Billets publiés en février 2013

Ne sous-estimez pas l’Oncle Sam…

jeudi 28 février 2013 à 15 h 02 | | Pour me joindre

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Le PIB des États-Unis a progressé de 0,1 % au 4e trimestre selon la dernière révision des autorités américaines. On avait d’abord annoncé une baisse de 0,1 %. C’est un peu mieux qu’annoncé, mais on s’entend, l’économie de nos voisins du sud stagne.

À première vue, et vu de chez nous, il y a de quoi s’inquiéter. Dans mon blogue de lundi, j’ai fait une liste d’indicateurs qui nous révèlent clairement que l’économie canadienne ralentit sérieusement, ce qui donne des maux de tête ces jours-ci au ministre des Finances Jim Flaherty.

Mais, selon les analystes Pierre Fournier et Angelo Katsoras, de la Financière Banque Nationale, il faut regarder les choses autrement. L’économie américaine connaîtra, à long terme, une croissance plus forte que tous les autres pays avancés de la planète.

Vraiment? « La croissance sera encore modeste aux États-Unis pour un certain temps, écrivent les auteurs dans une étude publiée pour le milieu financier, mais nous sommes de plus en plus convaincus que l’équilibre des risques tend vers un retour graduel et durable à des niveaux de croissance plus normaux. »

Qu’est-ce que ça veut dire?

Ça veut dire qu’en y regardant de plus près, les avantages fondamentaux de l’économie américaine sont multiples, selon Pierre Fournier et Angelo Katsoras :

  • les États-Unis approchent de l’indépendance énergétique avec un secteur du gaz et du pétrole en forte expansion et pourraient « capitaliser sur un gaz naturel abondant et peu cher et sur un plus grand accès à des sources sûres de pétrole »;
  • face à la Chine, l’Inde et l’Allemagne, les Américains possèdent des réserves d’eau importantes, loin toutefois derrière le Canada et la Nouvelle-Zélande;
  • les États-Unis possèdent les réserves de terres cultivables les plus importantes après le Brésil;
  • le pays est moins touché que plusieurs autres pays avancés par le vieillissement accéléré de sa population;
  • le niveau de taxation par rapport au PIB est, aux États-Unis, l’un des plus bas parmi les pays avancés, ce qui donne au pays un espace fiscal pour améliorer les revenus du gouvernement sans nuire sensiblement à sa compétitivité;
  • le secteur manufacturier a retrouvé le chemin de la croissance au cours des deux dernières années en raison d’une baisse des coûts de main-d’œuvre aux États-Unis et d’une hausse dans les pays émergents, ce qui réduit les écarts de coûts;
  • le marché immobilier est certainement en reprise et l’avoir net des ménages remonte;
  • les États-Unis ne sont pas en conflit avec leurs voisins;
  • pour ce qui est de la sécurité, le fait d’être bordé par deux océans est un élément géophysique qui favorise la protection du territoire;
  • les guerres d’Irak et d’Afghanistan étant essentiellement des événements du passé, et les menaces d’attaques terroristes étant plus faibles, le pays connaît une paix relative, tout en maintenant un haut niveau de surveillance sécuritaire et l’armée la plus puissante du monde.

Bien qu’il soit essentiel de diversifier nos sources d’exportations, cette mise en perspective nous rappelle que nous avons tout intérêt à maintenir d’excellentes relations commerciales avec notre premier partenaire économique!

L’étude se nomme : « Why the u.s. economy will outperform other advanced economies. » Je ne la trouve pas sur le web, je ne peux vous fournir de lien, mais je vais le faire dès que possible.

Est-ce bien 3 %?

mardi 26 février 2013 à 11 h 01 | | Pour me joindre

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Petite vérification des faits pour rendre les choses plus claires. Au Sommet sur l’Enseignement supérieur, le ministre Pierre Duchesne et la première ministre Pauline Marois ont franchement campé leur position : tout converge vers une hausse des droits de scolarité indexée à environ 3 %. Sur le site du ministère, il est écrit que la proposition « prévoit notamment l’indexation des droits de scolarité selon le taux de croissance du revenu disponible des familles, soit environ 3 %, et l’inclusion des frais afférents dans le périmètre de cette indexation ».

En se basant sur les calculs assez complexes de l’Institut de la statistique du Québec, le revenu disponible des familles augmente, en effet, d’environ 3 % par année. De 3,3 % pour être exact si on prend la fourchette 2007-2011, les dernières données disponibles. Appréciez vous-mêmes les savants calculs de l’ISQ ici.

Ainsi, le revenu disponible des ménages totalisait :

en 2007 : 180,493 milliards
en 2008 : 188,701 milliards
en 2009 : 192,562 milliards
en 2010 : 197,531 milliards
en 2011 : 204,604 milliards

Il s’agit d’une hausse de :

en 2008 : +4,5 %
en 2009 : +2,0 %
en 2010 : +2,6 %
en 2011 : +3,6 %

Autrement dit, en temps de croissance économique, le taux de progression du revenu disponible augmente plus rapidement qu’en temps de récession. De 2007 à 2008, juste avant la récession, la croissance du revenu disponible a été marquée, soit 4,5 %. Puis, année de récession, la croissance n’a été que de 2,0 % en 2009. Et, avec la reprise, la croissance des revenus s’est accélérée en 2010 et en 2011.

