Billets publiés en décembre 2012

Comme c’est le cas en fin d’année, depuis plusieurs saisons déjà, on aime bien à RDI économie vous proposer des suggestions de lecture pour le temps des fêtes et les prochains mois. C’est ce que nous avons fait le jeudi 20 décembre à l’émission.

Voici donc les suggestions de lecture de nos journalistes et les miennes!

Et joyeuses fêtes!

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Dorison, Xavier (scénario) et Thomas Allard (dessin). 2012. HSE, Human stock exchange (tome 1). Dargaud Édition, 56 p. (proposé par Andrée-Anne Saint-Arnaud)

Francq, Philippe et Jean Van Hamme. 2012. Colère rouge (tome 18). 2012. Dupuis, 56 p. (proposé par Andrée-Anne Saint-Arnaud)

Bourguignon, François. 2012. La mondialisation de l’inégalité. Coll. « La République des idées ». Seuil, 112 p. (proposé par Jean-Sébastien Bernatchez)

Acemoglu, Daron et James Robinson. 2012 Why nations fail. Crown Business, 546 p. (proposé par Jean-Sébastien Bernatchez)

Latynina, Julia. 2012. La trilogie du Caucase (2) : Gangrène. Actes Sud / Leméac, 516 p. (proposé par Daniel Bordeleau)

Musolino, Michel. 2012. La crise pour les nuls. Coll. Poche pour les nuls. Éditions First, 297 p. (proposé par Jean-Philippe Robillard)

Jérôme-Forget, Monique. 2012. Les femmes au secours de l’économie. Éditions Stanké, 192 p. (proposé par Maxime Bertrand)

Marron, Donald. 2012. Théories économiques en 30 secondes. Coll. Livres pratiques. Éditions Hurtubise, 160 p. (proposé par Maxime Bertrand)

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Pour ma part, voici quelques livres lus cette année, dont on a parlé à RDI économie :

Rubin, Jeff. 2012. La fin de la croissance. Éditions Hurtubise, 373 p.

  • La fin de la croissance ne signifie pas le début de la décroissance. C’est plutôt un rappel que notre planète ne peut plus en prendre plus. Nous consommons un pétrole cher, qui sera toujours plus cher. Il faut repenser notre modèle de production et de consommation.

Duhamel, Pierre. 2012. Les entrepreneurs à la rescousse. Éditions La Presse, 237 p.

  • C’est un cri du cœur de Pierre Duhamel pour nous rappeler que l’économie n’existe pas sans ces gens, les entrepreneurs, qui prennent des risques, qui créent de la richesse et qui donnent de l’emploi à des millions de personnes. C’est très fouillé.

Castonguay, Claude. 2012. Santé, l’heure des choix. Éditions du Boréal, 206 p.

  • Sortir l’hôpital du cœur de notre système, c’est ce que nous dit Claude Castonguay. La chaîne de prévention et d’intervention est totalement défaillante et on devrait avoir honte de notre système de santé, affirme l’ancien ministre. Des tonnes de solutions pour le nouveau ministre de la Santé au Québec, qui doit gérer le système avec une vision à long terme.

Mousseau, Normand. 2012. Le défi des ressources minières. Éditions MultiMondes, 260 p.

  • Livre à la fois technique et analytique. Livre de référence sur les mines, ressources et métaux du Québec. Normand Mousseau nous rappelle que ce secteur demeure modeste à l’échelle de l’économie du Québec et que le développement du nord ne va pas enrichir le Québec pour toujours.

Fortier, Jean-Martin. 2012. Le jardinier-maraîcher. Écosociété, 198 p.

  • Pour le jardinier-maraîcher expert ou le jardinier maison, ou pour l’amoureux de la nature et du vrai, il faut lire le livre du fermier Jean-Martin Fortier. C’est unique, c’est précis, sans prétention, simple, accessible et réaliste.

Martin, Éric et Maxime Ouellet. 2012. Université inc. Lux Éditions, 147 p.

  • Il n’y aura pas de hausse de droits de scolarité finalement au Québec. Et certains militent pour la gratuité. Ici, tous les arguments pour ceux qui ont porté le carré rouge. Le débat se poursuit.

Robichaud, David et Patrick Turmel. 2012. La juste part. Documents. Atelier 10, 97 p.

