Blogue de Gérald Fillion

Le problème d’Hydro-Québec : le gaz!

Vendredi 1 février 2013 à 15 h 40 | | Pour me joindre

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Le Québec produit trop d’électricité selon le professeur spécialisé dans les questions énergétiques Jean-Thomas Bernard de l’Université d’Ottawa. La demande a évolué au cours des dernières années et les décisions gouvernementales favorisant le développement de grands projets hydro-électriques, de petites centrales privées et de parcs éoliens nous mènent aujourd’hui à des surplus importants d’électricité qu’Hydro-Québec doit acheter en vertu des contrats signés. Ça pourrait coûter des milliards de dollars à la société d’État au cours des prochaines années. Et ce sont les Québécois qui vont payer. Il faut certainement prévoir des hausses de tarifs.

Les surplus d’Hydro-QuébecComment en sommes-nous arrivés là? Plusieurs facteurs, selon Jean-Thomas Bernard :

  1. La récession a ralenti la demande;
  2. Il y a plusieurs fermetures dans l’industrie des pâtes et papiers;
  3. Le marché de l’exportation n’est plus rentable.

« Avec l’arrivée du gaz de schiste, le prix à l’exportation a plongé, nous a expliqué le professeur à RDI économie jeudi soir. Il y a 3 ou 4 ans, Hydro-Québec, engagé dans les marchés quotidiens, allait chercher 8 à 9 ¢ le kilowatt-heure. Or, aujourd’hui, il peine à aller chercher 4 ¢. »

Or, l’achat du kWh par Hydro-Québec pour les différents projets privés, dont l’éolien, est autour de 10 ¢. Le marché de l’exportation n’est donc pas rentable. La dégringolade du prix du gaz naturel, avec les découvertes importantes de gaz de schiste, a rendu cette énergie plus attrayante pour les produits d’électricité que l’hydro-électricité québécoise. La baisse de la demande, alors que l’offre s’est mise à augmenter, a fait chuter le prix sur le marché.

Dans les circonstances, il est étonnant que l’on continue d’augmenter le potentiel énergétique du Québec avec l’approbation de nouveaux projets. Il y a quelques jours à peine, Québec a annoncé l’approbation d’une nouvelle phase de développement éolien pour la Seigneurie de Beaupré et a autorisé la réalisation d’un très gros projet éolien de 350 MW à la Rivière-du-Moulin dans la réserve faunique des Laurentides.

La première ministre Pauline Marois disait ce matin que ces surplus représentent un « avantage » pour l’économie du Québec. Il faut, a-t-elle dit en point de presse, « utiliser ce surplus d’électricité pour attirer ici de nouveaux investissements et nous engager de façon résolue dans l’électrification des transports. »

« Ils sont dans l’erreur, répond Jean-Thomas Bernard. On a un prix pour l’électricité parmi les plus faibles du monde. Mais il faut réaliser que la nouvelle électricité coûte cher. Et produire de l’électricité à 10 ¢, ce n’est pas un avantage en Amérique du Nord. Ça a été vrai pour la majeure partie de l’histoire du Québec, mais là c’est fini! »

Dans ce contexte, une réflexion s’impose à Québec. Le développement de l’électricité est-il devenu au fil du temps une sorte de « subvention déguisée » des régions comme le pense Jean-Thomas Bernard?