Prenons donc les deux extrêmes pour évaluer la hausse possible des droits de scolarité :

  • À partir du niveau actuel moyen des droits à 2168 $ par année, une hausse de 2 %, donc indexée à la croissance du revenu disponible des ménages en 2009, signifierait une augmentation de 43 $ des droits;
  • Toujours en se basant sur le niveau actuel moyen de 2168 $, une hausse de 4,5 %, donc indexée à la croissance du revenu disponible des ménages en 2008, signifierait une augmentation de 98 $.

Je crois comprendre dans le vocabulaire du communiqué du ministère que le gouvernement projette d’indexer les droits de scolarité à la croissance du revenu disponible des ménages et non pas d’augmenter d’un niveau fixe, annuellement, de 3 %. Est-ce bien le cas? Si c’est ça, la hausse des droits sera donc variable. En se fiant aux données historiques, d’une année à l’autre, la hausse pourrait être coupée de moitié ou encore pourrait doubler.

Les choses se sont compliquées à Ottawa dans les dernières semaines. Les hauts fonctionnaires des Finances ont été obligés de dire à leur patron, le ministre des Finances Jim Flaherty, que les fluctuations dans la colonne des revenus sont peut-être un peu plus prononcées que souhaité.

Si bien que le ministre consulte encore un paquet d’économistes cette semaine pour mettre en œuvre un plan de match crédible et adapté à l’économie canadienne, le budget 2013-2014 qui devrait être dévoilé quelque part entre le 18 et le 28 mars.

Deux pièces de 1 $Si le dollar canadien est tombé à 97 ¢US dans les derniers jours, c’est en partie attribuable à la succession de données économiques qui confirment le ralentissement de l’économie canadienne. Les signaux sont clairs et ça complique le travail de Jim Flaherty, qui souhaitait poursuivre le régime minceur de l’État dans son prochain budget avec l’objectif ultime d’atteindre l’équilibre en 2015, à temps pour les prochaines élections.

Mais ça ne se semble pas se passer comme prévu. Encore une fois…

  • La progression du produit intérieur brut a ralenti à seulement 0,6 % au troisième trimestre. Il y a eu croissance en octobre et en novembre, mais il y a des doutes sérieux à propos de décembre, dont on connaîtra les chiffres publiquement vendredi. Les dernières statistiques pour ce mois sont plutôt négatives, ce qui pourrait peser d’ailleurs sur l’ensemble du quatrième trimestre. Aux États-Unis d’ailleurs, on a eu la surprise d’assister à un recul de 0,1 % du PIB annualisé au dernier trimestre de 2012.
  • En décembre, les ventes au détail au Canada ont chuté brutalement, comme jamais en 3 ans, de 2,1 % après plusieurs mois de progression. Il faudra voir pour la tendance.
  • Les ventes des grossistes ont chuté de 0,9 % en décembre.
  • Les ventes manufacturières ont baissé de 3,1 %, plus fort recul depuis mai 2009.
  • Décembre toujours, la valeur des permis de bâtir a chuté de 11,2 % au pays par rapport au mois précédent.
  • Les mises en chantier ralentissent. Selon la SCHL, le nombre de mises en chantier d’habitations devrait passer de 215 000 en 2012 à 190 000 en 2013.
  • Les prix des maisons décélèrent. Selon Royal Lepage, le prix moyen au Canada va grimper de 1 % cette année avec des ralentissements à Toronto et à Vancouver, et dans le segment des condos à Montréal.
  • Les exportations canadiennes ont chuté de 9,9 % en 2012 avec une baisse au cours de 7 des 12 mois de l’année. On a assisté à des reculs de 0,7 % en novembre et de 0,9 % en décembre. Pour l’ensemble de l’année, c’est le secteur de l’énergie qui a fait pression sur l’ensemble des exportations en raison des prix très bas du gaz naturel et de la chute du prix du pétrole exporté par l’Alberta. Quelques secteurs ont été particulièrement touchés en 2012 selon les données de Statistique Canada :

Pétrole brut et pétrole brut bitumineux : -24,3 %
Gaz naturel : -14,9 %
Liquides de gaz naturel et produits connexes : -26,5 %
Minerais et concentrés de fer : -23,7 %
Produits en métal et produits minéraux non métalliques : -15,0 %
Métaux précieux et alliages en métaux précieux sous forme brute : -30,1 %

  • Il s’est perdu 22 000 emplois au Canada en janvier 2013 après des hausses importantes en août, septembre, novembre et décembre. Il faudra attendre pour établir une tendance, alors que les économistes croient depuis un bon moment et que le marché de l’emploi va ralentir. Ajoutons que le secteur public a supprimé 27 000 emplois en janvier après une décélération des embauches en novembre et en décembre.
  • L’Alberta vient de faire le point sur ses finances et annoncer que ses revenus sont moins élevés que prévu, manque à gagner de 6 milliards de dollars. Cela l’amènera à enregistrer un déficit quatre fois plus important que prévu pour 2012-2013, de 3,5 à 4 milliards de dollars.
  • La chute des prix du pétrole a provoqué la baisse des prix de l’essence en Alberta et en Saskatchewan, faisant plonger le taux d’inflation à seulement 0,5 % en janvier au Canada. En Alberta, les prix ont baissé même de 0,5 %.