  • Avec le magazine Nouveau projet, Atelier 10 publie des essais sociaux, économiques, politiques. Jocelyn Maclure et Nicolas Langelier nous offrent une nouvelle publication tous les six mois remplie de bons et longs textes, dans une mise en page sublime et léchée. L’un des petits essais, qui se lit sur le bord du feu à la campagne ou dans le salon de votre condo, c’est celui-ci!

Voilà! Là-dessus, joyeuses fêtes, amusez-vous, faites attention à vous et à vos proches… et à l’an prochain. Et merci de faire vivre ce blogue depuis maintenant plus de six ans. Merci!

Les 10 évènements de 2012

Mardi 18 décembre 2012 à 13 h 49 | | Pour me joindre

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C’est l’heure des bilans. Voici mon classement des 10 évènements économiques de l’année :

  • 1- Budget fédéral : compressions de 5,2 milliards, âge de la sécurité de la vieillesse à 67 ans.
  • 2- Ottawa accepte la vente de Nexen et Progress à des sociétés d’État étrangères
  • 3- Budget Marceau : hausse d’impôts, fermeture de Gentilly-2, équilibre budgétaire.
  • 4- Mark Carney annonce qu’il va passer de la Banque du Canada à la Banque d’Angleterre.
  • 5- La crise s’étend à l’Espagne et à l’Italie, danger de récession mondiale.
  • 6- Le CRTC empêche Bell d’acquérir Astral.
  • 7- SNC-Lavalin : paiements non autorisés, démission du PDG Pierre Duhaime, accusé de fraude.
  • 8- Fermeture d’Aveos au Canada : 2400 emplois supprimés.
  • 9- Dégringolade de Research in Motion.
  • 10- Lowe’s tente d’acheter en vain Rona; démission du PDG Robert Dutton.

Qu’en pensez-vous? Quels sont les évènements qui ont marqué l’année à votre avis?

Il sera intéressant de voir la suite de ces évènements en 2013 :

  • D’autres compressions dans le budget Flaherty probablement en mars?
  • D’autres hausses de contributions pour le RPC et la RRQ?
  • D’autres offres de société étrangères au Canada?
  • Qui va remplacer Mark Carney à la Banque du Canada?
  • La zone euro vivra-t-elle d’autres drames?
  • Bell réussira-t-elle à acheter Astral?
  • Est-ce que d’autres révélations sont à venir sur SNC-Lavalin?
  • RIM rebondira-t-elle avec la sortie de son Blackberry 10 le 30 janvier?
  • Et une nouvelle offre sera-t-elle déposée pour acheter Rona?

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Ne manquez pas notre émission spéciale : RDI économie – bilan/perspectives avec nos journalistes. Ce sera diffusé les jours suivants :

  • dimanche 30 décembre               12 h 30 et 17 h 30
  • mardi 1er janvier                            18 h 30 et 23 h 30

Les armes : une industrie prospère

Lundi 17 décembre 2012 à 13 h 08 | | Pour me joindre

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La tragédie de Newtown, au Connecticut, relance sérieusement le débat sur la possession des armes aux États-Unis et leur accès relativement facile. C’est une industrie rentable, qui ne cesse de croître.

Il faut le dire : la production et la vente d’armes aux États-Unis occupent une place relativement importante dans l’économie du pays. Partout, sur le territoire, des centaines de milliers de personnes vivent de cette industrie. Passez la frontière et vous tomberez dès le premier village sur une boutique d’armes à feu, c’est garanti.

Il y a 300 entreprises qui fabriquent des armes aux États-Unis et qui empochent des revenus d’environ 6 milliards de dollars par année. En 2010, les manufacturiers américains ont produit 5 459 240 armes à feu, armes d’épaule, pistolets, carabines, etc..

De ces fabricants, les deux plus gros sont en bourse : il s’agit de Smith & Wesson Holding Corporation, dont le carnet de commandes atteignait une valeur de 187 millions de dollars à la fin de 2011 à la suite d’un quatrième trimestre record. L’autre gros joueur, c’est Sturm, Ruger & Company, qui indiquait en 2011 qu’elle était sur le point de devenir la première entreprise américaine à vendre plus de un million d’unités. Pour l’occasion, elle annonçait alors qu’elle allait verser 1 $ pour chaque arme vendue au lobby américain des armes, la National Rifle Association.

Il s’est vendu 10,8 millions d’armes aux États-Unis en 2011. C’est une hausse de 14 % par rapport à 2010.

