Billets publiés le 28 septembre 2012

Encore de l’austérité? Vraiment?

vendredi 28 septembre 2012 à 12 h 46 | | Pour me joindre

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L’économie mondiale continue de ralentir, et la crise ne cesse de prendre de l’ampleur, en Espagne tout particulièrement, quatrième économie d’Europe. La Grande-Bretagne est en récession, plusieurs autres pays de la région le sont aussi. Et la France semble se diriger vers une récession, selon les prévisions de sa banque centrale.

Les budgets pour l’exercice 2013 sont dévoilés un peu partout et comportent encore plusieurs mesures d’austérité. Pourtant, cette austérité a provoqué, dans les dernières années, des chutes de revenus publics plus importantes encore que la réduction des dépenses prévue par plusieurs gouvernements. Comme le chien qui se mord la queue, on tourne en rond et on creuse son trou toujours un peu plus profondément.

Les chiffres d’austérité sont les suivants :

Manifestation à Athènes contre l'austéritéEncore 15 milliards de dollars en Grèce, qui n’en finit plus de mourir. Il faut encore compresser et comprimer. Il faut couper davantage dans la fonction publique et les mesures sociales pour être en mesure d’obtenir une nouvelle tranche d’aide de l’Europe et du FMI.

L’Espagne est plongée dans une crise économique terrible : le quart de sa population active est au chômage. Malgré tout, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy annonce des mesures visant à couper près de 50 milliards de dollars dans ses dépenses. Déréglementations de différents secteurs et compressions dans les programmes sociaux sont prévues.

Le premier ministre français, Jean-Marc Ayrault

La France est dans une situation moins périlleuse, mais tout de même préoccupante. Les Français ne sont pas convaincus que leur nouveau président, François Hollande, a les bons remèdes pour redresser la situation. Le budget annoncé aujourd’hui par Paris prévoit des réductions budgétaires de près de 13 milliards de dollars et des hausses d’impôt pour les entreprises et les particuliers de plus de 25 milliards de dollars.

Et puis, il y a l’Allemagne, qui ralentit sérieusement. Alternatives économiques écrit dans son édition de septembre 2012 que « l’économie allemande a tiré profit de la crise grâce à des taux d’intérêt exceptionnellement bas et la baisse du taux de change de l’euro, qui a dopé ses exportations ». Mais, aujourd’hui, l’économie du pays d’Angela Merkel fléchit aussi et pourrait s’approcher du niveau de récession.

Combien de temps cette glissade va-t-elle durer?  Et quelle sera l’ampleur de l’effet sur l’économie mondiale, notamment sur la Chine, qui a besoin de son partenaire européen pour continuer à prospérer? Tout est lié, vous le savez…

Faudrait-il permettre aux pays d’Europe d’investir massivement dans leur économie et de reporter à plus tard la réduction de leur endettement? Ou faut-il continuer sur le chemin douloureux de l’austérité et de la récession avec pour objectif (ou espoir) d’assainir une fois pour toutes les finances publiques?