Accueil

Le début de quelque chose

vendredi 22 juin 2012 à 23 h 11 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Élodie Gagnon à gauche et Mélanie Loisel à droite. Photo: Cécile Gladel

C’est ce soir que se termine la folle aventure de Génératrice. Pour nous, ce n’est pas vraiment la fin, c’est plutôt le début de quelque chose…

Une chose est certaine, nous avons réalisé cette année que nous avons tout pour être un modèle tant au Québec qu’au Canada.

Nous avons le savoir, la richesse, la jeunesse, la démocratie et la paix.

Nous avons les ressources intellectuelles, naturelles et financières pour réaliser de grands projets.

Nous avons les moyens de nous positionner sur l’échiquier mondial et d’être un exemple sur tous les fronts.

Il ne tient qu’à nous tous, et aussi à nos dirigeants, de faire des choix en fonction du bien-être collectif, et ce, dans une perspective de développement durable.

Un mot est revenu tout au long de l’année à Génératrice : volonté.

Pour changer les choses, il faut avoir la volonté d’améliorer nos systèmes, de réviser nos méthodes désuètes et de revoir les théories dominantes, pour ne pas dire de se questionner davantage sur les effets pervers du néolibéralisme.

C’est dans cet esprit que nous nous sommes demandés à Génératrice : comment assurer la pérennité de notre système de santé? Comment améliorer le financement de nos universités? Comment éviter l’endettement des États? Comment renflouer les caisses de retraite? Comment assurer la relève tant au sein de la fonction publique qu’à la tête de nos PME?

Génératrice se voulait la tribune de la relève si cruciale à l’évolution de notre société. Nous voulions savoir ce que les 18 à 35 ans ont à dire sur les grands enjeux socioéconomiques. Quels sont les grands problèmes de notre monde, selon eux? Mais surtout, quelles solutions proposent-ils?

Nous tenions aussi à ce que toutes les voix de la génération dite Y se fassent entendre.C’est pourquoi Génératrice s’est fait un devoir de donner la parole aux jeunes des régions du Québec, des communautés francophones du pays et de l’étranger. Pour garder notre langue vivante, il faut donner la chance à tout le monde de la parler et, surtout, il faut créer les occasions de le faire!

Nous avons donc pris le risque de donner le micro pour la première fois à la plupart de nos invités. Pas de vedettes donc, mais des jeunes allumés avec des idées, des discours qui vont parfois à contre-courant et qui, parfois, sont criants de vérité.

Ainsi, nous sommes-nous regardés, mais nous nous sommes aussi comparés avec tout ce qui se fait sur la planète. Et nous avons constaté qu’en fin de compte, la relève est là, prête à relever les défis de l’avenir.

Ça aura été une année riche en idéaux!

Certains sont peut-être des utopies, mais croire en un monde meilleur, ça nous garde bien vivants!

Ce n’est pas la fin, c’est le début de quelque chose d’autre…

Il faut que les idées circulent, peu importe la façon et il faut donner la place et la parole à ceux qui les ont.

Alors à vous tous, auditeurs, lecteurs de notre blogue, invités, mentors, collaborateurs, collègues, amis et famille, nous vous remercions d’avoir réfléchi et d’avoir osé repousser les barrières de la réflexion avec nous cette année! Un grand merci!

Merci aussi à notre équipe : Jean Gagnon, Delphine Lamothe, Cécile Gladel, Christine Fréchette, Patrick Knup et tous les techniciens. Merci aux gars du Sportnographe et aussi à Gilles Payer notre « Lucien Bouchard ».

Merci à vous tous d’avoir fait de Génératrice une aventure extraordinaire!

Écoutez-nous et venez clavarder avec nous ce soir à 20h à la Première Chaîne de Radio-Canada! Nous vous présentons nos coups de coeur de l’année!

À la prochaine! Élodie et Mélanie

Mélanie Loisel et Élodie Gagnon au studio 24

Les coups de cœur de Génératrice

vendredi 22 juin 2012 à 15 h 00 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Dernière de Génératrice. En effet, l’émission ne revient pas cet automne. Pour l’occasion, l’équipe a décidé d’inviter ses coups de cœur de l’année et de prendre de leurs nouvelles. Nos invités n’ont pas de lien les uns avec les autres, à part celui d’avoir déjà été invités à l’une de nos émissions ou de nous avoir impressionnés.

