Billets publiés le 20 septembre 2012

C’est un changement radical, un virage à 180 degrés, du développement de l’économie qui s’amorce au Québec. Les Bachand, Gignac, Hamad et Arcand du Parti libéral, qui avaient une approche pro-entreprises de l’économie, laissent la place aux Marceau, Ouellet, Breton et Zakaïb, au Parti québécois, pour qui l’écologie est une préoccupation de tous les instants.

cabinet_MaroisAutrement dit, l’économie passera par le filtre écologique dans chaque décision à venir. Si le défi écologique est le plus important de notre époque et de notre siècle, on ne peut pas ignorer que le nouveau gouvernement va donner un grand coup de volant au plan de match pour l’économie du Québec et devra le faire rapidement. Le PQ n’a pas de majorité et n’a pas beaucoup de temps pour mettre sa stratégie en place et faire en sorte que ça fonctionne!

Alors que l’environnement est toujours considéré comme un ralentisseur économique à Ottawa, à Washington et dans les milieux d’affaires, la nouvelle première ministre, Pauline Marois, a choisi des écologistes — Daniel Breton, Martine Ouellet et Scott MacKay — pour orienter les décisions en matière de développement au Québec. C’est un signal clair, c’est une approche franchement différente de ce qu’on a connu depuis 15 ans. D’ailleurs, déjà ce matin, Martine Ouellet a annoncé qu’il n’y aurait pas d’exploitation des gaz de schiste au Québec.

Ces gens travailleront avec Nicolas Marceau, aux Finances et à l’Économie, un économiste de centre gauche, issu de l’UQAM, sensible aux enjeux environnementaux. « C’est un collègue que je respecte, a dit hier sur nos ondes l’ex-ministre des Finances, Raymond Bachand. Maintenant, il est entouré de collègues radicaux (…). Dans l’équipe économique, il y a une promotion des spécialistes du gel et des moratoires », a dit le député libéral, faisant référence à Martine Ouellet, qui sera en charge des Ressources, et à Daniel Breton, à l’Environnement.

Cette approche fait peur aux milieux d’affaires, qui n’ont cessé d’exprimer des craintes face aux objectifs du Parti québécois : plus d’environnement, plus de taxes, plus de règles sur le respect du français. Plusieurs se sont permis de dire que l’équipe économique du PQ était peu compétente étant donné l’absence de gens d’affaires parmi les élus.

Là-dessus, c’est important de poser une question : est-ce que les gens d’affaires affirment que l’équipe économique du PQ est faible parce qu’elle ne correspond pas finalement à leur vision de l’économie? Ce que propose le PQ, en fait, c’est une autre approche du développement de l’économie. Est-ce que ça veut dire que l’équipe est faible? Je vous laisse juger.

Par ailleurs, un mot sur Montréal. Raymond Bachand était le ministre responsable de la région métropolitaine. Au Parti québécois, on a choisi Jean-François Lisée pour chapeauter Montréal. La première ministre a beaucoup insisté hier sur la nécessité de tisser des liens avec les anglophones, mais a très peu parlé des défis économiques de Montréal.

Or, la région métropolitaine a besoin d’un leader à Québec qui saura donner une impulsion à la région métropolitaine, où le taux de chômage est élevé, surtout chez les immigrants, et où les structures administratives ralentissent l’économie, aux dires des milieux d’affaires. Jean-François Lisée écrit dans son blogue : « J’ai indiqué combien nous comptions nous appuyer sur les consensus déjà établis et les accompagner. » Souhaitons une démarche audacieuse pour Montréal!