Blogue de Gérald Fillion

Applebaum arrêté : l’impact économique

Lundi 17 juin 2013 à 11 h 37 | | Pour me joindre

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Michael Applebaum est apparu calme dans la voiture qui l'amenait au quartier général de la SQ, à Montréal.    Iriez-vous faire des affaires dans une ville où le maire vient de se faire arrêter par la police? C’est la question que se posent et se poseront bien des dirigeants à la tête d’entreprises qui font affaire à Montréal et avec des sociétés qui sont installées à Montréal.

La réputation de Montréal, déjà entachée par des années de révélations sur la collusion et la corruption qui sévissent dans la ville, vient de descendre de quelques crans encore avec l’arrestation du maire Michael Applebaum, qui assure l’intérim depuis la démission de l’ex-maire Gérald Tremblay, qui a lui-même cédé sous la pression des révélations à la commission Charbonneau.

Pour vous donner une idée de ce qui est en jeu, des chiffres :

  • le PIB de Montréal représente le tiers de l’économie du Québec : 112 milliards de dollars en 2012;
  • Montréal, Laval et la Montérégie, c’est la moitié de l’économie du Québec;
  • Montréal, c’est 2 millions de personnes;
  • c’est près de 1 million d’emplois, le quart de tous les emplois du Québec;
  • 15 milliards de dollars d’investissements en 2012, selon l’ISQ;
  • 8000 mises en chantier par année, soit 18 % du total québécois;
  • le prix de vente des maisons a augmenté de 4 à 5 % par année dans les dernières années.

Les atouts de Montréal :

  • coûts compétitifs pour faire des affaires;
  • pôle financier;
  • ville universitaire;
  • ville de haute technologie;
  • personnalité axée sur la culture et le divertissement.

Ce qui joue contre Montréal :

  • corruption, collusion;
  • problèmes d’infrastructures;
  • congestion routière;
  • taux de chômage élevé à 10 %, faible croissance économique.

Il y a près de 150 000 emplois à pourvoir à Montréal d’ici 2015, selon Emploi-Québec, dont 65 % pour remplacer des départs à la retraite. Il y a près de 8 millions de touristes par année, d’après Tourisme Montréal. C’est l’économie de Montréal qui est en jeu. C’est l’économie du Québec aussi.

Mais attention, Montréal n’est pas une ville dangereuse. Et donc les gens vont continuer d’aimer et de visiter Montréal. Toutefois, le climat d’affaires devient toxique : comment les entrepreneurs d’ici vont-ils convaincre les investisseurs d’ailleurs de venir chez nous, injecter des sommes pour faire prospérer leurs avoirs et notre économie? Comment les entrepreneurs d’ici vont-ils réussir à convaincre les acheteurs et fournisseurs d’ailleurs de conclure des contrats avec eux?

Un haut dirigeant d’entreprise, et je vous en ai déjà parlé ici dans ce blogue, m’avait dit il y a déjà quelques années de cela que Montréal était considérée comme la Palerme du Nord. Et que cette perception pouvait nuire à l’obtention de contrats.

C’est un jour triste pour Montréal.

Sources : Desjardins, ISQ