Blogue de Alain Crevier

Mourir ou ne pas mourir

Vendredi 18 janvier 2013 à 11 h 22 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Peu de pays ont ouvert la porte à l’euthanasie, le suicide assisté ou, comme on le dit maintenant, l’aide médicale à mourir. Le sujet soulève bien des débats.

Et des craintes. « Oui, mais quand je serai vieux, est-ce qu’on n’aura pas tendance à mettre deux tonnes de pression sur mes frêles épaules pour que j’opte pour une sortie de scène rapide plutôt que de me placer dans un foyer où il faudra venir me voir tous les dimanches, s’occuper de moi, peut-être même me nourrir, endurer mes pertes fabuleuses de mémoires, assister à ma déchéance et tout? » L’argument a maintes fois été entendu. Il y beaucoup de craintes comme celle-là. Dites-moi qu’elles ne sont pas valables.

Le Québec est entré dans un débat délicat. Le printemps dernier, la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité ouvrait la porte à une aide médicale à mourir. Cette semaine, ce sont les experts juridiques qui ont soufflé dans les voiles de la commission. Un projet de loi sera déposé et débattu à l’Assemblée nationale d’ici peu.

Une toute petite porte

On dit qu’on ouvre une toute petite porte. Avec plein de balises. Pour résoudre des cas précis et rarissimes. Une toute petite porte. N’empêche qu’on ouvre un vaste débat. Qu’est-ce que la souffrance? Quand devient-elle insoutenable? Qui peut en juger? Et qui peut juger de la manière de vivre et de mourir?

Et puis viendront d’autres questions. Pourquoi celui-ci aurait-il accès à une aide médicale pour terminer une vie de malheur que lui inflige un épouvantable cancer, et pas l’autre, dont les jours et les nuits ne sont tapissés que de désespoir… sans être un cancer?

Il y a consensus au Québec, dit-on. C’est étonnant, quand on pense à la complexité et à la gravité des questions soulevées. La vie. La mort. La souffrance.

M’est avis que le débat ne fait que commencer.