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La vraie menace pour Montréal

Vendredi 25 mai 2012 à 11 h 09 | | Pour me joindre

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Si la casse et les arrestations massives nuisent à l’économie de Montréal, il faut aussi s’intéresser à deux événements récents qui nous font comprendre que les problèmes de la métropole sont plus structurels. Les événements nocturnes des dernières semaines ont et auront un impact durant un certain temps. C’est le ministre des Finances Raymond Bachand qui nous le disait. Le maire de Montréal Gérald Tremblay s’en inquiète un peu plus tous les jours. La couverture internationale de ce qui se passe à Montréal a possiblement de quoi décourager les touristes.
 
Quartier Dix30
 
Mais, l’ouverture de deux chaînes américaines de commerce de détail en banlieue de la métropole doit nous faire réfléchir à ce qui est en train de réellement se passer dans la grande région de Montréal. Les Affaires nous apprenait en février que le détaillant d’articles de cuisine William Sonoma avait choisi de s’installer à Brossard, au Quartier Dix30 pour faire son entrée au Québec.
 
Et puis, la chaîne Crate & Barrel a ouvert un premier magasin en sol québécois cette semaine et pour ce faire, l’entreprise privée a choisi Laval, le Carrefour Laval.
 
Il n’y a pas si longtemps, ces magasins auraient choisi le centre-ville de Montréal pour s’établir, et très probablement la rue Sainte-Catherine, quelque part entre Aylmer et Crescent. Que s’est-il donc passé pour que ces détaillants à succès, à la recherche d’une clientèle de la classe moyenne élevée, choisissent Brossard et Laval, et non Montréal?
 
La réalité, c’est que les grandes banlieues qui encerclent Montréal ont réussi à créer des milieux de vie qui rendent inutiles pour ses citoyens de devoir se rendre sur la rue Sainte-Catherine pour magasiner et pour consommer. Restaurants, salles de spectacles, divertissements, chaînes de prestige sont maintenant accessibles sur la rive-sud et sur la rive-nord. Plus besoin de passer les ponts engorgés ou de payer des dizaines de dollars en stationnement au centre-ville de Montréal pour avoir accès à ce qui semblait appartenir exclusivement, il n’y a pas si longtemps, aux commerces de la ville-centre.
 
L’étalement urbain, le dézonage agricole, les difficultés continuelles de financement de Montréal, la construction qui entrave continuellement les grandes artères — aujourd’hui c’est la rue Sherbrooke — ont permis aux banlieues de se développer et d’installer une offre accessible et attirante pour leur population. Et force est de constater que ça s’est fait au détriment de Montréal.
 
Aujourd’hui, Montréal est aux prises avec toutes les difficultés : pauvreté, chômage, problèmes de financement et c’est là que se concentrent tous les problèmes sociaux, toutes les contestations. Cela dit, Montréal a des forces exceptionnelles. Les chantiers de construction se multiplient, le Ritz-Carlton va rouvir lundi, le vaste chantier du CHUM s’est mis en branle, Montréal accueille la F1 et des festivals de renommée internationale. Et des événements uniques comme C2-MTL cette semaine et le FTA depuis hier.
 
Mais, Montréal doit se battre avec Brossard, Longueuil, Laval notamment, qui ont réussi à reproduire une bonne partie de l’offre de la ville-centre. William Sonoma et Crate & Barrel en sont une illustration qu’on ne peut ignorer.

Un monde de précarité…

Mercredi 23 mai 2012 à 12 h 00 | | Pour me joindre

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D’ici 2016, le niveau de chômage dans le monde ne devrait pas baisser chez les jeunes selon l’OIT, l’Organisation internationale du travail. Le taux de chômage des 15-24 ans devrait légèrement augmenter à 12,7 % en 2012, et ça devrait demeurer ainsi pour plusieurs années.