Il y a, chez nos voisins du sud, 130 000 vendeurs d’armes. C’est 32 fois plus de boutiques d’armes que de magasins Walmart. Il y a 145 000 stations d’essence.

On compte 270 millions d’armes enregistrées aux États-Unis. C’est 89 armes par tranche de 100 personnes.

Ces chiffres sont impressionnants. Ils sont révélateurs de l’importance des armes dans la culture américaine et expliquent aussi le poids relatif que les armes occupent dans l’économie de ce pays. Mais, comme le président des  États-Unis l’expliquait hier soir à Newtown, ils ne peuvent pas servir de prétexte pour éviter un débat réel sur les armes et pour justifier l’inaction.

Le président américain Barack Obama lors de la cérémonie oecuménique du 16 décembre 2012

« Peut-on vraiment dire, comme nation, a dit le président, que nous respectons nos obligations? Peut-on honnêtement dire que nous en faisons assez pour protéger nos enfants? Peut-on clamer, comme nation, que tous ensemble, nous leur faisons savoir qu’ils sont aimés et que nous savons leur montrer à aimer en retour? Peut-on dire que nous en faisons vraiment assez pour donner à chaque enfant de ce pays la chance qu’il mérite de vivre dans la joie et dans l’espoir? »

Le commerçant et son client

Vendredi 14 décembre 2012 à 12 h 06 | | Pour me joindre

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Je suis fasciné par les rouages de l’économie. Par les gens qui font et qui animent l’économie. Par les femmes et les hommes qui font en sorte que tous les jours, nous vivons, nous mangeons, nous bougeons, nous avançons, nous évoluons dans l’objectif universel d’être heureux! On est loin d’y arriver tous les jours. Être heureux, ça peut prendre toute une vie pour y arriver. Et encore! Nos petites chimies intérieures et les hauts et les bas de la vie brouillent parfois, et pour plusieurs souvent, nos desseins de bonheur, de paix et de sérénité.

Des clients font la queue à la caisse du magasin de  jouet Toys R Us à Winnipeg vendredi matin.Au Centre Laval, dans les dernières semaines, et jeudi soir lors de notre spéciale des fêtes en direct, j’ai rencontré là des gens que je connais. Je ne veux pas dire que je les connais personnellement. Mais j’ai vu des êtres humains qui m’ont fait penser à d’autres personnes que j’ai connues dans ma vie. Des gens qui travaillent souvent 6 jours semaine, des journées qui peuvent dépasser les 12 heures, des gens qui doivent sacrifier une bonne partie du temps de famille et de loisir pour gagner leur vie.

Les commerçants. Les détaillants. Vos voisins, vos frères et vos soeurs, vos amis, ces gens-là fabriquent, fournissent, vendent des biens et des services que nous achetons et que nous consommons. On le fait par besoin ou par plaisir. Ils le font par nécessité. C’est leur gagne-pain, c’est leur salaire.

Ils sont les deux tiers de l’économie. Près de 70 % du PIB au Québec, au Canada et aux États-Unis reposent sur la consommation. C’est trop? Peut-être, probablement. Le dérapage, de nos jours, si je peux me permettre d’utiliser ce mot, ce n’est pas la consommation. C’est la surconsommation! La conseillère de l’ACEF de l’Île Jésus Eduarda Freitas nous disait jeudi soir en direct à RDI qu’il y a des besoins et des désirs. Il faut obligatoirement s’occuper de l’un et espérer pouvoir combler l’autre.

Mais combler les désirs en s’endettant sans savoir comment rembourser nos cartes de crédit, c’est un aller simple vers l’enfer budgétaire! À 20% d’intérêt, les cartes de crédit peuvent vous faire plonger dans un véritable « précipice budgétaire » pour reprendre une expression à la mode ces jours-ci.

Et notre défi social, il est là. Le vice de notre modèle économique, c’est l’endettement dû à la surconsommation. C’est acheter avec de l’argent qu’on n’a pas et gonfler un peu plus chaque jour la bulle des dépenses et des dettes.

Comment fait-on pour continuer à stimuler l’économie et l’emploi, par la consommation qui, je vous le rappelle, fait vivre une majorité de nos voisins, amis et parents, tout en évitant de crouler sous les dettes et de sombrer dans les dépenses inutiles, irresponsables et contre-productives?

Le monsieur de la caverne d’Ali baba du Centre Laval m’a fait visiter sa jolie boutique jeudi soir. Une partie de sa vie, c’est ce commerce qu’il aime, dont il est fier, qu’il m’a présenté comme l’une des grandes merveilles du monde. Il m’a dit que les affaires étaient relativement bonnes.

