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Mercredi 27 janvier 2016 à 17 h 32 | | Pour me joindre

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Gérald F.

Nos dirigeants politiques sont-ils à l’écoute? Une quantité de chercheurs, professeurs, entrepreneurs, acteurs de l’économie font, tous les jours, des propositions, nous interpellent sur l’économie de demain et nous demandent de faire des choix pour améliorer notre économie à moyen et à long terme.

Bien sûr, on peut stimuler l’économie à court terme avec un crédit d’impôt rénovation ou un investissement dans les infrastructures. Mais comment relever les défis démographiques, écologiques, structurels de notre économie à long terme? Serons-nous encore coincés à 1 ou 2 % de croissance du PIB en 2020, en 2025, en 2030 parce que les choix qui s’imposent aujourd’hui n’auront pas été faits?

Je veux seulement vous donner trois exemples générés durant la seule journée de lundi dans le grand tout de notre actualité. Trois exemples de solutions qui demandent de la vision, de l’ambition et qui exigent de nos décideurs qu’ils laissent de côté la vision électoraliste et partisane à court terme. Trois exemples d’une économie à développer pour créer de la richesse, des emplois et une croissance durable : une stratégie d’innovation, un investissement massif en éducation et un virage vers le transport collectif.

  1. À RDI économie lundi soir, le nouveau président de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS), Frédéric Bouchard, a lancé un appel pour une stratégie de l’innovation au Québec. L’actuel gouvernement a mis de côté la stratégie déployée en 2013 par le gouvernement Marois. Et les secteurs innovation et recherche ont été séparés, alors qu’ils étaient ensemble depuis 10 ans. Or, l’avenir passe par des liens plus serrés entre la recherche universitaire et l’innovation en entreprises, selon Frédéric Bouchard. Et il est nécessaire d’appuyer sur l’accélérateur, selon lui, parce que nos défis sont colossaux : vieillissement de la population, changements climatiques, dématérialisation de l’économie, etc.
  2. Dans une étude publiée lundi, le Centre sur la productivité et la prospérité (CPP) affirme que le Québec n’investit pas assez en éducation. « La proportion des jeunes Québécois de 15 à 19 ans qui évoluent en marge du système d’éducation est plus importante que dans une majorité de pays et le taux de diplomation universitaire y est aussi plus faible », écrit le CPP. C’est une évidence, c’est clair, c’est factuel. Comment une société peut-elle espérer s’enrichir sans un investissement conséquent en éducation, en formation, dans ses jeunes? Le ministre des Finances a promis un « réinvestissement » en éducation dans le prochain budget. Mais, en réalité, la croissance des dépenses en éducation ne dépassera même pas le niveau d’inflation.
  3. Puis, l’alliance Switch, qui regroupe des écologistes et des membres du patronat et des entreprises, invite le gouvernement à adopter une stratégie audacieuse pour réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports, qui ont augmenté de 26 % au Québec de 1990 à 2012. Trois propositions : appuyer les municipalités dans l’aménagement durable de leur territoire et le développement du transport collectif, financer davantage le transport collectif pour en augmenter l’offre et miser sur l’aluminium dans la fabrication de véhicules, les biocarburants de deuxième génération ou le gaz naturel pour le transport routier.

Trop simple, vous allez dire. Je vous répondrai : trop compliqué dans les faits pour les décideurs politiques abonnés au court terme. Le ministre Leitao préfère nous dire que les exportations ne sont pas assez élevées, mais il évite de nous présenter une stratégie qui permettrait de placer les entreprises du Québec parmi les meneurs du monde en matière d’innovation.

Comme l’expliquait Frédéric Bouchard lundi soir, innover, c’est transformer un savoir, une connaissance en un outil utile et créateur de richesse. Si on veut l’exporter, il faut l’inventer, le créer, le développer. Il faut une stratégie, nous a-t-il dit, pour soutenir les Serge Godin et Alexandre Taillefer de demain. Les idées doivent avoir des ailes.

Or, où en sommes-nous sur ce plan? Loin. Loin des meilleurs. Une étude américaine nous apprenait lundi que le Canada se positionne au 25e rang sur 56 pays développés du monde en matière d’innovation et de leur effet sur la croissance mondiale. Loin des premiers, la Finlande, la Suède, le Royaume-Uni, loin des États-Unis et de la France, aux 10e et 11e rangs.

À Davos, le premier ministre Justin Trudeau a dit qu’il fallait investir dans le savoir au Canada, pas seulement dans les ressources. Cette déclaration suscite un certain espoir chez les chercheurs et les innovateurs. Mais tout reste à faire.