L’OCDE attirait aussi l’attention sur la situation des jeunes il y a quelques jours en appelant le G20 à s’intéresser en priorité à leur niveau d’emploi. « Près de 11 millions de jeunes âgés de 15 à 24 ans étaient sans emploi dans les pays de l’OCDE début 2012. Dans la zone de l’OCDE, le taux de chômage des jeunes s’élevait à 17,1 % en mars 2012, un niveau proche du record de 18,3 % atteint en novembre 2009. » Le taux de chômage des jeunes est environ trois fois celui de la moyenne.

En Espagne et en Grèce, le taux de chômage chez les moins de 25 ans dépasse maintenant 51 % en raison de la récession qui perdure, des mesures d’austérité qui aggravent la situation et de la crise de la dette qui ne trouve pas de solutions durables. En mars 2007, le taux de chômage des jeunes Espagnols était de 17,7 %. C’est vous dire la détérioration de la situation.

Derrière ces chiffres, s’annonce une précarisation malheureusement durable de l’emploi. Selon l’OIT, « le recours aux contrats temporaires pour les jeunes travailleurs a pratiquement doublé depuis que la crise économique a éclaté. [...] Entre 2008 et 2011, la part des contrats temporaires parmi les jeunes employés — âgés de 15 à 24 ans — a augmenté de 0,9 point de pourcentage par an, après une hausse annuelle de 0,5 point sur la période 2000-2008. [...] Plus d’un jeune sur trois affirme ne pas pouvoir trouver d’emploi permanent. »

Et la hausse de l’emploi à temps partiel chez les jeunes est particulièrement rapide, selon l’OIT, en Australie, au Japon, en Nouvelle-Zélande et… au Canada.

Taux de chômage des jeunes dans les pays de l’OCDE, décembre 2007-mars 2012
Pourcentage du total de la main-d’oeuvre jeune (15-24)

source : OCDE

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L’entrevue réalisée avec Stephen Jarislowsky et diffusée hier soir à RDI a suscité de nombreuses réactions. L’investisseur, milliardaire et toujours actif à 86 ans, en avait long à dire sur plusieurs sujets : l’endettement des ménages, l’action des banques centrales, le conflit étudiant, la retraite et l’art. Un texte, diffusé samedi et portant sur le point de vue de Stephen Jarislowsky sur le conflit étudiant, a reçu 200 commentaires et a été recommandé sur Facebook 1400 fois. Il en a dit des choses dans cette entrevue, Stephen Jarislowsky.
 
D’abord, retrouvez l’entrevue ici :
 
 
Et puis, permettez-moi de faire écho à quelques commentaires reçus dans ma boîte de courriels et dans celle de RDI Économie afin d’alimenter la discussion avec vous.
 
Ainsi, à propos du conflit étudiant, alors que Stephen Jarislowsky affirme que les étudiants devraient être reconnaissants que la société soutienne environ 85 % des droits de scolarité, Denyse Gagnon d’Alma écrit qu’il « est tellement vrai de dire que plus on paie quelque chose et plus on le paie cher, plus on y fait attention et on l’apprécie. [...] C’était rafraîchissant d’entendre cet homme au lieu des leaders étudiants et des artistes. »
 
Avis contraire de Stéphane-René Gallant de Drummondville, qui est d’avis que l’investisseur montréalais a fait preuve d’incohérence en souhaitant une forte hausse des droits de scolarité tout en dénonçant l’endettement des ménages. « Il dit que c’est par la hausse des droits de scolarité qu’on donnerait une meilleure valorisation des études. Pourtant, on pourrait aussi simplement offrir aux étudiants la gratuité scolaire à la mesure de leurs bonnes notes, sans avoir besoin d’endetter plus de gens qui ne sont pas aussi riches que lui. »
 
