pétrole conventionnel, un brut léger dont la valeur commerciale demeure élevée. Le pétrole des sables bitumineux de l’Alberta est un pétrole lourd, plus polluant, plus cher à produire. Passer du pétrole algérien au pétrole albertain est-il une bonne décision environnementale?

Le pétrole qui s’aligne sur le prix du Brent à Londres est vendu plus cher en ce moment que le pétrole nord-américain. L’industrie affirme qu’un plus grand accès au pétrole canadien permettrait à l’Est du pays de bénéficier de prix plus bas. Peut-être, mais peut-être pas non plus. Une plus grande capacité d’offre pour le pétrole canadien entraînerait à coup sûr une hausse du prix sur le marché. Passer du pétrole algérien au pétrole albertain serait-il vraiment une bonne affaire?

A-t-on besoin du pétrole d’Enbridge et de TransCanada? A-t-on besoin de revoir nos fournisseurs de pétrole? A-t-on besoin d’exploiter notre pétrole?

Questions entières. Qu’en pensez-vous? Exprimez-vous!

 

Pétrole importé au Québec (2011)

Algérie                 37,6 %

Kazakhstan        21,5 %

Angola                 11,0 %

Norvège              7,9 %

Royaume-Uni   7,4 %

Est canadien      7,2 %

Mexique             4,4 %

Nigeria                 1,0 %

Ouest canadien 0,8 %

Autres                  1,1 %