À Génératrice demain, nous parlons des hommes à des hommes. Depuis quelques années, les études sur le masculinisme occupent une plus grande place dans notre société. Ce courant qui vise à rétablir les droits des hommes est-il nécessaire?
Dans une entrevue accordée au magazine Psychologies, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik nous fait part de sa réflexion.
« Les femmes ont connu une aventure humaine incroyable depuis 50 ans, un changement de statut absolu. Or, je ne vois pas comment les femmes peuvent changer sans changer les hommes… Est-ce que l’on va continuer à dire que les femmes sont formidables et qu’elles vont gérer la société en laissant aux garçons la bière et le foot? Continuer ainsi, c’est transformer le féminisme en un nouveau sexisme.
Or, combattre un groupe sexiste par un autre groupe sexiste n’est pas un progrès. Il me semble plus intéressant de réfléchir au nouveau statut des hommes. L’ancien statut reposait sur la violence, celle du quotidien ou celle des guerres. L’homme devait être violent pour être prêt à se défendre et défendre les siens. Aujourd’hui, la violence n’est plus une vertu masculine.
Dans notre culture, elle est devenue un outil de destruction. Du couple, de la famille et des hommes eux-mêmes. Du coup, l’« héroïsation » des hommes n’a plus de sens. D’ailleurs, c’était une mauvaise affaire pour les femmes, parce qu’elle légitimait leur domination. D’où la nécessité, après le féminisme, d’inventer le “masculinisme”. Là est l’enjeu de demain. »
Que pensez-vous des propos de Cyrulnik ? Venez discuter du masculinisme avec nous demain à 20 h.