Arrêtons-nous ici. Les signaux sont clairs et de nouvelles mesures d’austérité pourraient avoir un impact encore plus négatif sur la croissance. Au moment où le gouvernement vient de lancer une campagne publicitaire pour faire la promotion de ses crédits d’impôt, quels seront donc les choix de Jim Flaherty?

Le dragon convaincu et convaincant

vendredi 22 février 2013 à 19 h 02 | | Pour me joindre

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Il y a des entrepreneurs qui savent inspirer confiance. Ils n’ont pas nécessairement toujours raison, ils font aussi des erreurs. Mais ils s’organisent pour faire en sorte que vous croyez en leur projet, en leur vision et que vous les suiviez si vous êtes leur employé.

Gaétan Frigon fait partie de ces gens. L’homme d’affaires, qu’on peut voir aujourd’hui à la télé de Radio-Canada à l’émission Dans l’œil du dragon, vient d’écrire un livre avec l’appui de Christian Morissette sur sa vie, en grande partie sur son parcours professionnel.

C’est un livre à son image : écriture simple, il interpelle le lecteur directement, il raconte son histoire qu’il parsème de nombreuses anecdotes. Il a choisi une maison d’éditions de livres populaires, La Semaine. C’est voulu, m’a-t-il dit avant l’entrevue diffusée vendredi soir. C’est un peu sa marque de commerce : simple, accessible, près des gens.

Gaétan Frigon a passé son enfance et sa jeunesse dans le magasin général de son père. Fasciné par les étals et le contact avec la clientèle, il a su rapidement qu’il voulait être « commerçant ». Fonceur et frondeur, tenace et convaincant, il a voulu accélérer les affaires de son père en faisant de la publicité pour le magasin général, ce qui n’existait pas vraiment.

Il fallait s’organiser à l’époque, raconte-t-il. «Les gens se soutenaient et réglaient leurs problèmes entre eux, en se serrant les coudes. On en demandait le moins possible au gouvernement. Les gens préféraient même qu’il n’intervienne pas trop dans leurs vies. »

Malgré ce fait bien ancré en lui, et après une carrière fructueuse dans le secteur privé du commerce au détail (Eaton, Metro, Steinberg notamment), Gaétan Frigon a accepté l’offre du ministre des Finances Bernard Landry en 1998 qui était celle de devenir le PDG de la Société des Alcools du Québec. Et c’est ici, je vous dirais, que le livre gagne en intérêt. L’arrivée d’un « commerçant » dans un monopole étatique a bousculé bien des façons de faire!

En fait, dans son livre, Gaétan Frigon parle d’une « maladie du monopole » qui faisait en sorte que les dirigeants de l’époque ne se souciaient guère du consommateur. L’homme d’affaires a changé, mais littéralement changé la face de la SAQ, qui est devenue une entreprise à succès, aimé du public, près des clients, et dont les employés étaient fiers.

Aujourd’hui, elle doit composer avec une pression très forte du gouvernement : elle doit être très efficace, rapporter gros, toujours un peu plus. Mais, à l’époque, tout était à faire. Le succès de Gaétan Frigon a été terni toutefois par une décision très critiquée, rappelez-vous : celle de remplacer sa limousine par une Jaguar.

C’est à partir de ce moment-là que la politique s’est installée dans son bureau. Des politiciens et des médias l’ont alors pris en grippe et le pousseront à la démission en 2003 au moment où il était rendu à la tête de Loto-Québec. Gaétan Frigon dit conserver malgré tout un excellent souvenir de ses cinq années au service de l’État. Quantité de témoignages d’employés parlent de leur respect et de leur affection pour le patron simple et accessible qu’il était.

L’un des épisodes les plus passionnants du livre, c’est le travail de Gaétan Frigon pour sauver le Groupe San Francisco, qu’a bâti Paul Delage Roberge, mais qui a pris l’eau en 2004. Il explique comment il a restructuré l’entreprise en vendant des actifs et en sabrant les dépenses, en réduisant aussi de façon draconienne l’espace utilisé par Les Ailes de la Mode dans l’édifice autrefois habité par Eaton au centre-ville.

Répondant à l’appel à l’aide de Paul Delage Roberge, le « Dragon » l’a totalement écarté du processus de décision de l’entreprise, allant jusqu’à réduire sa rémunération. L’amitié des deux hommes n’a pas survécu à cette aventure. Mais l’entreprise existe toujours!