Le témoignage de Marie Laverdure porte sur la proposition de Stephen Jarislowsky d’augmenter l’âge de la retraite à au moins 69 ans. « J’ai travaillé pendant 43 ans, dit-elle. [...] Je n’ai jamais pu gagner plus de 19 000 $ annuellement. Contrairement à ce que Stephen Jarislowsky dit, tout le monde n’a pas pu économiser! [...] Moi, je trouve les étudiants qui manifestent présentement très gâtés par rapport à nous. Ils ont toutes sortes de choses, des gadgets coûtant des centaines et des milliers de dollars, et plus encore! »
 
« Son commentaire sur la retraite des enseignants, écrit Daniel Beaudry de Moncton, ne tient pas compte du fait que ce travail reçoit un salaire insuffisant pour pouvoir recruter du talent. Peut-être que la solution serait un salaire beaucoup plus alléchant, quitte à laisser plus de responsabilités aux enseignants quant à la planification de leur retraite. »
 
Même avis de Richard Landry, enseignant de Montréal : « Il critique sans le savoir les enseignants. Il insinue qu’ils ne méritent pas leur retraite. De toute évidence, M. Jarislowsky sous-estime grandement le travail des enseignants. »
 
Jean-François Couture nomme Stephen Jarislowsky, « le Charles Aznavour de l’investissement ». Il se dit en accord « avec lui sur la majorité des sujets sauf sur l’âge de la retraite, particulièrement pour les gens ayant travaillé plus de 40 ans dans des métiers extrêmement exigeants physiquement. Et quand vous avez déploré le manque de moyens pour prendre une retraite le moindrement confortable, il vous a répondu qu’il aurait fallu économiser davantage. J’attendais une sous-question qui n’est pas venue : comment les petits salariés dont les revenus ont gravité autour du salaire minimum toute leur vie auraient-ils pu économiser suffisamment pour se procurer des revenus de retraite capables de leur assurer une qualité de vie? »
 
Hélène Villeneuve nous écrit qu’il est intéressant et rassurant « de voir qu’il y a encore des gens sensés dans notre société. Les idées prônées par M. Jarislowsky sont d’une grande sagesse et démontrent un haut degré d’intelligence. [...] Il serait peut-être temps que les parents reprennent leurs responsabilités plutôt que de toujours les laisser aux autres, ou alors faire le choix de ne pas avoir d’enfants! »
 
Alexandre Gagnon de Beaconsfield a été choqué par les propos de Stephen Jarislowsky. « Premièrement, comment un milliardaire peut-il émettre des opinions si polarisées sur les finances du contribuable moyen qui peine à boucler son budget? Réalise-t-il seulement que pour une grande majorité du peuple, économiser pour la retraite n’est tout simplement pas possible dû au coût de la vie? Quand il dit que les Québécois arrivent à la retraite avec pas assez d’épargne, il néglige le fait qu’il est aujourd’hui très difficile avec un salaire moyen de payer les factures associées aux besoins fondamentaux.
 
« Aussi, comment peut-il dire qu’il faudrait que les frais de scolarité soient de 40 000 $ pour que les gens soient reconnaissants? On néglige trop souvent, dans une tentative de comparer notre système d’éducation avec le système américain, que les impôts ne sont pas les mêmes. Comment pourrions-nous payer des études universitaires à 40 000 $ alors que le taux d’imposition est dramatiquement plus élevé qu’aux États-Unis? »
 
Et vous, qu’en pensez-vous?

Bulle Facebook?

Vendredi 18 mai 2012 à 11 h 30 | | Pour me joindre

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Ça y est, Facebook a dorénavant des millions d’amis actionnaires. Depuis 11 h 30 ce matin, heure de l’Est, les actions du réseau social le plus populaire du monde sont en bourse. Elles ont été émises à 38 $ et on devine que ça s’envole comme des petits pains chauds, puisque dans les premières minutes de transaction, l’action était à 42-43 $, en hausse de plus de 11 %.
 
