Billets publiés le 3 décembre 2012

La fin du monde n’est pas le 21 décembre comme l’attendent plus ou moins sérieusement plusieurs commentateurs. C’est plutôt le 1er janvier! Ça se passe aux États-Unis et ça se nomme le fiscal cliff, qu’on traduit chez nous par l’expression « précipice budgétaire ».

À Washington D.C. le président de la Chambre des représentants, John Boehner, a appelé le président Obama à collaborer avec les républicains de la Chambre.En fait, cette histoire-là est devenue une obsession totale aux États-Unis. Si on ne réussit pas à éviter le choc fiscal provoqué par le précipice budgétaire, l’économie américaine va replonger en récession, entraînant avec elle l’économie mondiale. C’est ce qu’annoncent les experts, les gens de la bourse, les économistes, les analystes…

Le pire est à prévoir, nous dit-on. L’humeur des opérateurs de marché est instable et varie au rythme des déclarations, tantôt optimistes du président démocrate Barack Obama, tantôt déprimantes du président républicain de la Chambre des représentants John Boehner. Et vice versa! Il reste 28 jours avant le 1er janvier 2013. La chaîne d’affaires américaine CNBC nous fait un décompte en temps réel (jour, heures, minutes, secondes) avant le jour J.

Qu’en est-il?

Le président Barack Obama, dans une usine de Hatfield,  explique sa stratégie pour éviter le mur fiscal.

Si une nouvelle entente budgétaire entre démocrates et républicains n’est pas conclue d’ici le 1er janvier 2013, c’est toute une série de hausses d’impôts qui entreront en vigueur automatiquement et des coupes draconiennes qui seront appliquées dans les dépenses publiques. Les mesures suivantes se produiront :

  • Hausse de 3 points de pourcentage des différents niveaux d’impôts (avec l’annulation des baisses d’impôts annoncées par George W. Bush, renouvelées par Barack Obama);
  • Compressions dans les programmes discrétionnaires du budget de 2011;
  • Abolition de certaines exemptions fiscales;
  • Réduction des paiements pour le programme « Medicare » aux médecins, programme qui assure aux aînés l’accès à leur médecin;
  • Fin de la baisse de 2 % des coûts de sécurité sociale;
  • Fin des mesures d’urgence pour les personnes sans emploi;
  • Ajout de nouvelles taxes pour financer le secteur de la santé;

Le bureau du budget du Congrès, un organisme indépendant, affirme que l’application de ces mesures provoquerait un ralentissement sérieux de l’économie. Ainsi :

  • Le déficit passerait de 1128 milliards de dollars en 2012 à 641 milliards en 2013;
  • La dette par rapport au PIB passerait de 73 % en 2012 à 68 % en 2017;
  • Le pays se retrouverait en récession avec une croissance pour 2013 de  -0,5 %;
  • Le taux de chômage remonterait jusqu’à 9,1 % à la fin 2013.

Les Américains ont choisi le démocrate Barack Obama pour diriger les destinées du pays pour un second mandat de 4 ans. Ça lui donne une légitimité renouvelée pour faire avancer son programme, qui prévoit notamment des hausses d’impôts pour les plus riches.

En même temps, les Américains ont donné une majorité aux républicains à la Chambre des représentants, détenteurs à leur tour d’une légitimité pour mettre de l’avant des projets de loi qui correspondent à leurs valeurs et à leurs attentes.

Surtout, le président Obama et les républicains ont le devoir moral de trouver rapidement des solutions et des lieux d’accord pour éviter que l’économie américaine, qui demeure blessée et fragile, ne retombe encore en récession. Les seules craintes provoquées par le « crêpage de chignon » entre les deux partis convainquent les entreprises d’attendre avant d’investir.

Ça ralentit déjà l’économie. Et ça se répercute sur l’économie canadienne en passant…