Le style Gaétan Frigon se résume à quelques mots : osez,  foncez, soyez vrais. Il est possible cependant qu’il y ait des pots cassés, au passage!

Frigon, Gaétan, « Gaétan Frigon, né Dragon », Éditions La Semaine, 476 p.

Concurrence, règles et prix unique

mercredi 20 février 2013 à 11 h 08 | | Pour me joindre

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Une commission parlementaire est prévue à Québec dans les prochaines semaines sur la pertinence d’instaurer une politique du prix unique du livre. Cet enjeu soulève plusieurs questions sur le commerce, la concurrence et les « produits » culturels.

Les économistes affirment généralement que le libre marché favorise la libre concurrence. Mais il est quand même étonnant de constater parfois qu’un marché encadré et réglementé peut parfois favoriser la concurrence alors que le libre marché peut mener à des oligopoles, soit un marché contrôlé par un très petit nombre de joueurs.

LivresIl est clair que certaines règles ont un effet néfaste sur la concurrence. C’est le cas dans les télécommunications au Canada, longtemps un marché fermé aux sociétés étrangères et qui fait en sorte que les Canadiens paient plus chers que les autres pour leur service de téléphonie mobile. C’était le cas aussi dans le secteur aérien, dont le marché s’ouvre de plus en plus au bénéfice des voyageurs.

Cela dit, l’absence d’encadrement serré peut donner des résultats choquants. Quelques exemples : le marché de l’essence est l’objet de variations illogiques et inexplicables. Celui des frais bancaires fait rager tout le monde, alors que les 6 grandes banques canadiennes ont enregistré 30 milliards de dollars de profits en 2012. Et celui aussi de la bière mérite d’être souligné puisque le marché mondial ne cesse de se consolider et que le marché canadien est contrôlé essentiellement par deux géants, Anheuser-Busch InBev et Molson Coors.

Venons-en au secteur du livre. Devrait-on imposer un prix unique au Québec pour les livres afin d’éviter un décalage entre les gros joueurs, qui peuvent pratiquer des rabais importants, et les plus petits, aux marges plus fragiles?

Il s’est écrit beaucoup de choses sur le prix unique dans les dernières semaines. Et je pense qu’avant toute chose, il faut établir une base de discussion, essentielle et névralgique : le livre n’est pas un produit comme les autres. Le marché du livre, ce n’est pas celui du pneu, du sel de trottoir ou du balai à neige. Le livre est un produit culturel.

Or, l’UNESCO a adopté une résolution faisant en sorte « de reconnaître la nature spécifique des activités, biens et services culturels en tant que porteurs d’identité, de valeurs et de sens » en plus « de réaffirmer le droit souverain des États de conserver, d’adopter et de mettre en oeuvre les politiques et mesures qu’ils jugent appropriées pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles sur leur territoire ».

Difficile d’imaginer une telle résolution sur les pneus, le sel de trottoir ou les balais à neige! Mais le livre s’inscrit dans ce cadre-là, qui est bien plus complexe que celui du marché commercial ordinaire.

Il faut ajouter aussi qu’un prix unique aurait pour objectif de « protéger » le marché des livres québécois et celui de leurs plus grands ambassadeurs : les libraires.

Le cadre en place, on peut poser la question : est-ce que le prix unique favoriserait un marché concurrentiel du livre au Québec ou est-ce qu’une telle mesure entraînerait une hausse des prix du livre et réduirait ainsi les ventes?

Encore là, il faut aller un peu plus loin dans la réflexion. Veut-on promouvoir le prix le plus bas à la consommation ou veut-on encourager la viabilité d’une industrie sur tous ses paliers, de l’auteur au détaillant?

Autre question fondamentale : une règle comme celle du prix unique n’encouragerait-elle pas le maintien d’une industrie structurée et plurielle plutôt qu’un marché de plus en plus concentré entre les mains de gros joueurs? En contrepartie, est-ce qu’une telle règle tendrait à réduire la vente de livres de façon à nuire à l’ensemble du marché des libraires?

Et, en passant, la véritable menace pour les libraires ne viendrait-elle pas de la vente de livres par Internet?

Quand un géant de la vente au détail réduit ses prix au niveau du prix coûtant ou va même jusqu’à perdre de l’argent, l’objectif réel est de profiter de sa position dominante pour attirer une clientèle qui se rend chez les concurrents, généralement de bien plus petits joueurs. Il n’y a plus de concurrence dans un tel contexte. En fait, on détourne les « règles » de la concurrence.

Pour éviter une telle situation, il y a des organismes de surveillance et de réglementation, il y a des gouvernements qui changent les lois pour corriger ce genre de situation, il y a une intervention pour éviter une situation qu’on ne souhaite pas fondamentalement voir se produire. Si on est pour la concurrence, ça ne veut pas dire qu’on est contre l’intervention d’une entité extérieure.