D’abord, voici une entrevue réalisée avec Jean-René Ouellet, analyste principal chez Valeurs mobilières Desjardins…
 
 
Au total, 421 millions de nouvelles actions ont été offertes au public, soit environ 15 % de l’entreprise, ainsi que 180 millions d’actions déjà existantes et qui ont été vendues en bourse. Facebook est l’une des entrées en bourse les plus importantes de l’histoire américaine, après Visa et General Motors.
 
Est-ce un bon achat? Les analystes ne s’entendent pas.
 
D’un côté, on dit que Facebook représente une plateforme publicitaire exceptionnelle avec près de 1 milliard d’utilisateurs, soit près de la moitié de la population mondiale qui navigue sur Internet. Les dépenses de l’entreprise sont appelées à augmenter, pour développer sa main d’oeuvre, ses équipements et pour faire des acquisitions. Mais le potentiel pour atteindre les consommateurs est tellement important que ça représente très certainement une belle occasion d’achats selon certains analystes.
 
Le Wall Street Journal rapportait il y a quelques jours que l’analyste Sterne Agee, de la firme Wedbush Securities, a recommandé l’achat de l’action de Facebook. Il s’attend à ce que l’action atteigne éventuellement une cible de 44 $. Un autre analyste, Arvind Bhatia, a une cible de 46 $. « Facebook a 48 % de la population Internet mondiale, affirme-t-il. Et l’entreprise a la moitié d’un pour cent du marché publicitaire international. Nous croyons qu’elle a une perspective importante devant elle. »
 
D’autres expriment des inquiétudes. La valeur de Facebook représente 104 fois ses profits de 2011 contre 19,2 fois pour Apple et 17,3 fois pour Google. Généralement, selon les analystes, un tel ratio valeur-profits ne devrait pas dépasser 20. Il faut dire toutefois que la valeur du site de recherche Google représentait 120 fois les profits de la société en 2004 à son arrivée en bourse.
 
Facebook n’est pas parvenu encore à trouver le moyen de monnayer le nombre croissant d’utilisateurs qui se rendent sur son réseau avec des appareils intelligents notamment. « C’est gratuit (et ça le restera toujours) », écrit Facebook quand vient le temps de s’inscrire. Des liens publicitaires s’affichent sur votre page Facebook, mais quelle sera la suite? Comment Facebook peut-il générer encore plus de revenus pour répondre à l’intérêt de ses nouveaux actionnaires, qui apportent aujourd’hui plus de 18 milliards d’argent frais à l’entreprise?
 
L’entreprise doit redéfinir notre rapport à la publicité, doit innover, c’est son travail, c’est son objectif, c’est la seule voie de succès. Sinon, la bulle va…
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Le nouveau premier ministre français Jean-Marc Ayrault a nommé Pierre Moscovici au poste de ministre de l’Économie, des Finances et du Commerce extérieur. Il est âgé de 54 ans et a déjà fait partie du cabinet de Lionel Jospin de 1997 à 2002. Il aura pour tâche de ramener l’équilibre budgétaire en 2017 et de s’assurer d’un plan crédible pour la France afin d’éviter une décote supplémentaire. Il doit composer dans un environnement économique difficile : l’économie française stagne, son taux de chômage est à 10 %.

Nous l’avions reçu en avril 2010 à RDI Économie. Je vous propose de voir ou de revoir cette entrevue. Son regard pourrait se poser encore aujourd’hui sur la Grèce et l’Union européenne. Sur les politiques intérieures de la France, ses observations sur la progressivité de l’impôt sont très intéressantes. Et puis, à la fin, vous l’entendrez, Pierre Moscovici nous disait qu’il envisageait la possibilité de se présenter pour diriger la gauche aux élections présidentielles qui ont eu lieu le 6 mai dernier, à moins que… Dominique Strauss-Khan décide de se présenter. Je vous rappelle que nous sommes en avril 2010…

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Il n’est pas possible de chiffrer avec précision l’impact économique du conflit étudiant au Québec, pour deux raisons. D’abord, nous sommes au coeur des événements et nous ne sommes pas en pleine connaissance de l’état psychologique de tout un chacun et, par conséquent, de leurs réactions. Et puis, parce que, comme le conflit n’est pas terminé, on ne peut pas faire de bilan.