Dans les faits, en ce moment, on parle d’infrastructures sans savoir dans quoi l’argent sera investi et jusqu’à quel point ça va stimuler l’innovation. Et surtout, on se chicane sur l’oléoduc Énergie Est, qu’on politise au maximum pour des points partisans. De plus, le Canada s’apprête à signer le Partenariat transpacifique sans en valider les répercussions sur l’économie et l’emploi.

Une autre étude, d’ailleurs, vient d’être publiée aux États-Unis pour dire que le PIB va progresser plus rapidement avec cet accord de libre-échange, mais qu’aucun emploi ne sera créé. Et au Canada? Aucune idée!

Des idées, de la créativité, il y en a. Ce qu’il faut, c’est de la vision.

D’un bout à l’autre, il y a deux arguments valables et solides dans la question de l’oléoduc Énergie Est. Dans le coin « noir pétrole », il y a les producteurs qui ont besoin d’un nouvel oléoduc pour exporter leur pétrole et le projet Énergie Est est celui qui est le plus prometteur en ce moment pour l’industrie.

Dans le coin « vert écologie », il y a les environnementalistes qui affirment que la meilleure façon de réduire notre consommation de pétrole et d’assurer une transition vers de nouvelles énergies, c’est de ne pas construire de nouvelles infrastructures qui vont permettre d’exporter plus de pétrole et d’en produire davantage.

Quelque part, entre ces deux positions fondamentales dans cet enjeu, les maires de la région de Montréal, avec Denis Coderre à leur tête, annoncent leur opposition au projet. Sur quoi appuient-ils leur décision?

Si c’est pour des raisons économiques, ils n’ont pas tort de dire que les retombées seront faibles pour la région de Montréal. S’ils s’opposent pour des raisons environnementales, ils n’ont pas tort non plus de dire que le pétrole n’est pas exactement une solution durable pour l’avenir de la planète. S’ils le font pour des raisons de sécurité, c’est vrai qu’il y a eu des déversements, mais la discussion peut s’éterniser quand on essaie de déterminer lequel des maux est le moins dommageable, entre les trains et les oléoducs.

Le grand malaise : la péréquation

Une fois qu’on a exposé tous les arguments contre l’oléoduc, nous sommes obligés de constater que l’enjeu se joue à un autre niveau. Le grand malaise canadien, c’est la péréquation. Ce système existe pour réduire au maximum les différences dans le niveau de vie des Canadiens d’un bout à l’autre du pays. Mais, dès qu’une décision est prise quelque part au Canada, il y a toujours quelqu’un pour nous rappeler que la péréquation, largement influencée par les revenus des ressources, devrait peser plus lourd dans la décision que tous les autres arguments.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, est le dernier en lice sur ce plan. Sur Twitter, il a déclaré ceci : « Je fais confiance aux maires de la région de Montréal pour qu’ils retournent poliment leur part des 10 milliards de dollars en péréquation soutenue par l’Ouest. »  A-t-il raison de placer l’enjeu de la péréquation au coeur de la décision sur Énergie Est?

La première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, affirme qu’on ne peut pas aborder les questions climatiques et énergétiques en silos. L’environnement est un défi qui n’a pas de frontière, dit-elle, et l’enjeu énergétique doit être traité en tenant compte des intérêts de tout le pays. Et dans les circonstances, le Canada doit considérer la question de l’oléoduc Énergie Est en évaluant l’intérêt économique et environnemental de tout le pays.

Obligation morale?

Alors, la grande question, c’est de savoir si le Québec a une obligation morale de dire oui à l’oléoduc Énergie Est parce qu’il est l’un des bénéficiaires de la péréquation. Le Québec est le premier bénéficiaire quand on regarde l’enveloppe totale qui lui est versée. Le Québec est la cinquième sur six provinces quand on prend le calcul du versement par habitant. C’est par habitant, je vous le rappelle, que la péréquation est calculée.

Pour consulter le graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Même si le projet entraînera de faibles retombées économiques pour le Québec et qu’il contribuera à une hausse des émissions de gaz à effet de serre, le Québec doit-il dire oui?

L’argument de la péréquation doit être abordé avec des pincettes. La chute du pétrole abaisse le niveau de richesse de l’Alberta en ce moment, ce qui atténue sa capacité fiscale et réduit l’écart de richesse entre l’Alberta et l’ensemble des provinces au Canada. Il faut donc s’attendre à ce que cette situation vienne réduire la redistribution de la péréquation au pays.

Pour conserver son niveau de péréquation, il faudrait que le Québec voie sa capacité fiscale être réduite considérablement, ce qui est peu probable. Le Québec est en faible croissance, c’est vrai, mais l’Alberta est en récession. L’écart fiscal est appelé à être réduit.

Bien sûr, l’ajout d’un oléoduc permettrait aux entreprises de produire plus de pétrole, d’en exporter davantage, et ainsi d’engranger plus de revenus et de profits, ce qui permettrait au gouvernement de l’Alberta de toucher plus de redevances de l’industrie.

