Blogue de Alain Crevier

Guy Corneau, vivant

Vendredi 25 janvier 2013 à 16 h 13 | | Pour me joindre

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Guy Corneau est un psychanalyste bien connu. Et c’est de notoriété publique, à deux reprises, il a sérieusement frôlé la mort. Colite ulcéreuse et plus tard un cancer, grade 4.

Récemment, il me disait : « Moi, j’ai vécu 30 ans de maladie chronique. On ne peut pas dire que c’est une partie de plaisir. Il y a bien des moments qui ne le sont pas du tout. »

De la plus récente épreuve, il a tiré une réflexion étonnante. Au milieu des traitements de chimiothérapie, ce n’était pas tant la mort qu’il craignait. Mais plutôt l’idée de survivre au cancer. Vivre, oui. Mais pour faire quoi?

Pour Guy Corneau, nous sommes des créateurs de sens. Nous avons besoin de donner du sens aux événements, à nos émotions, à ce qui nous arrive. Pour lui, le cancer aura été une occasion de prises de conscience, d’engagements et de changements.

Peut-être est-ce le propre du psychanalyste que de rechercher le sens des choses. Mais sincèrement, il y a des moments où le sens, on a bien du mal à le trouver.

J’ai une amie qui est décédée du cancer cet été. Jeune quarantaine. Cancer du sein. Rechute fatale. J’ai bien du mal à trouver un sens à son cancer.

Je vous ai déjà parlé de ma mère qui est décédée de la maladie d’Alzheimer. Je n’ai toujours pas trouvé le sens à cette sale maladie.

En fait, je crois que Guy Corneau a raison : nous sommes des créateurs de sens. Nous avons du mal à imaginer une vie, un monde, un univers qui n’aurait pas de sens.

Mais je me demande si, parfois, nous ne sommes pas prêts à inventer le sens plutôt que d’accepter le vide, l’absence, le hasard, l’absurde.

Guy Corneau est à Second regard, dimanche. Vous allez voir, il est serein et bien vivant!