Raymond BachandCela dit, dans une entrevue accordée à RDI Économie hier soir, le ministre des Finances Raymond Bachand nous a livré son analyse sur les répercussions économiques du conflit actuel. Je vous signale que nous lui avons d’abord demandé de commenter la démission de la ministre de l’Éducation Line Beauchamp. Après quelques secondes de silence, il a déclaré, l’émotion dans la voix : « Je suis très triste. C’est une collègue que j’aime beaucoup. »

Sur la perturbation économique, le ministre est ferme : « Oui, ça nuit à l’économie. [Surtout] les gestes de déstabilisation économique délibérée parce qu’au-delà des leaders étudiants, il y a des groupes. Je n’accuse pas nos trois leaders, il y a des groupes derrière. Vous lisez leurs textes. Ce sont des groupes anti-capitalistes, marxistes, et qui le disent ouvertement, qu’ils veulent déstabiliser l’économie. »

Raymond Bachand affirme que le commerce ralentit à Montréal à cause du conflit. « Dans les restaurants, ça baisse. Dans les théâtres, ça baisse », a-t-il dit.

Jusqu’à maintenant, plusieurs chercheurs et économistes ont fait des hypothèses de toutes sortes pour tenter de calculer le coût économique de la crise actuelle. Quantité de professeurs de cégep sont payés en ce moment, mais ne peuvent pas enseigner. Plusieurs seront payés en heures supplémentaires quand viendra le temps de reprendre les cours perdus. Si les sessions sont annulées, les jeunes et leur famille devront payer plus cher pour reprendre les cours. Les étudiants arriveront plus tard sur le marché du travail. Entre-temps, plusieurs vont rater l’emploi qu’ils convoitaient pour l’été.

Sans être devenu un sujet de conversation à Londres, Paris ou New York, le conflit étudiant et surtout la violence de certains affrontements entre les casseurs et les policiers se sont retrouvés dans plusieurs journaux, sur plusieurs sites web. Cela fait craindre un impact sur le tourisme. Alors que la saison des festivals est lancée, le maire de Montréal Gérald Tremblay a exprimé à quelques reprises son inquiétude, implorant le gouvernement du Québec de régler le conflit.

Le ministre des Finances était notre invité lundi soir parce que les données publiées vendredi sur l’emploi au Québec étonnent, pour ne pas dire détonnent. Il s’est créé 60 000 emplois en deux mois. L’économie du Québec va-t-elle si bien? Si oui, le conflit actuel, qui nuit à l’économie du Québec selon Raymond Bachand, va-t-il stopper net cette poussée de l’emploi?

L’impasse partout…

Lundi 14 mai 2012 à 14 h 01 | | Pour me joindre

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C’est l’impasse dans l’affrontement que se livrent pour une quatorzième semaine les étudiants et le gouvernement du Québec. Et il ne semble pas y avoir l’ombre du début d’une sortie de crise dans ce dossier. On a discuté de plusieurs choses sur ce blogue à propos du conflit étudiant dans les derniers mois. Et quelques solutions ont émergé : recul, moratoire, négociation, médiation, états généraux, élection. Lundi soir, on poursuit la discussion avec le ministre des Finances Raymond Bachand, qui vient nous parler de l’économie et de l’emploi au Québec, et à qui on demandera si l’affrontement actuel nuit à l’économie du Québec. Ce soir 18 h 30 (HAE) à RDI.
 
