Blogue de Katerine Verebely

Bons baisers de Russie…et de la Bulle

Lundi 27 août 2012 à 9 h 13 | | Pour me joindre

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@RC_Arts

La fin de la saison estivale rime avec la fin de ce blogue dédié à la bande dessinée. Mais avant de faire éclater la bulle, laissez-moi vous faire une dernière suggestion.

L’excellent bédéiste italien Igort a séjourné deux ans en Russie, en Ukraine et en Sibérie. Deux ouvrages sont nés de ce voyage : Les cahiers ukrainiens et Les cahiers russes, tous deux publiés par Futuropolis. Je me suis particulièrement intéressée au second livre, sans doute interpellée par son sous-titre : La guerre oubliée du Caucase.

Le malaise tchétchène

Cette guerre est celle de la Tchétchénie, une république de la Fédération de Russie. Depuis des décennies, les autorités russes tentent d’éradiquer les forces indépendantistes tchétchènes, sans succès. Les épisodes de violence ébranlent toute la région et terrorisent la population.

Igort décrit le malaise provoqué par la seule mention du nom « Tchétchénie ». Il raconte également la douleur vécue par les mères, qu’elles soient russes ou tchétchènes, ces mères qui cherchent leurs enfants dans les prisons clandestines, ou pleurent ceux tombés au combat.

La Russie d’Anna Politkovskaïa

Mais par-dessus tout, Les cahiers russes se veulent un vibrant hommage à la journaliste russe Anna Politkovskaïa, assassinée en 2006 dans son appartement à Moscou.

Politkovskaïa a couvert le conflit tchétchène durant de nombreuses années. Elle n’a jamais hésité à publier des faits compromettants pour les autorités russes et le gouvernement du président russe Vladimir Poutine. Elle savait sa tête mise à prix, mais elle a fait son boulot de journaliste jusqu’au bout. Jusqu’à la fin, cette fin qui surviendra dans l’ascenseur de son appartement moscovite, où on la trouvera, le 7 octobre 2006, criblée de balles.

Enfin, Igort s’insurge contre ce qu’il appelle la « démocrature », cette fausse démocratie russe plus près de la dictature et du régime de la peur. Un pays où, rappelle-t-il, le droit de manifester et de contester l’autorité en place n’existe pas.

Force est d’admettre que rien ne change au pays de Tchekhov, pays qui vient tout juste de condamner les trois chanteuses du groupe punk Pussy Riot, trois jeunes femmes qui chantaient leur désir de voir Poutine quitter son poste. Plus ça change…

Les cahiers russes : la guerre oubliée du Caucase, textes et dessins d’Igort, éditions Futuropolis.

Ma chronique à Dimanche magazine à ce sujet est ici.

Éclatement de la bulle

C’est ainsi que se termine l’aventure de la Bulle. Ce fut un immense plaisir de vous faire partager ma passion pour la BD.

Merci à tous pour votre intérêt, vos bons mots et vos suggestions.

On se retrouve sur mon compte Twitter @katverebely pour d’autres aventures bédéesques!

Eh hop, on fait éclater la bulle… Pop!

À bientôt!