Il faudra toutefois que le prix du pétrole remonte pour que les sociétés, le gouvernement de l’Alberta et toutes les provinces en bénéficient davantage par l’entremise de la péréquation. Donc, approuver l’oléoduc Énergie Est n’est pas un gage d’enrichissement pour la société canadienne.

Le prix du baril au Canada est environ 15 $ plus faible que le prix américain, parce que le Canada manque de capacité de transport et d’exportation. En supposant que cet écart de prix disparaisse, il faudrait tout de même que les cours augmentent sensiblement pour que les pétrolières voient leurs revenus augmenter et pour que les gouvernements en bénéficient.

En supposant que les prix augmentent dans les prochaines années, les producteurs, l’Alberta et le système de péréquation pourraient profiter d’une capacité supplémentaire de transport avec l’oléoduc Énergie Est.

En retour, puisque le prix nord-américain et le prix international sont à peu près les mêmes en ce moment, le coût de l’essence ne serait pas plus bas. Et sur le plan environnemental, construire Énergie Est permettrait d’ajouter de la capacité pétrolière dans l’économie et d’augmenter ainsi les émissions de gaz à effet de serre.

On peut être pour, on peut être contre. Mais la péréquation n’est pas un argument sans faille.

 

Il est facile de glisser dans le pessimisme ambiant quand on regarde les indicateurs de l’économie canadienne, soit la chute du dollar et du prix du pétrole, l’endettement des ménages et le ralentissement mondial. Mais le gouverneur de la Banque du Canada ne mange pas de ce pain-là.

L’économiste à la tête de la banque centrale, venu de la planète exportations (il dirigeait il y a quelques années l’organisme Exportations et Développement Canada) est un homme optimiste, jovial, positif. Le verre est toujours à moitié plein avec lui. L’économie ira mieux, nous dit-il.

Le passage à vide de l’économie américaine, qui a touché notre économie, est temporaire. L’économie américaine va bien, les taux d’intérêt remontent, nos exportateurs devraient en profiter, affirme Stephen Poloz. L’économie mondiale va retrouver une meilleure vitesse de croisière, nous dit-il aussi, quelque part en 2016. Et le budget fédéral, qui contiendra des mesures de stimulation fiscale, va certainement aider l’économie canadienne.

poloz

Stephen Poloz

Au micro, Stephen Poloz se montre prudent, non alarmiste, assez optimiste. Le dollar canadien protège notre économie, va-t-il jusqu’à dire, en amortissant l’effet du choc de la chute du pétrole. Mais, dans le détail de l’analyse de la Banque du Canada, dans son rapport sur la politique monétaire de 32 pages publié aujourd’hui, le portrait est plutôt incertain. L’économie canadienne doit s’ajuster à un prix plus faible du pétrole et à un dollar canadien plus faible également. La banque parle d’un « processus long et complexe d’ajustement ».

Ça veut dire deux choses :

  • La chute des ressources entraîne des pertes d’emplois, des faillites d’entreprises, une réduction de revenu pour les citoyens et les gouvernements. Le monde du pétrole, du gaz et des ressources non énergétiques, qui représente 16 % du PIB canadien, est en pleine restructuration.
  • « La diminution de la richesse et du revenu intérieur réel, écrit la Banque du Canada dans son rapport, a freiné les dépenses des ménages et les investissements dans le secteur hors ressources. » Il faudra de trois à cinq ans pour que toute l’économie s’adapte à cette nouvelle réalité, celle d’une économique plus diversifiée, moins orientée vers ses ressources.

Dans les circonstances, cinq choses à savoir sur l’économie canadienne à la lecture du rapport de l’institution sur sa politique monétaire :

  1. La Banque du Canada a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour le Canada, de 2 % annoncé en octobre à 1,4 % aujourd’hui pour l’année 2016, puis à 2,4 % en 2017.
  2. La banque centrale prévoit que « les cours du pétrole demeureront près de leurs niveaux récents », mais à moyen terme, les prix devraient remonter. Les pétrolières ont réduit leurs coûts de production depuis 2014, ce qui leur permettrait de retrouver une certaine rentabilité à un prix plus faible du pétrole que par le passé. Tout de même, selon la Banque du Canada, « les prix vont probablement demeurer volatils ».
  3. Des « vulnérabilités » demeurent dans les finances des ménages, parce que le niveau d’endettement est élevé et que certains marchés immobiliers sont surévalués. Ces « vulnérabilités » s’accentuent toujours un peu plus, selon la banque, et devraient prendre un peu plus d’ampleur encore avec la faiblesse continue des taux d’intérêt.
  4. Les investissements des entreprises ralentissent de façon plus marquée qu’attendu, alors que de plus en plus d’entreprises et de régions du pays disent subir les effets négatifs de la chute du pétrole. Néanmoins, la banque s’attend à une poussée à la hausse des investissements dans la deuxième moitié de 2016.
  5. Une chute encore plus forte du pétrole pourrait avoir des « incidences négatives sur la confiance et les retombées sur la demande [...] pourraient peser lourdement sur l’économie en général ».