Le président Carolos PapouliasPar ailleurs, c’est aussi l’impasse en Grèce. Et, dans ce cas-ci, l’impact est beaucoup plus large, sur les Grecs, sur la zone euro, sur l’économie mondiale, sur les marchés boursiers et financiers. Il ne semble pas possible pour les partis en place de s’unir pour former un gouvernement d’union nationale. Et, de toute évidence, le président sera obligé de convoquer la population aux urnes, une fois de plus, probablement le 17 juin prochain.
 
La Grèce pourrait donc ne pas respecter ses obligations envers ses créanciers, suspendre certaines mesures d’austérité annoncées, ne plus recevoir le soutien financier du FMI et de l’UE et s’éjecter en bout de piste de la zone euro. Ce n’est pas le scénario souhaité par les Grecs, mais la population est fatiguée et déprimée par plusieurs années de récession et d’austérité. Les acteurs, les observateurs et les experts évaluent avec sérieux la possibilité que la Grèce sorte de la zone rapidement.
 
En fait, soyons francs, tout le travail effectué en Europe dans les dernières années a permis de calmer de façon très temporaire la crise de la dette. Mais le résultat de l’élection du 6 mai en Grèce, l’élection du socialiste François Hollande en France et la baisse du soutien pour le parti CDU d’Angela Merkel en Allemagne obligent les dirigeants de la zone euro à revoir et à repenser leur plan d’action pour sortir de la crise. Ces votes sont l’expression claire d’un désaveu des mesures d’austérité, quoi qu’en disent les chefs européens et les opérateurs de marché.
 
La chancelière Angela Merkel est entourée des députés allemands lors du vote sur le deuxième plan d'aide à la GrèceEn attendant, justement, les marchés chutent depuis près de deux semaines, tout comme l’euro et le pétrole. Les taux d’emprunt de l’Italie et de l’Espagne grimpent. Une annonce en provenance d’Athènes d’une sortie de la Grèce de la zone euro entraînerait, selon les experts, une poussée à la hausse des coûts d’emprunts des pays en difficultés. De nouvelles négociations seront sans doute nécessaires. On risque d’en parler, encore…
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Les perspectives économiques se brouillent une fois de plus. Deux avis publiés à quelques jours d’intervalle sur l’économie canadienne et les taux de la Banque du Canada nous le montrent.
 
Le premier, publié mardi, est celui de Jimmy Jean, économiste du Mouvement Desjardins, après la publication récente des données sur le PIB au Canada en février :
« Les dernières données suggèrent que l’écart de production se résorbera plus tard que prévu en 2013, ce qui implique que la Banque du Canada pourrait afficher un empressement moindre à resserrer sa politique monétaire [à monter son taux directeur]. Cela est d’autant plus vrai que l’inflation demeure sous contrôle, que l’économie américaine semble connaître un nouveau passage à vide et que la récession européenne montre des signes d’aggravation. Avec les nombreux risques qui pèsent, une augmentation des turbulences financières ne peut être écartée. Dans ce contexte, l’anticipation de hausses de taux par la Banque du Canada en 2012 semble prématurée. Dans un tel scénario, elle serait en toute vraisemblance l’unique banque centrale majeure au monde à aller dans cette direction cette année. »
Et puis, un deuxième, publié aujourd’hui par l’économiste Douglas J. Porter de la BMO, après l’annonce par Statistique Canada d’un deuxième mois de forte hausse de l’emploi au pays :
« La plus forte séquence de hausse d’emplois sur 2 mois en 30 ans (+140 500) va calmer les inquiétudes à propos d’un ralentissement considérable de l’économie canadienne. Ce qui est le plus impressionnant, ce sont les gains d’emplois substantiels dans le secteur privé, ce qui est venu compenser les pertes d’emplois du dernier mois dans le secteur public — le meilleur scénario serait que cette tendance se maintienne. Alors que ces résultats solides et surprenants ne changeront pas de façon significative les perspectives de la Banque du Canada, ça viendra même l’encourager à maintenir un discours positif, malgré les troubles en Europe et le ralentissement en Chine. »
Tiens, tiens.
 
