Billets publiés le 3 septembre 2012

Le 15 septembre prochain, ça fera quatre ans que Lehman Brothers faisait faillite et entraînait dans sa chute les banques, les gouvernements, des milliards d’êtres humains, l’économie mondiale finalement! Si on est aujourd’hui sorti de ce qu’on a appelé « la Grande Récession », la crise financière se poursuit toujours et remonte à la surface les maladies fondamentales qui rongent notre économie : l’endettement, la corruption, la spéculation.

En fait, quatre ans plus tard, l’incertitude persiste. Plusieurs pays sont restés ou sont revenus en récession. Et les craintes d’une nouvelle glissade mondiale augmentent. On se demande encore si on se posera les mêmes questions sur la suite des choses dans deux, quatre ou six ans.

Retransmission du discours du président de la Fed, Ben Bernanke, à la Bourse de New York.L’économiste en chef de la Banque Nationale Stéfane Marion expliquait sur nos ondes vendredi soir dernier que la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne n’auraient pas vraiment le choix d’intervenir dans les marchés financiers pour stimuler l’économie. Elles pourraient racheter des obligations, des bons du Trésor aux États-Unis, des obligations italiennes et espagnoles. En Europe, l’objectif serait d’éviter une envolée des coûts d’emprunt sur les marchés de la dette. Aux États-Unis, les buts seraient de faciliter les prêts entre institutions, l’accès plus grand aux crédits dans le marché de la consommation et, ultimement, d’alimenter la croissance de l’économie et la réduction du chômage.

Les États-Unis font face à un problème supplémentaire. Des compressions sont prévues à partir du 1er janvier dans les dépenses de l’État, au moment où des allègements fiscaux viennent à expiration. Cela entraînera une hausse d’impôt. Le bureau du budget du Congrès craint, dans les circonstances, un retour en récession aux États-Unis l’an prochain. Et on n’a même pas évalué l’impact assuré de la sécheresse des dernières semaines chez nos voisins du sud.

Le Canada n’est pas à l’abri selon Stéfane Marion. Tous les paliers de gouvernements devront revoir leurs prévisions de revenus et leurs objectifs budgétaires, à son avis. « La marge de manœuvre est disparue », nous a-t-il dit vendredi à RDI Économie.

Les exportations sont moins fortes, la consommation ralentit et les ménages sont très endettés. Les entreprises investissent encore, mais accumulent leurs stocks. Et quand on accumule les stocks, il y a de fortes chances que les entreprises ralentissent leur production prochaine pour écouler les inventaires. Stéfane Marion s’attend à une décélération de l’économie canadienne dans ce contexte avec un ralentissement encore plus marqué au Québec, où le PIB ne devrait pas dépasser 1 % cette année. Et la récession n’est pas à exclure pour le Canada, selon lui. Il établit ce risque à environ 30 %.

En bourse, le tableau est différent : le pessimisme s’exprime surtout dans les marchés émergents, qui décélèrent, en particulier la Chine et le Brésil. Ça se répercute sur le marché canadien, axé largement sur les ressources, et qui compte sur la demande mondiale pour ses matières premières. Voici le tableau présenté jeudi dernier à RDI Économie par le directeur de la stratégie d’investissement à la Banque Scotia, Vincent Delisle :

 

Indices boursiers                    2012     1 an     2 ans    3 ans    5 ans

Canada (TSX)                           0,5 %    -2,6 %   1,1 %    9,4 %    -9,5 %

É.-U. (S&P 500)                         8,8 %    20,1 %   23,6 %   24,0 %   -8,5 %

Europe (MSCI Europe)              3,0 %    4,0 %    -2,0 %   -10,6 % -37,5 %

Brésil (MSCI Brésil)                   -8,5 %   -11,0 % -25,4 % -15,8 % -7,3 %

Chine (Shanghai A Share)         -9,3 %   -20,0 % -20,7 % -29,6 % -56,0 %