Avec la dégringolade des marchés boursiers mercredi midi, il y a probablement plus d’un épargnant qui s’inquiète de la suite des choses. Notre système économique s’abreuve à des crises régulières, de la crise du pétrole au début des années 80 à la crise financière de 2008-2009, en passant par l’éclatement de la bulle technologique et la faillite de l’Argentine ou de la Grèce. Sans céder à la panique, on ne peut pas sous-estimer les risques qui pèsent sur l’économie canadienne et ceux qui font réagir les marchés boursiers.

Lente croissance économique, menaces terroristes, défis écologiques, inégalités grandissantes, lourdes dettes publiques : cette année 2016 s’amorce sur une panoplie de défis complexes, exigeants, inquiétants. J’éviterai ici de me prendre pour un expert géopolitique et de me lancer dans une savante analyse de ce qui devrait être fait pour combattre le terrorisme. Mais, face aux autres enjeux, les décideurs économiques et politiques ont le pouvoir d’agir maintenant.

Ce n’est pas d’un coup de baguette magique qu’on va effacer les déficits, ramener la croissance à plus de 2 %, plafonner le réchauffement climatique et renverser la courbe des inégalités. Mais c’est par des décisions courageuses, intelligentes et durables qu’on va y arriver.

C’est en misant sur la recherche, le développement et l’innovation qu’on fait grandir une économie et qu’on améliore sa productivité. C’est en misant sur l’éducation – de la formation professionnelle à la fin des études universitaires – qu’on enrichit une population et améliore le niveau de bonheur.

Et c’est sans doute par une meilleure coordination des politiques internationales, entre les pays les plus avancés, qu’on pourrait espérer réduire les inégalités sociales et les écarts de richesse. Dans sa dernière étude, Oxfam constate, une fois de plus, que l’écart entre les plus riches et les plus pauvres grandit toujours. Dorénavant, les 1 % les plus riches sont mieux nantis que tout le reste de la population mondiale, les autres 99 %.

Le problème, on le connaît, mais il demeure entier. Quantité de gens riches et de multinationales ne paient pas les impôts qu’ils devraient payer, là où ils devraient les payer. Entourloupettes fiscales légales, paradis fiscaux, niches fiscales avantageuses, incitatifs fiscaux, nommez-les, des milliards et des milliards ne sont pas récoltés par les gouvernements et ne sont pas redistribués dans la population, chez ceux qui pourraient en bénéficier.

Les grandes organisations internationales, de gauche comme de droite, qu’elles soient très favorables ou peu enclines au libre marché, le savent et le reconnaissent : les inégalités n’augurent rien de bon sur le plan économique. Ça ne favorise pas le bonheur et, dans une société de consommation où le pouvoir d’achat ne s’améliore pas, ça ne génère pas de croissance économique. Plus encore, les inégalités créent des tensions sociales.

Alors, soyons optimistes quand même : l’humanité est capable d’innover, de créer, de changer les choses. Il y a des milliers d’exemples, souvent à petite échelle, de gens et de communautés qui se prennent en main, qui inventent, qui choisissent la solidarité pour créer de la richesse.

En ces temps particulièrement pénibles, avec les attaques terroristes qui se multiplient, espérons que nos décideurs vont s’élever au-dessus de la mêlée en proposant des projets verts, durables, innovants, justes et créateurs d’emplois.

Déficit de 25 milliards à Ottawa?

Jeudi 14 janvier 2016 à 12 h 21 | | Pour me joindre

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Je ne vous dis pas dans quelles circonvolutions nous serions enfoncés, si on avait élu le 19 octobre dernier les conservateurs ou les néo-démocrates avec leur promesse d’atteindre un déficit 0 dès le premier budget. Nous ne sommes pas dans ce psychodrame qui nécessiterait des compressions majeures, parce que les Canadiens ont élu majoritairement un parti et son chef qui ont promis en campagne des déficits budgétaires pendant trois ans pour stimuler l’économie.

Le gouvernement de Justin Trudeau possède donc une grande marge de manoeuvre sur le plan des finances publiques pour deux raisons :

  1.  Le PLC a gagné son élection en expliquant clairement qu’il y aurait des déficits;
  2.  La santé financière du Canada permet au gouvernement Trudeau d’investir massivement pour soutenir l’économie et enregistrer ainsi des déficits.