À ce point-ci donc, plusieurs questions se posent :
 
  • quel sera l’impact de la résurgence de la crise grecque et des troubles persistants en Espagne?
  • comment évolueront les discussions Merkel-Hollande? Quelle est l’ampleur du fossé entre les deux chefs?
  • le « passage à vide » américain est-il temporaire, l’essoufflement va-t-il durer?
On en parlait récemment, on a l’impression de vivre le jour de la marmotte! La reprise est-elle, encore cette année, en train de déraper?

Bulle à retardement?

Mercredi 9 mai 2012 à 10 h 58 | | Pour me joindre

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Un condominium à vendre à MontréalLes statistiques de la SCHL portant sur la construction résidentielle au mois d’avril suscitent l’inquiétude. Bien que les données mensuelles demeurent très volatiles, la tendance est claire : la construction à Toronto s’accélère à un rythme quasi démentiel, tout comme les mises en chantier de condominiums dans la grande région de Montréal. Les économistes sonnent l’alarme.

D’abord, le portrait général : au rythme d’avril, on aurait 245 000 mises en chantier d’habitations au Canada en 2012, une cuvée qui serait la meilleure en près de cinq ans. Les analystes affirment que ça devrait ralentir et revenir à un niveau un peu plus normal. Mais, pour l’instant, ce chiffre exceptionnel exprime l’emballement des acheteurs et des constructeurs qui veulent profiter des faibles taux d’intérêt, toujours en vigueur.

Quand on regarde les données par province, la situation du Québec saute aux yeux. La hausse de mars à avril est de 43,1 % en raison principalement d’un bond important dans la construction de logements locatifs et de copropriétés dans les centres urbains, à commencer par Montréal. Depuis le début de l’année, 3567 unités ont été mises en chantier dans la Région métropolitaine de Montréal, une hausse de 27 % par rapport aux quatre premiers mois de 2011.

C’est un marché en pleine folie, diront les plus inquiets. Les économistes de Desjardins affirment qu’à ce rythme, l’atterrissage pourrait être « douloureux ». Autrement dit, si on construit trop, trop rapidement, on pourrait manquer d’acheteurs, ce qui pourrait entraîner une chute des prix dans les copropriétés. Il suffit de se balader dans les quartiers centraux de Montréal pour constater qu’à peu près chaque parcelle de terrain disponible est la proie des promoteurs et des grues.

Les économistes de Desjardins prévoient ou souhaitent une accalmie en mai « dans la mesure où les promoteurs se disciplinent suffisamment pour limiter l’offre de nouveaux condos afin d’éviter un surplus qui pourrait mettre du temps à se résorber. » Vraiment?

À Toronto, pendant ce temps, la hausse annualisée en avril est de 19 %! En fait, ce dernier mois est complètement sorti de la moyenne des six derniers mois. On parle carrément d’une explosion de construction dans la Ville Reine. Depuis le début de l’année, la hausse de construction de tous types de logements avoisine les 30 %. Dans le segment des logements collectifs, hausse de 97 % des maisons en rangée, de 30 % des appartements, de 23 % des maisons jumelées.

Ça fait des années que le gouverneur de la Banque du Canada Mark Carney avertit les Canadiens quant à leur niveau élevé d’endettement et quant à un choc possible d’une hausse des taux d’intérêt qui finira bien par arriver, bien qu’elle pourrait encore être retardée compte tenu de l’état de l’économie mondiale.

À quelques reprises, le Globe and Mail a évoqué la crainte qu’une bulle immobilière soit en train de se former dans certains marchés. Récemment, le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty a exprimé sa préoccupation quant à la vigueur du marché immobilier de Vancouver, de Toronto et maintenant de Montréal.

