Blogue de Sylvia l'Écuyer

L’opéra en salle ou au cinéma : une offre de plus en plus diversifiée

Samedi 4 février 2012 à 10 h 00 | | Pour me joindre

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Après le Met, la Canadian Opera Company étudie la possibilité de diffuser ses productions en HD par tout le pays. Et pendant ce temps, chez nous comme aux États-Unis, de petites compagnies d’opéra voient d’un mauvais œil la multiplication des présentations en version filmée, à tout petit prix, montées avec de très grands moyens de production et servies par les plus grandes voix. Comment faire face à une telle concurrence?

J’y réfléchis beaucoup depuis quelque temps, et je n’ai pas la prétention d’avoir la réponse, mais j’ai tout de suite envie de dire : certainement pas en essayant de faire la même chose. Le Met est pratiquement devenu un centre mondial de production d’opéra, avec son quart de million de spectateurs pour chaque projection distribuée dans 1600 salles réparties dans 54 pays. Et ce n’est qu’un début. Pourtant, rien ne remplace une représentation en salle, même s’il est clair que ce n’est pas à la portée de tous les budgets.

Détails visuels de la production d’Anna Bolena

En visitant les nouvelles maisons européennes, on peut voir une tendance se dessiner.  On construit des salles d’une capacité moyenne de 1300 à 1500 places pour les principales productions d’opéra et de ballet, et on ajoute dans le même bâtiment une salle de 200 à 400 places pour les spectacles susceptibles d’attirer un moins grand public, notamment les œuvres contemporaines et les opéras baroques. Les productions sont en général assurées par les chanteurs et les danseurs de la compagnie : on ne fait appel à de grandes vedettes de l’extérieur que lorsque les exigences vocales dépassent les capacités des artistes résidents (on ne trouve pas de Tristan ni d’Isolde à tous les coins de rue). En montant des productions de qualité (c’est-à-dire en faisant preuve d’imagination et d’originalité), en permettant aux artistes locaux de se développer, on peut donner accès au public à tout un répertoire d’oeuvres familières et aussi l’inviter à la découverte.

La beauté de toute cette abondance aujourd’hui, c’est qu’on peut faire la même chose que le public du 19e siècle : assister à trois ou quatre représentations d’opéra par semaine. C’est ce que je fais. Vous allez me dire : c’est votre travail! Sans doute, mais même si ça ne l’était pas, je le ferais quand même. Après avoir savouré en novembre, dans la salle de cinéma, les détails visuels de la somptueuse production d’Anna Bolena, je me réjouis de n’écouter ce samedi que la musique, les voix splendides d’Anna Netrebko et d’Ildar Abrazakov sans me laisser distraire par les broderies des habits de l’un et le léger embonpoint de l’autre.

Où et comment consommez-vous votre opéra : à la radio, en DVD ou en Blu-Ray à la maison, au cinéma, dans la salle de votre compagnie locale, en voyage? La table ronde de la semaine dernière sur l’opéra au cinéma a suscité beaucoup d’intérêt, et vos commentaires sont toujours les bienvenus : la question est plus brûlante que jamais. Le magazine Opera Canada en fait l’objet de son éditorial ce mois-ci (en même temps qu’il publie d’excellents articles sur Michèle Losier et la nouvelle maison d’opéra d’Helsinki) et promet d’y revenir tout au long de l’année.

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