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En 1933, quand le chef d’orchestre Clemens Kraus dirige Arabella, le nouvel opéra de Richard Strauss à Dresde, l’Allemagne est en train de basculer dans un régime totalitaire nazi. Fritz Busch, qui devait diriger cette première, a fui le pays. Adolf Hitler est chancelier du Reich depuis le 30 janvier et la loi des pleins pouvoirs décrétée le 23 mars lui donne le droit de gouverner par décrets. Le fidèle collaborateur de Strauss, le poète et dramaturge Hugo von Hofmannsthal, ne pourra pas assister à la première. Le 15 juillet 1929, alors qu’il venait de terminer le livret du 1er acte et esquissé celui des 2e et 3e, il meurt foudroyé d’une attaque d’apoplexie en assistant aux funérailles de son fils aîné Franz, qui s’est suicidé sous ses yeux sans un mot d’explication. « It was the worst of times ».

Que nous révèle Arabella? Rien de politique dans cet opéra, on est loin du réalisme d’Andrea Chenier de Giordano. La musique est pleine de charme et de légèreté, mais au fond les personnages sont prisonniers de conventions sociales inextricables dictés par une société décadente. Le Comte Waldner est ruiné, il a perdu sa fortune au jeu et la famille doit se résoudre à vivre à l’hôtel; la comtesse compte sur la loterie ou un riche mariage pour sa fille aînée afin de garder son statut social; la plus jeune sœur a dû accepter de passer pour un garçon afin d’éviter les frais de toilettes, de bal et de dot, bref, on danse sur un volcan. Quant à Arabella, la fille aînée, apparemment insouciante et frivole, mais surtout idéaliste, elle attend le Grand Amour.

C’est le grand art de Strauss de nous faire pénétrer dans l’âme de ces personnages, surtout des personnages féminins, quand la musique nous révèle ce que les mots n’oseraient dire. Je m’étonne encore que ce drame profond sous des dehors si séduisants ne soit pas présenté plus souvent.

Beethoven en version 2.0

Mardi 29 octobre 2013 à 11 h 16 | | Pour me joindre

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Ludwig 3D lumière

Dans sa célèbre – et très touchante – Lettre à l’immortelle bien-aimée, Beethoven a écrit : « Le cœur est plein de tant de choses à te dire. Ah! Il y a des moments où je trouve que la parole n’est absolument rien encore. »

Le bédéiste québécois Christian Quesnel avait peut-être cet extrait en tête en créant Ludwig, un livre-hommage à Beethoven qui enchevêtre à merveille le dessin, la musique et la poésie. Bref, un hommage qui va bien au-delà de la parole, comme l’a un jour rêvé Beethoven.

À n’en pas douter, Christian Quesnel admire Beethoven. Le musicien, bien sûr, mais aussi l’homme. L’homme affaibli par la surdité. L’amoureux malheureux en quête de bonheur.

Quesnel a ainsi choisi d’illustrer, à sa façon, quelques pans de la vie de Beethoven, en s’inspirant à la fois de la Lettre à l’immortelle bien-aimée que le compositeur a rédigée à l’été 1812 , et de l’allegro du Concerto pour piano no 5.

Tout d’abord, parlons du livre. Ludwig est un ouvrage inclassable, à mi-chemin entre le roman graphique et le beau livre. Les 160 pages en couleurs débordent de détails et demandent au lecteur une attention particulière. Chaque planche nous entraîne dans un tourbillon visuel très éclectique.

Sachez aussi que dans l’univers fantasque et onirique créé par Christian Quesnel, le passé se mêle au présent : les voitures volent au-dessus de Londres, Mozart joue de la guitare électrique et Beethoven a un téléphone cellulaire. Vous avez dit éclaté?

Expérience 2.0

Ensuite, il y a la musique, puisque Christian Quesnel a aussi pensé à nos oreilles. Vous pouvez télécharger (un lien est intégré au livre) et écouter le 1er mouvement du Concerto pour piano no 5 interprété par la pianiste Marie-Charline Foccroulle et l’Orchestre symphonique de Gatineau, sous la direction d’Yves Léveillé. L’auteur a même inclus un minutage en bas de chaque page pour accorder le rythme de la lecture à celui de la musique!

