Un après-midi, cette semaine, dans un café de Québec, je rencontrais Xavier Gravend-Tirole. Xavier vient de publier Lettres à Kateri, un roman dans lequel un croyant tente d’expliquer sa foi à une incroyante. Pour un premier roman, chapeau!
Xavier a tout le profil de ces nouveaux chrétiens, dont je vous parle parfois et qui me fascinent. J’ai l’impression que c’est sur eux que repose une part de l’avenir de l’Église catholique.
Xavier a 36 ans. À Second Regard, on le connaît depuis 15 ans. Il a pas mal changé au fil des ans. Il est passé du « Je ne vais pas à la messe parce que ça ne me ressemble pas » (1997) à « Je ne veux pas changer l’Église; c’est le monde que je veux changer » (2008). Cet après-midi, Xavier m’a dit : « Mais… on nous dit que c’est nous l’Église, alors je prends ma place. »
Il y a quelque chose de serein dans l’attitude de Xavier qui me fait beaucoup penser à l’attitude d’autres croyants comme Charles Taylor, Anne Soupa, Christine Pedotti, Robert Maltais, Denis Jean et peut-être même Gregory Charles. Des gens qui reconnaissent les imperfections de l’Église, mais qui ne lui tournent pas le dos. Des croyants qui, avec le sourire, vous disent : « Cette Église n’est pas la propriété des cardinaux ni du pape. NOUS sommes l’Église. »
Pas certain que tout le monde peut adopter leur attitude. Prenons la cause des femmes au sein de l’Église, ou celle des homosexuels, ou des divorcés. On comprend que certains, épuisés par l’immobilisme de l’institution, soient partis. En douce ou en claquant la porte.
Parfois, je me demande si l’Église est consciente de la chance qu’elle a. Ce sont des personnalités fortes et brillantes qui l’apprécient malgré tous ses travers. Cette puissante sérénité qui peut déplacer des montagnes, arrivera-t-elle à changer l’Église?
Demain, je vous parle des nouveaux chrétiens et de Frédéric Lenoir.


