Billets publiés le 5 novembre 2012

Obama ou Romney, donc?

lundi 5 novembre 2012 à 13 h 40 | | Pour me joindre

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L’élection présidentielle est cruciale pour l’avenir socioéconomique des États-Unis. Le pays doit retrouver le chemin de la croissance pour espérer relancer un marché de l’emploi fort et solide. Pour l’instant, la croissance de l’emploi est trop faible et les emplois créés sont moins rémunérateurs et moins sûrs que ceux qui ont été perdus dans la foulée de la grande récession.

Comment stimuler l’économie américaine? Comment dégonfler le déficit, qui dépasse en ce moment les 1000 milliards de dollars par année? Comment amoindrir les écarts de richesse qui provoquent des inégalités sociales exceptionnelles? Et comment les États-Unis peuvent-ils réduire leur dépendance au pétrole étranger et surtout au pétrole tout court?

Barack Obama de passage à Springfield en Ohio

Les principales mesures économiques de Barack Obama

  • Hausse d’impôts pour les plus fortunés (taux de 33 % à 36 %, taux de 35 % à 39,6 %).
  • « Buffett rule » en référence au taux d’impôt de Warren Buffett plus faible que celui de sa secrétaire : taux réel d’impôt de 30 % pour les millionnaires.
  • Investissements : infrastructures, éducation, innovation.
  • Coupes dans la défense.
  • Crédit d’impôt pour les entreprises qui rapatrient des emplois aux États-Unis.
  • Développement du gaz naturel.
  • Fin des subventions au secteur pétrole, mais développement tout de même.
  • Augmenter le nombre de diplômés.

Mitt Romney, prenant une pause au cours d'une visite dans une usine de Worthington, en Ohio.

Les principales mesures économiques de Mitt Romney

  • Baisse d’impôts pour les ménages : réduction de 20 % de tous les taux marginaux.
  • Baisse du taux le plus élevé pour les entreprises de 35 à 25 %.
  • Équilibre budgétaire : coupes sociales et l’assurance maladie (Obamacare).
  • Oui à l’oléoduc Keystone (entre l’Alberta et le Texas).
  • Développement énergétique (réduction de la réglementation).
  • Amélioration des programmes de formation.
  • Plus de dépenses dans la Défense.
  • Des éléments de politiques extérieures (affrontement possible avec l’Iran, sanctions possibles contre la Chine) pourraient avoir des répercussions économiques.

 

Peu importe le gagnant, il souhaitera certainement avoir les coudées franches pour mettre en place son plan de match économique, et donc compter sur un Congrès qui lui est favorable. Le prochain président devra :

  1. Éviter le choc fiscal qui pourrait survenir le 1er janvier avec l’annulation automatique des baisses d’impôt annoncées par George W. Bush et la réduction instantanée de plusieurs dépenses publiques, qui stimulent en ce moment l’économie.
  2. Composer avec une économie mondiale qui ralentit : Europe en récession, croissance chinoise toujours un peu moins forte.
  3. Stimuler l’économie intérieure par des mesures ciblées dans le secteur manufacturier notamment, des mesures que plusieurs considèrent comme étant une approche protectionniste, qui semble toutefois permettre aux États-Unis de regagner du terrain dans le secteur de la fabrication.
  4. Et développer une stratégie énergétique efficace : comment se libérer du pétrole, toujours plus difficile à extraire, se libérer du pétrole étranger de plus en plus orienté vers la demande des émergents, surtout la Chine, développer des énergies plus propres comme le gaz naturel et l’éolien?

Alors, vos pronostics?

Sources : Pierre Fournier (Banque Nationale), Francis Généreux (Desjardins), Frédérick Gagnon (UQAM)