Favoriser la concurrence, en fait, c’est s’assurer la présence d’un grand nombre de joueurs qui usent d’originalité et de créativité pour vendre leurs produits et attirer les clients. Par des stratégies diverses : marketing, publicité, etc.

En résumé, la commission parlementaire qui se tiendra bientôt à Québec devra tenir un débat ordonné sur la question du prix unique et se poser sérieusement la question sur le marché du livre québécois, l’avenir des libraires, l’intérêt des consommateurs et la concurrence. Bons débats en perspectives…

Plusieurs études sur le sujet :

http://www.iedm.org/files/note0213_fr.pdf

http://noslivresajusteprix.com/lettre-dopinion/

Des blogues aussi sur le sujet :

http://voir.ca/mathieu-poirier/2013/01/31/le-prix-unique-du-livre-quossa-donne/
http://www2.lactualite.com/pierre-duhamel/2012/12/19/livre-le-prix-unique-est-il-la-solution/
http://www.lesaffaires.com/blogues/sebastien-barange/la-lecture-en-cadeau/552362
http://www.lesaffaires.com/blogues/sebastien-barange/la-culture-n-a-pas-de-prix/548199

 

Amenez-en du pétrole?

lundi 18 février 2013 à 14 h 53 | | Pour me joindre

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Loin de Kyoto, de Montréal, de Copenhague et de tous les forums des dernières années où les enjeux environnementaux ont fait l’objet d’importantes discussions et négociations, d’avancées dans certains cas, on ne semble plus que parler aujourd’hui d’expansion des sources de pétrole en Amérique du Nord.

Pourquoi? Parce que nous en consommons! Beaucoup d’ailleurs! Et tant que nous n’aurons pas trouvé mieux, nous allons continuer d’en consommer, nous dit-on. C’est le discours que l’on entend partout. À tort ou à raison, on fonce et on continue de miser sur une énergie qui ne contribue qu’à augmenter les émissions totales de gaz à effet de serre. On se projette dans la longue durée en se disant qu’en attendant d’électrifier les transports et de développer davantage les énergies renouvelables, on n’a pas trop le choix de développer le pétrole et, au passage, d’en profiter!

D’ici 10 ou 15 ans, le Québec a l’ambition de développer son pétrole : celui de la Gaspésie, du golfe du Saint-Laurent et de l’île d’Anticosti. Dans quel ordre, avec quels moyens, quand, à quel coût financier et environnemental, les questions avant d’exploiter et d’exporter du pétrole au Québec seront nombreuses. Et c’est donc loin d’être fait…

En attendant, le Québec doit étudier des projets visant à transporter le pétrole des sables bitumineux vers son territoire et vers l’Est du Canada, voire du territoire du nord-est américain.

Pipeline d'EnbridgeIl y a d’abord celui d’Enbridge, qui propose de renverser le flux de l’oléoduc (ligne 9) entre North Westover en Ontario et Montréal. La demande a été déposée auprès de l’Office national de l’Énergie du Canada. Une telle inversion permettrait notamment à Ultramar de raffiner du pétrole venu de l’Ouest à ses installations de Lévis.

Ce projet pourrait être terminé par une inversion éventuelle du courant de l’oléoduc Montréal-Portland, au Maine. Cela permettrait à terme de transporter du pétrole d’Alberta jusqu’à la côte est américaine. Mais le projet n’avance pas pour l’instant. La cour a bloqué il y a un an un projet d’inversion entre Montréal et Portland en raison du manque d’informations fournies sur la pertinence de construire une station de pompage à Dunham dans les Cantons-de-l’Est.

Des tuyaux de TransCanada servant à construire des pipelinesEt puis, il y a TransCanada qui veut aussi transporter du pétrole de l’Ouest jusqu’au Nouveau-Brunswick en passant par le Québec. Pour ce faire, l’entreprise voudrait convertir un gazoduc en oléoduc pour ainsi transporter du pétrole jusqu’à la raffinerie de Saint-Jean. Le premier ministre du Nouveau-Brunswick David Alward tente de convaincre Pauline Marois d’embarquer dans le projet. Une rencontre a eu lieu lundi à Montréal pour discuter de ce sujet.

On évoque de plus en plus également la possibilité de transporter le pétrole des sables bitumineux vers l’Est du Canada par train. Suncor souhaiterait aller de l’avant avec un tel projet pour alimenter sa raffinerie de l’Est de Montréal. Selon Le Devoir, même Ultramar à Lévis ne dirait pas non à ce pétrole « ferroviaire ».

Bref, les projets sont nombreux. Il y a des intérêts économiques immenses qui sont en jeu, qui sont plus grands que le marché du Québec ou de l’Est du Canada. L’objectif des pétrolières, c’est d’atteindre les côtes, à l’Est, à l’Ouest et dans le sud des États-Unis. C’est ainsi que s’active avec vigueur l’industrie du pétrole au Canada pour développer, inverser, construire et alimenter des oléoducs.

