Blogue de Mélanie Loisel

Le projet Louis-Jolliet : une carte linguistique du pays

jeudi 10 mai 2012 à 12 h 21 | | Pour me joindre

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Alors que les scientifiques sont de plus en plus bâillonnés au sein de la fonction publique fédérale, nous profitons du 80e Congrès de l’ACFAS, l’Association pour le savoir francophone, pour donner la parole aux jeunes chercheurs francophones du pays et de l’étranger.

Jusqu’à vendredi, 5000 chercheurs et étudiants vont livrer plus de 3000 communications dans tous les champs d’études. Les colloques sont ouverts au public et ça vaut le détour.

Lors du passage de Génératrice au congrès, nous avons rencontré Nicolas Bastien, un démographe de 28 ans qui est responsable du Projet Louis-Jolliet à l’Institut de recherche sur le français en Amérique (IRFA).

Nicolas Bastien

Qu’est-ce que le projet Louis-Jolliet?

C’est un outil de cartographie dynamique portant sur les langues au Canada. Il regroupe et cartographie les diverses données tirées du recensement portant sur les langues et leur utilisation au Canada.

Qu’est-ce que vos recherches vous ont permis de découvrir et de constater?

Cet outil permet d’illustrer les dynamiques linguistiques et d’en avoir une compréhension intuitive. C’est un outil de vulgarisation. Plus précisément, il permet d’identifier les communautés linguistiques à différentes échelles. Dans l’agglomération montréalaise, par exemple, on peut voir ressortir les quartiers avec d’importantes communautés anglophones (Ouest-de-l’Île, Westmount, etc.) ou encore allophones (Parc-Extension, Côte-des-Neiges, Brossard, etc.). Dans les provinces, cet outil permet aussi d’identifier les communautés linguistiques en situation minoritaire, par exemple les communautés francophones à Moncton ou à Sudbury, ou anglophones en Estrie.

Comment cet outil pourrait-il être utilisé?

Les gens connaissent très peu les dynamiques linguistiques au Québec et au Canada. Certes, on sait tous qu’il y a des communautés francophones à l’extérieur du Québec ou encore d’importantes populations anglaises et allophones à Montréal, mais illustrer les données portant sur l’utilisation des langues à l’aide de cartes interactives rend facilement compréhensibles ces diverses réalités. On espère que ces cartes vont permettre au public de mieux comprendre les dynamiques linguistiques afin que ces phénomènes ne soient plus uniquement du domaine des experts.

Pour découvrir d’autres recherches scientifiques, écoutez Génératrice demain à 20 h à la Première Chaîne de Radio-Canada.