Blogue de Monique Giroux

Les voyages forment la jeunesse… et déforment les bagages

dimanche 19 février 2012 à 13 h 08 | | Pour me joindre

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L’avion décolle à midi. Saint-Boniface, nous voilà! Si le douanier de l’ouest apposait son tampon, on compterait dans mon passeport quatre logos à l’effigie de Winnie the Pooh. Mais pas besoin de passeport pour une fois. On s’en va dans la famille. Pour la quatrième fois, je fais le voyage pour aller à la rencontre d’une force vive, celle des francophones du Manitoba, et la faire résonner sur nos ondes pour que le plus grand nombre les connaissent et les reconnaissent.

Depuis 1969, le Festival du voyageur, plus gros party de cuisine au monde, célèbre la musique, la neige et la culture. On y salue la joie de vivre des voyageurs, c’est comme ça qu’on nomme les fondateurs de la colonie de la rivière Rouge et de la communauté francophone de l’Ouest canadien. Être fier de sa culture et de son histoire, cultiver la mémoire de ses racines, savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va. Voilà l’esprit de cette communauté vibrante qui nous accueillera comme des membres de la famille, celle du cœur et de la langue en partage.

La musique est célébrée de toutes sortes de manière à Saint-Boniface, notamment sur le plateau de l’émission Pour un soir seulement, qui accueille tous les ans des artistes merveilleux. Jim Corcoran, maître d’œuvre de cette programmation, nous éblouit à tout coup par son ingéniosité et sa vision. Jim, qui connaît tout aussi bien la culture anglophone que la culture francophone, sait jeter des ponts, réunir, pour ne pas dire marier des artistes faits les uns pour les autres.

Ces jumelages nous valent des moments de surprises et de contentements. Jim dit : « Le fait que l’émission soir tournée à Winnipeg joue un rôle important dans l’aventure. Sortis de leur environnement habituel, les artistes peuvent se consacrer entièrement à leur travail et tisser des liens plus solides avec leurs pairs ». La série d’émissions sera animée cette année par Stéphane Archambault et nous permettra de voir et d’entendre entre autres Bia et Alejandra Ribera, Jimmy Hunt et Philippe B, Mathieu Lippé et Jérôme Minière, Ian Kelly et Patrice Michaud, Louise Forestier et Catherine Major. En plus d’Ariane Moffatt, Yann Perreau et Damien Robitaille, qui seront nos invités à Chants libres à Monique ce dimanche. Nous accueillerons aussi Marijosée, une jeune artiste manitobaine qui promet et dont on risque fort d’entendre parler.

Avec elle, Damien et quelques invités, nous tenterons de bien comprendre la réalité des francophones de l’ouest, des artistes et des mélomanes de là-bas.

En faisant nos recherches et à la lumière des connaissances acquises lors de nos passages précédents, nous avons découvert entre autres que Winnie the Pooh était né à Winni…peg, que la plus grande maison d’édition de romans d’amour du monde, les romans Harlequin, a été fondée à Winnipeg, que Neil Young a écrit toute son œuvre à Winnipeg, que l’auteure de Quand le soleil dit Bonjour aux Montagnes, succès si il en est un, Lucille Starr, était de Winnipeg. Bref, les nuits ne sont peut-être pas aussi longues qu’on le dit à Winnipeg.

Vous ne le savez peut-être pas, mais vous avez tous régulièrement un peu de Saint-Boniface au fond d’une poche… Pour comprendre, écoutez-nous.

Écoutez l’émission diffusée en direct du Festival du voyageur de Winnipeg >>

Ariane Moffatt va lancer dans quelques jours, le 29 février au Rialto à Montréal, MA AM, son disque tout neuf. Un titre, Mon corps, tourne déjà depuis des mois, tandis que In your body a été lancée fin janvier.

Je sens qu’on va me demander ce que je pense du fait qu’Ariane propose un disque bilingue. Je vais vous le dire en primeur et ma réponse vaudra pour Ariane comme pour tous ceux et celles qui feraient comme elle. Quand chanter en anglais, écrire en anglais est motivé par des envies mercantiles ou parce que, je l’ai déjà entendu, c’est tellement plus facile d’écrire en anglais, là je dis non.

Ariane a su nous prouver qu’elle mettait tout son talent, ses efforts à créer en français. Elle est parvenue déjà à inventer un nouveau son en français, à être à l’origine d’une sorte de révolution en chanson québécoise francophone. Son succès, elle l’a obtenu en chantant en français. Elle n’a pas pris le chemin de facilité. Si son univers actuel est teinté pour la moitié d’anglais, qu’il en soit ainsi. Liberté aux artistes. Aux vrais.

Ma réponse serait bien différente si elle concernait ces jeunes et leurs profs insouciants ou carrément dangereux, interviewés par mes collègues Catherine Kovacs et France Dauphin en août 2010. Je fais encore des cauchemars en repensant à ce reportage. Je vous le recommande néanmoins :
Le reportage de Catherine Kovacs et France Dauphin en août 2010 >>

On peut écouter ici des extraits de toutes les nouvelles chansons d’Ariane et les deux titres cités ci-haut en entier >>

Bonne semaine!