Blogue de Gérald Fillion

Taxer les riches : « ça n’a aucun sens! »

Lundi 24 octobre 2011 à 13 h 18 | | Pour me joindre

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Sa déclaration a été diffusée vendredi soir à RDI Économie et au Téléjournal de 22 h à la Première Chaîne. L’actualité étant très monopolisée par une certaine commission d’enquête, les mots de Jim Flaherty ont été peu repris.
 
 
N’en demeure pas moins que ce qu’a dit le ministre fédéral des Finances vendredi a le mérite d’être clair : c’est une réponse pour les indignés de Wall Street et d’ailleurs, c’est aussi une réplique aux Européens, à Barack Obama et aux riches dirigeants américains qui demandent à être taxés davantage pour aider à régler les problèmes de finances publiques.
 
 
Alors, voici ce qu’a dit Jim Flaherty (les propos sont traduits) : « Si quelqu’un pense, aux États-Unis, au Canada ou en Europe, que vous pouvez taxer les 1 % ou 0,5 % les plus riches et recueillir beaucoup d’argent, ça n’a aucun sens! Ça ne crée pas la quantité de revenus nécessaire pour gérer un pays. C’est… oh… c’est juste un de ces rêves qui n’ont pas de sens! » Le ton est ironique, avec un petit sourire en coin!
 
Nous savions que le Canada n’avait pas l’intention d’augmenter les impôts des plus fortunés pour retrouver l’équilibre budgétaire. Mais nous devons comprendre aujourd’hui que le ministre canadien des Finances est d’avis qu’il s’agit d’une piètre stratégie pour améliorer l’état des finances publiques. Que les Français, les Italiens et les Américains se le tiennent pour dit!
 
Le ministre a raison de dire que ce n’est pas la solution ultime pour régler les problèmes de dettes et de déficits. Mais a-t-il raison de rejeter cette proposition, qui aurait pour effet de faire contribuer davantage une classe de la population qui en a les moyens? A-t-il raison de ne pas adhérer à une proposition qui a permis de réduire les écarts de richesse dans l’histoire… et qui pourrait apaiser les tensions sociales?  
 
Selon une étude publiée il y a près d’un an par le Centre canadien de politiques alternatives, les 1 % les plus riches au Canada (on parle de 246 000 personnes) ont bénéficié de 32 % des hausses de revenu entre 1997 et 2007. Autrement dit, l’organisme affirme que la faiblesse des taux d’impôts au pays ramène le Canada aux années 20, avant la Grande Dépression et la Seconde Guerre mondiale, à une époque où les inégalités de richesse étaient élevées.
 
Si le Canada n’a pas vraiment besoin d’augmenter les impôts des plus riches pour revenir à l’équilibre budgétaire, est-il approprié que le ministre Flaherty fasse la leçon aux autres économies qui croient que c’est une partie de la solution?