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C’est dans ce contexte que des économistes, notamment Clément Gignac de l’Industrielle Alliance, ont proposé au ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, mercredi après-midi à Toronto, d’évaluer la possibilité de présenter un budget stimulateur de l’économie qui nécessiterait ainsi un déficit de 25 milliards de dollars pour 2016-2017. Un déficit de 15 milliards de plus que prévu dans la plateforme du Parti libéral du Canada durant la campagne électorale.

Comme l’expliquait Clément Gignac à RDI économie mercredi soir, l’état de l’économie nous amène déjà à 10 milliards de déficits, avant même l’entrée en vigueur des nouvelles politiques gouvernementales. En additionnant les mesures promises et un programme de stimulation de l’économie, l’ancien ministre québécois suggère donc au ministre d’aller jusqu’à 25 milliards de dollars de déficit. La situation est grave dit-il. Il faut agir avec conviction, selon lui.

Bien sûr que le gouvernement Trudeau doit viser l’équilibre budgétaire. Mais est-ce possible d’atteindre le déficit 0 avec la chute du pétrole en cours et la glissade interminable du dollar canadien? Sans compressions majeures, la réponse est non.

Est-il possible alors d’imaginer que le Canada puisse éviter une récession, ou à tout le moins une stagnation économique comme l’évoquent plusieurs économistes, sans investissements supplémentaires de la part de l’État? Encore là, on doit répondre non. Le secteur privé, en temps de turbulences et d’incertitudes, ralentit ses investissements. L’inaction de l’État contribuerait davantage à un ralentissement de l’économie qu’à une tentative de relance.

Maintenant, à 25 milliards de dollars, le déficit du gouvernement du Canada représenterait-il un alourdissement de la dette du pays? Pas certain. D’abord, un tel déficit, c’est environ 1,3 % du produit intérieur brut (PIB), ce qui est plus faible que la grande majorité des pays de l’OCDE, sauf peut-être l’Allemagne, qui fait mieux.

Ensuite, un déficit de 25 milliards ne viendrait pas nécessairement alourdir la dette du Canada par rapport à son PIB, la mesure qui sert de référence pour évaluer la santé financière d’un pays. Malgré des déficits de 10 milliards de dollars par année, le gouvernement Trudeau prévoyait une réduction de la dette de 30 à 28 % de son PIB en 2018-2019, même à 27 % l’année suivante.

Avec les taux d’intérêt qui sont faibles et la note de crédit parfaite du Canada, le gouvernement Trudeau pourrait annoncer un tel déficit sans vraiment endommager sa situation financière.

Cela dit, l’équation n’est pas simple à résoudre. Dans un contexte où le gouvernement ne contrôle pas les prix du pétrole et l’évolution du dollar canadien, dans une économie qui dépend trop des ressources et dont le marché immobilier est globalement surévalué et dans une économie mondiale qui ralentit, des déficits plus grands à Ottawa auront-ils les effets escomptés sur l’économie canadienne? Le gouvernement risque-t-il de s’enliser dans les déficits, ce qui l’obligerait à remonter des taxes et des impôts pour arriver à l’équilibre en 2019-2020?

Donc, se pourrait-il que le gouvernement soit obligé de remettre à plus tard son objectif de revenir à l’équilibre budgétaire en 2019-2020, d’autant que les économistes nous rappellent ces jours-ci que la probabilité d’une récession aux États-Unis d’ici 2020 est de plus en plus grande?

Les lumières rouges sur le tableau de bord de l’économie canadienne se multiplient. Tellement qu’on peut commencer à se demander si le gouvernement Trudeau ne sera pas obligé d’aller plus loin que prévu dans ses investissements pour stimuler l’économie du pays. Il ne serait pas étonnant, dans les circonstances, que des déficits encore plus grands soient à prévoir. Rappelez-vous que lors de la dernière récession, le déficit du gouvernement Harper avait dépassé les 55 milliards de dollars en 2009. Allons-nous revoir de tels chiffres?

Les inquiétudes sont nombreuses :

  • Le prix du pétrole chute encore et encore. Il se dirige vers les 20 $ le baril aux États-Unis, un niveau sous lequel le prix du pétrole canadien est déjà tombé. Produire, vendre, exporter du pétrole aujourd’hui en 2016 au Canada est une activité non rentable;
  • Le dollar canadien est sur le point de tomber sous les 70 cents américains. Si c’est avantageux pour certains exportateurs, les effets ne seront pas les mêmes que par le passé, en raison d’un manque de compétitivité des entreprises canadiennes. La chute du dollar a un effet négatif sur les importations canadiennes, notamment les prix alimentaires, ce qui touche les ménages;
  • La Banque mondiale a révisé à la baisse sa prévision de croissance pour le PIB mondial, de 3,3 % à 2,9 % pour 2016. Le Canada et ses ressources dépendent de la demande mondiale;
  • Le bilan des mises en chantier en 2015 est positif. On en compte 193 000 au pays, selon les premières données disponibles. Les économistes ne croient pas qu’un tel niveau pourra être atteint de nouveau en 2016;
  • De toute façon, certains marchés sont en surchauffe, et les autorités expriment de plus en plus d’inquiétudes sur des zones à risque, où les familles sont trop endettées et où les marchés immobiliers sont surévalués.