Maintenant, plusieurs questions se posent. Les municipalités où passent ou passeraient les oléoducs expriment des inquiétudes en matière de sécurité et d’environnement. Est-ce que le pétrole des sables bitumineux pourrait endommager plus rapidement, par la corrosion, les conduits? Et est-ce que les risques d’accident sont donc plus élevés?

Et du point de vue économique, pour le Québec, serait-il véritablement avantageux de faire venir et de laisser passer du pétrole sur son territoire?

Je pose la question pour deux raisons. D’abord, le Québec veut produire du pétrole, et on imagine donc qu’il voudra l’exporter. Serait-il à son avantage d’ouvrir le marché de l’Est à l’Alberta? Et puis, comme on l’évoquait dans un blogue précédent, si le pétrole albertain est actuellement moins cher que le pétrole international et américain, son prix va certainement remonter s’il finit par trouver des débouchés à l’est, à l’ouest et au sud. Et le Québec ne profiterait pas nécessairement d’un meilleur prix qu’actuellement en achetant le pétrole des sables bitumineux.

Voilà de bons débats en perspectives…

Coûts de santé : l’épée de Damoclès

vendredi 15 février 2013 à 10 h 52 | | Pour me joindre

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Quand on vit dans la réalité et non dans un absolu insaisissable et idéalisé, il est obligatoire de contextualiser chaque enjeu de politique publique en prenant en compte les capacités des finances gouvernementales.

C’est vrai pour l’enseignement supérieur, dont le débat fait rage en ce moment. C’est encore plus vrai pour le secteur de la santé, qui accapare près de la moitié du budget des provinces et qui sera soumis à une forte pression dans les prochaines décennies due au vieillissement de la population.

Des aînées en plein exercice physiqueUne étude, publiée il y a quelques jours, est passée totalement inaperçue. Pourtant, les projections en matière de coût de santé sont inquiétantes. L’étude a un titre un peu monotone, ce qui a peut-être joué dans l’absence d’intérêt des médias :  La gestion des coûts des soins de santé pour une population vieillissante : le défi fiscal que le Québec n’a pas encore relevé. Les auteurs sont Colin Busby et William B.P. Robson de l’Institut CD Howe.

L’organisme aurait pu titrer autrement pour attirer notre œil, quelque chose comme : «Chers Québécois, que diriez-vous d’une hausse d’impôts de 50 %?

Mais bon, l’essentiel, c’est le contenu. Ainsi, selon le CD Howe, « la part du PIB représentée par les dépenses de santé du Québec financées par le secteur public augmentera, passant de 8,3 % cette année à 13,9 % en 2035 et à 17,2 % en 2062 ». Le double d’ici 50 ans!

Pour combler le manque à gagner, il faudrait augmenter les impôts ou encore emprunter davantage. Selon l’organisme, « il faudra une augmentation de plus de la moitié de la ponction fiscale prélevée à même les poches des Québécois ». Une hausse de 50 % des impôts!

Ou encore, pour couvrir les dépenses des programmes, dont l’essentiel de la hausse sera attribuable à la santé, « la province aurait besoin d’actifs d’une valeur d’environ 830 milliards de dollars ayant le même rendement que les obligations provinciales à long terme ». C’est le double du PIB du Québec.

L’institut CD Howe affirme que le gouvernement doit trouver des façons de faire des économies et d’améliorer son innovation et sa productivité en coordonnant les soins, les dossiers médicaux et en donnant plus de responsabilités aux infirmiers-infirmières et aux pharmaciens-pharmaciennes.

Cette étude rejoint à peu près les chiffres avancés par les économistes Pierre Fortin et Luc Godbout sur le vieillissement de la population : de 2011 à 2051, la part des coûts de santé passera de 8 à 15 % du PIB, de 38 à 56 % des dépenses du gouvernement.

« Quelle que soit la justesse de ces prévisions, c’est la pente de la courbe qui importe et on n’y échappera pas », m’a écrit un économiste.

Jacques Parizeau affirme que la gratuité scolaire est possible au Québec. Je vous laisse débattre. Voici des faits et des chiffres.

Selon le professeur d’économie Pierre Fortin, la gratuité scolaire entraînerait une hausse de la clientèle. À terme, il faudrait prévoir un ajout de 22 000 à 27 000 étudiants dans le réseau universitaire du Québec, selon lui.

À la base, selon les chiffres de l’Association canadienne du personnel administratif universitaire, cités par l’IRIS récemment, les revenus des universités provenant des droits de scolarité et des autres frais ont atteint en 2010-2011 la somme de 825 millions de dollars. « C’est donc dire, selon le chercheur Philippe Hurteau, que la gratuité scolaire, soit l’élimination de toute forme de tarification à l’université, coûterait cette somme. » L’ajout de clientèle signifierait un coût total de 1,1 milliard de dollars selon les calculs de Pierre Fortin. Cet argent ne comprend pas les sommes nécessaires pour combler ce que les recteurs considèrent comme un sous-financement des universités au Québec. Ils évaluent le tout à 850 millions de dollars. Pierre Fortin parle de 300 millions.

