Blogue de Gérald Fillion

L’héritage indélébile de Madame Thatcher

Lundi 8 avril 2013 à 10 h 32 | | Pour me joindre

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Les architectes et bâtisseurs contemporains de l’ouverture des marchés sont, à n’en pas douter, Ronald Reagan et Margaret Thatcher. C’est ainsi qu’on s’en souvient aujourd’hui et c’est ainsi qu’on s’en souviendra dans 50 ou dans 100 ans encore. Celle qu’on surnommait « la dame de fer » vient de mourir à l’âge de 87 ans, près de 9 ans après l’ancien président des États-Unis. Elle a dirigé avec autorité et conviction le Royaume-Uni de 1979 à 1990, laissant une marque indélébile sur son pays, son peuple et le monde.

Margaret Thatcher après sa sortie de l'hôpital en juin 2009.Femme conservatrice, elle a frayé son chemin dans un monde d’hommes, pour devenir la première et seule femme à diriger le Royaume-Uni. Plusieurs analystes s’intéresseront à toutes les facettes de sa personnalité, mais attardons-nous ici au libéralisme économique. Sa conviction profonde était celle d’accorder beaucoup plus de « liberté » à ses citoyens pour leur permettre d’avoir une plus grande maîtrise de leurs décisions économiques.

Moins d’État, moins d’impôts, moins de règlements, moins d’intervention du gouvernement dans la vie des gens, c’est ce qu’elle prônait, c’est aussi la politique qu’elle a appliquée à un moment où elle pouvait compter sur un puissant allié dans cette vision idéologique du monde et de l’économie en Ronald Reagan aux États-Unis. Son pouvoir s’est aussi exercé au moment où déclinait l’URSS, l’ennemi juré, et la puissance communiste, qui s’est écroulée avec le mur de Berlin en 1989.

Plusieurs sont d’avis que sa vision économique est porteuse de création de richesse et d’égalité sociale. C’est le cas d’un ministre comme Maxime Bernier à Ottawa, c’est le cas aussi de l’Institut économique de Montréal, qui privilégie une approche de l’économie de marché comme solution et réponse aux différents enjeux.

L’IEDM a publié il y a trois ans un document intitulé : « Les 10 leçons apprises de Margaret Thatcher ». Dans ce texte, on salue sa dure politique face aux syndicats (on pense surtout à son affrontement avec les mineurs de charbon en grève), la privatisation de plusieurs industries et son travail pour une plus grande adhésion mondiale au capitalisme. « Le capitalisme populaire n’est rien de moins qu’une croisade pour libérer la majorité dans le cadre de la vie économique du pays, disait-elle. Nous, les conservateurs, redonnons le pouvoir au peuple. »

La dernière crise financière a jeté un sérieux voile sur les politiques préconisées par Reagan, Thatcher, Greenspan et d’autres. La réduction continuelle de la réglementation des marchés financiers depuis 30 ans a conduit les banques à des excès qui ont mené à la crise de 2007-2009 et à la Grande Récession.

Elle est et sera longtemps l’inspiration des ardents défenseurs du libéralisme économique. Également, elle est et sera longtemps l’incarnation des excès et des ratés du capitalisme, producteurs d’inégalités et de crises.

Et vous, qu’en pensez-vous? Qu’allons-nous retenir de Margaret Thatcher?