Blogue de Gérald Fillion

Et si l’on faisait table rase?

jeudi 8 septembre 2011 à 11 h 40 | | Pour me joindre

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Serait-il approprié et pertinent de tout remettre en question et de recommencer les discussions sur l’exploration et l’exploitation de nos métaux et ressources au Québec?

Je pose la question parce que le dossier des mines et de l’énergie a soulevé énormément de colère, de critiques et de controverses. Et un autre changement de ministres à Québec cette semaine serait peut-être une belle occasion d’effacer l’ardoise et de reprendre le débat à zéro.

Le gouvernement Charest a dû ralentir considérablement les travaux d’exploration du gaz de schiste dans le sud du Québec en raison de la grogne populaire et d’un rapport sévère du BAPE l’hiver dernier sur les manières de faire de l’industrie et son encadrement. 

Il y a aussi Hydro-Québec qui refuse catégoriquement de rendre publics les détails de la vente de ses droits d’exploration et d’exploitation à l’île d’Anticosti à l’entreprise privée Petrolia. Et puis, il y a le débat qui perdure sur les impôts, les redevances, les crédits d’impôts et autres avantages fiscaux dans le secteur des ressources qui mènent invariablement à la question : est-ce que les Québécois profitent vraiment de leurs ressources?

À cette question, le premier ministre répond que les retenues imposées aux sociétés, en additionnant les impôts, taxes et redevances, font en sorte que le Québec a l’un des régimes les plus exigeants du Canada. Des études confirment les propos du premier ministre, d’autres les contestent.

Dans une étude qui est apparue comme une surprise cet été, les économistes de Desjardins (pas Greenpeace, mais Desjardins) affirment que le Québec va tirer de bien faibles revenus du Plan Nord compte tenu des investissements publics exigés.

Loin de l’Australie et de la Norvège, le Québec demeure une terre d’accueil exceptionnelle pour les sociétés privées, qui peuvent jouir de déductions fiscales importantes, qui permettent d’abaisser les redevances et dont certaines études, notamment celle de PriceWaterhouseCoopers cette semaine, ne tiennent pas compte.

Il s’est passé beaucoup de choses au gouvernement depuis deux ans dans ce dossier. D’abord, on assiste ces jours-ci à l’arrivée d’un nouveau ministre, Clément Gignac, aux Ressources naturelles, ministère qui change de titulaire aux deux ans (Sam Hamad 2003-2005, Pierre Corbeil 2005-2007, Claude Béchard 2007-2009, Nathalie Normandeau 2009-2011).

De plus, l’autre ministère fortement concerné dans cette affaire, celui de l’Environnement, a changé aussi de ministre l’an dernier. C’est l’ex-homme d’affaires Pierre Arcand qui est maintenant aux commandes. Le rapport du BAPE l’hiver dernier a jeté une douche froide dans le secteur du gaz de schiste.  Et puis, le Plan Nord, un plan à la fois ambitieux et imprécis, suscite autant de questions que d’espoirs.

Pourquoi, dans ces circonstances et dans l’objectif de s’approcher d’un consensus social, ne pas reprendre la discussion à zéro et évaluer avec tous les intervenants – décideurs politiques de tous les niveaux, gens d’affaires, environnementalistes, citoyens – les balises de notre exploration et de notre exploitation?