Sandra Rodriguez fait sa thèse sur l’engagement des jeunes à l’ère du numérique et tourne un documentaire sur d’anciens révolutionnaires en Bolivie.

Dans le débat sur les droits de scolarité, les étudiants ont souvent cité l’exemple des pays scandinaves, où l’éducation universitaire est gratuite. Geneviève Bois était au Danemark cet hiver pour réaliser un stage en médecine. Même loin du Québec, cette étudiante de l’Université de Montréal s’est mêlée au débat en diffusant sur YouTube une vidéo visionnée plus de 43 000 fois. Elle est de retour au pays.
La vidéo de Geneviève

Éloi Lafontaine-Beaumier est vice-président du mouvement Force Jeunesse. Avec ses compatriotes, il a développé l’indice d’iniquité intergénérationnelle. Un indice qui devrait être mis en application aux prochaines élections

Patrick Côté est consultant et chargé de projet à la coopérative Val-Éo, qui développe un projet d’éolienne au Lac-Saint-Jean. Il enseigne aussi l’économie au cégep.

L’une des meilleures façons de protéger notre langue française, c’est de permettre à tous les francophones et francophiles de la parler. Sébastien Bezeau, lui, n’a pas la langue dans sa poche. Il est un syndicaliste très actif au pays et surtout chez lui, en Acadie. Nous l’avons surnommé « le futur Michel Chartrand de l’Acadie ».

Ingy Sedky a été observatrice lors des élections présidentielles en Égypte et a même participé au dépouillement des votes. On l’a joint au Caire.

Lien mentionné durant l’émission
Les liens des émissions originales où nos invités de ce soir on été entendus pour la première fois:
Geneviève Bois (système de santé)
Éloi n’est jamais venu à l’émission…
Patrick Côté (prospérité économique)

Sébastien Bezeau (syndicalisme)

Ingy Sedky (confiance envers les politiciens)

Musique

La pièce Je vous salue Marie du groupe Qualité Motel avec Karim Ouellet

Le lien pour télécharger gratuitement l’album du trio de DJs autochtones A Tribe Called Red

Le vidéoclip de la pièce Lengua de Beatriz Luengo avec Shaggy

Le vidéoclip pour la pièce Su’ Tafahum du rappeur palestinien Asifeh (alias Stormtrap)

Le lien pour télécharger gratuitement le EP d’Asifeh, Iradeh

Le vidéoclip de la pièce Bad girls de la rappeuse M.I.A.

Un suivi de nos grands dossiers

mercredi 20 juin 2012 à 15 h 15 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Les 18-35 ans ont droit de parole à Génératrice

Il s’en est dit des choses cette année à Génératrice. Chaque semaine, nous avons soulevé les problèmes qui touchent entre autres la génération Y : l’éducation, l’environnement, la santé, le monde du travail et aussi la politique. Nos invités n’ont pas juste mis le doigt sur le bobo, ils ont aussi mis de l’avant des solutions. Mais ils étaient tous conscients que ce n’est pas du jour au lendemain que tout va changer.

L’équipe de Génératrice a donc fait le suivi de quelques grands dossiers avec nos invités. Ce sont des dossiers que nous devrons suivre ces prochains mois et même années.

La relève

La relève en entreprenariat est importante pour assurer la survie de nos PME

Marie-Ève Proulx, qui vient d’être nommée directrice de la recherche opérationnelle à l’École d’entrepreneurship de Beauce, a discuté avec nous du besoin d’avoir une relève qualifiée dans les entreprises du Québec et des difficultés de l’obtenir.

L’œil du dragon a mis de l’avant l’entrepreneuriat. Est-ce que ce genre d’émission va donner le goût aux jeunes de se lancer davantage en affaires?

Cette émission est définitivement une bonne idée pour stimuler l’entrepreneuriat au Québec : elle atteint à la fois les parents et les jeunes et devient donc une émission partagée par la famille. La famille est un des vecteurs importants pour stimuler la culture entrepreneuriale. Néanmoins, cette émission ne suffit pas, à elle seule, à augmenter le goût d’entreprendre.

L’entrepreneuriat est l’affaire de tous, et le stimuler revient à l’ensemble des acteurs de la société : les milieux politique, socioéconomique, médiatique, les écoles, les entrepreneurs ou encore la famille doivent contribuer, chacun à leur façon, à en faire une priorité. Comment? Notamment en valorisant le métier d’entrepreneur pour que celui-ci devienne aussi attrayant pour un jeune que celui de pompier, de hockeyeur, de policier, etc.