J’ai parlé à la propriétaire d’une bijouterie qui, elle, affichait des rabais de 50 % dans sa boutique. Il y a une dizaine de bijouteries dans son petit centre commercial. La concurrence est féroce. Il y a un gros « Target » qui s’en vient au Centre Laval, ça va attirer des gens m’a-t-elle dit.

D’un côté, le commerçant, qui vit d’espoir et d’optimisme, qui attend, qui est patient, qui se doit d’être créatif, ingénieux et original. De l’autre, le consommateur, qui doit faire des choix, qui doit se raisonner, se faire un budget, respecter ses limites et éviter les pièges de l’endettement.

Entre les deux : l’économie. Le rapport social, le lien entre les humains, les besoins, les désirs. Le capitalisme dans ce qu’il y a de meilleur et de pire aussi.

Fêtes : le défi de mieux consommer!

Lundi 10 décembre 2012 à 12 h 07 | | Pour me joindre

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Je ne vous cacherai pas d’avoir été étonné par les résultats de ventes de la grande fin de semaine de l’Action de grâces aux États-Unis et du Black Friday, jour de soldes qui, traditionnellement, lance la grande période du magasinage des fêtes. Dans le contexte économique des États-Unis, le niveau de confiance qui est fragile et le taux de chômage qui demeure élevé, on aurait pu croire que les Américains auraient modéré leurs ardeurs à l’approche des fêtes.

Mais non. Pas du tout! Selon un sondage de la National Retail Federation, 247 millions de consommateurs ont magasiné dans les commerces et sur le web durant la grande fin de semaine de l’Action de grâces, comparativement à 226 millions en 2011. C’est une hausse de plus de 9 %. Ils ont dépensé 423 $ chacun, en moyenne, soit 6,3 % de plus qu’en 2011. Total des dépenses : 59,1 milliards de dollars.

Un foule se presse pour profiter des aubaines du Black Friday, au Mall of America, le 25 novembre 2011.Et, comme chaque année, nous avons assisté à des scènes surréalistes. Des gens, en file d’attente depuis des heures, devant des magasins, qui se précipitent, se poussent, se marchent dessus, se blessent pour atteindre les produits en solde sur les planchers des commerces qui viennent d’ouvrir, très très tôt le matin du Black Friday. C’est moins violent, disons-le, devant son écran d’ordinateur, où se font toujours un peu plus d’achats tous les ans.

Les gens consomment donc, malgré les inquiétudes, l’état de l’économie et la précarité dans laquelle plusieurs sont enfoncés. Et l’économie carbure à cette consommation! Environ 70 % de nos économies avancées s’appuient sur la consommation de toute sorte. Et pour s’assurer que l’économie ne s’effondre pas, des tonnes de possibilités ont été, de façon ingénieuse et créative, échafaudées au fil du temps pour faire en sorte que les gens ne cessent de consommer : cartes de crédit, marge de crédit, cartes-cadeaux, paiements étalés, marketing et publicités audacieuses et attractives, etc. On peut consommer, sans s’arrêter, mais tout en payant des intérêts bien sûr! Ce système ne prend pas de vacances. Il tourne à fond!

MagasinLes Canadiens ne sont pas en reste. Selon un sondage effectué par Deloitte, 65 % des gens vont acheter entre 1 et 10 cadeaux pour les fêtes. Des cartes cadeaux, de l’argent, des vêtements, des jouets, des produits électroniques. On cherche les soldes et on compare les prix. Au final : on achète! Tellement qu’on prévoit l’ouverture de 12 à 15 centres commerciaux de plus au Canada dans les prochaines années. De plus, en 2013, plusieurs chaînes américaines, dont Target, ont prévu s’installer au Canada.

Il y a de l’argent à faire… et les commerçants se battent pour attirer votre dollar et vos petites cartes de plastique! Selon un autre sondage, celui-là effectué par la BMO, les Canadiens prévoient augmenter de 15,6 % leurs achats de cadeaux en 2012. Et ils vont voyager encore plus cette année. Voici les données tirées du sondage :

Achats

2012

2011

Achats de cadeaux

674 $

583 $

Voyages

563 $

360 $

Divertissements

267 $

307 $

Autres

106 $

147 $

Dépenses du temps des fêtes au pays

Achats

TOTAL

Atl.

Qué.