Les dernières données sur la construction résidentielle nous laissent comprendre que tous ces appels ne sont absolument pas entendus…

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Les deux élections de dimanche, celles de France et de Grèce, auront des effets considérables sur la conduite des affaires de la zone euro. Le nouveau président de la France François Hollande pourrait modifier à moyen et à long terme la gestion et l’encadrement de la dette et des budgets des États de la zone, tandis que les législatives tenues en Grèce pourraient provoquer des turbulences à court terme. Les deux élections sont donc importantes.

Des activistes à Berlin, en Allemagne, portent des masques faisant penser à un mariage difficile entre la chancelière allemande Angela Merkel et le président français élu, François Hollande.« Vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage », a écrit le poète Nicolas Boileau. Voilà sans doute ce qui décrit le mieux le nouveau président de la République française. Son ardeur au travail, la rigueur personnelle qu’il s’est imposée pour atteindre le poste le plus élevé de son pays, sa connaissance des dossiers, son intelligence, sa vivacité d’esprit et ses objectifs clairs feront de lui un homme politique incontournable, redoutable et entêté, avec lequel les chefs européens devront négocier et adopter de nouvelles mesures pour stimuler l’économie de la zone euro.

La chancelière allemande Angela Merkel, qui avait exprimé publiquement sa préférence pour Nicolas Sarkozy, guide d’une main de fer les destinées de la zone euro. Depuis près de trois ans, c’est l’austérité qui domine tous les discours, tous les gestes, toutes les décisions de la zone. Cette stratégie, qui a pour objectif de colmater les brèches de l’endettement, a conduit la moitié des pays de la zone euro à un retour en récession. On n’en finit plus d’additionner les chômeurs en Grèce, au Portugal et en Espagne. Nous en avons parlé abondamment dans ce blogue.

François Hollande a nettement indiqué qu’il allait proposer une politique de croissance et d’emploi tout en misant sur un programme de rigueur budgétaire. Éviter une nouvelle récession à la France, dont la croissance est presque à zéro, créer des emplois surtout pour les jeunes, tout en ramenant le déficit à 3 % du PIB l’an prochain et à l’équilibre en 2017, voilà le défi que s’est donné le nouveau président.

Ce sera difficile d’y arriver, soyons honnêtes, mais ce qui sera encore plus difficile pour lui, c’est de convaincre Angela Merkel qu’il faut conjuguer croissance et austérité, emplois et rigueur budgétaire, et miser sur une nouvelle feuille de route pour relever la zone euro. Déjà, Angela Merkel a indiqué ne pas vouloir renégocier le pacte budgétaire européen. Les analystes s’entendent pour dire que François Hollande et Angela Merkel sont toutefois condamnés à s’entendre.

En fait, Angela Merkel devra peut-être s’y résoudre sous la pression des chefs européens, qui ont commencé à exprimer de l’ouverture à l’approche de François Hollande, sous la pression aussi des agences de notation qui ont dit, il y a quelques mois, que l’austérité ne pouvait pas être la seule réponse à la crise, que des mesures de croissance sont nécessaires pour sortir du cercle vicieux actuel.

Le Parlement grec (archives)Et puis, il y a la Grèce aussi qui obligera les dirigeants européens à se parler, à négocier et à intervenir une fois de plus. Les Grecs, dont le niveau de chômage approche 22 % et dont la récession est devenue malheureusement quasi naturelle, en ont marre de l’austérité et l’ont signifié aux partis proeuropéens lors des élections de dimanche. Ils leur ont retiré leur majorité au parlement aux profits des partis d’extrême gauche et d’extrême droite.

La nouvelle coalition grecque, qui ne sera pas facile à former par ailleurs, voudra un assouplissement des exigences européennes en faveur d’une austérité sévère et abrutissante. Les déclarations de François Hollande, dimanche soir, ont résonné fort en Grèce : « Dans toutes les capitales, au-delà des chefs de gouvernement et des chefs d’État, il y a des peuples qui, grâce à nous, espèrent, regardent vers nous et veulent en terminer avec l’austérité. »