La Stratégie québécoise de l’entrepreneuriat : foncez, tout le Québec vous admire, annoncée il y a quelques mois par le gouvernement du Québec, fait d’ailleurs de la valorisation l’un des cinq grands axes de ce plan de match. Il faut susciter l’intérêt et allumer l’étincelle de l’entrepreneuriat; cette étincelle se veut la toute première étape pour qu’il y ait plus d’entrepreneurs au Québec.

Une fois l’étincelle allumée, il faut toutefois faire passer de l’intention à l’action les candidats au métier d’entrepreneur et favoriser la croissance de ces personnes qui ont osé faire le grand saut, et ce, qu’elles reprennent ou démarrent une entreprise. Le programme Mentorat pour entrepreneurs permet à des entrepreneurs moins expérimentés d’être en relation avec des gens plus expérimentés. De la même manière, l’École d’entrepreneurship de Beauce est un lieu où des entrepreneurs d’expérience viennent entraîner la relève pour améliorer rapidement les performances de ces décideurs. Ce ne sont que deux exemples (il y en a d’autres!) de bonnes pratiques qui accélèrent la croissance et contribuent à la pérennité des entreprises existantes.

 Plan Nord

La mine d'Alderon est à quelques kilomètres de Fermont

Joannie Rouleau mène un combat à Fermont, dans le Nord du Québec, pour éviter que l’exploitation future d’une mine par la compagnie Alderon ne nuise à la qualité de vie des citoyens. Sans s’opposer au développement minier, le Mouvement citoyen de Fermont s’inquiète des répercussions possibles de ce projet de mine, situé à quelques kilomètres de la ville, au Labrador.

Où en êtes-vous dans votre combat contre la minière Alderon?

Nous attendons toujours de connaître les nouvelles lignes directrices de l’étude environnementale de l’Agence canadienne, qui devait sortir en mai. Le gouvernement du Québec nous a finalement répondu en nous indiquant qu’il n’avait pas l’intention de s’impliquer dans les études environnementales liées à ce projet, puisque la mine se trouve à Terre-Neuve-et-Labrador. Il y a quelques semaines, Alderon a signifié son intention de déplacer l’un de ses sites de résidus miniers, celui qui se trouve le plus près de la ville de Fermont. C’est un pas dans la bonne direction.

Aide humanitaire.

Le Yémen vit toujours une grave crise humanitaire

Omar Odeh, un travailleur humanitaire de la Croix-Rouge, nous a parlé de la situation dramatique au Yémen, dont la population s’est soulevée contre le président Saleh à l’hiver 2011. Depuis, des tensions ont éclaté dans le sud du pays, où l’armée et les islamistes liés à Al-Qaïda s’affrontent régulièrement.

La crise au Yémen est loin d’être terminée. Quelle est la situation sur le terrain?

Le Yémen vit encore une dynamique de contestation. Sa transition est loin d’être finie, et le régime est toujours en place. La preuve : l’ex-président Saleh agit toujours à titre de chef du Congrès général du peuple, le principal parti. La réforme militaire est donc difficile à mettre en place puisque les hauts gradés sont des proches de l’ancien président. Le dialogue national a été ralenti parce que toutes sortes de conditions ont été exigées des différents partis pour pouvoir y participer. De plus, la menace du djihad persiste dans le sud du pays. La pression militaire a été accentuée pour lutter contre les extrémistes, mais cette pression a mené à de des actes de violence à l’extérieur de la zone de conflit, comme l’attaque dans la capitale, Sanaa, qui a fait environ 100 morts le 21 mai dernier. Cette tension risque de continuer tant et aussi longtemps que le pouvoir ne sera pas consolidé et qu’il n’y aura pas un nouveau président influent capable de calmer le jeu. Le chemin avant d’y arriver risque encore d’être très dangereux.

Les médias

La crise étudiante a attiré l'intérêt des médias étrangers

Guillaume Lavallée, journaliste à l’Agence France-Presse à Montréal, était venu nous parler de la nouvelle réalité des médias, au pays comme à l’étranger. Il s’apprête à relever de nouveaux défis à Islamabad, au Pakistan, pour l’AFP.

L’Agence France-Presse a alimenté les médias étrangers au sujet de la crise au Québec. Est-ce que tu trouves que cette crise a été bien couverte par les médias, tant ici qu’ailleurs?