Ont.

Man./Sask.

Alb.

C.-B.

Achats de cadeaux

674 $

625 $

359 $

924 $

645 $

553 $

673 $

Voyages

563 $

347 $

286 $

801 $

411 $

639 $

529 $

 
Divertissements

267 $

156 $

125 $

383 $

165 $

240 $

323 $

Autres

106 $

99 $

48 $

133 $

61 $

93 $

173 $

L’ingéniosité est au rendez-vous pour vous attirer. Selon Gerrick Johnson, analyste de jouets (vous avez bien lu…) pour BMO Marché des capitaux, « les consommateurs profiteront de nouvelles tactiques des détaillants, comme des systèmes de réservation de jouets innovateurs, des programmes de correspondance de prix plus dynamiques, la livraison le même jour des commandes en ligne et des mises de côté moins chères ».

La consommation est au cœur de notre société. Nous travaillons tous les jours pour produire des services et des biens qui sont ensuite vendus. Mais, le problème, c’est que la roue tourne toujours un peu plus vite. Et les gens s’endettent toujours un peu plus sans prendre garde aux conséquences qui sont, pour certains, désastreuses. Comment éviter les pièges de la consommation?

Ce sont des questions qu’on va se poser jeudi soir à 20 h (HNE) sur RDI. On vous présente une émission spéciale : RDI économie, édition des fêtes, émission d’une heure au cours de laquelle on va aborder quatre thèmes :

  1. Tendance : qu’est-ce qui est bon à acheter et qu’est-ce que vous devez éviter?
  2. Comment éviter les pièges de l’endettement? Mieux consommer, moins consommer?
  3. Qu’est-ce qu’on achète sur Internet? Est-ce moins cher? Qu’est-ce qu’on évite sur Internet?
  4. Et comment consommer de façon responsable? Des trucs.

Source – sondage Deloitte : http://www.deloitte.com/assets/Dcom-Canada/Local%20Assets/Documents/CB/12-2969%20CB%20Holiday%20Survey%202012_FR_FIN.pdf

Source – sondage BMO : http://nouvelles.bmo.com/press-releases/perspectives-2012-de-bmo-sur-les-depenses-du-temps-tsx-bmo-201211080832502002

L’obsession du déficit zéro

Vendredi 7 décembre 2012 à 13 h 24 | | Pour me joindre

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J’avais demandé à l’ex-ministre des Finances Raymond Bachand en 2010 si son objectif de revenir à l’équilibre budgétaire en 2013-2014 n’était peut-être pas un peu irréaliste. Et si finalement on n’aurait pas dû attendre un peu, quelques années de plus, pour éviter de se retrouver à trop taxer les citoyens et à trop couper dans les dépenses pour équilibrer le budget.

Il faut savoir que le déficit du Québec était moins important que celui de ses partenaires et concurrents, qui présentaient alors des plans de retour à l’équilibre sur une plus longue période.

Nicolas MarceauIl m’avait dit qu’il était absolument nécessaire pour le Québec de mettre de l’ordre rapidement dans ses finances publiques en raison de ses défis à moyen et à long terme. On pense surtout à la question du vieillissement de la population, qui est plus accentué au Québec.

Raymond BachandLe Parti québécois a décidé de maintenir le calendrier établi par le gouvernement Charest afin de respecter l’objectif d’équilibrer les finances publiques en 2013-2014. C’est à Nicolas Marceau et à Stéphane Bédard que revient finalement cette tâche qui s’annonçait difficile en 2010 et qui l’est encore plus aujourd’hui, on est à même de le constater.

Soyons francs : c’est un effort quasi surhumain qui est exigé dans les ministères du gouvernement du Québec et dans les sociétés d’État. On doit couper et on doit atteindre des degrés d’efficience en quelques mois seulement.

Je n’ai pas des compétences en gestion. Mais je travaille pour une institution publique et je peux vous dire que, pour de bonnes et parfois de moins bonnes raisons, les virages et les changements prennent du temps à se faire. La culture institutionnelle est forte. Les employés sont bien protégés. Les façons de faire sont installées et standardisées.

Et donc je me demande sérieusement comment le gouvernement du Québec réussira à réduire de 522 millions de dollars les dépenses des ministères et entités, en quelques mois seulement, sans réduire le nombre d’emplois, sans réduire les services aux citoyens, sans provoquer des affrontements et des contestations de toutes parts.

