Blogue de Katerine Verebely

Beethoven en version 2.0

Mardi 29 octobre 2013 à 11 h 16 | | Pour me joindre

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Ludwig 3D lumière

Dans sa célèbre – et très touchante – Lettre à l’immortelle bien-aimée, Beethoven a écrit : « Le cœur est plein de tant de choses à te dire. Ah! Il y a des moments où je trouve que la parole n’est absolument rien encore. »

Le bédéiste québécois Christian Quesnel avait peut-être cet extrait en tête en créant Ludwig, un livre-hommage à Beethoven qui enchevêtre à merveille le dessin, la musique et la poésie. Bref, un hommage qui va bien au-delà de la parole, comme l’a un jour rêvé Beethoven.

À n’en pas douter, Christian Quesnel admire Beethoven. Le musicien, bien sûr, mais aussi l’homme. L’homme affaibli par la surdité. L’amoureux malheureux en quête de bonheur.

Quesnel a ainsi choisi d’illustrer, à sa façon, quelques pans de la vie de Beethoven, en s’inspirant à la fois de la Lettre à l’immortelle bien-aimée que le compositeur a rédigée à l’été 1812 , et de l’allegro du Concerto pour piano no 5.

Tout d’abord, parlons du livre. Ludwig est un ouvrage inclassable, à mi-chemin entre le roman graphique et le beau livre. Les 160 pages en couleurs débordent de détails et demandent au lecteur une attention particulière. Chaque planche nous entraîne dans un tourbillon visuel très éclectique.

Sachez aussi que dans l’univers fantasque et onirique créé par Christian Quesnel, le passé se mêle au présent : les voitures volent au-dessus de Londres, Mozart joue de la guitare électrique et Beethoven a un téléphone cellulaire. Vous avez dit éclaté?

Expérience 2.0

Ensuite, il y a la musique, puisque Christian Quesnel a aussi pensé à nos oreilles. Vous pouvez télécharger (un lien est intégré au livre) et écouter le 1er mouvement du Concerto pour piano no 5 interprété par la pianiste Marie-Charline Foccroulle et l’Orchestre symphonique de Gatineau, sous la direction d’Yves Léveillé. L’auteur a même inclus un minutage en bas de chaque page pour accorder le rythme de la lecture à celui de la musique!

Et finalement, il y a les mots. Des fragments de la Lettre à l’immortelle bien-aimée sont saupoudrés tout au long de l’ouvrage. Le texte existe en trois langues : français, anglais et allemand.

BD musicale, ou concerto illustré?

Peu importe, puisque le bonheur est au rendez-vous. En fait, Christian Quesnel nous offre un moment de liberté. La liberté de choisir entre la musique et le dessin, entre le son et l’image. La liberté de tout absorber d’un coup ou, au contraire, de savourer l’oeuvre en fines tranches. En ce sens, Quesnel nous offre un Beethoven 2.0.

Un Beethoven immortel.

À découvrir : la bande-annonce du livre.

Christian Quesnel

Ludwig – Lettre à l’immortelle bien-aimée

Livre coédité par Art Global et Neige-galerie

Diffusion : Flammarion Québec