Alors, comment remplacer ces sommes?

La solution privilégiée par plusieurs, c’est de recommencer à taxer le capital des institutions financières, une formule jugée stable de taxation. Instaurée en 1947 au Québec, elle a été abandonnée en 2011. Taxer le capital, c’est taxer les actifs d’une entreprise (moins le passif) ainsi que les emprunts à court et à long terme. Si une entreprise ajoute 500 000 $ à la valeur de ses actifs, même par emprunt, une taxe s’appliquait sur ce capital.

Le problème avec cette taxe, c’est qu’elle décourageait l’investissement et l’amélioration de la productivité, en particulier pour le secteur manufacturier. Aujourd’hui, la proposition, c’est de la ramener pour les institutions financières, mais pas pour les entreprises de fabrication. Les sommes recueillies auprès des banques notamment permettraient de combler en tout ou en partie les coûts associés à la gratuité scolaire.

En 2006, les sociétés financières ont payé 737 millions de dollars en taxe sur le capital. La taxe était alors de 1,05 % pour les banques et de 0,525 % pour les autres entreprises du secteur des finances. Le printemps dernier, la CLASSE, inspirée par l’IREC, proposait d’instaurer sur quatre ans une taxe sur le capital des sociétés financières qui aurait atteint 0,7 % en 2016. Ça aurait permis de récupérer 410 millions de dollars. Selon l’Union des consommateurs, un taux de 1,2 % pour les entreprises financières entraînerait des revenus annuels de 800 millions de dollars.

Qu’en pensez-vous?

Le manque à gagner de 6 milliards de dollars dans la colonne des revenus en Alberta est attribuable à la chute soudaine du prix du pétrole albertain l’automne dernier. Les redevances énergétiques ont donc fondu. Le gouvernement, qui a doublé ses dépenses au cours de la dernière décennie, doit, tout à coup, réfléchir à de nouvelles solutions pour revenir à l’équilibre budgétaire : hausse d’impôts, taxe de vente ou réduction des dépenses, le débat fait rage en Alberta ces jours-ci.

Jim Flaherty souffre d'une rare maladie de peauPendant ce temps, à Ottawa, le ministre des Finances Jim Flaherty prépare son budget pour l’exercice 2013-2014 et, de toute évidence, il doit lui aussi composer avec une réduction des revenus en provenance des pétrolières. « L’enjeu au Canada, ce sont les ressources », me disait l’économiste Serge Coulombe dans un huis clos du budget fédéral à Ottawa il y a quelques années. Si les prix des ressources montent, si on continue de développer nos ressources, les finances canadiennes ne s’en porteront que mieux. Le contraire nous conduit à la fragilisation de nos finances publiques.

L’impact du pétrole est clair et notable. Les exportations canadiennes ont chuté en 2012 de 9,9 % en raison principalement de la baisse du prix du pétrole canadien, captif du marché américain, et qu’on doit brader à environ la moitié du prix du pétrole international, celui qui se fixe sur le Brent de Londres. La valeur des exportations de produits énergétiques est passée de 9,84 milliards  en décembre 2011 à 7,97 milliards en décembre 2012, une glissade de 19 %.

Cette dégringolade a provoqué un déficit commercial record au pays en 2012 (on parle de déficit parce que les importations sont plus élevées que les exportations) : total de 12 milliards de dollars, 9 mois de déficit de suite.

Ottawa réalise aussi ces jours-ci que les quatre séances de resserrement des règles hypothécaires, rendues nécessaires par le niveau trop élevé de la dette des ménages, provoquent un ralentissement peut-être plus important qu’attendu dans l’immobilier et la construction.

Maisons en constructionLes ventes résidentielles sont tombées sous la moyenne des 10 dernières années en 2012, chute de 17,4 % de décembre 2011 à décembre 2012. Et puis, selon les données de janvier, les mises en chantier atteindront le nombre de 160 000 en 2013, plutôt que les 200 000 enregistrées annuellement depuis des années.

L’économiste François Delorme me fait remarquer qu’une ville comme Montréal pourrait être particulièrement touchée par le ralentissement en cours. Son marché présente des signes de plus en plus inquiétants. Les mises en chantier et la revente de maisons sont en chute et les inscriptions au service MLS de l’Association canadienne de l’immeuble n’ont jamais été aussi élevées depuis 2005.

François Delorme croit que le ministre Flaherty n’aura d’autres choix que d’annoncer un nouveau programme d’infrastructures dans son budget pour stimuler l’économie. Les dernières indications sur le PIB ont révélé la faiblesse de la croissance canadienne. Le gouverneur de la Banque du Canada Mark Carney a même cru bon reporter la possibilité d’une hausse des taux d’intérêt.