On peut distinguer trois moments forts dans la couverture du conflit étudiant au Québec, qui s’est élargi pour devenir le « printemps érable » dans la presse étrangère. Nos dépêches sur la première grande marche du 22 mars ont eu un certain écho dans la presse européenne et même dans des journaux en Asie, mais sans plus. Le train se mettait lentement en marche. Après tout, les manifestations sont choses courantes en Europe. Et la jeunesse en Grèce et en Espagne traverse une zone de turbulence économique à des lieues de la réalité des étudiants québécois. Un mois plus tard, la marche de la Terre et les débordements entourant le Forum du Plan Nord ont montré que le conflit dépassait le seul cadre étudiant. D’autres griefs s’ajoutaient concrètement au discours de ces manifestants à la mobilisation intarissable. C’est à ce moment que la mayonnaise a commencé à prendre. De grands quotidiens comme Le Monde, Libération et The Guardian ainsi que les chaînes étrangères ont commencé à s’intéresser aux événements. À l’automne 2011, 2000 manifestants à Wall Street ont réussi à aimanter quotidiennement les médias internationaux.

À Montréal, il aura fallu 200 000 manifestants mobilisés dans la durée pour attirer les projecteurs du monde entier, signe du poids relativement faible du Québec dans l’information internationale. La presse étrangère prenait sur le tard un train déjà en marche. Puis, ce train s’est transformé en TGV avec la loi 78. Dans de nombreux pays, l’idée de limiter le droit de manifester et de tenir une organisation responsable d’éventuels débordements passait mal. La réponse du gouvernement, sur fond de tintamarre de casseroles, a marqué les esprits, notamment en France, où il n’était pas rare d’entendre parler du Québec en manchettes des bulletins de nouvelles à la radio, juste après un compte rendu de la situation en Syrie.  

Éducation

Les étudiants chiliens se sont soulevés contre la hausse des frais de scolarité

Sébastien Dubé, qui enseigne à l’Université de Diego Portales de Santiago, nous a parlé à l’automne dernier du mouvement étudiant contre la hausse des droits de scolarité au Chili.

Les Chiliens protestaient déjà contre la hausse des droits de scolarité en août dernier. Est-ce que le mouvement est encore bien vivant?

Le mouvement étudiant de l’année dernière s’est essoufflé. Les étudiants ont décidé de modifier leurs stratégies devant l’impasse et l’intransigeance du gouvernement, qui, faut-il le préciser, a quand même accédé à plusieurs demandes et se dit prêt à faire des réformes. Ainsi, depuis le début de l’année, il y a eu très peu de grèves ou de marches organisées dans les rues de Santiago. Les étudiants semblent privilégier l’organisation politique dans le but d’influencer les débats qui s’en viennent. En octobre de cette année, des élections municipales auront lieu dans tout le pays et, en novembre 2013, il y aura les élections présidentielles. En d’autres termes : les revendications demeurent, mais la forme de la protestation a changé.

Est-ce que le mouvement du Québec a inspiré les étudiants chiliens?

Je dirais que c’est plutôt l’inverse. D’ailleurs, à la suite de l’adoption de la loi 78 au Québec, une lettre ouverte d’appui aux étudiants québécois a circulé parmi les professeurs et les associations étudiantes au Chili. Cet appui signifie en quelque sorte que les Chiliens soutiennent les étudiants québécois qui suivent leur exemple. Également, sur les réseaux sociaux, on a pu voir des appels à manifester à Montréal qui faisaient allusion aux manifestations chiliennes, notamment dans le cas des cacerolazos

En conclusion : dans les deux cas, celui du Chili comme celui du Québec, rien ne semble réglé, et tout indique que si les gouvernements ne veulent (ou ne peuvent) satisfaire un certain nombre de demandes, la crise risque de se poursuivre et de reprendre sous la forme d’une dynamique de mobilisation et de manifestation.

Syndicalisme

Scott Walker a été réélu au Wisconsin malgré ses lois antisyndicales

Barry Eidlin, doctorant en sociologie à l’Université de Californie à Berkeley, nous avait parlé des lois antisyndicales mises en place aux États-Unis.

Le gouverneur du Wisconsin a été réélu malgré les lois antisyndicales qu’il a fait adopter. Comment peut-on interpréter cette réélection?

Sans aucun doute, la victoire de Scott Walker au Wisconsin a constitué une défaite pour le mouvement syndical. Malgré les mobilisations de l’an dernier, et malgré les efforts de milliers de gens qui ont fait campagne pour le démettre de ses fonctions, Walker a survécu, battant son adversaire avec une marge semblable à celle qu’il avait atteinte lors de sa première élection en 2010.

