La chanson n’attend pas février pour exprimer ses épanchements amoureux. Le répertoire est truffé de grands textes et de fortes mélodies porteuses de nos propres souvenirs d’histoires d’amour heureuses ou malheureuses. Malheureuses surtout… Les plus belles chansons sont des chansons tristes.
Dresser la liste des plus grandes chansons d’amour relève de l’exploit. D’ailleurs, personne n’y est jamais parvenu. Toujours ces listes sont établies sur des bases hautement subjectives et donc, forcément, elles demeurent incomplètes. Si on vous posait la question : quelle est selon vous la plus grande chanson d’amour, je parie que vous songeriez à… Ne me quitte pas, à Avec le temps, à La chanson des vieux amants, à Quand on n’a que l’amour, à Une chance qu’on ça, à L’amour existe encore… Que des chansons tristes, dont trois sont de Brel.
Conclusion? Il n’y a pas de conclusion, si ce n’est que comme je le disais, les plus belles chansons sont des chansons tristes. Vous voulez savoir lesquelles j’inscrirais dans ma case réponse? Les séparés chantée par Julien Clerc, La javanaise de Gainsbourg, et puis She de Charles Aznavour chantée par Elvis Costello, et puis aussi Le rendez-vous de Léveillée et Vigneault, et puis et puis et puis… Reposez-moi la question demain.
Juliette Gréco, en présentant Le temps des cerises sur scène, dit souvent : « Voici une chanson d’amour, donc une chanson révolutionnaire. » Alors dans ce cas, vive la révolution!
Alexandre Belliard, un des ces beaux jeunes artistes pleins de fougue, de talent et d’intelligence, lance cette semaine Légendes d’un peuple, une série musicale consacrée à l’histoire des francophones d’Amérique. Pour ce premier tome, Alexandre, féru d’histoire, de poésie et de littérature, a eu la brillante idée d’ajouter à ses mots ceux de Louis Fréchette et de François Xavier-Garneau. Il met en musique et nous raconte des événements marquants de notre histoire comme la Grande Paix de Montréal, les rébellions de 1837-1838 et la vie de personnages marquants tels que Pierre LeMoyne d’Iberville, Louis-Joseph Papineau et Marie Rollet. Il a aussi mis en musique les mots de Michèle Lalonde et de Joséphine Bacon.
Le résultat est captivant, accrocheur et d’une richesse inouïe. Alors qu’on se demande comment intéresser nos jeunes à l’histoire, alors qu’on se plaint de ne plus savoir d’où l’on vient, donc de ne plus savoir où l’on va, Belliard propose une avenue nouvelle. Le spectacle Légendes d’un peuple sillonne le Québec depuis plusieurs mois. Le concert, présenté dans tous les contextes possibles, école, bar, salle publique, même maison privée, permet au spectateur de plonger dans nos racines et aussi dans celles de la localité ou de la région visitée, puisque Alexandre fait, pour chaque spectacle, une recherche précise.
Belliard s’est entouré d’Hugo Perreault, d’Éric Goulet, de Philippe Brault, de Guido DelFabro, de Joséphine Bacon et de Richard Séguin pour réaliser ce premier disque d’une série qui promet. L’automne prochain, Alexandre lancera un second tome consacré à l’Amérique des Acadiens, des Métis de l’Ouest, des grands explorateurs, de la Terre de Rupert à la Louisiane. Dans quelques mois, Alexandre représentera le Québec à Saint-Malo, berceau des expéditions de Jacques Cartier.
Berceuses de Gilles Vigneault pour endormir les enfants
On le connaît, le poète! Il va nous dire qu’il préfère entendre de belles voix de femmes chanter ses chansons plutôt que de s’entendre lui-même. Tu peux dormir le temps nous veille, voilà le titre du disque que Gilles Vigneault lançait cette semaine. Et il n’était pas là seul. Il s’était entouré, pour la réalisation de ce disque, des interprètes Marie-Michèle Desrosiers, Fanny Malette, Judi Richards, Karen Young, Mitsou Gélinas, Julie Snyder, Jessica Vigneault, Marie-Claire Séguin, Bïa, Ima, Claire Pelletier, Paule-Andrée Cassidy, Marie-Denise Pelletier et Pascale Bussières.
Gilles Vigneault écrit en dédicace : « Cet album est dédié aux mamans qui désirent initier leurs enfants à la musique et à la poésie le soir en les endormant. » Belle mission que voilà.
Philippe B, disque fantôme?
Vous vous souvenez sans doute de la sortie de Pierre Lapointe au dernier gala de l’ADISQ, alors qu’avant de remettre un prix, il a lancé à peu près comme ceci : « Je voudrais dénoncer ici l’inexplicable absence, de la liste des nommés, de Philippe B et son disque Variations fantômes, un des meilleurs disques de l’année. Et tous ceux qui connaissaient Philippe B et son disque d’applaudir chaudement les légitimes doléances de Lapointe.
Philippe B, qui aura mis deux ans à créer ce troisième disque solo basé sur des échantillonnages de Schubert, de Vivaldi et de Tchaïkovski mariés à ses propres compositions. Le vendredi 17, à l’occasion du Festival Montréal en lumières, Philippe B présentera la version intégrale de ses Variations fantômes au Conservatoire de musique de Montréal. Pour l’occasion, les échantillonnages seront remplacés par les instruments du Quatuor Molinari. N’y courez pas, c’est complet. Peut-être que la sortie de Pierre Lapointe aura eu plus d’effet qu’une nomination au gala de l’ADISQ.
Écoutez l’émission du 12 février >>
Finalement, n’oubliez pas la rentrée montréalaise de Catherine Major les 16 et 17 février… Oups! C’est complet… Et sa longue tournée (dates sur le site). Bravo aussi pour ses nominations aux Junos dans la catégorie de l’album francophone de l’année* pour Le désert des solitudes et aux Jutra dans la catégorie de la meilleure musique originale pour le film L’amour de Dieu.
*les autres nommés sont : Cœur de pirate, Blonde; Fred Pellerin, C’est un monde; Malajube, La caverne; Jerôme Minière, Le vrai le faux.
Vendredi prochain, nous quittons Montréal pour Saint-Boniface, d’où vous parviendra notre émission du 19 février.
Bonne semaine!