Et finalement, il y a les mots. Des fragments de la Lettre à l’immortelle bien-aimée sont saupoudrés tout au long de l’ouvrage. Le texte existe en trois langues : français, anglais et allemand.

BD musicale, ou concerto illustré?

Peu importe, puisque le bonheur est au rendez-vous. En fait, Christian Quesnel nous offre un moment de liberté. La liberté de choisir entre la musique et le dessin, entre le son et l’image. La liberté de tout absorber d’un coup ou, au contraire, de savourer l’oeuvre en fines tranches. En ce sens, Quesnel nous offre un Beethoven 2.0.

Un Beethoven immortel.

À découvrir : la bande-annonce du livre.

Christian Quesnel

Ludwig – Lettre à l’immortelle bien-aimée

Livre coédité par Art Global et Neige-galerie

Diffusion : Flammarion Québec

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Réécoutez: Francis Poulenc

Jeudi 31 janvier 2013 à 13 h 59 | | Pour me joindre

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« Je n’aime pas les spécialistes. Pour moi, se spécialiser, c’est rétrécir d’autant son univers. »

Très beau parcours de la vie et l’oeuvre de Francis Poulenc concocté par Mario Paquet et la réalisatrice  Cynthia Dubois.

Également, un des trésors des archives de Radio-Canada: une entrevue réalisée par Hubert Aquin avec Poulenc en  1960.

 

Bonne écoute!

Réécoutez Debussy et Nathalie Bondil!

Mardi 20 novembre 2012 à 16 h 28 | | Pour me joindre

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Sept musiciens de l’Orchestre symphonique de Montréal ont donné un concert de musique de chambre de Claude Debussy. Olivier Thouin et Marianne Dugal au violon, Rémi Pelletier à l’alto, Sylvain Murray au violoncelle, Ali Yazdanfar à la contrebasse, Denis Bluteau à la flûte et Jennifer Swartz à la harpe ont offert un concert de haut calibre digne de ce grand compositeur français.
Debussy est bien sûr à l’honneur en cette année 2012, année du 150ième anniversaire de sa naissance.

Ce concert a été donné à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal et était en lien avec l’exposition « Il était une fois l’impressionnisme ». Debussy était-il impressionniste? C’est la question que Mario Paquet a posée à Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal. En prime, elle nous éclaire sur ce qu’était ce mouvement impressionniste. Au fait, saviez-vous que les plus belles toiles impressionnistes sont aux Etats-Unis?

Nos rendez-vous de la semaine

Dimanche 30 septembre 2012 à 3 h 21 | | Pour me joindre

De toute évidence, Morphée m’a posé un lapin, ce dont j’ai horreur. Qu’à cela ne tienne! Autant profiter de cette insomnie pour partager avec vous le menu que je vous ai concocté pour cette semaine à Quand le jazz est là. Comme quoi il y a toujours une manière de rendre utiles des moments autrement perdus…

Ce lundi 1er octobre, l’émission sera axée autour de la triple thématique des débuts, des répétitions et des perpétuels recommencements, illustrée notamment par un certain standard des frères Gershwin que la séductrice Shirley Horn susurre avec sa sensualité coutumière : « Oooh, do it again. » Et puisqu’en matière d’amour une fois ne suffit pas, il faudra remettre ça encore et encore et encore.

Il y a tout juste une dizaine de jours, plusieurs d’entre vous m’ont écrit, émerveillés par les plages de Gouache (Universal), le récent album de Jacky Terrasson que je vous ai fait entendre, dont celles qui mettaient de l’avant la voix magnifique de Cécile McLorin-Salvant. Dans la foulée de la parution de cet excellent disque, je vous proposerai un portrait du pianiste, avec des extraits de ses précédents opus et quelques-unes de ses plus belles rencontres musicales, avec par exemple les chanteuses Rigmor Gustafsson et Cassandra Wilson, le flûtiste Emmanuel Pahud et les trompettistes Tom Harrell et Wallace Roney.