C’est dans ce contexte que les entreprises canadiennes se montrent de plus en plus inquiètes, et donc de plus en plus prudentes. Dans l’enquête effectuée pour l’hiver 2015-2016 par la Banque du Canada, on apprend que la confiance est en chute. « Les intentions d’investissement et d’embauche atteignent leurs plus bas niveaux depuis 2009, les entreprises tournées vers le marché intérieur et celles exposées au secteur des ressources revoyant leurs plans pour tenir compte du ralentissement de l’activité », écrit la Banque du Canada

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, indiquait la semaine dernière que la transition économique en cours au Canada prendra de trois à cinq ans. Ce passage d’une économie trop dépendante aux ressources à une économie plus diversifiée prendra du temps, ce qui pourrait amputer l’économie canadienne dans les prochaines années.

Vous voyez le tableau : l’économie mondiale ralentit, l’économie canadienne est de plus en plus lente, la confiance des entreprises baisse, les intentions d’embauche s’étiolent. Et on a du mal à trouver des indicateurs qui nous permettraient de croire que cette situation est temporaire. Dans les circonstances, comment doivent réagir les gouvernements, en particulier celui de Justin Trudeau?

Avant même d’avoir baissé les impôts et d’avoir investi des sommes dans l’économie, le nouveau gouvernement a fait le constat que le budget 2015-2016, présenté par le précédent gouvernement, allait être déficitaire et non en surplus. Alors qu’il s’est engagé à plusieurs réformes qui nécessiteront un déficit de 10 milliards de dollars en 2016-2017, le gouvernement Trudeau pourrait devoir assumer un déficit encore plus grand. Il peut le faire, parce que même à 15 ou 20 milliards de dollars, le déficit demeurerait à environ 1 % du PIB et le gouvernement pourrait tout de même réduire sa dette. Mais jusqu’où faut-il aller?

Je vous pose la question autrement : le gouvernement Trudeau a-t-il d’autres choix que d’appuyer davantage son économie? Sommes-nous en train de réaliser qu’un simple investissement général dans les infrastructures ne sera pas suffisant? Est-ce qu’un véritable plan de relance économique doit être envisagé à Ottawa?

Bien malin celui qui va prévoir la prochaine crise. Cela dit, certains s’y risquent et parfois ils ont raison. George Soros, financier milliardaire américain, avait vu venir la crise de 2008, mais disait en 2011 que la crise grecque allait être pire. Aujourd’hui, il affirme que les marchés financiers lui font penser à la situation de 2008 juste avant le déclenchement de la crise financière. Et puis, il y a le ministre des Finances de Grande-Bretagne, George Osborne, qui parle, lui, d’un « cocktail dangereux » de risques économiques de toutes sortes : faibles investissements, difficultés à recalibrer une économie qui s’appuie trop sur l’endettement des consommateurs.

L’année 2016 est critique, selon lui. Et les problèmes de la Chine ressemblent à une crise, dit George Soros. À la lecture de ces propos inquiets, le pire est-il donc à venir? Ou donne-t-on trop d’importance aux projections les plus négatives?

En ce premier anniversaire de l’attentat contre Charlie Hebdo, à Paris, l’économiste Bernard Maris, qui faisait partie des 11 victimes de l’attaque des frères Kouachi, pourrait réitérer ce qu’il a souvent expliqué : le capitalisme carbure au risque, à l’incertitude et à l’opacité*. Et nous en avons possiblement une nouvelle illustration aujourd’hui.

Sur un ton un peu plus neutre, le gouverneur de la Banque du Canada affirme, lui, que la chute boursière à Shanghai ne reflète pas nécessairement l’état de l’économie chinoise, que l’économie mondiale devrait retrouver une certaine accélération plus tard en 2016 et que les Canadiens doivent être patients. Il faudra du temps pour que le Canada complète sa transition d’une économie qui dépend trop des ressources à une économie plus diversifiée.

Baisse de taux en vue? Pas de signal clair en ce sens, mais si les taux obligataires canadiens suivent la tendance à la hausse des États-Unis, la Banque du Canada pourrait être tentée d’abaisser son taux directeur, une possibilité de plus en plus considérée par les économistes. En attendant, Stephen Poloz laisse sous-entendre qu’il faudra voir ce que le gouvernement Trudeau entend faire en matière de stimulation de l’économie.

Il est difficile d’annoncer avec conviction ce qui s’en vient. La croissance économique se poursuit, mais les marchés boursiers sont instables et les signaux négatifs se multiplient.

