Blogue de Gérald Fillion

Les classes sociales, selon Mitt Romney

mardi 18 septembre 2012 à 13 h 37 | | Pour me joindre

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Le candidat républicain à l’élection présidentielle américaine du 6 novembre prochain ne juge pas nécessaire de rallier 47 % des Américains qui dépendent, selon lui, de l’État et ne paient pas d’impôts. Mitt Romney,qui a fait cette déclaration sans savoir qu’elle allait se retrouver dans les médias, a affirmé, après coup, que tout cela manquait d’élégance et qu’il aurait dû trouver une formulation plus appropriée pour exprimer sa réflexion.

mitt-romneyCes mots nous ramènent à une vision de la société par classes : les riches, les pauvres; les créateurs de richesse, les personnes à charge, les assistés sociaux ; ceux qui ont du pouvoir, ceux qui subissent et attendent le soutien de l’État. Et dans l’esprit de Mitt Romney, un homme très riche, qui a bâti son succès dans les fonds d’investissement, il n’est pas nécessaire de dépenser de l’énergie pour gagner à sa cause une (grosse) partie des Américains.

Il y a un an s’amorçait le mouvement Occupons Wall Street, qui visait à dénoncer les inégalités de richesse. On a polarisé le débat en parlant du 1% représentant les plus riches de la société contre les 99 % formés par la classe moyenne et les démunis. Mitt Romney introduit une nouvelle dynamique : il y a les 47 % perdus d’avance pour lui, dépendant de l’État et ne payant pas d’impôts. Et il y a les 5 à 10 % d’indépendants qu’il juge réceptifs à ses arguments.

On peut estimer que ces propos ne font qu’exacerber les divisions et les tensions entre les uns et les autres. Le bureau du budget du Congrès américain, un organisme indépendant, a publié il y a près d’un an, des chiffres qui confirment que l’écart entre les plus riches et les plus pauvres ne cesse de grandir. Les voici :

Croissance des revenus après impôts – 1979-2007

Groupes de revenus      0-20 %                  21-80 %                81-99 %                     1 %

Croissance                      18 %                      37 %                      65 %                      275 %

Ces données expriment une réalité économique qui n’améliore pas la paix sociale. Certes, il faut créer de la richesse pour mieux la distribuer. Mais une grande part de cette richesse se retrouve toujours entre les mêmes mains. Et on est en droit de s’attendre à ce que les candidats à la présidence présentent des mesures concrètes pour améliorer le sort de tous les Américains, sans exclusion.