Blogue de Sylvia l'Écuyer

Dernières lectures avant la rentrée

Vendredi 24 août 2012 à 13 h 01 | | Pour me joindre

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Je me hâte de finir mes lectures de vacances avant la rentrée, mais comme la tortue de la fable de Lafontaine, je me hâte lentement. D’abord parce que j’ai savouré avec délices la relecture de l’Odyssée avant de vous présenter Télémaque ou l’île de Circé de Gluck cette semaine, et puis parce que je suis plongée comme à l’époque de mon adolescence dans la Chartreuse de Parme, qui sera à l’affiche la semaine prochaine, avec un opéra pratiquement inconnu d’Henri Sauguet donné récemment à Marseille.

Pour ce qui est d’Homère, je n’ai évidemment pas relu les 24 chants et les 19 000 vers du grand poème épique qu’est l’Odyssée. Je n’ai retenu que le dixième chant, celui qui raconte l’épisode de l’île de Circé, mais je me suis vite rendu compte qu’on pourrait passer une saison entière à relire l’Iliade et l’Odyssée et à écouter les opéras qu’ont signé Monteverdi, Purcell, Haendel, Mozart, Berlioz, Offenbach, Fauré, Jean Cras, Darius Milhaud, Igor Stravinsky, George Enesco, Francis Poulenc, Michael Tippett, Harrisson Birtwistle et plusieurs générations de compositeurs italiens, de Zampogni à Dallapiccola – je m’arrête, et je suis certaine qu’on pourrait en nommer encore plusieurs autres.

Vous avez peut-être constaté comme moi qu’Homère continue toujours d’inspirer la littérature et le cinéma et d’attirer un jeune public. Les cinq volumes des aventures de Percy Jackson sont un exemple remarquable. L’auteur, Rick Riordan, s’inspire des mythes grecs et des héros homériques. Percy est un adolescent américain de 12 ans qui découvre qu’il est le fils de Poseidon. Il doit souvent affronter les monstres de la mythologie grecque, et dans le deuxième volume de la série, La mer des monstres, il se retrouve dans l’île de Circé, qui lui fait boire une potion et le transforme en cochon d’Inde (hilarante et brillante adaptation de l’original!). La lecture de ces livres pour la jeunesse est passionnante non seulement pour les jeunes : j’ai eu un plaisir fou à décoder l’adaptation moderne des mythes et l’identité des personnages.  Pour les lecteurs qui ont du mal à s’y retrouver dans la généalogie de l’Olympe, l’éditeur fournit un index détaillé des noms des personnages sous leur identité grecque et romaine. Je l’ai constaté de mes propres yeux,  les jeunes lecteurs deviennent vite incollables sur la mythologie. Ceci m’amène à la suggestion suivante pour les compositeurs d’opéras qui veulent gagner un nouveau et jeune public : retournez lire Homère!

Quant à Stendhal, le romancier Vincent Delecroix écrivait : « Je crois que tant qu’on lit La chartreuse de Parme, on ne renonce pas tout à fait à sa propre jeunesse, à son exaltation, à son innocence, à ce que l’on exigeait de soi… J’y ai vu le plus souverain antidote à la mesquinerie de la vie bourgeoise et la plus joyeuse introduction à l’amour de l’art et de la beauté. » À part le plaisir de renouer avec mes lectures de jeunesse, j’ai redécouvert dans le roman le charme des paysages toscans, l’invraisemblable complexité de l’administration du pays sous la domination autrichienne, et surtout la passion de Stendhal pour l’opéra : c’est dans la loge de la Scala que se nouent et se dénouent les intrigues amoureuses. Pour la musique, c’est toute une découverte : l’opéra d’Henri Sauguet, écrit exactement un siècle après le roman et créé juste avant le déclenchement de la guerre, en 1939, n’a jamais été enregistré jusqu’à présent.

Dernière heure : N’oubliez pas de visiter la nouvelle webradio « Opéra » sur le site d’Espace.mu à compter du lundi 27 août. Et notez le début de la saison d’automne de l’opéra, le samedi 8 septembre à 13 h avec la toute récente production de La finta giardiniera de Mozart du Festival d’Aix-en-Provence.