Blogue de Gérald Fillion

Ottawa doit-il revoir son plan de match?

Mardi 17 janvier 2012 à 12 h 48 | | Pour me joindre

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Dans les entrevues qu’il a accordées à CBC et à Radio-Canada, Stephen Harper est demeuré fidèle à son plan de match : il y aura des compressions dans le secteur public, dans le cadre d’une vaste révision des dépenses. C’est une question de rigueur budgétaire et c’est ce qu’avaient annoncé nettement les conservateurs. Et, selon lui, c’est dans l’intérêt de l’économie canadienne.
 
En anglais, dans l’entrevue menée par Peter Mansbridge, Stephen Harper a dit qu’il fallait que les travailleurs de la fonction publique contribuent davantage à leur fonds de retraite.
 
Cela dit, avec les compressions prévues et la hausse des cotisations pour les employés du secteur public qui sera peut-être annoncée, on peut se demander si l’économie canadienne va en souffrir. Plus de 282 000 personnes travaillent pour l’État. Ils seront nécessairement touchés, de près ou de loin, par ces coupes.
 
Le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty a paru plus prudent à CTV hier soir compte tenu de la situation économique mondiale. « Je crois que les Canadiens [...] s’attendent à ce que nous soyons prudents, a-t-il dit, à ce qu’on revienne à des budgets équilibrés, mais qu’on ait une approche équilibrée aussi à ce propos parce que nous devons en même temps encourager la création d’emplois et la croissance économique. On ne peut pas avoir une approche d’austérité. »
 
Dans son communiqué ce matin, la Banque du Canada écrit que la croissance sera moins forte que prévu au pays. « Le taux de croissance projeté pour la période à venir est plus modeste qu’envisagé précédemment, en raison surtout de la conjoncture extérieure, selon la Banque. [...] Par contre, on s’attend à ce que les conditions financières très avantageuses soutiennent les dépenses de consommation et l’activité dans le secteur du logement. Les dépenses des ménages devraient rester élevées par rapport au PIB, et le ratio de la dette au revenu des ménages, augmenter davantage. »
 
Donc, la Banque est d’avis que la reprise sera plus rapide que prévu, à l’été 2013 plutôt qu’en fin d’année. L’économie canadienne résiste, résistera selon Stephen Harper et Mark Carney. En fait, le Canada semble se démarquer à tous les points de vue.
 
Au chapitre des notes de crédit, le Canada fait dorénavant partie d’un club sélect de notation AAA. Avec l’Australie, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Suisse, la Norvège, la Suède, la Finlande, le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, Singapour et le Liechtenstein, le Canada a une note parfaite parmi toutes les agences de notation. La France, les États-Unis, l’Autriche et la Nouvelle-Zélande ont vu leur note être abaissée par une ou deux agences, mais conservent leur AAA avec Moody’s notamment.
 
Pour ce qui est du chômage, le Canada fait également bonne figure parmi les membres de l’OCDE. Le taux de chômage au pays est de 7,5 %, le même niveau que la moyenne du G7, sous la moyenne de l’OCDE (8,2 %), de l’Union européenne (9,8 %) et de la zone euro (10,3 %).
 
Ottawa peut-il se reposer sur ces relatives bonnes conditions économiques pour aller de l’avant, tout de même, avec son plan de compressions dans l’objectif de revenir à l’équilibre en 2015?