À la lecture des résultats, ceux qui ont souhaité la défaite de Walker ont raison de constater qu’il a profité d’un énorme avantage financier. En effet, Walker a dépensé plus de sept fois plus que son adversaire du Parti démocrate, Tom Barrett. En plus, une grande partie des fonds de Walker provenait d’un petit groupe d’individus très riches. On pourrait donc dire, d’une certaine manière, que la victoire de Walker est une victoire de la ploutocratie sur la démocratie.

Cependant, cette interprétation me semble incomplète pour deux raisons. Premièrement, il faut tenir compte du fait que la mobilisation électorale s’est faite au détriment de la mobilisation populaire, qui a tellement attiré l’attention l’an dernier. La décision de se concentrer sur les élections a transformé une lutte pour défendre les services publics et les droits des travailleurs en campagne pour faire élire des candidats du Parti démocrate. Ceci a eu pour effet de céder le contrôle du mouvement au Parti démocrate, qui n’a ensuite pas fait grand-chose pour promouvoir les intérêts des travailleurs. Non seulement le Parti démocrate, à l’échelle nationale, n’a-t-il pas mobilisé ses ressources pour la bataille au Wisconsin, mais le candidat Barrett ne s’est même pas engagé à abroger la loi antisyndicale de Walker. Les résultats démontrent donc aussi une erreur stratégique du mouvement syndical.

Deuxièmement, les résultats sont aussi le reflet d’une crise idéologique du mouvement syndical. Il faut reconnaître que des dizaines de milliers de travailleurs ont voté pour Walker. Malgré la mobilisation et les efforts des syndicats, ces électeurs ont vu la loi antisyndicale non pas comme une attaque contre les travailleurs en général, mais comme un effort pour limiter la puissance d’un intérêt particulier – celui des syndicats.

Eau

Le Canada détient 20% des ressources d'eau douce mondiale

Adam Koniuszewski, le chef des opérations à Green Cross International, avait fait avec nous le point sur la situation de l’eau sur la planète.

Alors que tu assistes à Rio +20, as-tu l’impression que la préservation de l’eau est au cœur des priorités de nos gouvernements?

Comme le Canada détient 20% des ressources d’eau douce mondiale on a tendance à marginaliser les problèmes d’accès à l’eau et le besoin de protéger nos ressources. On devient plus intéressé à ces questions lorsque nos réserves d’eau locales sont menacées. On l’a vu au Québec lorsque les communautés se sont mobilisées contre les gaz de schistes par exemple. L’autre grande question au Canada est celle des sables bitumineux. On en a beaucoup parlé de l’inefficacité de cette énergie car leur transformation demande un apport énergétique important ce qui coûte cher et qui engendre des émissions de CO2 polluantes. Si on prend en considération que la quantité de boues d’épuration toxiques générées par ce processus peut remplir l’équivalent de 720 piscines olympiques à chaque jour on commence à voir l’ampleur du problème et les conséquences environnementales, sociales et économiques auxquelles nous seront confrontés tôt ou tard. Mais ces-jours à Rio, ce sont les activités internationales des minières canadiennes qui sont montrées du doigt, notamment en Amérique centrale et latine. L’opération d’une petite mine pendant une heure pollue plus d’eau que la quantité qu’une famille locale utilise pendant 20 ans! Il n’est donc pas surprenant que les minières canadiennes dans la région sont au cœur de centaines de conflits avec les communautés locales qui se battent pour protéger leurs ressources en eau.

De gauche à droite : Mélanie Loisel et Élodie Gagnon, en plein enregistrement

Cette semaine marque la fin de l’émission Génératrice. Triste? Oui, bien sûr, mais quand nous regardons en arrière, nous nous réjouissons de tous ces visages découverts, de toutes ces solutions trouvées et de tous ces nécessaires débats publics tenus.

Pour terminer l’année en beauté, nous avons décidé de faire un survol de nos coups de cœur depuis septembre dernier. Des invités qui nous ont surpris par leur enthousiasme, leur détermination ou la pertinence de leur réflexion, mais aussi des solutions particulièrement prometteuses pour l’avenir et des parcours personnels qui méritent d’être suivis.

Vendredi soir à 20 h à la Première Chaîne, nous vous invitons plus que jamais à vous joindre à nous pour boucler la boucle d’une année aussi enrichissante et encourageante, pour la suite du monde!

