Blogue de Gérald Fillion

Les cadeaux et le mandat de la Caisse

jeudi 9 août 2012 à 12 h 26 | | Pour me joindre

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C’est François Legault qui disait qu’il faut que « ça balance! » Oui, Monsieur Legault, vous avez raison, il le faut! Mais, soyons honnêtes, on a hâte de savoir comment vous allez faire « balancer » le tout parce qu’à l’instar de vos collègues Charest et Marois, on s’occupe bien de la colonne des dépenses durant cette campagne électorale, mais très peu de celle des revenus.

François Legault.
Et pourtant, si l’on se fie au chef de la CAQ, ça va mal au Québec et il faut relancer notre économie. Dans les circonstances, ne devrait-on pas faire plus que de tenter de « balancer » les promesses et de travailler à générer plus de revenus et moins de dépenses?

Les promesses fiscales pleuvent depuis le début de cette campagne, et on peut se demander si les propositions des partis sont à la hauteur des défis du Québec. Comment stimuler la croissance? Comment cesser de gonfler la dette au Québec, la plus importante du pays? Comment garder les travailleurs expérimentés au travail et alléger le poids du vieillissement de la population sur les jeunes générations? Comment bien gérer les coûts liés à la santé? Comment réduire le décrochage et assurer un avenir aux jeunes?

Entouré des ministres Sam Hamad et Clément Gignac, Jean Charest a nié toute intervention dans la fin de la filature d'Eddy Brandone.En lieu et place de stratégies structurantes et comportant une vision à long terme, le PLQ et la CAQ ont beaucoup misé sur des propositions à la pièce pour des clientèles précises. Ce sont des cadeaux fiscaux, un peu comme on a vu lors de la campagne fédérale du printemps 2011.

Par exemple, la CAQ propose une baisse d’impôts et l’annulation de la contribution santé, ce qui va coûter près de 2 milliards de dollars, pour les familles dont le revenu total ne dépasse pas 100 000 $ par année. Au PLQ, on prévoit envoyer un chèque de 100 $ par année aux parents d’enfants pour le matériel scolaire, d’augmenter la prime au travail pour les personnes seules de 200 $ et d’offrir le crédit d’impôt pour travailleurs expérimentés à plus de gens, à partir de l’âge de 62 ans plutôt que 65.

Le Parti québécois s’intéresse moins aux petites mesures individuelles et vise davantage à restructurer les secteurs de l’économie québécoise : plus de redevances pour les sociétés minières, une charte du bois, révision du mandat de la Caisse de dépôt et placement, une Banque de développement économique. Mais, il y a beaucoup de questions sans réponse : va-t-on exploiter le pétrole du Québec? Va-t-on aller de l’avant avec l’exploitation du gaz de schiste? Et que faire de la question des droits de scolarité? Le PQ s’en remet à un grand forum sur l’éducation, une ouverture saluée par les étudiants et les professeurs, mais qui permet au Parti québécois de demeurer vague sur sa position.

On est au jour 9 de la campagne. On attend certainement une vision plus élaborée et plus complète de l’économie du Québec de la part des trois grands partis.

La chef du Parti québécois, Pauline MaroisUn mot, en terminant, sur la Caisse de dépôt. La CAQ et le PQ entendent intervenir massivement dans le travail des dirigeants de la Caisse. La Coalition avenir Québec demanderait à la Caisse de réserver 5 milliards de dollars de son actif pour prendre des participations dans des projets miniers au Québec, une avenue qui pourrait rapporter gros, mais qui pourrait aussi faire perdre de l’argent à la Caisse. Le Parti québécois entend demander à l’institution de réorienter 10 milliards de dollars de son actif vers des investissements au Québec afin de favoriser l’économie du Québec. Pauline Marois affirme que les investissements de la Caisse au Québec et au Canada offrent de meilleurs rendements que ceux faits ailleurs dans le monde.

Deux questions donc : êtes-vous satisfaits des propositions et promesses fiscales nombreuses des partis? Et voulez-vous qu’on revoie les stratégies d’investissements de la Caisse comme la CAQ et le PQ le proposent?