*Un an après l’attentat contre Charlie Hebdo, un film sur l’économiste Bernard Maris, victime de cette attaque, est à l’affiche à la Cinémathèque québécoise, à Montréal. Oncle Bernard – l’anti-leçon d’économie sera présenté jusqu’au 17 janvier.

ubreDes gens s’insurgent contre les prix exorbitants du service UberX la veille du jour de l’An, de 5 à 9 fois le prix habituel. Le ministre Robert Poëti a même crié au « vol », demandant à la population de ne pas utiliser les services de transport Uber, jugés illégaux étant donné qu’il s’agit dans les faits d’un service de taxi offert sans obtenir les permis nécessaires.

Un appel à la cohérence s’impose. Bien des gens aiment ce service et ne se soucient guère de la réglementation qui encadre actuellement les services de taxi au Québec, les permis et les tarifs. Ils aiment ce service pour différentes raisons : c’est moins cher, c’est plus convivial, les voitures sont propres, etc. Mais, si vous aimez le service UberX, vous devez savoir que vous êtes obligés d’aimer aussi la possibilité de payer 65 $ pour un trajet de 5 km en période de pointe. Ça s’appelle l’offre et la demande. Quand l’offre de service est faible et que la demande est forte, les prix montent!

Vous voyez, le service fonctionne à l’écart de la réglementation balisée du monde du taxi, en contravention de la loi sur le taxi. Ainsi, en fonction de l’offre et de la demande, votre 5 km peut vous coûter 10 $ ou 65 $. Vous considérez que c’est exagéré? C’est votre droit . Le ministre est d’avis que c’est du vol? C’est son opinion! Mais, l’envers de la médaille d’UberX, c’est ça : la loi du marché à 3 heures du matin, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, frappe fort!

Un autre appel à la cohérence s’impose en ce début d’année. Quelqu’un peut-il nous expliquer pourquoi le service UberX fonctionne toujours alors que le gouvernement dit, depuis plus d’un an, qu’il est illégal? À quel moment le ministre Poëti va-t-il passer de la parole aux actes? Doit-on comprendre qu’Uber, avec les milliards de Google et de Goldman Sachs, est plus puissant que le gouvernement du Québec et ses lois? Et, dans les faits, ce mouvement, qui s’inscrit dans l’économie du partage ou l’économie collaborative, peut-il et doit-il être bloqué ou l’entreprise a-t-elle raison d’agir comme elle le fait pour faire bouger l’État?

Les façons de faire d’Uber sont controversées partout dans le monde. Mais, l’inaction face à Uber n’est pas la norme partout. En Allemagne, par exemple, pourquoi Uber a-t-il mis fin à ses services dans plusieurs villes au cours des derniers mois? La raison est simple : le rapport de force d’Uber et ses avantages pour les chauffeurs des taxis et les consommateurs ne sont pas les mêmes qu’en Amérique du Nord. On a constaté en Allemagne qu’Uber avait du mal à recruter des chauffeurs parce que les permis de taxis sont vendus à de faibles prix. Chez nous, ces permis coûtent cher. Le système actuel étouffe les chauffeurs de taxi et Uber tente d’en profiter en recrutant des chauffeurs et des clients sans se munir de permis.

D’un côté, le ministre dit qu’Uber vole la population. De l’autre, l’industrie du taxi dit être le « dindon de la farce. » Des moyens de pression sont en train de s’organiser. Il est plus que temps que Robert Poëti prenne les choses en mains.

Sur ces premiers mots de 2016 dans ce blogue, permettez-moi de vous souhaiter une bonne et heureuse année! Santé, bon temps et réussites pour vous. Merci de contribuer depuis maintenant 10 ans… oui, 10 ans déjà, à ce blogue! Merci sincèrement.

Sur les plans économique et financier, l’année 2015 au Canada aura été difficile, il faut se le dire franchement. L’économie ne va pas très bien, les marchés boursiers ont offert un rendement négatif, la création d’emplois est faible et… le Canadien ne sait plus comment faire pour gagner! Mais ça, c’est une autre histoire.

Nous voici aux portes de l’année 2016. Voici 20 choses que vous devez savoir!

FINANCES, FISCALITÉ ET PRIX DES TIMBRES!