L’équipe de Génératrice tient à féliciter les 25 Québécois de moins de 40 ans qui viennent d’être désignés Créateurs d’avenir. Le journal Les Affaires et le Fonds de solidarité de la FTQ avaient lancé un concours au printemps dernier pour dénicher la relève au Québec.

Ces 25 Créateurs d’avenir contribuent tous à leur façon à améliorer notre monde et à développer des solutions innovantes pour l’avenir. Ils ont mis sur pied de nouvelles entreprises ou encore créé des organismes sans but lucratif.

Génératrice a eu le plaisir d’accueillir plusieurs de ces 25 lauréats au cours de l’année. Nous sommes donc d’autant plus fiers d’avoir donné la parole à ces jeunes qui ont une vision, des idées et des opinions sur les grands enjeux socioéconomiques de la planète.

Comme nous terminons l’émission cette semaine, l’occasion est parfaite pour vous présenter ces Créateurs d’avenir qui ont participé à notre émission.

Virgine Bassène

 Virginie Bassène est venue discuter avec nous de la place des immigrants sur le marché du travail. Cette fondatrice des Divaz est coach pour les travailleuses autonomes. Elle donne des conseils aux femmes pour les aider à prendre leur place dans le milieu des affaires.

 

 

 

Winston Chan

Winston Chan a participé à notre émission sur la préservation de langue française. En plus de siéger au conseil d’administration du Conseil supérieur de la langue française, ce chiropraticien a contribué à la croissance du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec en doublant le nombre d’organisations membres et en organisant le colloque Bâtissons l’avenir.

 

 

Guillaume Lavoie

 Guillaume Lavoie a accepté de collaborer au projet pilote de Génératrice l’été passé où il était question de la confiance en politique. Depuis 2005, le directeur général de Mission Leadership Québec a organisé 35 missions d’observations électorales à l’étranger. Il a aussi créé récemment le Collège néo-classique pour donner une formation supplémentaire d’analyse et de réflexion critique aux jeunes professionnels.

 

 

Paul St-Pierre Plamondon

 Paul St-Pierre Plamondon a commencé avec nous l’aventure de Génératrice l’automne dernier. Il est revenu par la suite discuter de la corruption à l’émission. Le président et cofondateur de Génération d’idées avait pris position, en octobre dernier, pour revendiquer une commission d’enquête dans le domaine de la construction.

 

 

Félicitations à vous 4 et aux 21 autres Créateurs d’avenir!

Les photos sont tirées du site Les Affaires.com

À la suite de notre émission sur l’embellissement du paysage, nous tenions à revenir sur la place accordée à la consultation publique en matière d’urbanisme. Est-ce que les citoyens devraient avoir leur mot à dire sur les projets immobiliers, de construction d’édifices publics ou d’aménagement du territoire? Dans quelle mesure les dirigeants de nos villes et de nos villages doivent-ils considérer l’opinion de la population?

En France, la Ville de Bordeaux a mis sur pied une série de mesures afin de connaître les préoccupations de ses citoyens avant de mettre en chantier tout projet. Nous avons demandé à Aurélie Couture, qui travaille à la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) et qui est doctorante en architecture, de nous expliquer leur démarche.

Aurélie Couture

Pourquoi la Communauté urbaine de Bordeaux a-t-elle instauré des consultations publiques avant d’accepter tout projet de construction?

La Communauté urbaine de Bordeaux est particulièrement volontaire en matière de développement de la concertation. La Charte de la participation dont elle s’est dotée en 2010 traduit une ambition de développement d’une culture de la participation sur le territoire, afin de mieux partager les décisions et de concevoir des projets mieux adaptés aux attentes et aux besoins des citoyens. Dans la pratique, cela se traduit par la mise en œuvre de démarches de concertation ponctuelles sur les grands projets de la CUB. Il ne s’agit alors pas de remettre en cause la faisabilité du projet, mais de l’enrichir et de l’adapter grâce aux réflexions apportées par les citoyens.

Sur quels genres de projets les citoyens peuvent-ils se prononcer?

Les citoyens peuvent débattre de différents types de projets relevant des compétences de la collectivité : projets d’aménagement urbain (franchissement de la Garonne, opérations urbaines), politiques sectorielles (assainissement de l’eau ou déchets, par exemple), projets stratégiques (Projet métropolitain, qui vise à définir les enjeux et les axes d’évolution de la ville à partir des propositions des citoyens, des partenaires et des collectivités). Il s’agit pour l’instant de démarches d’envergure et à long terme, mais le but est d’étendre le fonctionnement participatif à l’ensemble des projets de la collectivité, même les plus petits.

