Blogue de Gérald Fillion

Un mode de vie : jardinier-maraîcher bio

Lundi 17 septembre 2012 à 14 h 33 | | Pour me joindre

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Depuis 1941, le nombre de fermes au Québec a dramatiquement chuté, passant de 155 000 à 29 335 en 2011, selon les dernières données de l’UPA, l’Union des producteurs agricoles. C’est une baisse de 81 %, attribuable au développement des villes et aux déplacements des populations, à l’empiétement urbain constant sur les territoires agricoles et à des changements fondamentaux dans la structure financière de l’industrie et notre façon de nous alimenter.

Depuis 2007, l’UPA affirme que c’est au Québec, mis à part la Nouvelle-Écosse et la Colombie-Britannique, que le rythme de réduction du nombre de fermes est le plus lent. Depuis 2007, c’est environ 2,5 fermes qui disparaissent chaque semaine. Si on prend 2006, la moyenne est plutôt de 5,1. Il y a donc eu une certaine amélioration, mais la chute se poursuit tout de même.

On ne réécrira pas le rapport Pronovost ici, les causes, les conséquences, les recommandations, mais il est clair que nous sommes toujours dans un processus visant à trouver des solutions durables pour rendre le modèle agricole accessible et prospère.

L’une des avenues possibles pour les agriculteurs, les enfants de fermier ou ceux qui veulent se lancer dans ce secteur, c’est l’agriculture biologique. Ce n’est pas la seule option, mais le rapport Pronovost recommandait, en 2006, « que le gouvernement se dote d’une stratégie de soutien à la production biologique afin de répondre aux attentes des citoyens et des consommateurs québécois de remplacer les importations par des produits biologiques cultivés au Québec. » Le rapport recommandait aussi qu’on soutienne les producteurs ou le groupe d’agriculteurs actuels qui veulent procéder à une « reconversion vers la production biologique. »

Jean-Martin Fortier Jean-Martin Fortier se dit «fermier de famille». Il était l’invité de RDI Économie vendredi pour parler d’un manuel qu’il vient de publier, Le jardinier-maraîcher (Écosociété), qui s’adresse au professionnel comme à l’amateur. Son objectif : expliquer qu’on peut bien vivre d’une agriculture biologique et locale, non mécanisée, efficace sur une petite surface.

En se basant sur ses études universitaires, ses propres recherches et plusieurs visites à l’étranger, Jean-Martin Fortier a développé avec sa conjointe une méthode très productive d’exploitation du sol. Sur un hectare et demi, il parvient à produire plus de 200 paniers de légumes par semaine, d’une valeur d’environ 25 $ chacun, vendus à des ménages désireux d’encourager un producteur local et biologique. Et qui veulent bien manger!

C’est un modèle d’entrepreneuriat, un modèle d’affaires, mais aussi un mode de vie et un choix idéologique. Jean-Martin Fortier, en publiant son manuel, a le désir profond de partager l’idée que l’agriculture bio, c’est une « bonne affaire »! La démarche, la philosophie, les outils, les techniques, les méthodes, tout est expliqué clairement, avec de multiples détails et beaucoup de chiffres, dans ce livre qui offre, en plus, pour le jardinier amateur, une description des légumes à cultiver, qui offrent un bon rendement agricole et financier.

Il faut de la rigueur et de la discipline pour faire fonctionner avec autant de résultats une petite terre, comme celle cultivée par Jean-Martin Fortier dans les Cantons-de-l’Est. Il faut prendre des notes, beaucoup de notes, et se rappeler qu’il faut une excellente préparation avant de passer à l’action. Il y croit, et Le jardinier-maraîcher pourrait vous donner le goût de foncer à votre tour. En tous cas, notre agriculture a bien besoin de gens engagés et créatifs comme Jean-Martin Fortier…