Dans son blogue, l’économiste Jean-Pierre Furlong nous rappelle que The Economist conclut à une surévaluation des prix des maisons au Canada. « Advenant une correction importante du marché de l’habitation, les consommateurs pourraient se retrouver avec des emprunts hypothécaires plus élevés que la valeur de leurs maisons. S’ensuivrait une série de réactions sur les marchés qui pourraient être comparables à ce que les États-Unis ont connu en 2008 et 2009. »

Il termine son texte en écrivant que « la correction du marché de l’habitation au Canada est, pour l’instant, bien engagée : les mises en chantier et les ventes de logements existants diminuent depuis quelques mois sans conséquence importante et immédiate sur les prix, sauf dans des marchés spécifiques comme celui de Vancouver. Mais, que nous réserve l’avenir? »

Il faut ajouter les chiffres sur l’emploi du mois de janvier. Il est exclu d’établir quelque tendance que ce soit à partir des données d’un seul mois. N’en demeure pas moins qu’il s’est perdu près de 22 000 emplois en début d’année au pays, principalement en Ontario. De plus, c’est le secteur public, touché par plusieurs mesures d’austérité, qui a encaissé le coup avec la perte de 27 000 postes.

Il faut faire le constat : l’Alberta est touchée par la chute des cours du pétrole. Et Montréal, Toronto et Vancouver sont touchées par le ralentissement de la construction et de l’immobilier.

Faut-il donc stimuler encore l’économie?

Et faut-il reporter l’équilibre budgétaire au-delà de 2015?

Le risque des ressources naturelles

vendredi 8 février 2013 à 14 h 38 | | Pour me joindre

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La Coalition Avenir Québec propose dans la plateforme présentée lors des élections de l’été dernier des prises de « participations minoritaires stratégiques dans les projets d’exploitation » de ressources naturelles par l’entremise de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Le chef de la CAQ François Legault rappelait mercredi sur Twitter sa position sur le développement du pétrole au Québec : « En prenant une participation de [49,9 %] dans les grands projets pétroliers, le gouvernement pourrait mieux contrôler les impacts environnementaux. »

mine Minto YukonIl est clair que les Québécois ont l’impression de ne pas bénéficier suffisamment des ressources exploitées sur leur territoire. C’est pour cette raison que le gouvernement promet de revoir la Loi sur les mines et le régime des redevances. Un forum est prévu le 15 mars prochain d’ailleurs. De plus, il faut s’attendre à une politique éventuelle sur l’exploitation du pétrole.

Cela dit, si les retombées positives de l’exploitation des ressources sur l’ensemble du Québec ne sont pas aussi élevées que souhaité, les contribuables ne subissent pas non plus avec ampleur les pertes engendrées par les revirements de l’économie. Il y a fort à parier que la Caisse de dépôt et placement du Québec aurait perdu encore plus que les 40 milliards de dollars annoncés en 2008 si elle avait été propriétaire minoritaire d’entreprises minières du Québec.

Plusieurs évènements récents devraient attirer notre attention sur les risques associés au secteur des ressources naturelles. Le ralentissement de l’économie mondiale et la baisse des prix de certains métaux poussent en ce moment des entreprises à suspendre des activités.

Cliffs Natural Resources annonçait l’automne dernier le report de l’expansion de sa mine du lac Bloom en raison de la forte volatilité des prix du minerai de fer. La phase II du projet est suspendue jusqu’en 2014 et 400 travailleurs temporaires sont touchés par cette décision.

Rio Tinto annonçait lundi l’abandon  de son projet d’usine de pigment de titane à Bécancour dans le Centre-du-Québec. L’entreprise avait entrepris une étude de faisabilité, mais a finalement conclu que ce projet de près de 4 milliards de dollars et de 400 emplois ne serait pas rentable en raison de la chute des prix du titane.

Travaux de la minière Rio Tinto IOC, à Labrador City

Rio Tinto a aussi décidé de suspendre son projet d’expansion à Labrador City. Rio Tinto est l’actionnaire majoritaire d’IOC, Iron Ore Canada, l’exploitant de la mine de Labrador City. C’est 300 travailleurs qui doivent donc rentrer chez eux. Les deux sous-traitants qui les emploient doivent soumettre un plan de réduction de coûts.

Et puis, voilà que le CN remet en question son projet de chemin fer dans le nord du Québec, projet de plusieurs centaines de kilomètres.

Ce que nous disent ces nouvelles, c’est que ce marché est instable. Il fluctue beaucoup. C’est vrai aussi pour le pétrole, en passant. Au Canada, en ce moment, parce que les pétrolières albertaines sont captives du marché américain, le prix de vente du pétrole canadien est tombé sous les 60 $ le baril comparativement à 90 $ aux États-Unis et à plus de 115 $ dans le monde. Qu’en serait-il du pétrole québécois?

Alors, posons-nous la question : si on souhaitait aller au-delà des impôts et des redevances et prendre des prises de participation dans les entreprises qui exploitent les ressources du Québec, serions-nous prêts aussi à encaisser des pertes importantes quand le marché ralentit?