Comment embellir le Québec?

lundi 18 juin 2012 à 14 h 35 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Qu’est-ce qui fait qu’une ville, un village ou un paysage est beau? La beauté est un concept subjectif; dans cet esprit, comment fait-on pour intégrer des notions de beauté lorsque vient le temps d’aménager des espaces publics ou de construire de nouveaux bâtiments. Est-ce possible? Quels sont les principaux défis que le Québec doit relever pour embellir ses centres urbains? Nos invités tentent de répondre à toutes ces questions.

La table d’idées

Maxime Frappier, architecte principal associé a cd f *  architecture Joël Thibert, urbaniste et doctorant à Princeton en sciences politiques.

Notre mentor est Jean-Paul L’Allier, maire de Québec de 1989 à 2005, avocat et conseiller stratégique au cabinet Langlois Kronström Desjardins.
Pour écouter la table d\’idées sur l\’embellissement du paysage. >>
Les invités

Depuis quelques années, de belles murales ont été peintes sur des immeubles à logements ou sur des édifices publics à Montréal. C’est l’organisme MU qui est derrière cette initiative artistique. Caroline Marrinaci est l’une des employées de MU

Pour voir une vidéo de la réalisation des murales aux habitations Jeanne-Mance, au centre-ville de Montréal
Pour écouter Caroline Marinacci. >>

Le canal Rideau est un lieu historique très touristique au Canada. Il mesure 202 kilomètres, part de Kingston à l’extrémité est du lac Ontario et se rend jusqu’à Ottawa. Cette année, Parcs Canada a lancé une vaste consultation publique pour mieux l’aménager. Paul Galipeau de Parcs Canada nous en parle.

Stratégie d’aménagement du corridor Rideau
Pour écouter Paul Galipeau. >>

Les pays scandinaves sont renommés pour leur design et leur architecture. Julien Bourelle fait actuellement un doctorat à la faculté d’architecture à l’Université des sciences et des technologies de Trodheïm, en Norvège. Il nous parle des nouvelles constructions écoénergétiques qui doivent s’intégrer à l’esthétisme des villes.
Pour écouter Julien Bourelle. >>

Liens

« Nous sommes avec les étudiants. Nous sommes ensemble »

« Psychologist produces the first ever world map of happiness »

Le coup de cœur de Mélanie est la télésérie Village en vue

Le premier coup de cœur d’Élodie est l’initiative Marcher la région

Le deuxième coup de cœur d’Élodie : la page Facebook de Inspiring Cities

Plus de liens

Québec urbain : l’urbanisme de la ville de Québec en version carnet

« Des réseaux improbables pour mieux imaginer la ville », un texte de Joël Thibert, invité à notre table d’idées

« Des murales dans les ruelles vertes »

Chansons

La pièce Millepertuis de Fanny Bloom

La pièce Outremont du groupe de rap Loud X Lary X Ajust

Toyotan til magdi du duo de rappeurs norvégiens Karpe Diem

 

 

 

 

Clavardage : Comment embellir le Québec?

vendredi 15 juin 2012 à 19 h 24 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Les hauts et les bas de Montréal

vendredi 15 juin 2012 à 16 h 08 | | Pour me joindre

Pour me joindre

L’été approche, l’émission Génératrice tire à sa fin. Alors ce soir, nous vous invitons à regarder autour de vous et à prendre conscience de l’architecture et de l’urbanisme des villes où vous habitez ou que vous visiterez. Que faudrait-il faire pour embellir notre paysage?

Olivier Lapierre

Nous avons demandé à Olivier Lapierre, consultant en urbanisme, participation citoyenne et culture, de répondre à nos questions.

Qu’est-ce qui a été fait à Montréal dont nous devrions nous inspirer?

Au Québec, un grand chantier a eu lieu l’an dernier, amorcé par le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine. Le résultat : l’Agenda 21c désigne la culture comme le quatrième pilier du développement durable. Au fil des discussions, il est apparu évident que le territoire doit s’enrichir d’une composante culturelle. Le paysage, par définition, relève d’une association entre la nature et la culture. Montréal, avec ses 25 000 designers, est reconnue comme une ville UNESCO de design. De plus, elle est le lieu de résidence de nombreux créateurs. On peut ainsi dire que la métropole a certainement une âme culturelle sur laquelle on doit s’appuyer en vue de transformer notre paysage.