  • Baisse d’impôt : dès le 1er janvier, le taux d’imposition fédéral sur les revenus entre 45 000 $ et 90 000 $ passera de 22 % à 20,5 %;
  • Hausse d’impôt : dès le 1er janvier, le taux d’imposition fédéral sur les revenus au-dessus de 200 000 $ passera de 29 % à 33 %;
  • Baisse des droits au CELI : en 2016, il vous sera permis de déposer 5500 $ dans votre CELI en plus des droits disponibles des années passées. L’ancien gouvernement avait fait passer ce montant à 10 000 $ pour l’année 2015. Les libéraux ramènent le plafond à 5500 $;
  • Baisse de cotisations à l’assurance parentale au Québec : dès le 1er janvier, réduction de 2 %;
  • Hausse de prestations de la RRQ et du RPC : en 2016, hausse des rentes de 1,2 % au Québec et de 1,3 % pour le Régime de pensions du Canada;
  • Hausse de cotisations à la RRQ : le taux employé/employeur passera en 2016 de 10,50 % à 10,65 %;
  • Changements fiscaux au Québec : dès le 1er janvier, bouclier fiscal pour amoindrir l’effet de l’impôt sur une hausse des salaires et bonification du crédit d’impôt pour travailleurs expérimentés;
  • Hausse des frais de garderie au Québec : dans votre déclaration de revenus, vous devrez payer les frais supplémentaires exigés avec la nouvelle modulation des tarifs en fonction de vos revenus. Consultez le calculateur du ministère des Finances : http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/Budget/outils/garde_fr.asp;
  • Hausse du tarif de base des services de garde subventionnés au Québec : le 1er janvier, le tarif passera de 7,30 $ à 7,55 $ par jour, par enfant;
  • Allocation canadienne pour enfants : une nouvelle prestation pour les familles sera annoncée dans le premier budget du ministre des Finances Bill Morneau en février ou en mars. Cette allocation remplacera les prestations actuelles pour les ménages avec enfants et ne sera pas imposable, ont promis les libéraux;
  • Crédit d’impôt pour fonds de travailleurs à 15 % : le budget doit nous donner la réponse sur le retour du crédit d’impôt fédéral de 15 % sur les investissements faits dans un fonds de travailleurs, comme le Fondaction CSN et le Fonds FTQ. Les libéraux l’ont promis;
  • Les timbres, au même prix : la hausse prévue pour 2016 des timbres-poste est annulée.

LA BOURSE, LE DOLLAR, LES TAUX, LES BULLES!

  • Non, on ne fera pas de projections boursières pour 2016. Aucune idée! Tout ce que je peux vous dire, c’est que 2015 a été décevante. Le S&P/TSX à Toronto a perdu 10 % entre le début de l’année et Noël. Le S&P 500 à New York a offert un beau gros 0 %;
  • La chute du prix du pétrole s’est accélérée en fin d’année : baisse de 30 % en 2015 des cours du pétrole, sous les 40 $ le baril. Allons-nous descendre plus bas en 2016, comme l’Arabie saoudite et l’OPEP maintiennent la pression sur le marché? L’offre continue d’augmenter plus rapidement que la demande et ça va se poursuivre avec le retour à la normale dans les exportations de pétrole en Iran;
  • Le dollar canadien est passé de 0,86 à 0,72 $ US en 2015. Plusieurs économistes prévoient qu’il tombera sous les 0,70 $ US en 2016;
  • Selon plusieurs économistes, des hausses de taux d’intérêt sont à prévoir aux États-Unis, mais une baisse est possible au Canada. Question : jusqu’où va-t-on stimuler le marché immobilier? Il y a déjà de dangereuses bulles à Toronto et à Vancouver. Et je ne parle pas de bulles de champagne!

TOUT EST ÉCONOMIQUE ? OU TOUT EST POLITIQUE?  

  • Élections aux États-Unis en novembre 2016 : Hillary Clinton devrait être la candidate démocrate contre Ted Cruz, Marco Rubio, Donald Trump ou qui encore chez les républicains? Cette élection aura un effet sur les relations entre le Canada et les États-Unis. L’accord de Partenariat transpacifique (PTP) pourrait tomber à l’eau si Hillary Clinton est élue et maintient son opposition. Le projet d’oléoduc Keystone pourrait revivre si les républicains sont portés au pouvoir;
  • Après l’austérité, la rigueur et tutti quanti, une année d’investissements? Le Québec est en surplus et le premier ministre Philippe Couillard a clairement dit, dans ses entrevues de fin d’année, que 2016 serait l’année du « réinvestissement ». Au Canada, le nouveau gouvernement Trudeau a prévu d’enregistrer des déficits de 10 milliards de dollars et plus par année pour investir dans les infrastructures, baisser les impôts et stimuler l’économie;
  • Réforme fiscale au Québec? Après le dépôt du rapport Godbout, le gouvernement Couillard a montré de l’intérêt pour un remodelage de la fiscalité au Québec, mais il semble avoir perdu de son élan. Que nous réserve le prochain budget Leitao?
  • Et quelles seront les nouvelles cibles de réduction de gaz à effet de serre au Canada? Le premier ministre Trudeau a promis un plan en 2016.

Joyeux Noël, joyeuses Fêtes, bonne année 2016! Succès, bonheur, paix, santé, prospérité!