Blogue de Gérald Fillion

Manque à gagner : 300 millions

vendredi 24 août 2012 à 11 h 16 | | Pour me joindre

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Si l’économie ralentissait tous les mois comme ce qu’on a vu au Québec en mai, le PIB serait en chute de 4,8 % sur 12 mois. C’est loin d’être un léger recul, c’est comparable à la Grèce, ces jours-ci! Et les François Legault, Pauline Marois et Jean Charest de ce monde doivent en tenir compte dans leur cadre financier!

L’ISQ a publié jeudi la donnée statistique sur le PIB au Québec. Le résultat est inquiétant : baisse de 0,4 % en mai après une stagnation en avril. Depuis le début de l’année, de janvier à mai, la croissance du Québec s’est limitée à 0,4 %, alors que la montée du PIB pour l’ensemble de l’économie canadienne sur la même période s’est chiffrée à 1,9 %. Le Québec est presque immobile en terme de croissance depuis le début de l’année. Même chose dans le marché du travail, qui stagne depuis un an.

Les partis politiques, qui nous ont annoncé des milliards en promesses de toutes sortes durant la campagne électorale, ne peuvent ignorer cette information. Elle est le reflet statistique d’une réalité bien ressentie sur le terrain dans les villes et villages du Québec.

D’abord, ils doivent expliquer comment ils vont relancer l’économie du Québec dans un contexte d’incertitude économique. Et ils doivent aussi nous expliquer comment ils arriveront à l’équilibre budgétaire si la croissance est moins forte qu’attendu.

Selon l’économiste Marc Pinsonneault de la Banque Nationale, cité par plusieurs médias, la croissance du PIB, à ce rythme, pourrait ne pas dépasser la barre du 1 % cette année au Québec. Ça pourrait être plus faible encore étant donné le contexte d’incertitude. Plusieurs pays d’Europe sont en récession, le niveau de croissance de la Chine ralentit et les signaux économiques en provenance des États-Unis demeurent incertains.

Qu’est-ce que cela signifie? Ça veut dire, selon Marc Pinsonneault, que le gouvernement perd 300 millions de dollars en revenus autonomes si la croissance est de 1 % au lieu de 1,5 %. « C’est l’équivalent de la réserve budgétaire du gouvernement », m’a dit Marc Pinsonneault au téléphone. On pourrait respecter l’équilibre budgétaire en 2013-2014, mais il faut prendre la réserve! Et espérons que le ralentissement ne sera pas encore plus important.

Un autre économiste, Jean-Pierre Aubry, de l’Université d’Ottawa, m’a indiqué que ça pourrait aller jusqu’à 350 millions de dollars de perte. «Il est même possible que l’impact sur le solde budgétaire soit plus grand (moins de croissance => moins d’emplois => plus d’aide gouvernementale)», m’a-t-il précisé par courriel.

Le PLQ et la CAQ — et aussi le PQ (ajout à 14h15 vendredi après-midi) — appuient leur cadre financier sur une croissance du produit intérieur brut de 1,5 % en 2012 et une croissance encore un peu plus élevée l’an prochain. Doivent-ils revoir leurs chiffres? Quelle crédibilité faut-il donner à leurs prévisions de retour à l’équilibre l’an prochain dans un contexte de plus en plus incertain et inquiétant?