Le journaliste Fabien Deglise, dans Le Devoir, nous apprend vendredi matin que, depuis près de six ans, Statistique Canada a stoppé la publication de quarante analyses importantes. Plusieurs de ces enquêtes portaient sur la santé et la culture, sur l’économie, l’agro-industrie et la distribution alimentaire.
Pour comprendre la société dans laquelle ont vit et pour être en mesure de faire des analyses en se basant sur des faits et des données scientifiques, ces enquêtes sont importantes.
C’est vrai pour les chercheurs dans les universités, mais c’est vrai aussi pour les journalistes, notamment ceux qui travaillent en économie, comme notre équipe à Radio-Canada qui cherche, à la radio, sur le web et à la télévision, à livrer une information contextualisée, expliquée et accessible.
Le Devoir rapporte notamment l’abandon d’études comme : « exportations par pays », « estimations du revenu du travail », « extraction de minerais », « statistique sur les aliments » et « la revue laitière ». Le Devoir écrit que « ces disparitions s’inscrivent dans une logique de réduction de l’offre de statistiques officielles du gouvernement fédéral imposée par [l'ex-]président du Conseil du Trésor, Stockwell Day, et qui, à ce jour, a forcé Statistique Canada à cesser la production de plusieurs sondages importants pour l’environnement, la santé et l’économie ».
Dans un rapport publié en janvier, la Commission sur la diminution de la paperasse propose de « réduire le fardeau administratif que représentent, pour les intervenants, les sondages menés auprès des entreprises par Statistique Canada ». La Commission recommande de réduire les coûts associés « au respect des contraintes réglementaires, comme l’optimisation de la taille des échantillons et des suivis, la réduction du contenu pour les petites entreprises, ainsi que la réalisation d’une étude visant à évaluer la faisabilité et l’impact d’une réduction du nombre de questionnaires adressés aux petites entreprises, ainsi que de la période au cours de laquelle une petite entreprise doit faire partie de l’échantillon du sondage ».
Cette décision va-t-elle entraîner une détérioration de la qualité de l’information recueillie et une diminution du nombre d’analyses encore davantage?