Dans la foulée de la parution de cet excellent disque (Gouache, de Jacky Terrasson), je vous proposerai un portrait du pianiste, avec des extraits de ses précédents opus et quelques-unes de ses plus belles rencontres musicales.

Le lendemain, nous braquerons nos projecteurs sur quelques artistes qui prennent part au 13e Off festival de jazz de Montréal, dont le trompettiste Joe Sullivan, qui donnera le coup d’envoi à cet événement incontournable de l’automne métropolitain à la tête de son big band. Nous nous intéresserons aussi au disque Triades (Effendi), réunissant le trio vocal formé de Sonia Johnson, d’Annie Poulain et de Charles Biddle Jr, et un combo sous la direction de la pianiste Marianne Trudel.

Viendra ensuite, jeudi, notre survol hebdomadaire de l’actualité du jazz sur scène comme sur disque, au cours duquel je partagerai avec vous une découverte saisissante : le pianiste James Clarke, un prodige originaire de l’Ouest canadien, tout juste à l’aube de la vingtaine et dont le talent vous laissera ébaudis. Et puis, vendredi, prenant prétexte de l’anniversaire du décès du maestro Nelson Riddle (survenu le 6 octobre 1985), nous ferons un retour sur l’œuvre de celui qui fut l’arrangeur et chef d’orchestre fétiche des plus grandes stars : Frank Sinatra, Nat King Cole, Ella Fitzgerald et j’en passe.

Parallèlement à cette programmation, puis-je me permettre de vous rappeler que j’attends les auditeurs et auditrices de la région montréalaise en grand nombre à L’Astral ce jeudi soir, tout de suite après l’émission? J’aurai alors le plaisir d’animer un concert très spécial réunissant les cinq artistes sacrés Révélations Radio-Canada en jazz depuis 2008. (Si vous n’avez pas encore réservé votre paire de billets, écrivez-moi.)

Autant de rendez-vous à ne pas manquer, n’est-ce pas? Après tout, je vous l’ai dit : j’ai horreur qu’on me pose un lapin…

La fête à Donato

Vendredi 24 août 2012 à 19 h 40 | | Pour me joindre

Soixante-dix ans, c’est un âge respectable, certes. Et ça l’est encore quand on a passé plus des deux tiers de ces années au cœur de l’évolution du jazz, aux côtés des plus prestigieuses étoiles de cette musique. Le contrebassiste montréalais Michel Donato souffle ce week-end sur ses 70 bougies. Voilà l’occasion rêvée d’esquisser le portrait de cette figure emblématique du jazz d’ici.
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Dernières lectures avant la rentrée

Vendredi 24 août 2012 à 13 h 01 | | Pour me joindre

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Je me hâte de finir mes lectures de vacances avant la rentrée, mais comme la tortue de la fable de Lafontaine, je me hâte lentement. D’abord parce que j’ai savouré avec délices la relecture de l’Odyssée avant de vous présenter Télémaque ou l’île de Circé de Gluck cette semaine, et puis parce que je suis plongée comme à l’époque de mon adolescence dans la Chartreuse de Parme, qui sera à l’affiche la semaine prochaine, avec un opéra pratiquement inconnu d’Henri Sauguet donné récemment à Marseille.
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On pourrait confondre sa voix avec celles de Carmen McRae ou de Nancy Wilson, encore qu’on y détecte aussi un brin de l’influence de Dinah Washington. Découverte par Louis Jordan au début des années 60, mais encore étonnamment et tristement méconnue du grand public, cette survivante fêtait hier (le 16 août) son 73e anniversaire de naissance. Et dans la foulée de la parution de son plus récent album, Don’t look back (HighNote), l’émission Quand le jazz est là de ce soir sera entièrement consacrée à cette grande chanteuse et à quelques brillants pianistes qui l’ont accompagnée ces dernières années. Plus »

La fête des Acadiens en musique

Mercredi 15 août 2012 à 11 h 44 | | Pour me joindre

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C’est à une célébration toute particulière de la fête des Acadiens que les Soirées classiques vous convient le mercredi 15 août, à 20 h. Au menu, de magnifiques airs d’opéra de Haendel et le vibrant Stabat Mater de Pergolèse, une des plus belles œuvres du répertoire sacré.
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