Le paysage de Montréal peut s’appréhender de différentes manières. À l’échelle métropolitaine, l’initiative Marcher la région a permis de révéler les changements subtils des différents quartiers de Montréal et de ses couronnes, entre Oka et Mont-Saint-Hilaire. L’édition 2012 promet d’explorer de nouveaux territoires. L’idée des promenades métropolitaines commence à faire du chemin auprès de plusieurs acteurs montréalais qui souhaiteraient quela Ville travaille davantage sur la notion de parcours.

Les conteurs, murale produite par MU et réalisée par Richard Morin, au coin Laurier et Drolet. crédit : MU

Les aménagements éphémères sont aussi en vogue à Montréal. Les rues du centre-ville de Montréal fermées à la circulation donnent l’opportunité aux designers de redéfinir l’image de la ville et de sensibiliser les citoyens à l’importance de la place du piéton dans l’espace urbain, et ce, par des moyens ludiques. Je déplore que l’expérience Paysages éphémères, sur l’avenue du Mont-Royal, n’ait pas été reconduite, faute d’investissements publics. Celle-ci a servi pendant de nombreuses années à donner un terrain d’expérimentation à la relève en design et en création. Cependant, d’autres expériences méritent d’être soulignées, comme le Parking Day en septembre, où des citoyens ferment et aménagent des places de stationnement pour quelques heures, la piétonnisation de la rue Sainte-Catherine Est avec l’événement Aires Libres, qui présente l’œuvre Boules roses, de l’architecte-paysagiste et designer urbain Claude Cormier, ou encore les installations dans le Quartier des spectacles, dont l’œuvre Nuage de givre, présentée l’hiver dernier.

Qu’est-ce qui devrait être amélioré à tout prix?

Le travail de nos créateurs n’est pas encore assez présent. Il faut augmenter le nombre de commandes, tant du côté de la Villede Montréal que par un soutien accru aux initiatives citoyennes, qui connaissent un essor fulgurant et inspirant.

L’ART PUBLIC

Montréal accuse un retard en matière d’art public. La Ville n’a pas de politique d’intégration de l’art aux projets d’aménagements publics et privés, au même titre que les villes américaines et canadiennes.

Murale produite par MU et réalisée par Carlito Dalceggio au coin St-Denis et Ontario Crédit : Stéphane Cocke

STRUCTURER ET PONCTUER LES PARCOURS

Ces dernières années, il y a eu plusieurs occasions manquées, comme cette intersection du boulevard De Maisonneuve et de la rue Guy, visible depuis l’est de la ville. La façade latérale d’une tour résidentielle ferme la perspective d’une manière tout à fait abjecte. Il serait possible de faire de cette balafre un potentiel, en faisant appel à l’organisme MU, par exemple, pour y réaliser une murale gigantesque.

L’ACCESSIBILITÉ AU MONT ROYAL

La montagne est le genius loci de notre ville. Le parc du Mont-Royal est aujourd’hui ceinturé par des institutions, dont plusieurs sont actuellement en reconversion. L’environnement pour accéder au parc est actuellement très inhospitalier aux piétons et aux cyclistes. Plusieurs échangeurs, carrefours et portes d’entrée de la montagne doivent donc être réaménagés. La transformation de l’échangeur Du Parc / Des Pins en carrefour donne l’exemple. L’entrée du parc à l’angle du chemin de la Côte-de-Neiges et de l’avenue Cedar, tout aussi problématique, a fait l’objet d’une réflexion l’an dernier. L’événement Belvédère éphémère : laboratoire d’idées et chantier de création, que j’ai dirigé, a permis à 50 designers et 20 artistes de s’interroger sur l’accessibilité au mont Royal par la fermeture d’une bretelle d’accès automobile de 140 m de long et l’implantation de 10 œuvres d’art public.

LES PARCS CITOYENS

Montréal a vu plusieurs de ses terrains vacants réclamés par des citoyens. Un des plus beaux exemples d’appropriation citoyenne est celui des Amis du champ des possibles, dans le quartier du Mile-End. L’approche préconisée par les citoyens conjugue biodiversité et présence culturelle.

Venez discuter de l’urbanisme, du design et de l’architecture de Montréal et des autres villes du Québec et du Canada, ce soir à 20h, à la Première Chaîne.