Le Parti québécois, parce qu’il propose un projet politique qui est considéré comme un facteur d’instabilité par les agences de notation et les milieux d’affaires, doit faire mieux que les autres. Si le PQ avait décidé de reporter à plus tard l’équilibre budgétaire, on l’aurait accusé d’amateurisme, d’incompétence et on aurait réclamé la démission du gouvernement.

Le ministre des Finances Nicolas Marceau a ainsi présenté un budget d’austérité et le président du Conseil du Trésor Stéphane Bédard est arrivé avec les mauvaises nouvelles jeudi matin : on coupe partout, un peu plus que prévue même. Il le faut si on veut atteindre l’équilibre!

Il est difficile d’en vouloir au gouvernement de couper, si on a claironné qu’il ne fallait pas reporter l’équilibre budgétaire. Mais il est difficile d’imaginer qu’on développe le Québec en comprimant dans la recherche universitaire à hauteur de 37,5 millions de dollars, dans l’aide à l’emploi pour un total de 55 millions et dans le Fonds de développement économique, une réduction de 58 millions de dollars.

Est-ce que l’objectif du déficit zéro n’est pas trop audacieux?

Combien va coûter cette course au déficit zéro?

À quel prix va-t-on l’atteindre?

Dans l’indifférence…

Mercredi 5 décembre 2012 à 15 h 29 | | Pour me joindre

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Sentez-vous une urgence à répondre efficacement au défi écologique?

Alors qu’on nous annonce à Doha, où se tient la 18e conférence des Nations unies sur les changements climatiques, que la température moyenne mondiale va grimper de 5 degrés Celsius d’ici 2100, les grands enjeux au cœur des discussions des dirigeants mondiaux ne font qu’effleurer les questions écologiques. À raison, diront certains, compte tenu de l’ampleur des problèmes économiques et financiers. À tort, diront d’autres, compte tenu de l’importance des questions environnementales pour l’avenir de la planète.

Conférence sur le climat à DohaEn Europe, tous les yeux sont tournés sur ces gouvernements qui ont du mal à contrôler leurs finances publiques, qui plongent un peu plus chaque trimestre dans la récession et qui provoquent de vifs débats sur l’avenir de la zone euro.

Aux États-Unis, on ne parle plus que du précipice budgétaire et de l’affrontement entre un président démocrate à la Maison-Blanche et un président républicain à la Chambre des représentants. L’objectif : trouver un compromis qui permettra à chacun de ne pas perdre la face et qui fera en sorte d’éviter un choc fiscal de 600 milliards, hausse d’impôts et réduction de dépenses, le 1er janvier prochain.

En Chine, le gouvernement œuvre à réorganiser son économie pour développer une demande intérieure durable. Cela fera en sorte de ralentir et de stopper la hausse des inégalités, et de permettre aussi au pays de réduire sa dépendance aux exportations vers des pays qui sont aujourd’hui en difficulté financière et économique.

Chez nous, au Canada, le pétrole, le gaz et les mines sont au centre des discussions pour développer l’économie. Ottawa soutient le développement de l’industrie pétrolière de l’Alberta et des sables bitumineux. Même Québec s’y intéresse : on discute d’inverser l’oléoduc Sarnia-Montréal pour permettre le transport du pétrole de l’ouest vers l’est. Le gouvernement Marois souhaite aussi développer le pétrole qui se trouve sur son territoire.

Pendant ce temps, comme Le Monde le rapporte mercredi, les négociations de Doha n’ont pas permis de faire des progrès notables. « Le cœur n’y est pas », dit-on en marge des négociations. On maintient l’objectif d’en arriver à un accord d’ici 2015, mais on a l’impression qu’il n’y a pas vraiment de sentiment d’urgence pour en arriver à un accord prochainement.

Comme si on pouvait reporter continuellement à un peu plus tard.

Comme si 2020, 2030, 2050, 2100 étaient des échéances lointaines, très très lointaines.

En fait, comme l’écrivait de nouveau Le Monde le 26 novembre, « les budgets publics sont exsangues, le marché carbone s’est effondré et le débat sur les financements innovants (taxe sur l’aviation notamment) piétine ».

Pourtant, les émissions ne font qu’augmenter sur la planète : hausse prévue de 2,6 % cette année, hausse de 58 % par rapport au niveau de 1990. Les émissions de la Chine sur environ 25 ans (de 2004 à 2030) devraient être deux fois les émissions de l’OCDE. Selon le Global Carbon Project, la Chine est le plus grand pollueur du monde avec 28 % des émissions, suivi des États-Unis à 16 %. Mais les émissions par habitant sont de 6,6 tonnes en Chine et de 17,2 tonnes aux États-Unis.

