Billets publiés le 7 mars 2012

Les ministres des Finances Jim Flaherty et Raymond Bachand n’ont pas le même budget à préparer. Évidemment, ils n’ont pas les mêmes champs de compétence. Mais, surtout, ils n’ont pas à composer avec la même réalité économique et fiscale.
 
À Ottawa, pour arriver à l’équilibre budgétaire dans quelques années, Jim Flaherty comptera semble-t-il sur une croissance économique un peu plus forte qu’attendu et sur des compressions dans ses dépenses, après avoir baissé les impôts des entreprises et la taxe à la consommation. À Québec, Raymond Bachand, lui, a dû augmenter taxes et tarifs pour espérer arriver à son équilibre budgétaire en 2013-2014.
 
Afin de maintenir une bonne note de crédit, les gouvernements doivent établir des plans budgétaires crédibles et rigoureux. Ainsi, le ministre Flaherty a prévu réduire les déficits dans les prochaines années pour arriver à l’équilibre budgétaire vers 2015. Le ralentissement de 2011 l’a obligé à reporter son objectif. Mais les chiffres récents sur la situation budgétaire fédérale lui permettraient d’atteindre l’équilibre un peu plus tôt finalement.
 
Le ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, après sa rencontre avec des économistes du secteur privéAinsi, on se dirige au fédéral vers un déficit de 24 milliards de dollars pour l’exercice 2011-2012 alors qu’on avait prévu 31 milliards. De plus, les économistes ont révisé à la hausse leurs prévisions de croissance économique en 2012, ce qui a fait dire à l’économiste Derek Burleton de la Banque TD que les revenus du gouvernement pourraient être plus élevés de 4 ou 5 milliards de dollars par année.
 
 
Si le gouvernement Harper n’avait pas baissé sa TPS de deux points et n’avait pas réduit davantage les impôts des entreprises, il pourrait revenir à l’équilibre encore plus rapidement que souhaité, peut-être même dès l’an prochain. Sa façon de faire n’est pas celle-là : le ministre Flaherty veut réduire les charges fiscales pour les entreprises et les contribuables et couper dans la taille de l’État. Cela signifiera sans doute des suppressions d’emplois.
 
Le ministre des Finances Raymond BachandPendant ce temps, le ministre des Finances à Québec tente toujours de contrôler ses dépenses. Le retour à l’équilibre est un travail beaucoup plus difficile parce que le gouvernement gère un modèle social qui nécessite des dépenses toujours un peu plus importantes. De plus, les charges fiscales sont déjà élevées. Et on réalise aujourd’hui que la croissance économique est faible et que le marché de l’emploi est en panne.
 
En fait, Jim Flaherty s’est placé lui-même dans une situation exigeante pour atteindre son équilibre, tandis que pour Raymond Bachand c’est la situation socioéconomique du Québec en soi qui l’oblige à la plus grande rigueur. Deux réalités bien différentes…