Pour la suite, la Chine hésite, tout comme les États-Unis d’ailleurs. Le Japon ne veut pas s’engager avec des cibles précises. Le Canada, qui a quitté l’accord de Kyoto, continue à recevoir des prix fossiles pour ses positions jugées rétrogrades en matière d’environnement. Mis à part l’Europe et l’Australie, la volonté politique n’y est pas.

N’est-ce pas inquiétant?

La fin du monde n’est pas le 21 décembre comme l’attendent plus ou moins sérieusement plusieurs commentateurs. C’est plutôt le 1er janvier! Ça se passe aux États-Unis et ça se nomme le fiscal cliff, qu’on traduit chez nous par l’expression « précipice budgétaire ».

À Washington D.C. le président de la Chambre des représentants, John Boehner, a appelé le président Obama à collaborer avec les républicains de la Chambre.En fait, cette histoire-là est devenue une obsession totale aux États-Unis. Si on ne réussit pas à éviter le choc fiscal provoqué par le précipice budgétaire, l’économie américaine va replonger en récession, entraînant avec elle l’économie mondiale. C’est ce qu’annoncent les experts, les gens de la bourse, les économistes, les analystes…

Le pire est à prévoir, nous dit-on. L’humeur des opérateurs de marché est instable et varie au rythme des déclarations, tantôt optimistes du président démocrate Barack Obama, tantôt déprimantes du président républicain de la Chambre des représentants John Boehner. Et vice versa! Il reste 28 jours avant le 1er janvier 2013. La chaîne d’affaires américaine CNBC nous fait un décompte en temps réel (jour, heures, minutes, secondes) avant le jour J.

Qu’en est-il?

Le président Barack Obama, dans une usine de Hatfield,  explique sa stratégie pour éviter le mur fiscal.

Si une nouvelle entente budgétaire entre démocrates et républicains n’est pas conclue d’ici le 1er janvier 2013, c’est toute une série de hausses d’impôts qui entreront en vigueur automatiquement et des coupes draconiennes qui seront appliquées dans les dépenses publiques. Les mesures suivantes se produiront :

  • Hausse de 3 points de pourcentage des différents niveaux d’impôts (avec l’annulation des baisses d’impôts annoncées par George W. Bush, renouvelées par Barack Obama);
  • Compressions dans les programmes discrétionnaires du budget de 2011;
  • Abolition de certaines exemptions fiscales;
  • Réduction des paiements pour le programme « Medicare » aux médecins, programme qui assure aux aînés l’accès à leur médecin;
  • Fin de la baisse de 2 % des coûts de sécurité sociale;
  • Fin des mesures d’urgence pour les personnes sans emploi;
  • Ajout de nouvelles taxes pour financer le secteur de la santé;

Le bureau du budget du Congrès, un organisme indépendant, affirme que l’application de ces mesures provoquerait un ralentissement sérieux de l’économie. Ainsi :

  • Le déficit passerait de 1128 milliards de dollars en 2012 à 641 milliards en 2013;
  • La dette par rapport au PIB passerait de 73 % en 2012 à 68 % en 2017;
  • Le pays se retrouverait en récession avec une croissance pour 2013 de  -0,5 %;
  • Le taux de chômage remonterait jusqu’à 9,1 % à la fin 2013.

Les Américains ont choisi le démocrate Barack Obama pour diriger les destinées du pays pour un second mandat de 4 ans. Ça lui donne une légitimité renouvelée pour faire avancer son programme, qui prévoit notamment des hausses d’impôts pour les plus riches.

En même temps, les Américains ont donné une majorité aux républicains à la Chambre des représentants, détenteurs à leur tour d’une légitimité pour mettre de l’avant des projets de loi qui correspondent à leurs valeurs et à leurs attentes.

Surtout, le président Obama et les républicains ont le devoir moral de trouver rapidement des solutions et des lieux d’accord pour éviter que l’économie américaine, qui demeure blessée et fragile, ne retombe encore en récession. Les seules craintes provoquées par le « crêpage de chignon » entre les deux partis convainquent les entreprises d’attendre avant d’investir.

Ça ralentit déjà l’économie. Et ça se répercute sur l’économie canadienne en passant…